photo : Reuters/Gonzalo Fuentes

J’avoue avoir du mal à comprendre la colère des militants pro-Hamas (qu’on ne compte pas sur moi pour les qualifier de pro-Palestiniens) cloués sur place ce week-end à l’aéroport Charles de Gaulle, après avoir été inscrits sur une liste d’indésirables par les autorités israéliennes.

Certes, Roissy un vendredi, c’est beaucoup moins gai qu’Orly un dimanche dans une chanson de Bécaud. Mais de là à dire, comme la sémillante Olivia Zemor d’EuroPalestine que « Roissy-Charles de Gaulle est sous occupation israélienne » (et pourquoi pas nazie, Olivia ?) ou à scander comme ses camarades privés de Paris-Tel Aviv via Francfort « Roissy sous blocus, Lufthansa collabos ! »… Non, franchement je crois que nos amis sionistophobes exagèrent un brin.

Tout d’abord, je ne crois pas qu’Israël (ou l’ « Entité sioniste », comme préfèrent le dire nos pointilleux géopoliticiens) soit signataire des accords de Schengen. On n’entre pas là-bas comme dans un moulin, et si ça se trouve, il y a quelques bonnes raisons pour ça. Mais bon, c’est toujours rigolo de voir des altermondialistes certifiés AFNOR se réclamer des saints principes de Schengen. Tant qu’à faire, il aurait été plus fun pour Olivia Zemor, qui revendique volontiers ses origines juives, de demander à bénéficier de la Loi du Retour pour obtenir son billet d’avion. Hélas, je ne crois pas que l’humour juif soit la tasse de thé de l’ancienne colistière de Dieudonné.

En revanche, l’humour ou disons la taquinerie, semble avoir la cote du côté des Israéliens. À Jérusalem, on semble avoir tiré les leçons qui s’imposaient de la tuerie du Navi Marmara. Au lieu de clamer en vain qu’ils n’étaient pas coupables dans le déclenchement du drame, les services secrets d’Israël ont décidé de tout faire pour empêcher un drame de se produire. Et ça marche. Et on aime. Enfin moi j’aime.

Les moteurs diesel de tel cargo « Free Gaza » tombent mystérieusement en panne bien que flambant neufs, l’hélice de tel autre se détache mystérieusement de son axe, sans qu’on ait jamais signalé la présence de poissons-scies dans ce coin de la Méditerranée. Ah si seulement Hernu avait fait sous-traiter le Rainbow Warrior par les farceurs du Mossad…

Une fois les flottilles stricto sensu neutralisées façon Mac Gyver, sans bombes ni morts, restait à régler celui des flottilles de substitution. Celles qui entendaient libérer la Palestine en Airbus A320. On n’allait tout de même pas scier les hélices des aéroplanes, ni obstruer les réacteurs des jets avec des fraises Tagada, ce qui n’aurait pas été fair-play, même vis-à-vis de gens qui rêvent tout haut de vous rejeter à la mer.

Là encore, les services israéliens ont choisi de procéder en douceur, en usant banalement d’un simple black-listage, comme à l’entrée d’une boite branchée des Champs. Sans arme, ni haine, ni violence, comme disait Albert.

La réaction très énervée des passagers éconduits, ou plutôt acconduits, pourrait faire penser que ces Israéliens sont décidément des pervers et que procéder sans violence est la pire des violences qu’on puisse exercer contre un aspirant-martyr.

Je trouve au contraire qu’à défaut d’être forcément accueillants, les Israéliens sont excessivement prévenants. Le cas échéant, qu’auraient dû faire nos libérateurs de Palestine une fois sortis de Lod pour rejoindre Gaza ou la Cisjordanie ? Emprunter des taxis ou des bus sionistes ou mettre de l’essence sioniste dans une Subaru de location sioniste. Et éventuellement, acheter des clopes, du coca ou des fallafels tout aussi sionistes[1. Ça me rappelle le passage d’Opération Shylock où le héros, arrivant en Israël, n’en revient pas de voir du sable juif, une mer juive….(EL)]. Vous imaginez le drame intérieur pour le normalien en keffieh qui a fait serment de vouer son existence au boycott, au désinvestissement et aux sanctions ? Et je ne vous parle pas des islamistes restés en rade à Roissy à qui l’entité impie a évité le spectacle haram des juivettes aux jupes ras-la-touffe ou des pédés qui se roulent des pelles baveuses en plein jour à Jaffa. Merci qui, les amis ?

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