Le président d’Avocats sans frontières écoute encore France Inter. Et une fois encore, ils ont invité un bon juif, c’est-à-dire un juif qui déteste Israël.
C’est une première en direct. Il faut que je me calme, que je passe ma colère à mon lecteur. Qu’il la partage en frère. C’est une manière d’exorciser le présent. Il est 8 h 40 et nous sommes samedi le 20 décembre, encore en 2025. C’est le jour d’Ali Baddou et Marion L’Hour. C’est donc du lourd. Dans mon énervement, j’allais oublier de vous dire que j’étais sur Inter.
Ils viennent d’interroger le dessinateur Art Spiegelman. La L’Hour avait déjà défrayé la chronique quand elle a interviewé un autre célèbre dessinateur juif en la personne de Joann Sfar. C’était en février, les corps des enfants Bibas et de leur mère, suppliciés par le Hamas ou leurs supplétifs, venaient d’être restitués à Israël. Sfar se trouvait sur la place des otages à Tel-Aviv. Et la bécasse avait prononcé cette phrase : « C’est l’armée israélienne qui dit qu’ils ont été étranglés à mains nues. Le Hamas dit qu’ils sont morts dans un bombardement israélien. Je vous répète ce que dit le Hamas. » Sfar avait répliqué, passablement énervé : « Vous répétez ce que vous voulez. On répète un peu trop ce que dit le Hamas. »
Avec Spiegelman, il y avait moins de risques d’engueulade. On est revenu dans la norme du Sévice Public : quand on reçoit un Arabe, il est anti-israélien. Et quand on reçoit un juif il est anti-israélien. Eh bien ce matin, France Inter n’a pas dérogé à la norme. Spiegelman a fait montre d’un antisionisme impeccable. Il était le candidat juif idéal.
Le dessinateur, rendu célèbre par sa bédé sur la Shoah où les juifs sont des souris et les nazis, des rats, a déclaré pour le plus grand plaisir de ses hôtes : « Israël est une expérience ratée. » Ce n’est pas le 7-Octobre qui lui a fait le plus mal, mais le 8, quand l’État hébreu a appliqué à la lettre, l’adage biblique : « Œil pour œil, dent pour dent. » D’après lui, l’État juif a commis, je vous re-cite, « un genociddish ». Elle est pas bonne celle-là ? Le mariage entre le déicide modernisé et la Shoah ringardisée. Il vient d’ailleurs à Paris dans le cadre d’une journée propalestinienne. Mais vous n’avez encore rien entendu.
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À aucun moment, je dis bien à aucun moment, le mot Hamas n’a été prononcé même par Marion L’Hour qui répète habituellement ce qu’il dit. À aucun moment le grand pogrom qui a été le début de tout ou la souffrance juive n’ont été abordés. Exactement dans la même lignée que l’article de Télérama que j’ai sous les yeux et qui reprend très exactement la phraséologie radiophonique. Tout y est passé ce matin et qui résume tout. L’idéologie d’extrême gauche médiatique devenue folle. L’alacrité pathologique à l’écart du camp agressé qui n’a d’égale que l’indulgence absolue à l’égard du bourreau terroriste agresseur.
Avec en prime la contribution de l’antisionisme juif et de la mémoire de la Shoah au juste combat contre l’ État génocidaire diabolique. Un divin renfort.
J’en profite pour vous dire que la veille, à 23 heures, la même radio publique avait repris sa désinformation habituelle en communiquant un bilan de la défense civile de Gaza en cachant qu’il s’agissait du Hamas.
J’ai eu beau obtenir de l’Arcom en 2023 pour Avocats sans frontières une mise en garde sévère demandant à France Inter de bien vouloir désormais sourcer ces informations sur ce conflit, rien n’y fait.
Il est vrai qu’il s’agissait d’un énième avertissement sans frais.
Bon, je vous laisse, un peu soulagé de vous avoir énervés.
Post-scriptum : merci de transmettre ce billet aux bons soins de Monsieur Alloncle Charles, rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Assemblée nationale.
Ça pourrait lui servir.
Samedi 20 décembre 2025. Neuf heures douze d’un matin bien chagrin.




