Une polémique chasse l’autre, et les empoignades autour de la question rom ont remplacé, pour un temps, l’émotion suscitée par la révélation, via internet, de l’existence d’un « Mur des cons » dans les locaux du Syndicat de la magistrature.

Filmé clandestinement avec son téléphone portable par Clément Weill-Raynal, chroniqueur judiciaire à France 3, ce tableau d’affichage servait de défouloir aux juges militants de ce syndicat de gauche pour y stigmatiser les personnalités politiques et associatives (dont des parents de victimes !) qui leur déplaisaient. Ces révélations mirent dans l’embarras toute la « gauche judiciaire », dont l’influence sur la politique pénale de l’actuel gouvernement dépasse largement l’audience au sein de la magistrature (25% des voix lors des élections professionnelles). Il fallait donc s’acharner sans merci contre celui par qui le scandale était arrivé.

Bien conscient que son scoop n’allait pas franchir le barrage d’une rédaction de France 3 majoritairement acquise aux thèses du SM, Clément Weill-Raynal communique les images de ce « mur des cons » à quelques unes de ses relations dans le monde judiciaire. Ces images, quelques jours plus tard se retrouvent sur le site d’information Atlantico.fr. Un « front syndical » rassemblant le SM, La CGT, le Syndicat national des journalistes n’a alors plus qu’une idée en tête : faire la peau à celui par qui le scandale est arrivé, tuer le messager de la mauvaise nouvelle.

C’est l’histoire de cette chasse à l’homme racontée par le gibier, Clément Weil-Raynal, que l’on pourra lire dans Le fusillé du mur des cons qui vient de paraître aux éditions Plon. À l’heure où cette même gauche morale prend fait et cause pour les « lanceurs d’alerte » Julian Assange et Edgar Snowden, voleurs d’information sans scrupules, elle applaudit quand Weill-Raynal est traîné devant le conseil de discipline de France Télévisions et sanctionné par une semaine de mise à pied, avec la bénédiction de la majorité des représentants du personnel. Ce n’est pas le quantum – bénin- de la peine infligée qui fait scandale en la matière, mais la mise en branle des réseaux de pouvoir syndicaux et médiatiques pour imposer une norme idéologique au sein du service public d’information. Et que dire de ces magistrats qui s’empressent de détruire les preuves de leur indignité – le Mur des cons – alors que certains de ceux qui y figurent ont saisi la justice ? Une sale affaire dont seul le « fusillé » sort aujourd’hui la tête haute.

 

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