« Mes biens chers Frères,
Des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent en France, sans que la France en soit responsable.
A Paris, par dizaines de milliers, des Juifs ont été traités avec la plus barbare sauvagerie. Et voici que dans nos régions on assiste à un spectacle navrant ; des familles sont disloquées ; des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau, et envoyés vers une destination inconnue, avec la perspective des plus graves dangers.
Je fais entendre la protestation indignée de la conscience chrétienne et je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères parce que créés par le même Dieu ; que les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des Etats.
Or les mesures antisémitiques actuelles sont un mépris de la dignité humaine, une violation des droits les plus sacrés de la personne et de la famille.
Que Dieu console et fortifie ceux qui sont iniquement persécutés ! Qu’il accorde au monde la paix véritable et durable, fondée sur la justice et la charité ! »

Cette « Lettre de Monseigneur l’Evêque de Montauban sur le respect de la personne humaine », a été lue dans toutes les églises du diocèse, le 30 août 1942. Le prélat, qui se nomme Pierre-Marie Théas, avait été scandalisé par les rafles des 16 et 17 juillet.

Il est facile, en 2012, de se tricoter un petit pull d’Histoire, et de s’en vêtir frileusement, avant de pointer un doigt de procureur hargneux contre « la France », ce pays d’épouvante moderne, désormais complice des Nazis dans leur entreprise criminelle contre les Juifs. Mais il était difficile, il était très risqué de rédiger une lettre comme celle-là, de la signer de son nom, et de la lire en chaire.

En 1942, on ne refaisait pas l’Histoire, on la faisait, ou on la subissait !

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