Sous cette République gaullienne présidentielle, le tripartisme n’existe pas. On y a cru un moment, depuis deux ans, mais en fait non. Le Parti socialiste et les Républicains sont en train de nous administrer la preuve, en loucedé, que comme jadis les feus UDF et RPR, il est tout à fait possible de se partager le pays en professant des programmes apparemment différents.

À LR comme à l’UDF d’avant vont les communautés locales, départements, mairies et demain régions. Au PS, le président, le gouvernement et les députés. Comme pour le RPR de Chirac.

On n’invente pas, c’est ce qui est en train de se passer. Manuel Valls l’a asséné ce matin à la radio : « Chacun devra prendre ses responsabilités à droite comme à gauche, pour empêcher le FN de gagner une région. »

Anne Hidalgo est encore plus claire : « Je préfère aucun socialiste dans un exécutif plutôt que le Front national à tête de ces exécutifs ».

Et la candidate EELV Emmanuelle Cosse, qui n’est pas socialiste mais perdante de toute façon, souscrit elle aussi à ce retrait des listes de gauche partout où leur maintien en troisième position risquerait d’offrir les conseils régionaux au FN. C’est de l’ouverture avant l’heure, et c’est du vallsisme, jumeau du sarkozysme ancien : se poser en résistant à Marine Le Pen, si pur et si désintéressé qu’on est prêt à sacrifier ses troupes locales pour éviter le péril, en espérant engranger demain les intérêts de cet investissement risqué.

Je ne sais pas si Valls a 2017, ou plutôt 2022 en ligne de mire : mais il est certain qu’il prendra rendez-vous avec l’avenir dès dimanche soir, s’il intime l’ordre à ses listes de se retirer, particulièrement dans le Nord et dans le Sud, au profit des Républicains.

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Jacques de Guillebon
est journaliste et essayiste.est journaliste et essayiste.
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