Lilian Thuram lors du jubilé Pauleta, 2009. Photo : psgmag (Flickr)

Il est parfois douloureux de subir les élucubrations des arrières latéraux de football à la retraite. Je ne fais référence ici ni à Maxime Bossis, à la discrétion irréprochable (et de toute façon, il avait terminé sa carrière libero – eh oui, il y avait encore des liberos à cette époque) ni à Patrick Battiston, dont les commentaires techniques à la télévision sont toujours pertinents, mais à Lilian Thuram qui s’est cru autorisé à fustiger les propos tenus récemment par les édiles du football français et à réclamer des « sanctions » à leur encontre.

Les propos de l’ancien arrière droit de l’AS Monaco seraient parfaitement recevables s’il n’en avait pas tenus de similaires huit années plus tôt. Mais dans un contexte légèrement différent. En déplacement aérien avec l’équipe de France, Thuram avait alors élégamment fait savoir aux journalistes présents qu’il y avait trop de Blancs parmi le personnel navigant d’Air France (en les désignant du doigt, bien entendu : on a affaire à un seigneur). Il faudrait donc qu’il choisisse une bonne fois pour toute sa position de tir. On ne peut pas être simultanément républicain et adepte de la suprématie raciale des Noirs. Hostile à toute considération ethnique et favorable à un recrutement fondé sur la couleur de peau.

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François Marchand est écrivain. Il vient de publier Plan social (Cherche-Midi).
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