Dans ce pays pourri par l’assistanat, et un assistanat qui profite évidemment d’abord aux Arabes, il y a une foultitude aberrante d’allocations qui tombent sur cette population si manifestement avide de bien-être, gorgée jusqu’à l’indécence de prébendes étatiques, faisant noubas et ramadans dans des logements sociaux riants, des cités harmonieuses, voire radieuses comme on disait du côté du stalinien Le Corbusier. Cet imbécile pensait avec Auguste Perret que des logements pour pauvres pouvaient être, devaient être un peu plus que décents et utilitaires. Mais ils ne savaient pas que les pauvres ne font pas attention à leur décor, qu’ils estiment que tout leur est dû et qu’ils laissent se dégrader leur environnement, non pas par découragement ou manque d’argent comme on pourrait le croire mais parce que c’est comme ça, les pauvres de tout temps n’ont eu aucun sens du beau.

Non, mais ils se sont bien regardés, les pauvres ?

Leurs logements sont d’ailleurs, à la fin souvent détruits. Parfois ce sont le fait d’émeutiers barbus ou en casquette, ou en casquette barbue, qui ne veulent rien faire et refusent de travailler alors que le précariat a sa noblesse et qu’on se demande ce qu’il leur faut, à ces jeunes.. Un CDI tout de suite ? Non mais, ils se sont bien regardés ?
Parfois, leurs logements sont aussi détruits par l’Etat lui-même dans le cadre de la rénovation urbaine. On convoque des télés pour montrer la maitrise de nos artificiers. Ca s’effondre sur soi et ça fait beaucoup de poussière. Après, on met la poussière sous le tapis et ça recommence comme avant. Il paraît que l’on appelle ça la politique de la ville.
Néanmoins, à une époque, en France, dans ces quartiers, beaucoup ont voté communiste. Ils ont eu alors des mairies qui leur donnaient des équipements pour la petite enfance, des colonies de vacances, des théâtres, des bibliothèques. Mais ça n’a pas duré. On appelait ça une contre-société. Ces cités se prenaient en main elles-mêmes. Cela aurait dû plaire à la droite qui ne parle que de responsabilité, de prise en charge de la communauté par elle-même. Mais ça ne lui a pas plu. Elle expliquait qu’on commence par emmener les enfants à la mer et qu’on se retrouve avec des chars soviétiques à Corbeil-Essonnes. Tiens, il ne raconte pas autre chose, le David Cameron, avec son projet de Big Society. Margaret Thatcher disait que la société n’existait pas ce qui était une manière de mettre à mort les solidarités traditionnelles du monde ouvrier – la « common decency » d’Orwell – , histoire d’achever ses velléités à se penser en tant que classe.

David Cameron, ce modèle…

Cameron, lui, ayant compris que la City avait ruiné son Etat, se replie sur cette même société. La Big Society, c’est une manière élégante de dire l’Etat ne peut plus rien pour vous, et les syndicats non plus, puisqu’on les a tués depuis trente. Alors voilà, faites comme vous sentez, hein, implantez vos écoles et vos hôpitaux où vous en avez besoin, ce sera toujours mieux fait par vous que par des bureaucrates. De toute façon, des bureaucrates, on n’en a plus non plus. Et puis bien sûr, vous financez vos projets vous-même, isn’t it ? Je mettrai éventuellement une rallonge si je trouve encore quelques pounds au fond des caisses qui n’auront pas été utilisées pour réduire le déficit.
La différence entre le projet de Cameron et celui des municipalités françaises communistes de la grande époque, c’est que chez les communistes, il y avait un choix, une volonté de montrer qu’un autre type de société était possible, ici et maintenant, tandis que la Big Society est la dernière cartouche de Cameron avant liquidation et tiers-mondisation de sa propre classe moyenne.

L’horreur allocataire

Mais bon, eux au moins, ne déversent pas des sommes fabuleuses dans le tonneau des Danaïdes de la paresse naturelle du pauvre, encore renforcée par la forte prédominance de pauvres à peine français, venus du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. On ne va pas vous en faire la liste de ces allocations, on voudrait éviter de transformer le corps du riche, pourtant bien protégé derrière son bouclier fiscal, en martyre de Saint Sébastien. Est-ce qu’un bouclier fiscal de rien du tout, avec un tout petit plafond de soixante pour cent sera en effet assez épais pour ne pas être transpercé par ces flèches honteuses, décochées par un Etat-providence que le socialiste Sarkozy, derrière ses rodomontades, se garde bien de démanteler ?
RMI, RSA , APL, indemnités journalières pour les accidentés du travail (Frédéric Lefebvre, cet aigle de la rigueur, a bien essayé de les fiscaliser, hélas sans succès), allocations familiales, allocations adultes handicapé, on en passe et des pires.
Bloy, pourtant assez peu marxiste, parlait du sang du pauvre. Là, on voit bien que c’est le sang du riche qui est en jeu. Le riche saigne, s’affaiblit, s’exile, enveloppé d’un manteau de capitaux maigrelets pour éviter un rezzou fiscal toujours possible : il voit bien que le bouclier ne tient plus, qu’il est déjà écorné, qu’il n’a plus le choix que de passer dans des pays lointains.

…et l’allocation rentrée scolaire

Et puis j’allais oublier, en matière d’allocs, celle dont on parle un peu en ce moment. L’allocation de rentrée scolaire. Elle est en gros de 300 euros par enfant entre six et dix-huit ans et n’est distribuée, dans tous les cas, qu’aux ménages gagnant moins de 30 000 euros par an. Evidement, plus vous avez d’enfants et plus vous êtes pauvres, plus vous touchez. Et comme les Arabes sont pauvres et ont beaucoup d’enfants, comme d’habitude, c’est eux qui ramassent le pactole.
La droite, ça la démange un peu, l’argent jeté par les fenêtres de cette façon. Cette droite, qui adore la liberté et la responsabilité, trouve que les pauvres ne sont pas assez responsables. Libres ? Oh, un pauvre, c’est toujours assez libre comme ça et puis ils ne savent pas trop quoi en faire de leur liberté. Ce n’est pas plus mal. En France, certains pauvres, figurez-vous, ont le droit de vote. C’est à peine croyable. Parfois même des pauvres d’origine étrangère Heureusement qu’ils s’abstiennent ou qu’ils ne sont pas inscrits, ils seraient capables de voter à gauche.

Edouard Courtial, l’obsessionnel

Mais bon, toujours est-il que cette allocation rentrée scolaire, c’est celle de trop pour Edouard Courtial, député de l’Oise. Il trouve ça très imprudent de laisser les pauvres avec tout cet argent à la rentrée. C’est son dada car c’est la troisième année qu’il propose que l’on transforme cette allocation en bons d’achats. Edourd Courtial doit penser que les pauvres, de plus en plus islamisés, vont profiter de cette manne pour acheter de la drogue, des Home-Tv, des armes, des manuels de guérillas urbaines, que sais-je encore. Tandis qu’en donnant des bons d’achat, le pauvre n’aura pas le choix, il sera obligé d’aller acheter de la papeterie là où on lui dira. Et des chaussures pour celui qui entre au CP dans un supermarché choisi à l’avance. Sur quel critère, tiens ? Le meilleur prix ou la meilleure contribution à une campagne électorale ?
Monsieur Courtial, qui a un nom bien célinien que reconnaitront les lecteurs de Mort à Crédit, n’est pas si sympathique que son homonyme romanesque. Courtial des Pereires voulait inventer un moyen de faire grossir de manière accélérée les pommes de terre. Edouard Courtial, lui, veut inventer un moyen de contrôler et d’humilier encore plus les pauvres. Vous me direz, étant donné l’état d’esprit à l’UMP en ce moment, il serait peut-être temps qu’ils pensent à faire un concours Lépine.
On rappellera juste à monsieur Courtial que l’allocation de rentrée scolaire coûte en tout et pour tout à la nation 30 millions d’euros. Et que 30 millions d’euros, c’est exactement la somme que le gouvernement qu’il soutient a rendue à Liliane Bettencourt au nom d’un trop perçu fiscal. La prochaine fois, on espère que le ministère du Budget évitera le chèque pour préférer des bons d’achats.

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