Il était une fois un beau prince et une jolie roturière dans une contrée froide et très humide. Lui, parti parfaire son éducation sur les bancs de l’université, laissa ses yeux s’attarder sur la robe en mailles (avec très peu de mailles) de la belle et sombra aussitôt dans les affres de l’amour. Pendant de longues années, ils fuirent les conventions de crainte de reproduire un sombre destin familial. Mais un beau jour, ils décidèrent que le monde entier devait être témoin de leur amour sans faille. Les services de la royauté mirent au point un savant réseau de communication, envoyèrent des pigeons voyageurs aux quatre coins du royaume et vers les contrées voisines. On invita des athlètes de premier plan (The Duke of Beckam), des souverains étrangers (le roi Nicolas et Dame Carla), des virtuoses de la viole et du chant (Sir Paul Mc Cartney et Sir Elton John). Dans un geste de bonté profonde, le Prince décréta le jour des noces chômé, afin que les petites gens du royaume puissent célébrer et acclamer la couronne, ripailler et festoyer jusqu’au petit matin.

Las, au lieu de lui souhaiter longue vie et descendance nombreuse, les petites gens lui en furent moyennement reconnaissants et descendirent manifester à 500 000 dans les rues de Londres en braillant contre la rigueur, fait très exceptionnel car ce peuple septentrional était réputé pour sa placidité et son sens civique. Il se murmure même qu’ils escompteraient le million pour leur prochain happening.

Salauds de pauvres : décidément, tout se perd, même le respect pour les contes de fées.

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Martin Terrier
est militaire.
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