NDLR : Cet article a été rédigé avant le premier tour des élections régionales.

Y penser toujours, n’en parler jamais : c’est pour avoir enfreint cette règle élémentaire du savoir-vivre, plus encore du savoir-vivre politique, que Manuel Valls s’est fait étriller par la droite comme par la gauche, avant les attentats de Paris. La faute du Premier ministre ? Avoir déclaré publiquement qu’il n’était pas question, d’après lui, de laisser le FN emporter une région lors du prochain scrutin de décembre. Et d’avoir envisagé, en conséquence, la possibilité d’une alliance gauche-droite entre les deux tours, une alliance PS-Les Républicains, pour faire barrage à la formation frontiste là où elle pourrait être en situation de gagner : dans le Nord-Picardie, avec Marine Le Pen, en Provence, avec sa nièce Marion, voire dans le Grand Est avec son premier lieutenant, Florian Philippot.

Non au retour du refoulé ! Pour la droite, la perspective de renouer avec la stratégie dite de front républicain est d’autant plus inacceptable qu’elle l’a abandonnée durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy au profit d’un « ni-ni », ni FN ni PS. Il s’agissait alors de tirer la conséquence de ce que nombre d’analystes présentent comme « la droitisation » de la société française : la droite ne pouvait plus donner de signes de connivence avec la gauche sous peine de voir de nouveaux pans de son électorat basculer vers le FN. Renoncer au ni-ni au temps de l’afflux de migrants et du terrorisme islamique constituerait un contresens.

*Photo : © AFP DENIS CHARLET.

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
est journaliste et essayiste.Auteur des Beaufs de gauche et de La Gauche et la préférence immigrée.
Lire la suite