Voici de délicieuses galettes des rois de la six-cordes et autres fées électricité à savourer pour traverser le cœur léger les turpitudes à venir.  En 2019, Rammstein, CharlElie couture, The raconteurs, Rival sons et Eiffel vont envoyer du bois dans les oreilles


The Raconteurs

Le deuxième super-groupe – avec The Dead Weather – de Jack White (The White Stripes) n’avait pas donné de ses nouvelles depuis dix ans. Le 19 décembre, le combo américain a mis en ligne deux nouveaux clips, qui annoncent un intense retour aux affaires, « des chansons comblant le fossé entre  le rock’n’roll de Detroit et celui de Nashville » (dixit Jack dans le mensuel britannique Mojo), pour un album fiévreux à paraître dans le courant de l’année. Demandez à la poussière :

CharlElie Couture

Même pas sommeil sortira le 25 janvier. L’album s’annonce pour CharlElie comme le parfait complément du remblayage musical en cours opéré par ses frères américains cités plus haut, l’œuvre blues ultime de notre Raconteur à nous. Les confidences récentes de l’homme augurent un disque au swing désenchanté, en forme de manifeste contre une barbarie moderne qui s’exerce au nom des idéaux humanistes les plus sophistiqués. Ces chansons-chroniques nous parlent d’un monde qui prend la poussière, où la violence sociale et l’ingérence avancent à grands pas dans le désert global :

Rammstein

Rammstein dégainera une nouvelle fois la Grosse Bertha de son metal martial colossal, dix ans après le dernier album studio en date. L’artillerie lourde devrait atterrir dans les bacs courant avril. Une tournée des stades est annoncée, avec une halte de deux jours à Paris La Défense Arena les 28 et 29 juin (la première date affiche déjà complet). Message aux Gilets jaunes qui souhaiteraient rester sur place pour assister aux deux shows : les braséros ne sont pas autorisés dans l’enceinte, même pour Rammstein.

Eiffel

Pour annoncer le nouvel album du groupe bordelais, à paraître en avril, voici un titre prémonitoire sorti par la formation en 2009, en guise de spéciale dédicace à notre président de la République. Une chanson insurrectionnelle dont les paroles résonnent comme un tir de flash-ball-boomerang en cette période agitée : « A bien compter le monde / Est x fois plus nombreux / Que ces trois cents familles qui sur la rue ont pignon […] Et quand le peuple rêve il aime / Disposer de lui-même […] Et quand le peuple crève / A tout moment la rue peut aussi dire non » :

Rival Sons

Le groupe américain Rival Sons, dont l’arbre généalogique plonge ses racines chez Janis Joplin et Led Zeppelin, est de retour avec ses guitares graisseuses et ses compos élaborées dans les canyons de la mythologie blues-rock Voilà des « racines sauvages » – titre du nouvel album – riches en fibre naturelle, du genre qu’on ne risque pas de croiser dans une allocution de vœux présidentiels. Et je ne parle pas du clip du single éponyme « Feral Roots », aux allures de racines du mal chères à Dantec planquées derrière les racines sauvages. Le chef de l’État verrait sûrement dans ces images un spécimen de Gilets jaunes tels qu’il se les imagine, préparant leur acte 9 dans leurs sous-bois de primitifs hargneux :

Nouvel album de Rival Sons, « Feral Roots », à paraître le 25 janvier.

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