Tout préoccupé qu’il est par PSA, le ministre du Redressement productif n’a pourtant pas oublié la Lorraine. Il vient en effet de nommer une sous-traitante pour la région sinistrée, chargée de se pencher avec gravité et condescendance sur le sort des entreprises en difficulté, dont évidemment Arcelor-Mittal, le feuilleton interminable décrivant la lente agonie de la sidérurgie française sous le regard amusé d’un milliardaire indien.

Sandrine Anstett, c’est son nom (à ne pas confondre avec le sous-préfet de Commercy), chargée de mission de la DATAR (une de ces innombrables usines à gaz réservées à des diplômés qui ont l’air de se rendre utiles) aura fort à faire face aux sidérurgistes désabusés: elle a d’ores et déjà commandité une mission d’expertise sur le fameux projet ULCOS, censé sauver les hauts fourneaux de Patural dont je vous parlais tantôt avec des trémolos dans la voix, captation du CO2 que l’on stocke ensuite en sous-sol, cela me semble ridicule mais l’idée séduit visiblement un partie des experts en réchauffement climatique. Planter des arbres ou arrêter de massacrer les forêts tropicales me semblerait plus intelligent, mais allez donc en parler au maire de Metz qui en a coupé 900 pour son fameux pseudo-tramway festif à roulettes…

Bref, une mission d’expertise qui rendra ses conclusions fin juillet alors que le projet en question, retenu par la Commission européenne, à la grande joie d’Arnaud le ministre et du président du conseil régional réunis autour d’une quiche lorraine, le projet, dis-je, est classé en huitième place dans le palmarès de ladite commission et du financeur la BEI : sachant que seulement les trois premiers, comme aux JO, seront effectivement actés fin 2012, ça ne semble pas vraiment bien engagé et le responsable CFDT qui mène la lutte finale des Arcelor, Edouard Martin, ne cache pas son dégoût… Moi non plus : la vessie ULCOS se dégonfle, miroir aux alouettes brandi aux ouvriers comme on lance un os à un chien. Bref, les gars, il est temps de foutre le feu à l’usine!

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