La République française peut bien laisser des communautés pacifiques vivre en vase clos comme des amish. Permettre aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes de tenter une expérience de vie alternative offrirait un point de chute bigarré à tous les gauchistes de l’Hexagone.


Après les assassinats de quatre personnes au Super U de Trèbes par notre compatriote Radouane Lakdim, et pendant qu’une partie des habitants de la cité du djihadiste abattu opposait une résistance aux policiers, une femme concluait son témoignage, livré à un journaliste sur un ton préoccupé, mais remarquablement mesuré pour l’occasion, par cette question : « Qu’allons-nous faire de ces gens ? »

Un passeport pour Mossoul

Si l’État islamique ne s’était pas empressé, à peine créé, de déclarer la guerre au monde, si des musulmans épris de radicalité ne s’étaient pas portés volontaires pour la faire à tout ce qui n’est pas eux, aux mécréants comme aux mélomanes ou aux femmes visibles, si les fils d’Allah qui rêvent de califat s’étaient contentés de vivre leur aventure eschatologique dans la foi, l’observance et la prière plutôt que dans le vol, le viol et le meurtre, nous autres, hommes libres, aurions une réponse pleine de bon sens et d’humanité pour la dame du supermarché. Que faire de « ces gens-là ? » : leur délivrer un passeport, leur offrir un vol sec pour Mossoul, et tous nos vœux de bonheur. On pourrait même, quitte à rêver à un islam fait de paix et de tolérance, imaginer que notre République puisse accepter une entrave à sa laïcité et tolérer au sein de la nation une enclave inoffensive et islamique, afin de permettre à ceux de ses enfants adoptifs qui préfèrent la soumission à la liberté, et le boudin hallal sous vide intellectuel à la beauté des femmes libres et malignes, de ne pas désespérer d’être nés en Occident. Si seulement ces cons-là avaient un autre modèle de survie que la prédation et le crime, je ne serais pas hostile à la création d’un « Raqqa-sur-Ariège », et nous vivrions peut-être tous en paix. Hélas, dans la réalité, la question posée devant le Super U de Trèbes reste entière. Qu’allons-nous en faire ? Bombarder là-bas et surveiller ici, c’est encore le plus sûr.

 Les uns nous font la guerre quand les autres demandent qu’on leur foute la paix

La situation de « ces gens-là » ne souffre aucune comparaison avec celle des zadistes de Notre-Dame-des-Landes, mais n’est pas sans rapport. Les uns nous font la guerre quand les autres demandent juste qu’on leur foute la paix, mais dans les deux cas, une jeunesse française est tentée par des formes de séparation et adresse à la nation une demande de divorce. Répondant à ces envies sécessionnistes de nature totalement opposées, j’entends, venus de la droite, les mêmes appels à la répression, les mêmes rappels à l’indivisibilité de la République et les mêmes accusations de laxisme quand la force tarde à faire appliquer strictement la loi. Ce manque de discernement me chagrine. Alors que nous ne sommes pas foutus de mettre hors d’état de nuire quelques milliers de crapules multirécidivistes pourries par l’argent facile de la drogue et décomplexées dans le crime par le Coran, il faudrait s’empres

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Causeur #57 - Mai 2018

Article extrait du Magazine Causeur

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