De Lloyd Blankfein, grand patron légèrement mégalomane de Goldman Sachs, ayant affirmé que son entreprise accomplissait le « travail de Dieu » au reste du système financier américain, qui n’a de cesse de mettre en avant sa contribution à l’enrichissement de la société, Wall Street a perdu le sens des réalités. Du reste, les chiffres qui y circulent semblent irréels et sans commune mesure avec la vie quotidienne du citoyen moyen : 26 millions de dollars pour l’appartement de Blankfein, 2 milliards de dollars estimés pour la valeur du quartier général de Goldman Sachs, à Manhattan, ou encore 550 millions de dollars assumés par ce même établissement en règlement de son litige avec la SEC (Securities and Exchange Commission)…  Cette quantité de zéros dans un monde où règne le virtuel vampirise l’économie réelle sans apporter de valeur ajoutée digne de ce nom.
 
Comment juguler ou endiguer aujourd’hui un monde de la finance ayant connu un développement spectaculaire et dont la contribution à la richesse nationale n’a cessé de gagner en importance depuis 150 ans ? La participation de la finance dans le PIB américain a bénéficié d’une croissance stable au cours de cette période : sa part dans l’économie globale a grimpé de 1 % en 1850 à 8 % lors du summum atteint par le marché immobilier il y a quelques années (la période de la Grande Dépression ayant été la seule où l’importance du secteur financier allait notablement régresser)…

Quelle est la valeur ajoutée de la finance, en quoi profite-t-elle à la productivité de l’économie ? Ancien président de la Réserve fédérale et actuel conseiller de l’équipe Obama, Paul Volcker n’avait-il pas émis le souhait que « quelqu’un lui amène des éléments de preuve corroborant le lien entre l’innovation financière et ses bénéfices apportés à l’économie » ? Il y a des chances pour que cette question, pertinente entre toutes, ne concerne pas les seuls Américains…

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Michel Santi
Franco-Suisse né à Beyrouth en 1963, il a sillonné le Moyen-Orient. ex-cambiste et trader, il dirrige sa propre société financière à Genève pendant douze ans. Aujourd'hui, Michel Santi décortique, scrute et analyse le monde de la Finance. Il est également rédacteur du site : Gestion Suisse
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