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2012 dans la boule de cristal des économistes

Si les guerres ont pour principal avantage de nous amener à réviser nos connaissances en géographie, les crises financières, elles, nous incitent à relire de bon vieux classiques comme Adam Smith, Ricardo, Schumpeter, Keynes ou Milton Friedman. Mais aussi à en découvrir de nouveaux, Joseph E. Stiglitz ou Robert Barro, par exemple. Stiglitz séduit plutôt les altermondialistes, Robert Barro les libertariens. Ils figurent tous deux dans le peloton de tête des économistes les plus influents. À ce titre, quand ils se penchent sur leur boule de cristal pour prédire ce qui nous attend en 2012, nous sommes certes dubitatifs, mais en élèves studieux très attentifs.

Tous deux sont d’accord sur le fait que l’année qui s’achève est bien meilleure que celle qui s’annonce. Stiglitz ne cache pas son pessimisme. 2012 pourrait, entre autres, être l’année au cours de laquelle l’expérience de l’euro prendra fin, “ce qui marquera le début d’une phase nouvelle et plus effrayante de la pire calamité économique du monde en 75 ans.” Ce que redoute Stiglitz est que son pessimisme soit excessif. Rassurons-le : on se trompe rarement en pariant sur le pire.

Robert Barro qui n’est guère plus optimiste, pense que les dépenses sociales en cas de victoire de la gauche, auront un effet à peu près nul sur la croissance : la protection de l’environnement et la lutte contre les inégalités de revenus sont des chimères qu’Eva Joly et François Hollande devraient oublier au plus vite.

Hélas pour nous, la classe politique n’a qu’une manière d’exister et de se valoriser : accroître chaque année la liste des ” droits ” garantis par l’État providence qui, bien sûr, n’est pas en mesure de les financer. La France est un cas d’école toujours surprenant pour l’étranger – j’en suis un – qui y vit : le droit à l’éducation, à un logement, à des études supérieures, à des congés payés, à des congés parentaux, à des soins médicaux, à des voitures de qualité, à une retraite, à des prêts à taux zéro….et j’en passe, donne le tournis. La liste est interminable et se fonde sur une illusion, car rien n’est jamais acquis. Bref, plutôt que de croire dans la dépense à crédit pour stimuler la demande et l’emploi, il serait préférable d’exhorter les Français à nager sans vouloir à tout prix s’accrocher à la bouée percée de l’Europe.

À partir d’analyses totalement opposées, Stiglitz et Barro parviennent à la même conclusion : 2012 sera l’année de tous les dangers. Il est rassurant, intellectuellement tout au moins, de voir que deux des plus éminents économistes voient la même chose dans leur boule de cristal. Il est vrai que quiconque s’intéresse de près ou de loin à l’économie abondera dans leur sens. Jouer à se faire peur restera encore longtemps le privilège des nations riches. Tout au moins est-ce le vœu que nous formulons pour 2012.


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