Je m’adresse à vous, mâles de plus de cinquante ans, je suis des vôtres depuis peu. Ayant dépassé ce cap en assez bon état, j’entre néanmoins comme vous dans l’ère du dépistage. Passons sur vos excès de table, de boisson, de cigarette, ce ne sont que billevesées et même le spectre du cholestérol sera aisément terrassé par l’acquisition d’une paire de chaussures de jogging cousues main par des petits Vietnamiens.

Mais le cancer, c’est autre chose : il s’immisce, faut aller le chercher dans son terrier. Passons sur le colorectal, je viens de déjeuner, pour en arriver à l’ennemi numéro un: le cancer de la prostate. Renoncer au plaisir de la défécation passe encore mais l’impuissance: jamais! Le cerveau bestial de l’homme est en jeu, le sexe, la guerre, le football…

Mon beau-père qui en a eu un, brillamment guéri d’ailleurs, craignant tout autant la récidive qu’il adule les avancées scientifiques, surtout si elles viennent des Etats-Unis, m’a fait parvenir une édifiante enquête, parue ce mois-ci[1. Science et avenir, février 2012, pages 60 à 65], sur les fameux tests de dépistage du cancer de la prostate. Qu’y apprend-on ? Que notre marqueur national préféré, dont le nom fait penser à un constructeur automobile autochtone, serait obsolète ! L’avenir c’est, entre autre, le chien renifleur de pipi ou mieux encore une nouvelle protéine dégueulasse qui organise le covoiturage des métastases et dont le nom laisse rêveur: la sarcosine.

Vous avez bien lu, il n’y a pas de hasard, tout est dans tout et réciproquement…
Les Américains sont, c’est bien connu, des ingrats; à trop les aimer ils vous le rendent, au mieux en vous apportant la démocratie à coups de missiles et au pire en donnant votre nom à une protéine délétère…

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