Thomas Piketty ne s’en cache pas : il aspire à être le Marx de notre temps – d’où le titre de son dernier ouvrage, Le Capital au XXIe siècle. Mais à la différence de son modèle, Piketty réussit à passer pour un prophète de son vivant, comme en témoigne le succès de son livre, best-seller en France et aux États-Unis.

Reste à savoir si cette aura est méritée, donc à examiner sa thèse qui repose principalement sur deux idées. Primo, la part des revenus du capital (entendez essentiellement les profits) est appelée à croître inexorablement aux dépens des revenus du travail (soit, pour faire simple, les salaires). Deuxio, le rendement du capital est d’autant plus élevé que le capital initial est important ; c’est-à-dire, pour dire les choses vulgairement, que plus on est riche, plus on s’enrichit rapidement.
Dès lors, conclut Piketty, le capitalisme porte en lui une force de divergence qui fait que les grandes fortunes tendent inexorablement à s’auto-reproduire et les entrepreneurs à se transformer en rentiers ; à terme, prédit-il, et à moins que l’on agisse pour contrer cette tendance – par la fiscalité, évidemment –, nous vivrons dans une société dominée par une poignée d’immenses fortunes dynastiques tandis que la majorité ne possèdera, pour ainsi dire, rien.

*Photo: MAGALI DELPORTE/THE TIMES/SIPA.00683026_000009

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Guillaume Nicoulaud
est un blogueur et économiste françaisest un blogueur et économiste français
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