La CGT nationale intervient volontiers dans le débat électoral, et c’est son droit le plus absolu d’estimer que la réélection de Nicolas Sarkozy ne serait pas une bonne chose pour les travailleurs. Nicolas Sarkozy semble partager cette animosité. Pour lui, il vient de le redire hier, la CGT, à Arcelor, comme ailleurs, pense plus à ses objectifs politiques qu’à la défense des salariés.

Une des fédérations de la CGT est, en revanche, beaucoup plus discrète sur le sujet : la puissante Fédération Nationale des Mines et de l’Energie, qui regroupe notamment les salariés d’EDF et GDF, deux entreprises où la CGT est particulièrement puissante.
Depuis un an, la FNME a publié en tout et pour tout un seul communiqué sur cette échéance décisive, peu après le fameux accord électoral entre socialistes et Verts.

Le titre du communiqué était déjà sans appel : « Accord irréaliste et irresponsable PS / EELV : fin du service public de l’électricité », le texte n’était guère plus tendre pour les deux partis de la gauche sociétale :

« L’arrêt du Nucléaire (ne nous voilons pas la face, c’est ce que signifie l’arrêt de tout nouveau projet rajouté à la fermeture de 24 réacteurs – dont l’arrêt immédiat de Fessenheim – plus la mise en cause du retraitement) fragilisera l’équilibre Production/Consommation et notre indépendance énergétique. Le bilan économique, écologique, social, de ces décisions, si elles étaient mises en œuvre dans une échéance aussi courte, serait désastreux. Qui paiera les coûts de ces décisions ? Le prix de l’électricité en sera doublé, pénalisant fortement les usagers et notre industrie. Nous ne pouvons penser que ce vaste gâchis industriel serait la balance de quelques postes de députés. »

Si l’on procède par élimination, une fois Hollande et Joly disqualifiés, il restait donc un candidat de gauche vers lequel électriciens et gaziers pouvaient se retourner, celui soutenu par le PCF, la seule formation de gauche qui n’a jamais cédé aux sirènes de la démagogie antinucléaire. Las, si le PCF est clair sur ces questions, Jean-Luc Mélenchon l’est tout autant : il est favorable « à une sortie programmée du nucléaire » qu’il se propose cependant de soumettre à référendum au cas ou il serait élu…

Philippe Poutou étant un antinucléaire convaincu, François Bayrou, Marine Le Pen et Nathalie Arthaud étant peu ou prou sur des positions de réduction programmée assez proches de celles préconisées par l’accord PS-EELV, il ne reste donc plus qu’un seul candidat à partager la position de la CGT d’EDF en faveur du maintien et de la modernisation des centrales existantes et de la poursuite des efforts de modernisation et de sécurisation de la filière nucléaire. Devinez lequel ?

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