Planqués, les profs ? N’allez pas dire ça au lycée François-Truffaut ; vous risqueriez d’être fort mal reçu par la direction. Car, dans cet établissement de Beauvais, réputé « sans histoires », pour parler comme au JT, il se pourrait que l’on milite bientôt pour introduire une épreuve de légitime défense au concours du Capes.

En cause, la bagarre qui a eu lieu dans une salle de classe entre trois élèves de seconde, et qui a causé une victime collatérale en la personne de la prof d’espagnol, saisie aux cervicales par un des protagonistes alors qu’elle tentait de s’interposer.

Comme si ces violences ne suffisaient pas à leur bonheur, les enseignants ont eu droit à la double peine, grâce à la réaction épatante du rectorat. Certes, les trois élèves ont immédiatement été exclus de l’établissement. Mais la décision du Conseil d’administration du lycée a été contestée par une des familles, qui a réussi à obtenir du rectorat un allègement de la sanction : de définitive, la mise à la porte de l’élève est devenue temporaire et il a pu réintégrer sa classe. C’est sans doute ce qu’on appelle « lutter contre l’exclusion ».