Qui aurait cru que les propos -lamentables- d’une petite fille de onze ans – comme on en entend tous les jours dans une cour de récréation – auraient pu soulever les plus hautes autorités de l’Etat au point qu’une soirée de résistance soit organisée à l’initiative de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti et du metteur en scène Jean-Michel Ribes ? Deux jours après le bide des manifs du samedi,  un cortège d’artistes, de penseurs, de politiques, de stars cathodiques, remettaient ça, mais dans l’enceinte chauffée du théâtre du Rond-point

On se rappellera que le 28 janvier dernier, on avait eu le droit au même jeu et aux mêmes couleurs pour un numéro d’exhibition tout aussi grandiloquent afin, nous disait-on, de faire taire l’homophobie latente qui régnait alors ; c’était le temps des discussions de la loi Taubira portant le mariage entre personnes de même sexe.

Qu’il doit-être doux et complaisant d’aimer les autres. Surtout lorsque l’on s’aime de tant aimer les autres. Alors on vilipende cette France rance, cette France moisie, cette France qui s’emmêle au lieu de se mêler. Et chacun se persuade de son altruisme exorbitant, en détestant ces millions de Français en détresse qui finissent par grossir les rangs du vote Front national.

Sartre, l’homme dont ils se gargarisaient hier, aimait à définir l’intellectuel comme quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. Aujourd’hui, l’intellectuel est manifestement celui qui s’engage quand la télé le regarde .

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