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Les Syriens peuvent-ils espérer de meilleurs lendemains?

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Mohammad al-Bachir, un ingénieur en génie électrique originaire d’Idlib, a été désigné « Premier ministre du gouvernement de transition » en Syrie, chargé de conduire une transition politique sous l’égide du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS). La chute du régime de Bachar al-Assad marque la fin d’une ère, avec l’effondrement du panarabisme et la débâcle des alliés de la Syrie d’hier, Russie et Iran, qui subissent de lourdes pertes géostratégiques.


Après 53 ans de règne sans partage sur la nation syrienne, la famille al-Assad n’est plus maîtresse de ce territoire qui fut après l’effondrement de l’empire ottoman soumise au mandat français. Fuyant son peuple, le dictateur déchu s’est envolé vers Moscou en famille non sans penser à s’emparer d’une partie de sa fortune estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Lâche, ce dernier n’a pas eu un seul mot pour les Syriens et les Syriennes de toutes confessions, pas même pour ses partisans ou la communauté alaouite qu’il a abandonnée. Pas une excuse. Pas une explication. Bachar al-Assad n’aura toutefois pas réussi à emporter tous les secrets d’un régime qui n’en finit plus de dévoiler sa nature barbare au fil de l’avancée des différents groupes rebelles. Un scénario qui évoquera celui d’Un Château l’Autre de Céline aux plus littéraires…

Cas le plus emblématique, la prise de la prison de Saydnaya rappellera l’ouverture d’autres atrocités restées dans les mémoires ; goulags soviétiques, charniers yougoslaves ou encore camps de la mort cambodgiens. Les images qui nous parviennent sont choquantes, terrifiantes. Si nous avons autrefois pu penser que face au diabolique abîme  qu’incarnait l’Etat islamique, le régime baasiste pouvait être un « mal nécessaire », nous aurions tort aujourd’hui d’afficher une triste mine à l’évocation de la libération syrienne. Il serait indécent de dire à la place de ce peuple qu’il n’a même pas le droit d’essayer de rêver en des jours meilleurs. Il serait encore plus indécent de leur cracher au visage que la chute de la famille Assad ne peut annoncer que « pire » et que tout ça serait au fond un peu la faute de l’Occident.

De ce maelstrom de conflits ethnoreligieux millénaires ne naîtra pas en un jour une démocratie libérale sur le modèle occidental. Personne de sensé ne saurait dire le contraire. Il faudra encore beaucoup de travail pour que la Syrie devienne un Etat fonctionnel, si tant est d’ailleurs qu’elle conserve son unité et ne soit pas atomisée comme a pu l’être la Yougoslavie – ce qui fut, avec le recul, positif dans l’ensemble pour les différentes nations qui la composaient. Il est possible que le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham dirigé par le charismatique chef Joulani puisse progressivement chercher à instaurer une théocratie pensée autour de la majorité sunnite et discriminatoire pour les minorités. Mais il faut pourtant essayer collectivement de faire en sorte que la Syrie s’en sorte par le haut. Elle a déjà traversé tant d’épreuves et de souffrances que nous ne pouvons pas prendre à la légère ce qui s’y passe, si déterminant par ailleurs pour l’équilibre global de la région et même du monde.

Des grands perdants

Tout d’abord le parti Baas, mais aussi l’idée qu’il défendait. Le panarabisme terceriste n’est plus. C’est une idée morte au Moyen-Orient, qui n’existe en réalité plus vraiment nulle part. Même dans les bastions loyalistes, parfois grecs orthodoxes comme à Mahardah ou assyriens comme à Qamishli, les foules étaient dans la rue pour manifester leur joie. On sait bien qu’il s’agit aussi là de faire rapidement allégeance aux nouveaux maîtres, comme l’a fait la propre belle-sœur d’Assad, mais tout n’était pas feint dans ces scènes de liesse populaire. 

De quoi faire dire ironiquement au twitto Restitutor Orientis : « J’observe avec fascination le revirement des soutiens au régime de Bachar al-Assad (Russie, Iran, Algérie, SSNP, Manal al-Assad, etc.). Il ne serait pas surprenant de voir bientôt Bachar al-Assad lui-même se proclamer partisan de la révolution syrienne et se présenter comme son plus grand révolutionnaire. » Le régime algérien, qui a le don pour choisir les mauvais chevaux sans néanmoins trop s’engager, fut d’ailleurs assez symptomatique du genre en retournant sa veste en quelques jours à peine…

Les deux autres grands perdants sont la Russie et l’Iran. Ces deux grandes puissances ont été humiliées en Syrie par l’offensive expresse des ennemis d’Assad. Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte n’y a pas été par quatre chemins : « La Russie et l’Iran étaient les principaux soutiens du régime Assad et ils partagent la responsabilité des crimes commis à l’encontre du peuple syrien » La Russie apparait comme la grande perdante. Son accès aux mers chaudes est directement menacé et ce n’est peut-être qu’une question de jours avant que la Turquie ne bloque le Bosphore et les Dardanelles à la marine de Poutine. Une perte sèche qui n’affectera pas seulement le prestige de Moscou mais aussi ses capacités de projection vers l’Afrique que ses mercenaires occupent.

L’idéologue Douguine ne s’y est pas trompé, multipliant des tweets furieux : « Il existe de nombreux liens entre la Russie et la Turquie. Son comportement est clairement en faveur d’Israël et des mondialistes. C’est triste. La Russie n’est pas aussi faible que l’Occident veut le faire croire. Je pense que c’était une erreur de calcul de la part d’Erdogan. » Cet homme, souvent présenté à tort comme un grand intellectuel russe, étonne par sa naïveté. N’a-t-il jamais étudié la Guerre de Crimée qui fut déclenchée pour les mêmes raisons et perdu par la Russie ? Nous y avons d’ailleurs participé aux côtés des Anglais, les rues et boulevards Sebastopol et Malakoff en étant le souvenir… Autre chose, ne s’est-il jamais demandé pourquoi la Turquie avait été intégrée à l’OTAN ? Au-delà de la question grecque, la Turquie a toujours servi de gardien des portes de la Méditerranée face à l’URSS et désormais à la Fédération de Russie.

S’il est évident que la Russie essaiera de négocier la conservation de ses bases militaires et maritimes, notamment celles de Tartous et de Hmeimim, rien ne dit que ses génuflexions opportunistes devant le nouveau régime en gestation seront suffisantes. Tartous est incontournable pour la marine russe qui en a besoin pour naviguer en Méditerranée sans devoir se ravitailler dans les ports de la mer Noire. Elle peut accueillir jusqu’à quatre bâtiments de taille moyenne, et près de 2 000 militaires seraient stationnés sur place. La base aérienne de Hmeimim compte toujours une quinzaine d’avions, des gros porteurs qui permettent le ravitaillement des sociétés militaires privées postsoviétiques au Mali, en Centrafrique ou au Burkina.

Notons par ailleurs que Donald Trump a pris la parole sur le sujet, au lendemain de sa visite à Notre-Dame et à Paris, où il a rencontré pour la première fois Volodymyr Zelynksy. Il s’est adressé à la Russie sur un ton très dur : « Assad est parti. Il a fui. Son protecteur, la Russie, la Russie, la Russie, n’était plus intéressé. Il n’y avait d’ailleurs aucune raison pour que la Russie se trouve là. » Nous serons d’accord sur ce point mais aussi sur l’idée qu’Obama, en dealant l’accord sur le nucléaire iranien, a prolongé l’existence du dictateur et donc de la terrible guerre civile qui a propagé le monstre takfiro-djihadiste de l’Etat islamique et d’Al-Qaïda.

L’autre grand perdant est évidemment l’Iran. Géant régional amoindri, subissant revers sur revers depuis le 7-Octobre. Le régime des mollahs, menacé par des oppositions internes de sa société civile, voit tous ses partenaires se faire taper dessus. Le Hamas et le Hezbollah sont plus diminués que jamais par les opérations israéliennes.

Les gagnants – peut-être provisoires…  

Evidemment l’opposition syrienne et singulièrement l’HTS de Joulani qui tenait le réduit d’Iblid. Pour le moment, ce groupe islamiste réussit à naviguer correctement devant les caméras. On sent le travail de lissage des communicants qataris… La méfiance est néanmoins plus que de rigueur face à un groupe qui, bien que n’appartenant plus à Al-Qaïda, reste animé par une idéologie guère tendre une fois qu’elle détient les clés du pouvoir. Il semble vouloir dans un premier temps récupérer une partie des cadres techniques de l’ancien régime afin d’assurer une « transition pacifique et inclusive » telle que demandée par la Turquie et Israël. Abou Mohammed al-Joulani a même rencontré l’ancien Premier ministre assadien Mohamed al-Jalali.

C’est Mohammad al-Bachir qui a annoncé ce mardi avoir été nommé « Premier ministre du gouvernement de transition ».  Originaire d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, Mohammad al-Bachir né en 1983 est un ingénieur de formation qui a obtenu son diplôme en génie électrique à l’Université d’Alep en 2007 et aurait travaillé pour la Syrian Gas Company. Une tâche qu’il assumera théoriquement jusqu’au premier mars. Il faut bien comprendre que l’ONU considérait encore il y a quelques jours l’HTS comme une organisation terroriste, ainsi que l’a confirmé Geir Pedersen, le nouvel envoyé spécial de l’organisation. S’il a voulu se montrer positif, à l’image des dirigeants européens et américains, le scepticisme reste largement de mise pour le diplomate :

« Comme vous le savez, la résolution 2254 du Conseil de sécurité considère HTS comme une organisation terroriste. Mais nous devons regarder les faits. Et les faits, c’est que HTS – et les autres groupes armés – ont envoyé des messages positifs aux Syriens. Et très sincèrement, nous l’avons aussi constaté sur le terrain. Si la transition est vraiment inclusive et intègre toutes les communautés, alors il y a une vraie possibilité de voir une nouvelle Syrie. Et dans ce cas, je pense que la communauté internationale pourra réévaluer si HTS est une organisation terroriste ou pas (…) et envisager la levée des sanctions ».

Des carottes qui pourraient s’avérer insuffisantes. Mais les grandes puissances ont appris de leurs erreurs. Les gagnants israéliens et turcs n’ont aucun intérêt à voir s’établir un califat hostile ou ne répondant pas aux standards élémentaires du droit humanitaire à leurs frontières. Les autres acteurs syriens, qu’ils soient soutenus par la Turquie, Kurdes, ou de l’opposition démocratique, non plus. C’est d’ailleurs en partie pour cela que Tsahal a tiré quelques salves préventives, sans oublier de réoccuper le Golan, qui est un territoire syrien depuis 1974. Si cela en reste là, ce peut être bénéfique. Mais Israël n’a pas non plus intérêt, ni nous encore moins, à aller plus loin dans un premier temps. La même question se pose pour la Turquie qui fort de son nouveau statut doit néanmoins composer et rester prudente, d’autant plus que les Américains ont les Kurdes pour alliés. L’armée américaine a d’ailleurs bombardé 75 points d’intérêt des reliquats de l’Etat islamique…

Dernier pays potentiellement gagnant de la nouvelle donne : le Liban. On l’oublie, les Assad étant à tort présentés comme des « protecteurs » sans faille des chrétiens de la région, mais ce sont eux qui ont tué Bachir Gemayel. Sans cet encombrant voisin et débarrassé d’une grande partie de la branche armée du Hezbollah, le Liban pourrait enfin se reconstruire. La France y veillera.

Un dernier mot en conclusion sur deux gains annexes importants. La Russie est entrée aussi en Syrie pour bloquer la construction du gazoduc qatari à destination de l’Europe. La partie reliant Homs à la Turquie n’a jamais été achevée. Total est partie prenante. Nous pourrons enfin le faire, ce qui va réduire encore la dépendance au gaz russe et aura une incidence positive sur les tarifs. Enfin, le départ d’Assad a permis aux pays européens et à la Turquie d’annoncer le rapatriement des réfugiés syriens qui avaient fui le régime mais aussi l’arrêt du traitement des nouveaux dossiers. La France a annoncé qu’elle suivrait l’Allemagne et l’Autriche. Les leçons de 2015 ont été apprises.

Encore un éloge de la lenteur…

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Tiens, comme c’est original ! Encore un écrivain perché sur son nuage, s’apprêtant à nous faire un sermon sur la lenteur. La lenteur ! A-t-on déjà vu plus cliché, comme sujet ? Qu’est-ce qu’ils sont lassants, ces gens-là… Croyez-moi, j’en ai vu passer et je les connais : à peine ont-ils griffonné quelques lignes qu’ils s’imaginent déjà grattant une lyre, couronnés de lauriers, et croulant sous les muses. On se demande s’ils vont un jour descendre sur Terre et accepter le fait que tout n’est pas « ordre et beauté ; luxe, calme et volupté ». Après tout, il y en a qui bossent ! Qui s’occupent des vraies affaires, qui sont productifs !

Mais c’est toujours la même histoire, avec les écrivains. Tout juste bons à s’envoyer des cafés, errer et contempler, en se croyant qualifiés pour nous donner des leçons de morale. Si hautains, si prévisibles. Comme si je savais d’avance ce qu’ils vont nous pondre, comme phrases…

« La lenteur n’est pas une pause dans le temps, mais une fêlure dans l’espace. Dans chaque silence et chaque fracas, chaque naissance et chaque mort, si vous faites bien attention, vous constaterez une infime fêlure, d’où s’échappent des notes, des parfums et des saveurs… »

Ô que c’est précieux ! Après tout, le monde serait bien simple si nous allions tous gambader dans les champs, main dans la main, n’est-ce pas ? Et puis, quoi encore ? Vont-ils nous sommer de tout arrêter pour se prélasser dans un grand fauteuil et feuilleter des livres à longueur de journée ? Comme si l’on n’avait rien de mieux à faire, avec les factures, le boulot, les achats, les enfants et j’en passe. Tout le monde n’a pas le luxe de se faire servir la soupe par un majordome ganté ! Aujourd’hui, les Misérables, c’est nous !

Si les écrivains tiennent à nous faire lire, ils ont intérêt à tout changer. Par exemple, j’ai entendu certains dire que la littérature, afin de rivaliser avec les notifications bombardant nos écrans, devrait se faire « plus courte, plus percutante ». Vous voyez, il y en a qui ont compris ! Finis, les temps où les gens avaient le temps de lire des pavés de 600 pages… Mais qu’on ne se leurre pas, au sujet des écrivains : d’un air pompeux, ils rétorqueront. Attachés à leurs pages jaunies, ils sermonneront. Tenez, j’imagine qu’ils nous diront quelque chose du genre…

« La littérature est l’un des derniers bastions de la lenteur, de la patience, du silence. Dans ce monde obsédé par l’éphémère, elle nous transmet un art perdu, celui de la dégustation. Méfiez-vous de ceux essayant de la dénaturer pour accommoder nos capacités d’attention défaillantes : ce ne sont que des destructeurs travestis en innovateurs. Adapter la littérature à nos lacunes spirituelles n’est pas une innovation, mais une capitulation. Plongez-vous dans un livre, même s’il est long, surtout s’il est long. Laissez-vous emporter dans son univers. Faites confiance à l’auteur et offrez-lui votre temps. Il vous récompensera en long et en large, vous verrez. »

Décidément, ils ne changeront jamais de disque. Et puisqu’ils prennent un plaisir adolescent à étaler leur culture générale, ils n’hésiteront pas à truffer leurs délires de citations. Ils me font rire ! Je parie qu’ils n’ont même pas lu tous les livres qu’ils citent…

« Kierkegaard déclarait que tout s’acquiert dans l’immobilité et dans le silence du divin ; et Bernanos, que la civilisation moderne est une conspiration contre toute forme de vie intérieure. Ces deux phrases, que plus de cent ans séparent, furent écrites d’une seule et même plume, célébrant puis déplorant le salut par la lenteur. Comment l’a-t-on abattue, berceuse des âmes ? »

Maintenant que j’y pense, je me rends compte que j’ai déjà été comme ça, plus jeune. Tous mes amis, aussi : une curiosité sans bornes, une gratitude pour chaque jour, des rêves aussi nombreux que nos amours. Oui, on savait mieux vivre… Je me demande ce qui nous est arrivés, entretemps. Je ne sais plus. La vie, sûrement… Mais fallait-il vraiment tout oublier ?

« À trop chercher les origines de notre malaise, nous oublions la plus élémentaire. Tenez, à quand remonte votre dernière impression de lenteur, vous qui subissez les klaxons, les marées de foules et la tyrannie des pendules ? À une brève excursion en campagne cet été, au cours d’un passage au musée la semaine dernière ? C’est bien trop peu ! La lenteur, par pitié ! Peser les silences entre ses battements de cœur, écouter le crépitement de la pluie, sentir le soleil caresser sa peau découverte, distinguer l’écho des clochers entre les pierres et les sapins : c’est là que se dessinent les fêlures de poésie. Dans quelle bible est-il écrit que l’Homme doit être productif ? »

Oui, ils vont nous dire tout ça, les écrivains. Et nous, tout occupés qu’on est, on les lira, mais seulement d’un œil fugace, car sitôt la pause finie qu’il faut encore se dépêcher. Un article comme un fast-food, n’est-ce pas, ça se consomme et ça s’oublie… Mais peut-être qu’un jour, entre un texto envoyé au patron et un autre à la famille, on repensera à ce qu’on a lu : quelque chose sera resté, dans notre infime part de silence. Et peut-être même qu’on ira tout relire, depuis le début — mais cette fois-ci, en prenant le temps…

Cage international: Anatomie d’une meute islamo-gauchiste

Elias d’Imzalène, ce militant islamiste qui a appelé à l’intifada dans les rues de Paris devant le gratin LFI, a tranquillement récidivé face à l’OSCE, cénacle censé œuvrer à la sécurité en Europe. Cet activiste est soutenu par Cage International, une puissante ONG britannique dont la spécialité est d’arroser les réseaux djihadistes qui veulent instaurer un califat mondial


Les images ont fait le tour des chaînes d’information. Le 8 septembre dernier, place de la Nation, en plein cœur de Paris, lors d’un rassemblement en soutien à la Palestine, un militant islamiste connu sous le pseudonyme d’Elias d’Imzalène a lancé un appel à la guerre civile, sous les acclamations de la foule : « Est-ce qu’on est prêt à mener l’intifada dans Paris ? Dans nos quartiers ? Dans nos banlieues ? »

Rapidement signalés à la justice par le ministère de l’Intérieur, ces propos explicitement factieux ont valu à leur auteur, de son vrai nom El Yess Zareli, fondateur du site Islam et info, et du collectif StopZemmour, une comparution devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris le 23 octobre. Lors de l’audience, le parquet a requis huit mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Le délibéré sera rendu le 19 décembre.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’Elias d’Imzalène, dont Le Parisien a révélé qu’il fait l’objet d’une fiche S depuis 2021, ne se borne pas à mener son combat antirépublicain dans la rue et sur le web. Moins de deux semaines avant son procès, il a pu décliner sa rhétorique haineuse lors de la très respectable conférence annuelle Human Dimension, organisée à Varsovie par l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

En octobre, devant un parterre de délégations occidentales, Elias d’Imzalène a prononcé un discours intégralement mensonger. « En France, la persécution des musulmans est le mot d’ordre de l’État, du gouvernement et des médias », a-t-il affirmé sans vergogne sur un ton faussement docte et pacifique. Comment de tels bobards ont-ils droit de cité dans un cadre aussi officiel que l’OSCE ? Selon nos informations, l’invitation d’Elias d’Imzalène dans cet éminent cénacle diplomatique a été rendue possible par le parrainage d’une puissante ONG britannique : Cage International.

Un fondateur passé par Guantánamo

Fondée en 2003 à Londres sous le nom initial de « Cageprisoners », Cage International s’est donné pour mission de dénoncer les abus de pouvoir que subiraient les personnes détenues pour faits d’islamisme dans les pays occidentaux. Sous des dehors très urbains, l’ONG a pour directeur un activiste au passé sulfureux : Moazzam Begg. Né il y a 56 ans à Birmingham, cet ancien membre du « Lynx Gang », une bande criminelle d’antifas anglais, a appartenu au cours des années 1990 à divers groupes djihadistes, en Bosnie, en Tchétchénie, au Pakistan et en Afghanistan. En février 2002, soit cinq mois après le 11-Septembre, il est arrêté à Islamabad par des supplétifs de l’armée américaine.

Accusé d’être « sympathisant, recruteur, financier et combattant » du mouvement d’Oussama ben Laden, Begg est d’abord incarcéré sur une base de l’US Air Force près de Kaboul, avant d’être transféré à Guantánamo, où il est mis au secret pendant deux ans jusqu’à ce que Georges W. Bush ordonne sa libération suite à une demande de Londres – Begg est un sujet britannique. Depuis, il clame son innocence et jure qu’il n’a jamais commis d’acte terroriste.

A lire aussi: Les «Blouses blanches pour Gaza»: pas bien claires!

À son retour au Royaume-Uni en 2005, Begg devient la principale cheville ouvrière de Cage International. Parmi les prisonniers soutenus par l’ONG : l’Algérien Djamel Beghal, ancien d’Al-Qaïda à l’origine de la radicalisation de Chérif Kouachi et Ahmed Coulibaly, les tueurs de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher à Paris, qu’il a connus à Fleury-Mérogis. Signalons aussi Rachid Aït El Hajd, déchu de sa nationalité française et fraîchement expulsé vers le Maroc pour son implication dans les attentats de Casablanca du 16 mai 2003.

Cage International est une ONG riche. Entre 2007 et 2014, elle a notamment perçu 305 000 livres de la part du Joseph Rowntree Charitable Trust (JRCT), une œuvre philanthropique tenue par des quakers britanniques, tandis qu’entre 2009 et 2012, Anita Roddick, la créatrice anglaise de la marque de cosmétiques The Body Shop, lui a versé 120 000 livres à travers sa fondation. La révélation de ces dons a suscité un tollé dans la presse britannique, obligeant les deux organismes à s’engager à ne plus financer à l’avenir d’entités encourageant le djihadisme.

Soumettre l’Occident aux lois de la charia

Cage International s’appuie aussi sur des réseaux internationaux tels que le mouvement islamiste Hizb ut-Tahrir (« Parti de la libération »), présent dans une quarantaine de pays, qui veut réunir les musulmans (l’oumma) afin d’instaurer un califat mondial. Si les Frères musulmans agissent dans la discrétion et appliquent une stratégie d’entrisme, le mouvement Hizb ut-Tahrir proclame fièrement sa volonté de soumettre l’Occident aux lois de la charia.

Récemment, Cage International s’est dotée d’un responsable pour chapeauter sa branche française. Son nom : Rayan Freschi. Depuis sa nomination, ce « militant des droits de l’homme », qui s’exprime régulièrement dans des médias francophones comme Le Média, TRT et Orient XXI, s’est beaucoup investi dans la défense de l’imam Mahjoub Mahjoubi, expulsé en février dernier vers la Tunisie par une décision du Conseil d’État suite à une condamnation pour apologie du terrorisme, ainsi que pour des prêches radicaux ciblant la France, les femmes et les juifs. Freschi a aussi participé à la campagne de soutien à Abdourahmane Ridouane, imam de la mosquée salafiste Al Farouk de Pessac, près de Bordeaux, accusé quant à lui de propos antisémites et d’apologie du Hamas (son procès aura lieu le 13 janvier prochain).

Partout où il intervient, Freschi se présente comme « juriste et chercheur »… Mais chercheur en quoi, au juste ? On ne lui connaît aucune affiliation à une université ou un laboratoire. On sait juste qu’il est l’auteur d’un rapport de 52 pages, préfacé par l’islamologue François Burgat, sur la « persécution des musulmans parrainée par l’État en France ». Dans ce document, Freschi pose ses exigences à l’État : annuler la dissolution des organisations musulmanes islamistes telles que Barakacity et le CCIF ; abroger les lois sur la laïcité, comme celle de 2004 prohibant les signes religieux à l’école et la loi de 2010 sur l’interdiction du niqab, etc. Il veut que les pouvoirs publics encouragent (et peut-être financent) l’instauration d’une contre-société islamiste dans notre pays.

On ne s’en étonnera pas, le lobbying de Cage International trouve nombre de relais complaisants dans les plus hautes sphères internationales qui grouillent de faux chercheurs et de bureaucrates militants. En 2021, avec l’appui de 36 autres organisations musulmanes, l’ONG a saisi le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour faire condamner la « politique islamophobe » de la France. Deux ans plus tard, elle participait à une conférence sur Guantánamo, organisée au Parlement européen par des élus de gauche irlandais en présence de représentants de La France insoumise. L’islamo-gauchisme en actes.

Procès Paty: l’ «islamophobie» toujours invoquée par certains militants

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Certains militants estiment que l’ « islamophobie » présumée de la société française explique la mort de Samuel Paty. Le contexte de menaces quotidiennes que subissent de nos jours les professeurs rend ce type de messages particulièrement dangereux pour ces derniers, rappelle Didier Lemaire dans cette tribune.


Maître Carine Chaix, avocat partenaire de Défense des serviteurs de la République, a déposé plainte au nom de Mikaëlle Paty et de notre association, pour apologie de terrorisme et incitation à la haine envers les professeurs suite à des propos tenus le 3 décembre sur X (ex-Twitter) par Monsieur Pierre Jacquel.

Une argumentation inacceptable

Mardi 3 décembre, le doctorant Pierre Jacquel formulait l’accusation suivante : « Sans islamophobie, ce drame ne serait jamais arrivé. Patty (sic) était probablement un islamophobe laïc, mais si un musulman le dit on parlerait (sic) d’apologie du terrorisme. Le père de famille musulman fait le coupable idéal, et ce procès va encore alimenter l’islamophobie ».

Nous ne pouvons accepter que la mémoire et l’honneur de Samuel Paty soient salis par une personne prenant fait et cause pour l’un des prévenus, Brahim Chnina, qui a organisé la campagne de haine ciblant le professeur. Il reviendra à la Justice d’apprécier la justification de cet assassinat, formulée par ce Monsieur, et si celle-ci participe de plus à focaliser la haine sur les professeurs soucieux que soit respecté dans leur établissement le cadre laïque de l’instruction.

Inversion victimaire à la mode

Ce Monsieur, se présentant comme enseignant doctorant à l’université de la Sorbonne – alors qu’il ne maîtrise manifestement pas la concordance des temps –, prétend, en effet, que « l’islamophobie de la société et de nombreux profs laïcs sont la racine du terrorisme ». Il reprend ainsi le type d’« argument » qui innocente le violeur en prétendant que la mini-jupe, quand ce n’est pas la femme elle-même, serait la cause du viol. Il faut dire que l’inversion de la victime et du bourreau est devenue un « argument » très en vogue depuis quelques mois dans la sphère islamo-gauchiste, notamment chez les députés de LFI qui nazifient les juifs pour justifier les pogroms génocidaires du Hamas et inciter à l’antisémitisme dans notre pays. Ces députés ne font finalement que reprendre la phraséologie frériste.

Déjà, en mars 2012, Tarik Ramadan expliquait que les assassinats d’Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Jonathan Sandler (le rabbin et professeur juif) et de ses trois élèves de l’école Ozar Hatorah, Myriam, Arié et Gabriel (qui avaient huit, cinq et trois ans), devaient être imputés non à son auteur, Mohamed Merah, mais à la France qui traite une partie de sa population « comme des citoyens de seconde catégorie ». Aujourd’hui, il faut bien l’admettre, c’est une large partie de la classe politique et de la petite bourgeoisie intellectuelle déclassée qui propage ce genre de rhétorique, impulsée par les idéologues de tous les mouvements totalitaires pour préparer les meurtres de masse.

Vous pouvez soutenir notre démarche et contribuer par vos dons à poursuivre ce sinistre individu.

Lettre d'un hussard de la République

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Paris–Damas: deux visages de la défaite

L’effondrement du régime de Bachar al-Assad, sous la pression d’islamistes se présentant comme nationalistes, serait une « opportunité » historique pour le peuple syrien et la région, tentent de nous convaincre nombre de politiques et d’éditocrates. Le réveil sera terrible, prévient notre chroniqueur.


Lénine ou Staline disait que la guerre est un accélérateur de l’histoire. Oui, sauf à Paris où les milieux culturels et médiatiques sont immobiles dans l’aveuglement et l’arrogance, guerre après guerre.

Damas est tombée et ils se sont réjouis. X a été leur salon ou plutôt leur Galerie des Glaces où ils ont exposé leur vertu comme certaines femmes vérifient la courbe de leurs fessiers devant une baie vitrée à la sortie de la salle de sport. Les mêmes qui vous mettent en garde contre le danger du RN sautent de joie à la nouvelle de l’entrée d’Al-Qaeda à Damas. Les mêmes qui se disent capables de prédire au dixième de degré près la température terrestre en 2050 ne sont même pas capables de reconnaître un djihadiste avec barbe et AK47. Pire, le président de la République à l’époque du Bataclan vous dit par communiqué interposé que les déclarations du principal dirigeant des rebelles sont encourageantes. C’est drôle, les socialistes croient au repentir du premier émir islamiste venu et refusent de toutes leurs forces de croire à l’adhésion de Marine Le Pen aux valeurs républicaines. Je comprends mieux pourquoi l’attentat du Bataclan a eu lieu : peut-être que les autorités de l’époque ont lu des signaux encourageants dans les rapports de la DGSE… Ou peut-être que celle-ci, elle-même contaminée par l’esprit parisien, a convaincu le président de la République que les islamistes de Syrie étaient sur le point de devenir inclusifs…

Quelle immense blague ! 

Ces milieux qui se disent « élites » croient qu’ils sont ouverts sur le monde. En réalité, ils sont isolés du monde, ils n’y comprennent rien. Autrement, ils comprendraient ce qui se passe au coin de la rue, à Marseille ou à Saint-Denis, notre Moyen-Orient de proximité.  Ils sont ouverts sur leur névrose, ça c’est sûr. Ils sont ouverts sur leur obsession qui consiste à avoir tort, tout le temps et ensemble.  

Pourtant, ce qui vient de se passer en Syrie est une calamité pour la France. 

A lire aussi, Gil Mihaely: Syrie: la chute d’Assad et l’émergence d’un nouveau désordre

Tout l’édifice politique légué par la présence franco-britannique au Moyen-Orient tombe à terre. L’Irak a été démantelé par les Américains, et maintenant la Syrie se disperse dans les sables du désert. Demain, elle se résumera à quatre ou cinq grandes régions politico-administratives retranchées derrière leurs milices et leurs identités (le réduit alaouite, le refuge kurde, le califat sunnite etc.). Il ne reste plus que le Liban pour que toute trace du passage de la France dans la région soit effacée. Ainsi, nous aurons perdu nos relais naturels au Moyen-Orient qui sont les Chrétiens, épurés ethniquement depuis vingt ans, et les bourgeoisies sunnites progressistes, obligées de s’exiler ou bien de faire une place aux sauvages en Toyota que nous appelons « rebelles modérés ». Ces derniers ont faim, ils vont s’emparer des entreprises qui les intéressent ou s’y imposer comme associés.

Pendant que la France recule en poussant des youyous de joie, la Turquie, elle, avance. C’est une puissance impérialiste. Elle peut se le permettre car elle n’a pas Clémentine Autain ni Marine Tondelier pour lui en tenir rigueur. Puissance néocoloniale, la Turquie occupe des portions du territoire syrien et parraine Joulani dans son aventure politique. Elle rêve d’envoyer aux oubliettes de l’histoire les traités imposés par la France et l’Angleterre il y a cent ans et qui ont abouti à son expulsion de l’Irak et de la Syrie actuelle (Traité de Sèvres, 1920 ; Traité de Lausanne, 1923). Elle se considère chez elle de Mossoul à Alep et a pour la première fois l’occasion de revendiquer ses « titres de propriété ».

De cela, les bien-pensants ne se doutent point. À leurs yeux, le monde a commencé en 1939 lorsqu’un certain Hitler a sifflé le début de l’histoire universelle en posant la culpabilité fondatrice de l’homme blanc hétérosexuel. Ne leur parlez pas de nationalisme turc, le patriarcat oriental ne les émeut pas, ils veulent transformer en eunuques nos hommes à nous seulement… Les femmes des autres ont le droit d’avoir des maris, nos femmes à nous en seront privées : il n’y a rien à comprendre, il s’agit d’une religion et une religion ça se respecte, à part le catholicisme bien sûr…

Autre calamité pour la France, l’immigration à venir. Des milliers de chances pour la France vont débarquer. Certains sont des chances véritables, d’autres d’authentiques mauvaises nouvelles à tout point de vue. C’est comme ça, il paraît : on ne peut rien contre l’immigration mais on peut tout contre le changement climatique… La foi ne se discute pas. Même Joulani vous le dira.

Cela dit et pour conclure sur une note « positive », il convient de tirer un autre enseignement essentiel de la chute du régime al-Assad : la force a toujours raison. L’homme qui porte un fusil a toujours le dernier mot. Et quand l’alternance est impossible — c’était le cas en Syrie — il ne reste plus aux hommes qui aspirent à gouverner leurs semblables que le chemin de la violence. Bien sûr, cette leçon ne vaut pas pour nous. Nous vivons en démocratie, cher Monsieur ! Le peuple s’exprime à chaque élection et il fait barrage comme un seul homme contre lui-même. Chez nous, le parti arrivé en premier aux élections n’a aucune chance de gouverner ni même de commander une commission à l’Assemblée. Mais nous sommes une démocratie et nous entendons bien donner rapidement des leçons de démocratie aux Syriens !

La droite des actes ou celle des magouilles?

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Le chef des députés LR à l’Assemblée souffrirait-il de la soudaine notoriété du ministre de l’Intérieur ? Entre M. Retailleau qui monte dans les sondages et M. Wauquiez qui rame à l’Assemblée, la droite semble hésiter : qui sera le héros de 2027, et qui devra se contenter d’applaudir depuis les coulisses ? Analyse.


Le conflit entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, au sein des Républicains, est révélateur et a une longue tradition politique qui pourrait concerner beaucoup d’histoires partisanes. Si on accepte de ne pas tomber dans le byzantinisme pour faire croire à une noblesse des affrontements, ce qui oppose ces deux personnalités est, pour l’une, son appétence pour les coups fourrés, les magouilles et les exclusions et, pour l’autre, sa passion des actes et sa volonté de transformer une réalité insupportable pour les Français.

Rivalité entre le ministre de l’Intérieur et le président du groupe Droite républicaine

En effet, Bruno Retailleau désirerait rester au sein du prochain gouvernement – si celui-ci a de la cohérence et que gauche et extrême gauche demeurent à l’extérieur et sur ce point seulement, accord total entre Wauquiez et Retailleau (Le Figaro). Non par narcissisme personnel, de la part de celui-ci, ou ambition déplacée mais, tout simplement, comme pour tout bon artisan qui a commencé son travail, par l’envie de le terminer pour que la France aille mieux.

Qu’on ne me dise pas que je m’illusionne sur Bruno Retailleau, avec cet air de pessimisme trop heureux de me donner tort… Mais je peux facilement objecter que le ministre de l’Intérieur qui, je l’espère, le sera à nouveau, a démontré, avant la motion de censure, à quel point son verbe et ses actions étaient indissociables. La droite a mis en valeur, enfin, dans l’exercice du pouvoir, un homme d’une droite authentique qui n’avait pas peur de s’affirmer ainsi et de le démontrer. Jusqu’à lui, nous n’avions connu, peu ou prou, que l’inverse.

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Quant à Laurent Wauquiez, je n’aurai pas l’indécence de tenir pour rien son prestigieux parcours universitaire mais en politique, nous constatons que l’intelligence, aussi bien armée et dense qu’elle soit, ne garantit rien. Il y a, dans le pouvoir et sa périphérie, des obsessions, des tentations, des hostilités, des connivences, d’étranges et surprenantes solidarités, des antipathies subtiles qui n’ont rien à voir avec les capacités intellectuelles au sens classique mais tout avec la répudiation de valeurs humaines essentielles : courage, volonté, fidélité, obstination, lucidité et reconnaissance.

Laurent Wauquiez inquiet quant à la légitimité de sa candidature en 2027 ?

Après la catastrophique dissolution et le résultat dénaturé démocratiquement des élections législatives, nous avons été conduits à douter de la transparence politique et parlementaire de Laurent Wauquiez, aussi bien lors du choix du Premier ministre que de la composition du gouvernement. Il s’agissait déjà de tailler des croupières à Bruno Retailleau qui pâtissait sans doute à ses yeux d’avoir été préféré à lui par le Premier ministre, pour Beauvau.

On sait aussi que M. Wauquiez a tout fait pour écarter David Lisnard des postes ou fonctions qu’il aurait mérité d’occuper dans cette période troublée où on n’aurait pas dû se permettre des ostracismes scandaleux.

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Comme président du groupe parlementaire de la Droite Républicaine, Laurent Wauquiez ne s’est pas distingué par la clarté, la clairvoyance de ses choix et l’efficacité de ses tactiques. Sa complicité avec Gabriel Attal (qui a fortement écorné son image durant le mandat de Michel Barnier) a fait plus de mal que de bien à son camp. On a découvert un Laurent Wauquiez directif, autoritaire, avec une unique finalité : ne rien faire qui puisse léser ses ambitions présidentielles.

Comme s’il était assuré en 2027, ou avant si le président de la République préférait la dignité à l’impuissance, d’être le seul candidat de la droite. On en est loin. Il a eu beau tenter une table rase, ils sont plus que jamais là ceux qu’il trouvera sur sa route : David Lisnard, Bruno Retailleau (je l’espère, sa tâche accomplie), Xavier Bertrand, et d’autres qui sortiront du bois républicain…

En attendant, alors que le nom du successeur de Michel Barnier n’est pas encore connu, que Laurent Wauquiez, de grâce, cesse cette petite guerre médiocre seulement destinée à faire gagner la droite des magouilles contre celle des actes. À faire perdre cette dernière au bénéfice de l’autre.

Réfugiés, go home!

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L’Europe ne veut plus accueillir de Syriens. De nombreux pays européens ont immédiatement suspendu l’examen des demandes d’asile d’exilés syriens. En Allemagne, la CDU veut renvoyer un million de réfugiés dans leur pays.


On a rarement vu gouvernements aussi réactifs. Le régime syrien n’est pas tombé depuis 48 heures que dix pays européens annoncent, en ordre dispersé, qu’ils suspendent toutes les demandes d’asile de Syriens. L’Allemagne, premier pays d’accueil (1 million) tire la première lundi matin. 50 000 demandes sont gelées. Norvège, Danemark, Suède, Belgique, Royaume-Uni et Italie suivent. En France, une décision similaire de l’OFPRA était attendue en fin de journée. Seuls les Autrichiens annoncent aussi un programme d’expulsions, mais la question enflamme la campagne électorale en Allemagne où la CDU veut renvoyer tous les Syriens.

Abandon de deux vaches sacrées

Je suis peu suspecte de laxisme migratoire mais un peu gênée par la précipitation. Certes, les ex-rebelles donnent des signes plutôt encourageants quant aux libertés. On aurait pu attendre quelques jours.

En attendant, on renonce à deux vaches sacrées :

  • Le droit d’asile, d’abord. Certes, il a été dévoyé pour devenir une filière migratoire classique. Mais faut-il le rayer ainsi d’un trait de plume ? Certains Syriens n’ont-ils pas encore besoin de protection ? Il n’est pas sûr que cette suspension soit parfaitement orthodoxe. Comme pour la reconstruction express de Notre-Dame, quand on veut prendre des libertés avec la règle de l’Etat de droit, on le fait, finalement…
  • La soi-disant politique européenne coordonnée. Sur les questions migratoires, on constate le retour du national et du chacun pour soi.

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Fini le baratin !

Que signifie cet emballement ? Que le lyrisme immigrationniste, les bras grands ouverts de la chancelière Merkel, et l’immigration-chance-pour-la-France et l’Europe, c’est fini. À part quelques extrême-gauchistes et des journalistes-prêcheurs, plus personne n’ose tenir ce discours. Toutes les gauches européennes sauf la nôtre comprennent qu’elles ne peuvent plus s’opposer aux peuples à coups de moraline. Partout, elles adoptent des politiques restrictives.

La vérité, c’est que les Européens n’en peuvent plus de l’immigration massive, particulièrement de l’immigration musulmane. Pas parce qu’ils sont racistes ou islamophobes, mais parce qu’une partie des populations arrivées ces dernières années posent un sérieux problème d’intégration quand ce n’est pas de délinquance ou d’insécurité. Les Européens veulent bien accueillir mais pas voir leurs sociétés changer pour les nouveaux arrivants. Et la question du djihadisme n’est évidemment pas à négliger.

Il y a quelques jours, invité par Eugénie Bastié, sur Le Figaro-TV, le philosophe Pierre Manent déclarait que « la part musulmane de l’Europe ne peut pas croître indéfiniment, comme c’est le cas aujourd’hui, sinon nous allons au-devant de drames qu’aucune version de la laïcité ne permettra de maîtriser ». Tollé des belles âmes, accusations de racisme, de xénophobie et de conspirationnisme. Pourtant, il a raison. Accueillir suppose d’intégrer à notre culture. On ne peut pas le faire avec de tels flux. L’humanité ne consiste pas à accueillir des gens qui n’aiment pas notre façon de vivre.


Renversant!

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Inspirés par Le Radeau de La Méduse, les chorégraphe et compositeur de Nous, le Radeau créent un spectacle au climat halluciné.


« Voilà un naufrage qui ne fera pas celui de son auteur », lança Louis XVIII lors du Salon de 1819, devant Scène de naufrage, l’immense morceau de bravoure de Géricault, aujourd’hui rebaptisé Le Radeau de la Méduse.

Et voilà encore un ouvrage qui ne fera pas non plus le naufrage de ses auteurs, le chorégraphe Emio Greco et le compositeur Franck Krawczik, lesquels se sont inspirés du tableau et de la tragédie du navire La Méduse pour composer Nous, le Radeau.

Créé à la Cité de la Musique, à Paris, cet étonnant spectacle musical et chorégraphique a fait l’effet d’une heureuse surprise quand l’époque est à la morosité dans le domaine de la création. Il s’inscrit dans une série de productions mêlant musiciens, metteurs en scène et chorégraphes, qui a déjà vu œuvrer côte à côte Benjamin Lazar et Maxime Pascal, ou Romeo Castellucci et Esa-Pekka Salonen, et qui verra bientôt collaborer Robyn Orlin et Camille Dalmais, Benjamin Millepied et Olivier Latry, Shin-Young Lee et Idio Chichava, Laurent Pelly et Nathalie Dessay, Les Arts Florissants et Amala Dianor, ou encore, pêle-mêle, Peter Sellars, Rocio Molina, Tanguy de Williencourt…

La composition de Krawczik déploie un éventail parfaitement improbable où ses compositions propres alternent avec des arrangements puisés chez Bach, Purcell, Vivaldi, Beethoven, Mahler, Schoenberg… et où il s’est attaché les présences de Sonia Wieder-Atherton au violoncelle, du pianiste Wilhelm Latchoumia, du clarinettiste Carjez Gerretsen et d’un duo infernal, Benjamin Munier à la basse et Raphaël Aboulker à la batterie.

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Tous aventuriers au sein d’une masse sonore ébouriffante, tempétueuse, discordante, étrangement séduisante enfin, à laquelle participent encore des ensembles vocaux qui font merveille : l’Ensemble vocal du Conservatoire de Pantin, le Chœur A Piacere, le Chœur philharmonique et l’Ensemble vocal des grandes Écoles.

Porté par ces vagues sonores, Emio Greco, que seconde Pieter Schoelten, balaie le plateau en tempête avec une chorégraphie sauvage, désarticulée, véhémente et d’une extraordinaire vigueur, mettant en scène sept jeunes danseurs de la compagnie ICK Dans Amsterdam, parmi lesquels surgissent deux personnages d’une poésie noire : un échassier, et un danseur surtout, immense et fantomatique, dont la silhouette démesurée surplombe une Sonia Wieder-Atherton comme vampirisée par ce spectre qui ajoute son archet au sien. 

Et la mise-en-scène multiplie des images étonnantes, comme cette pyramide humaine qui s’agglutine autour du clarinettiste et finit par l’engloutir.

Quand le spectacle s’achève, on serait bien en peine d’en définir le contenu, et plus encore peut-être de le rattacher au manifeste inscrit dans le programme et dont on retiendra cependant cette phrase : « Notre but n’est pas de recréer le tableau, mais d’évoquer la volonté inflexible du corps à survivre quand tout le reste a disparu ; c’est la survie qui constitue la force viscérale et motrice de cette œuvre. »  

Il s’en dégage assurément une séduction, une énergie qui emportent l’adhésion. Comme si de ce maelström gestuel et sonore surgissait une force vitale d’une ombrageuse et tragique beauté.

Cette œuvre hors norme a été créée début décembre à la Cité de la Musique. Le public n’a pu l’admirer que deux soirs de suite, espérons qu’elle a séduit des producteurs qui nous offriront prochainement quelques reprises.

Armée d’Assad: la déroute de Damas

Syrie. La corruption systémique, combinée au sectarisme et à la politisation de l’Armée arabe syrienne, a fragilisé l’institution au point de rendre inéluctable l’effondrement du régime de Bachar al-Assad en 2024. Damas, ton univers impitoyable…


La transformation de l’Armée arabe syrienne (AAS) incarne l’histoire d’une institution militaire passée de pilier du régime à catalyseur de sa chute. En décembre 2024, une offensive éclair menée par les forces rebelles, notamment le groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTC), a provoqué la chute rapide de villes stratégiques comme Alep, Hama et Homs. L’AAS, déjà affaiblie, n’a pas pu contenir cette avancée, entraînant la fuite du président Bachar al-Assad et laissant un vide de pouvoir après des décennies de domination autoritaire. Si cet effondrement a surpris par sa soudaineté, il était en réalité le résultat de décennies de mauvaise gestion, de corruption endémique et de priorités stratégiques centrées sur la survie à court terme au détriment de la viabilité institutionnelle. Cette érosion progressive, reflet des dysfonctionnements internes de l’AAS, a mené à une décomposition inéluctable.

Une armée sous contrôle de la minorité alaouite

Entre 2000 et 2011, sous la présidence de Bachar al-Assad, l’AAS a traversé une période de stagnation et de déclin marqué. Héritant d’une armée affaiblie par les pratiques autoritaires de son père, Hafez al-Assad, Bachar n’a pas entrepris les réformes nécessaires pour la moderniser ou renforcer sa cohésion. Au contraire, il a renforcé des pratiques de favoritisme, de corruption et de centralisation excessive, transformant l’AAS en un outil de répression intérieure au service exclusif de son régime. Sous son autorité, l’armée est devenue un appareil davantage politique que militaire, axé sur le maintien de l’ordre intérieur et la protection du pouvoir plutôt que sur la défense nationale.

Bachar al-Assad a consolidé le contrôle de l’armée par l’élite alaouite, sa propre communauté, ce qui a exacerbé les divisions sectaires au sein de l’AAS. Les postes stratégiques étaient attribués selon des critères de loyauté envers le régime plutôt qu’en fonction de la compétence. Cette politisation de l’armée a marginalisé une grande partie des soldats et officiers sunnites, pourtant majoritaires dans les rangs, affaiblissant considérablement sa cohésion et sa capacité opérationnelle. La corruption, déjà omniprésente sous Hafez al-Assad, a atteint de nouveaux sommets sous Bachar. Les officiers supérieurs détournaient des fonds militaires, vendaient des équipements sur le marché noir et utilisaient les conscrits comme main-d’œuvre bon marché pour leurs projets personnels. La pratique des « soldats fantômes », qui permettait aux commandants de détourner les salaires de personnel fictif, est devenue emblématique de cette corruption systémique. Ces abus, en plus de saper le moral des troupes, ont compromis la capacité de l’armée à répondre efficacement aux menaces extérieures.

Les Russes et les Iraniens perpétuellement à la rescousse

Malgré les défis géopolitiques croissants, comme la montée en puissance d’Israël et les tensions régionales, Bachar al-Assad n’a pas modernisé l’AAS. L’armée est restée dépendante de technologies obsolètes héritées de la Guerre froide et n’a pas investi dans la formation ou la préparation de ses troupes. Lors de la guerre du Golfe en 1991, la Syrie a déployé environ 14 500 soldats au sein de la coalition dirigée par les États-Unis contre l’Irak. Ces forces, intégrées au contingent arabe, étaient principalement stationnées en Arabie saoudite. Bien que cette participation ait renforcé l’image d’une solidarité arabe au sein de la coalition et affirmé l’opposition de la Syrie à Saddam Hussein, elle est restée avant tout symbolique, les troupes syriennes étant peu engagées dans les combats.

Malgré les enseignements tirés de ce conflit, la Syrie a rencontré de grandes difficultés à moderniser son armée et à adopter des stratégies militaires avancées. Des contraintes économiques et technologiques persistantes, associées à des choix politiques délibérés, ont maintenu sa dépendance à des alliés comme la Russie pour préserver son efficacité militaire et sa survie stratégique dans les conflits contemporains.

Il semble néanmoins que le régime syrien – d’abord sous Hafez al-Assad, puis sous Bachar al-Assad – ait conclu qu’une occidentalisation (dans la manière de se battre NDLR) de son armée était incompatible avec le contexte politique et géopolitique du pays. L’alliance stratégique avec la Russie et l’Iran, combinée à la priorité absolue donnée à la préservation du régime en place, s’opposait fondamentalement à toute réforme militaire susceptible de réduire cette dépendance ou de s’aligner sur les doctrines occidentales. Cette inaction, combinée à une focalisation excessive sur le contrôle intérieur, a laissé l’AAS mal préparée à affronter des défis militaires complexes. Lorsque la guerre civile a éclaté en 2011, les faiblesses structurelles de l’AAS ont été brutalement exposées. Confrontée à des défections massives, à des pertes territoriales et à la montée des forces d’opposition, l’armée s’est rapidement fragmentée. La corruption a exacerbé cette désintégration, les officiers détournant des ressources, abandonnant leurs unités ou priorisant leur enrichissement personnel plutôt que les objectifs militaires. Cette situation a paralysé l’armée et nécessité une reconstitution urgente dans des conditions désastreuses.

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La reconstruction de l’AAS s’est appuyée sur le soutien de l’Iran et de la Russie. L’Iran a joué un rôle crucial en formant des forces auxiliaires comme les Forces de défense nationale (FDN), tandis que la Russie a fourni un soutien aérien et des conseils stratégiques. Bien que ces interventions aient permis au régime de regagner du territoire, elles ont entraîné une perte d’autonomie significative pour l’armée. L’AAS s’est transformée en une force hybride combinant les vestiges de son organisation initiale avec des milices et des groupes paramilitaires. Cette évolution a érodé sa cohésion, concentrant le pouvoir dans des unités d’élite et des milices de confiance, au détriment d’une armée nationale unifiée.

Les chabihas, hommes de main redoutables du régime

Les chabihas, qui incarnent une logique évolutive unique, ont joué un rôle clé dans cette transformation. Originaires des zones côtières alaouites comme Lattaquié, ces groupes sont passés de contrebandiers locaux à forces paramilitaires soutenues par le régime Assad. Leur ascension a été favorisée par des liens communautaires et tribaux avec la famille Assad, ainsi que par leur proximité avec le Liban, qui leur a permis de tirer profit du trafic transfrontalier de marchandises et d’armes pendant la guerre civile libanaise. Bien que leur violence excessive ait parfois conduit à des confrontations avec le régime, ils ont été réactivés en 2011 pour réprimer l’opposition. Financés et armés par le régime, les chabihas sont devenus des unités paramilitaires redoutées, connues pour leurs massacres et leur rôle dans l’accentuation des divisions sectaires.

Avec le prolongement du conflit, les chabihas ont été intégrés aux FDN, mais sans abandonner leurs pratiques criminelles, telles que l’extorsion et le pillage. Entre 2020 et 2024, ils ont continué à jouer un rôle actif dans les offensives militaires et la gestion des territoires contrôlés par le régime, bien que leur efficacité ait été compromise par des problèmes de discipline et de loyauté. Lors de l’offensive finale des rebelles en décembre 2024, l’AAS et ses milices alliées, y compris les chabihas, n’ont pas pu empêcher l’effondrement du régime.

Bachar al-Assad a hérité d’une armée déjà fragilisée par la politisation, le sectarisme et la corruption du système assado-baasiste. Pourtant, au lieu de la réformer, il a renforcé ses dysfonctionnements, transformant l’AAS en une institution inefficace. Si ces choix ont permis au régime de survivre temporairement, ils ont laissé un héritage d’instabilité durable. Ainsi, la dynastie Assad, arrivée au pouvoir par l’armée, a vu son règne s’achever en grande partie à cause de la déliquescence de cette institution.

Les différentes facettes de Jaurès

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La biographie de Jean Jaurès signée par Jean-Numa Ducange ressuscite la vie et la pensée d’un homme complexe. Bien plus riche que ce que laissent entendre ceux qui se complaisent à le citer…


Jean Jaurès (1859-1914) est cité par tout le monde (ou presque). Les hommes politiques ne sont évidemment pas en reste… Et pourtant, qui connaît le fondateur de L’Humanité, journal toujours existant ? C’est le mérite de l’ouvrage paru récemment chez Perrin, Jean Jaurès, signé de l’historien Jean-Numa Ducange, que de restituer les différentes facettes de ce personnage : favorable aux alliances larges quand il le faut pour défendre la République, il adopte dans le même temps une lecture marxisante du monde qui lui fait comprendre l’importance de la question sociale. Philosophe, historien, journaliste, député, ardent militant aimant profondément sa région natale et son pays, tout en professant une certaine idée de l’internationalisme… Trop « socialiste » pour certains à gauche, trop pacifiste pour d’autres à droite, il a passé sa vie à tenter de définir la perspective d’une gauche républicaine qui n’oublie pas les ouvriers et les paysans, tout en estimant nécessaire de défendre les droits des individus et de lutter contre l’antisémitisme. On mesure, à la lecture de cette biographie fouillée, fondée sur de nombreuses archives inédites, combien un abîme sépare la gauche jaurésienne de ce qu’est devenue une large partie de la gauche aujourd’hui. À lire et à méditer…

Jean-Jaurès, Jean-Numa Ducange, Perrin, 2024. 464 pages.

Jean Jaurès

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Les Syriens peuvent-ils espérer de meilleurs lendemains?

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Damas, 10 décembre 2024 © Omar Sanadiki/AP/SIPA

Mohammad al-Bachir, un ingénieur en génie électrique originaire d’Idlib, a été désigné « Premier ministre du gouvernement de transition » en Syrie, chargé de conduire une transition politique sous l’égide du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS). La chute du régime de Bachar al-Assad marque la fin d’une ère, avec l’effondrement du panarabisme et la débâcle des alliés de la Syrie d’hier, Russie et Iran, qui subissent de lourdes pertes géostratégiques.


Après 53 ans de règne sans partage sur la nation syrienne, la famille al-Assad n’est plus maîtresse de ce territoire qui fut après l’effondrement de l’empire ottoman soumise au mandat français. Fuyant son peuple, le dictateur déchu s’est envolé vers Moscou en famille non sans penser à s’emparer d’une partie de sa fortune estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Lâche, ce dernier n’a pas eu un seul mot pour les Syriens et les Syriennes de toutes confessions, pas même pour ses partisans ou la communauté alaouite qu’il a abandonnée. Pas une excuse. Pas une explication. Bachar al-Assad n’aura toutefois pas réussi à emporter tous les secrets d’un régime qui n’en finit plus de dévoiler sa nature barbare au fil de l’avancée des différents groupes rebelles. Un scénario qui évoquera celui d’Un Château l’Autre de Céline aux plus littéraires…

Cas le plus emblématique, la prise de la prison de Saydnaya rappellera l’ouverture d’autres atrocités restées dans les mémoires ; goulags soviétiques, charniers yougoslaves ou encore camps de la mort cambodgiens. Les images qui nous parviennent sont choquantes, terrifiantes. Si nous avons autrefois pu penser que face au diabolique abîme  qu’incarnait l’Etat islamique, le régime baasiste pouvait être un « mal nécessaire », nous aurions tort aujourd’hui d’afficher une triste mine à l’évocation de la libération syrienne. Il serait indécent de dire à la place de ce peuple qu’il n’a même pas le droit d’essayer de rêver en des jours meilleurs. Il serait encore plus indécent de leur cracher au visage que la chute de la famille Assad ne peut annoncer que « pire » et que tout ça serait au fond un peu la faute de l’Occident.

De ce maelstrom de conflits ethnoreligieux millénaires ne naîtra pas en un jour une démocratie libérale sur le modèle occidental. Personne de sensé ne saurait dire le contraire. Il faudra encore beaucoup de travail pour que la Syrie devienne un Etat fonctionnel, si tant est d’ailleurs qu’elle conserve son unité et ne soit pas atomisée comme a pu l’être la Yougoslavie – ce qui fut, avec le recul, positif dans l’ensemble pour les différentes nations qui la composaient. Il est possible que le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham dirigé par le charismatique chef Joulani puisse progressivement chercher à instaurer une théocratie pensée autour de la majorité sunnite et discriminatoire pour les minorités. Mais il faut pourtant essayer collectivement de faire en sorte que la Syrie s’en sorte par le haut. Elle a déjà traversé tant d’épreuves et de souffrances que nous ne pouvons pas prendre à la légère ce qui s’y passe, si déterminant par ailleurs pour l’équilibre global de la région et même du monde.

Des grands perdants

Tout d’abord le parti Baas, mais aussi l’idée qu’il défendait. Le panarabisme terceriste n’est plus. C’est une idée morte au Moyen-Orient, qui n’existe en réalité plus vraiment nulle part. Même dans les bastions loyalistes, parfois grecs orthodoxes comme à Mahardah ou assyriens comme à Qamishli, les foules étaient dans la rue pour manifester leur joie. On sait bien qu’il s’agit aussi là de faire rapidement allégeance aux nouveaux maîtres, comme l’a fait la propre belle-sœur d’Assad, mais tout n’était pas feint dans ces scènes de liesse populaire. 

De quoi faire dire ironiquement au twitto Restitutor Orientis : « J’observe avec fascination le revirement des soutiens au régime de Bachar al-Assad (Russie, Iran, Algérie, SSNP, Manal al-Assad, etc.). Il ne serait pas surprenant de voir bientôt Bachar al-Assad lui-même se proclamer partisan de la révolution syrienne et se présenter comme son plus grand révolutionnaire. » Le régime algérien, qui a le don pour choisir les mauvais chevaux sans néanmoins trop s’engager, fut d’ailleurs assez symptomatique du genre en retournant sa veste en quelques jours à peine…

Les deux autres grands perdants sont la Russie et l’Iran. Ces deux grandes puissances ont été humiliées en Syrie par l’offensive expresse des ennemis d’Assad. Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte n’y a pas été par quatre chemins : « La Russie et l’Iran étaient les principaux soutiens du régime Assad et ils partagent la responsabilité des crimes commis à l’encontre du peuple syrien » La Russie apparait comme la grande perdante. Son accès aux mers chaudes est directement menacé et ce n’est peut-être qu’une question de jours avant que la Turquie ne bloque le Bosphore et les Dardanelles à la marine de Poutine. Une perte sèche qui n’affectera pas seulement le prestige de Moscou mais aussi ses capacités de projection vers l’Afrique que ses mercenaires occupent.

L’idéologue Douguine ne s’y est pas trompé, multipliant des tweets furieux : « Il existe de nombreux liens entre la Russie et la Turquie. Son comportement est clairement en faveur d’Israël et des mondialistes. C’est triste. La Russie n’est pas aussi faible que l’Occident veut le faire croire. Je pense que c’était une erreur de calcul de la part d’Erdogan. » Cet homme, souvent présenté à tort comme un grand intellectuel russe, étonne par sa naïveté. N’a-t-il jamais étudié la Guerre de Crimée qui fut déclenchée pour les mêmes raisons et perdu par la Russie ? Nous y avons d’ailleurs participé aux côtés des Anglais, les rues et boulevards Sebastopol et Malakoff en étant le souvenir… Autre chose, ne s’est-il jamais demandé pourquoi la Turquie avait été intégrée à l’OTAN ? Au-delà de la question grecque, la Turquie a toujours servi de gardien des portes de la Méditerranée face à l’URSS et désormais à la Fédération de Russie.

S’il est évident que la Russie essaiera de négocier la conservation de ses bases militaires et maritimes, notamment celles de Tartous et de Hmeimim, rien ne dit que ses génuflexions opportunistes devant le nouveau régime en gestation seront suffisantes. Tartous est incontournable pour la marine russe qui en a besoin pour naviguer en Méditerranée sans devoir se ravitailler dans les ports de la mer Noire. Elle peut accueillir jusqu’à quatre bâtiments de taille moyenne, et près de 2 000 militaires seraient stationnés sur place. La base aérienne de Hmeimim compte toujours une quinzaine d’avions, des gros porteurs qui permettent le ravitaillement des sociétés militaires privées postsoviétiques au Mali, en Centrafrique ou au Burkina.

Notons par ailleurs que Donald Trump a pris la parole sur le sujet, au lendemain de sa visite à Notre-Dame et à Paris, où il a rencontré pour la première fois Volodymyr Zelynksy. Il s’est adressé à la Russie sur un ton très dur : « Assad est parti. Il a fui. Son protecteur, la Russie, la Russie, la Russie, n’était plus intéressé. Il n’y avait d’ailleurs aucune raison pour que la Russie se trouve là. » Nous serons d’accord sur ce point mais aussi sur l’idée qu’Obama, en dealant l’accord sur le nucléaire iranien, a prolongé l’existence du dictateur et donc de la terrible guerre civile qui a propagé le monstre takfiro-djihadiste de l’Etat islamique et d’Al-Qaïda.

L’autre grand perdant est évidemment l’Iran. Géant régional amoindri, subissant revers sur revers depuis le 7-Octobre. Le régime des mollahs, menacé par des oppositions internes de sa société civile, voit tous ses partenaires se faire taper dessus. Le Hamas et le Hezbollah sont plus diminués que jamais par les opérations israéliennes.

Les gagnants – peut-être provisoires…  

Evidemment l’opposition syrienne et singulièrement l’HTS de Joulani qui tenait le réduit d’Iblid. Pour le moment, ce groupe islamiste réussit à naviguer correctement devant les caméras. On sent le travail de lissage des communicants qataris… La méfiance est néanmoins plus que de rigueur face à un groupe qui, bien que n’appartenant plus à Al-Qaïda, reste animé par une idéologie guère tendre une fois qu’elle détient les clés du pouvoir. Il semble vouloir dans un premier temps récupérer une partie des cadres techniques de l’ancien régime afin d’assurer une « transition pacifique et inclusive » telle que demandée par la Turquie et Israël. Abou Mohammed al-Joulani a même rencontré l’ancien Premier ministre assadien Mohamed al-Jalali.

C’est Mohammad al-Bachir qui a annoncé ce mardi avoir été nommé « Premier ministre du gouvernement de transition ».  Originaire d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, Mohammad al-Bachir né en 1983 est un ingénieur de formation qui a obtenu son diplôme en génie électrique à l’Université d’Alep en 2007 et aurait travaillé pour la Syrian Gas Company. Une tâche qu’il assumera théoriquement jusqu’au premier mars. Il faut bien comprendre que l’ONU considérait encore il y a quelques jours l’HTS comme une organisation terroriste, ainsi que l’a confirmé Geir Pedersen, le nouvel envoyé spécial de l’organisation. S’il a voulu se montrer positif, à l’image des dirigeants européens et américains, le scepticisme reste largement de mise pour le diplomate :

« Comme vous le savez, la résolution 2254 du Conseil de sécurité considère HTS comme une organisation terroriste. Mais nous devons regarder les faits. Et les faits, c’est que HTS – et les autres groupes armés – ont envoyé des messages positifs aux Syriens. Et très sincèrement, nous l’avons aussi constaté sur le terrain. Si la transition est vraiment inclusive et intègre toutes les communautés, alors il y a une vraie possibilité de voir une nouvelle Syrie. Et dans ce cas, je pense que la communauté internationale pourra réévaluer si HTS est une organisation terroriste ou pas (…) et envisager la levée des sanctions ».

Des carottes qui pourraient s’avérer insuffisantes. Mais les grandes puissances ont appris de leurs erreurs. Les gagnants israéliens et turcs n’ont aucun intérêt à voir s’établir un califat hostile ou ne répondant pas aux standards élémentaires du droit humanitaire à leurs frontières. Les autres acteurs syriens, qu’ils soient soutenus par la Turquie, Kurdes, ou de l’opposition démocratique, non plus. C’est d’ailleurs en partie pour cela que Tsahal a tiré quelques salves préventives, sans oublier de réoccuper le Golan, qui est un territoire syrien depuis 1974. Si cela en reste là, ce peut être bénéfique. Mais Israël n’a pas non plus intérêt, ni nous encore moins, à aller plus loin dans un premier temps. La même question se pose pour la Turquie qui fort de son nouveau statut doit néanmoins composer et rester prudente, d’autant plus que les Américains ont les Kurdes pour alliés. L’armée américaine a d’ailleurs bombardé 75 points d’intérêt des reliquats de l’Etat islamique…

Dernier pays potentiellement gagnant de la nouvelle donne : le Liban. On l’oublie, les Assad étant à tort présentés comme des « protecteurs » sans faille des chrétiens de la région, mais ce sont eux qui ont tué Bachir Gemayel. Sans cet encombrant voisin et débarrassé d’une grande partie de la branche armée du Hezbollah, le Liban pourrait enfin se reconstruire. La France y veillera.

Un dernier mot en conclusion sur deux gains annexes importants. La Russie est entrée aussi en Syrie pour bloquer la construction du gazoduc qatari à destination de l’Europe. La partie reliant Homs à la Turquie n’a jamais été achevée. Total est partie prenante. Nous pourrons enfin le faire, ce qui va réduire encore la dépendance au gaz russe et aura une incidence positive sur les tarifs. Enfin, le départ d’Assad a permis aux pays européens et à la Turquie d’annoncer le rapatriement des réfugiés syriens qui avaient fui le régime mais aussi l’arrêt du traitement des nouveaux dossiers. La France a annoncé qu’elle suivrait l’Allemagne et l’Autriche. Les leçons de 2015 ont été apprises.

Encore un éloge de la lenteur…

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Image d'illustration.

Tiens, comme c’est original ! Encore un écrivain perché sur son nuage, s’apprêtant à nous faire un sermon sur la lenteur. La lenteur ! A-t-on déjà vu plus cliché, comme sujet ? Qu’est-ce qu’ils sont lassants, ces gens-là… Croyez-moi, j’en ai vu passer et je les connais : à peine ont-ils griffonné quelques lignes qu’ils s’imaginent déjà grattant une lyre, couronnés de lauriers, et croulant sous les muses. On se demande s’ils vont un jour descendre sur Terre et accepter le fait que tout n’est pas « ordre et beauté ; luxe, calme et volupté ». Après tout, il y en a qui bossent ! Qui s’occupent des vraies affaires, qui sont productifs !

Mais c’est toujours la même histoire, avec les écrivains. Tout juste bons à s’envoyer des cafés, errer et contempler, en se croyant qualifiés pour nous donner des leçons de morale. Si hautains, si prévisibles. Comme si je savais d’avance ce qu’ils vont nous pondre, comme phrases…

« La lenteur n’est pas une pause dans le temps, mais une fêlure dans l’espace. Dans chaque silence et chaque fracas, chaque naissance et chaque mort, si vous faites bien attention, vous constaterez une infime fêlure, d’où s’échappent des notes, des parfums et des saveurs… »

Ô que c’est précieux ! Après tout, le monde serait bien simple si nous allions tous gambader dans les champs, main dans la main, n’est-ce pas ? Et puis, quoi encore ? Vont-ils nous sommer de tout arrêter pour se prélasser dans un grand fauteuil et feuilleter des livres à longueur de journée ? Comme si l’on n’avait rien de mieux à faire, avec les factures, le boulot, les achats, les enfants et j’en passe. Tout le monde n’a pas le luxe de se faire servir la soupe par un majordome ganté ! Aujourd’hui, les Misérables, c’est nous !

Si les écrivains tiennent à nous faire lire, ils ont intérêt à tout changer. Par exemple, j’ai entendu certains dire que la littérature, afin de rivaliser avec les notifications bombardant nos écrans, devrait se faire « plus courte, plus percutante ». Vous voyez, il y en a qui ont compris ! Finis, les temps où les gens avaient le temps de lire des pavés de 600 pages… Mais qu’on ne se leurre pas, au sujet des écrivains : d’un air pompeux, ils rétorqueront. Attachés à leurs pages jaunies, ils sermonneront. Tenez, j’imagine qu’ils nous diront quelque chose du genre…

« La littérature est l’un des derniers bastions de la lenteur, de la patience, du silence. Dans ce monde obsédé par l’éphémère, elle nous transmet un art perdu, celui de la dégustation. Méfiez-vous de ceux essayant de la dénaturer pour accommoder nos capacités d’attention défaillantes : ce ne sont que des destructeurs travestis en innovateurs. Adapter la littérature à nos lacunes spirituelles n’est pas une innovation, mais une capitulation. Plongez-vous dans un livre, même s’il est long, surtout s’il est long. Laissez-vous emporter dans son univers. Faites confiance à l’auteur et offrez-lui votre temps. Il vous récompensera en long et en large, vous verrez. »

Décidément, ils ne changeront jamais de disque. Et puisqu’ils prennent un plaisir adolescent à étaler leur culture générale, ils n’hésiteront pas à truffer leurs délires de citations. Ils me font rire ! Je parie qu’ils n’ont même pas lu tous les livres qu’ils citent…

« Kierkegaard déclarait que tout s’acquiert dans l’immobilité et dans le silence du divin ; et Bernanos, que la civilisation moderne est une conspiration contre toute forme de vie intérieure. Ces deux phrases, que plus de cent ans séparent, furent écrites d’une seule et même plume, célébrant puis déplorant le salut par la lenteur. Comment l’a-t-on abattue, berceuse des âmes ? »

Maintenant que j’y pense, je me rends compte que j’ai déjà été comme ça, plus jeune. Tous mes amis, aussi : une curiosité sans bornes, une gratitude pour chaque jour, des rêves aussi nombreux que nos amours. Oui, on savait mieux vivre… Je me demande ce qui nous est arrivés, entretemps. Je ne sais plus. La vie, sûrement… Mais fallait-il vraiment tout oublier ?

« À trop chercher les origines de notre malaise, nous oublions la plus élémentaire. Tenez, à quand remonte votre dernière impression de lenteur, vous qui subissez les klaxons, les marées de foules et la tyrannie des pendules ? À une brève excursion en campagne cet été, au cours d’un passage au musée la semaine dernière ? C’est bien trop peu ! La lenteur, par pitié ! Peser les silences entre ses battements de cœur, écouter le crépitement de la pluie, sentir le soleil caresser sa peau découverte, distinguer l’écho des clochers entre les pierres et les sapins : c’est là que se dessinent les fêlures de poésie. Dans quelle bible est-il écrit que l’Homme doit être productif ? »

Oui, ils vont nous dire tout ça, les écrivains. Et nous, tout occupés qu’on est, on les lira, mais seulement d’un œil fugace, car sitôt la pause finie qu’il faut encore se dépêcher. Un article comme un fast-food, n’est-ce pas, ça se consomme et ça s’oublie… Mais peut-être qu’un jour, entre un texto envoyé au patron et un autre à la famille, on repensera à ce qu’on a lu : quelque chose sera resté, dans notre infime part de silence. Et peut-être même qu’on ira tout relire, depuis le début — mais cette fois-ci, en prenant le temps…

Cage international: Anatomie d’une meute islamo-gauchiste

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Le militant islamiste français Elias d'Imzalène, fiché S depuis 2021, lors d'une manifestation pro-palestinienne à Paris, 9 septembre 2024 © Idir Hakim/SIPA

Elias d’Imzalène, ce militant islamiste qui a appelé à l’intifada dans les rues de Paris devant le gratin LFI, a tranquillement récidivé face à l’OSCE, cénacle censé œuvrer à la sécurité en Europe. Cet activiste est soutenu par Cage International, une puissante ONG britannique dont la spécialité est d’arroser les réseaux djihadistes qui veulent instaurer un califat mondial


Les images ont fait le tour des chaînes d’information. Le 8 septembre dernier, place de la Nation, en plein cœur de Paris, lors d’un rassemblement en soutien à la Palestine, un militant islamiste connu sous le pseudonyme d’Elias d’Imzalène a lancé un appel à la guerre civile, sous les acclamations de la foule : « Est-ce qu’on est prêt à mener l’intifada dans Paris ? Dans nos quartiers ? Dans nos banlieues ? »

Rapidement signalés à la justice par le ministère de l’Intérieur, ces propos explicitement factieux ont valu à leur auteur, de son vrai nom El Yess Zareli, fondateur du site Islam et info, et du collectif StopZemmour, une comparution devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris le 23 octobre. Lors de l’audience, le parquet a requis huit mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Le délibéré sera rendu le 19 décembre.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’Elias d’Imzalène, dont Le Parisien a révélé qu’il fait l’objet d’une fiche S depuis 2021, ne se borne pas à mener son combat antirépublicain dans la rue et sur le web. Moins de deux semaines avant son procès, il a pu décliner sa rhétorique haineuse lors de la très respectable conférence annuelle Human Dimension, organisée à Varsovie par l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

En octobre, devant un parterre de délégations occidentales, Elias d’Imzalène a prononcé un discours intégralement mensonger. « En France, la persécution des musulmans est le mot d’ordre de l’État, du gouvernement et des médias », a-t-il affirmé sans vergogne sur un ton faussement docte et pacifique. Comment de tels bobards ont-ils droit de cité dans un cadre aussi officiel que l’OSCE ? Selon nos informations, l’invitation d’Elias d’Imzalène dans cet éminent cénacle diplomatique a été rendue possible par le parrainage d’une puissante ONG britannique : Cage International.

Un fondateur passé par Guantánamo

Fondée en 2003 à Londres sous le nom initial de « Cageprisoners », Cage International s’est donné pour mission de dénoncer les abus de pouvoir que subiraient les personnes détenues pour faits d’islamisme dans les pays occidentaux. Sous des dehors très urbains, l’ONG a pour directeur un activiste au passé sulfureux : Moazzam Begg. Né il y a 56 ans à Birmingham, cet ancien membre du « Lynx Gang », une bande criminelle d’antifas anglais, a appartenu au cours des années 1990 à divers groupes djihadistes, en Bosnie, en Tchétchénie, au Pakistan et en Afghanistan. En février 2002, soit cinq mois après le 11-Septembre, il est arrêté à Islamabad par des supplétifs de l’armée américaine.

Accusé d’être « sympathisant, recruteur, financier et combattant » du mouvement d’Oussama ben Laden, Begg est d’abord incarcéré sur une base de l’US Air Force près de Kaboul, avant d’être transféré à Guantánamo, où il est mis au secret pendant deux ans jusqu’à ce que Georges W. Bush ordonne sa libération suite à une demande de Londres – Begg est un sujet britannique. Depuis, il clame son innocence et jure qu’il n’a jamais commis d’acte terroriste.

A lire aussi: Les «Blouses blanches pour Gaza»: pas bien claires!

À son retour au Royaume-Uni en 2005, Begg devient la principale cheville ouvrière de Cage International. Parmi les prisonniers soutenus par l’ONG : l’Algérien Djamel Beghal, ancien d’Al-Qaïda à l’origine de la radicalisation de Chérif Kouachi et Ahmed Coulibaly, les tueurs de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher à Paris, qu’il a connus à Fleury-Mérogis. Signalons aussi Rachid Aït El Hajd, déchu de sa nationalité française et fraîchement expulsé vers le Maroc pour son implication dans les attentats de Casablanca du 16 mai 2003.

Cage International est une ONG riche. Entre 2007 et 2014, elle a notamment perçu 305 000 livres de la part du Joseph Rowntree Charitable Trust (JRCT), une œuvre philanthropique tenue par des quakers britanniques, tandis qu’entre 2009 et 2012, Anita Roddick, la créatrice anglaise de la marque de cosmétiques The Body Shop, lui a versé 120 000 livres à travers sa fondation. La révélation de ces dons a suscité un tollé dans la presse britannique, obligeant les deux organismes à s’engager à ne plus financer à l’avenir d’entités encourageant le djihadisme.

Soumettre l’Occident aux lois de la charia

Cage International s’appuie aussi sur des réseaux internationaux tels que le mouvement islamiste Hizb ut-Tahrir (« Parti de la libération »), présent dans une quarantaine de pays, qui veut réunir les musulmans (l’oumma) afin d’instaurer un califat mondial. Si les Frères musulmans agissent dans la discrétion et appliquent une stratégie d’entrisme, le mouvement Hizb ut-Tahrir proclame fièrement sa volonté de soumettre l’Occident aux lois de la charia.

Récemment, Cage International s’est dotée d’un responsable pour chapeauter sa branche française. Son nom : Rayan Freschi. Depuis sa nomination, ce « militant des droits de l’homme », qui s’exprime régulièrement dans des médias francophones comme Le Média, TRT et Orient XXI, s’est beaucoup investi dans la défense de l’imam Mahjoub Mahjoubi, expulsé en février dernier vers la Tunisie par une décision du Conseil d’État suite à une condamnation pour apologie du terrorisme, ainsi que pour des prêches radicaux ciblant la France, les femmes et les juifs. Freschi a aussi participé à la campagne de soutien à Abdourahmane Ridouane, imam de la mosquée salafiste Al Farouk de Pessac, près de Bordeaux, accusé quant à lui de propos antisémites et d’apologie du Hamas (son procès aura lieu le 13 janvier prochain).

Partout où il intervient, Freschi se présente comme « juriste et chercheur »… Mais chercheur en quoi, au juste ? On ne lui connaît aucune affiliation à une université ou un laboratoire. On sait juste qu’il est l’auteur d’un rapport de 52 pages, préfacé par l’islamologue François Burgat, sur la « persécution des musulmans parrainée par l’État en France ». Dans ce document, Freschi pose ses exigences à l’État : annuler la dissolution des organisations musulmanes islamistes telles que Barakacity et le CCIF ; abroger les lois sur la laïcité, comme celle de 2004 prohibant les signes religieux à l’école et la loi de 2010 sur l’interdiction du niqab, etc. Il veut que les pouvoirs publics encouragent (et peut-être financent) l’instauration d’une contre-société islamiste dans notre pays.

On ne s’en étonnera pas, le lobbying de Cage International trouve nombre de relais complaisants dans les plus hautes sphères internationales qui grouillent de faux chercheurs et de bureaucrates militants. En 2021, avec l’appui de 36 autres organisations musulmanes, l’ONG a saisi le Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour faire condamner la « politique islamophobe » de la France. Deux ans plus tard, elle participait à une conférence sur Guantánamo, organisée au Parlement européen par des élus de gauche irlandais en présence de représentants de La France insoumise. L’islamo-gauchisme en actes.

Procès Paty: l’ «islamophobie» toujours invoquée par certains militants

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DR.

Certains militants estiment que l’ « islamophobie » présumée de la société française explique la mort de Samuel Paty. Le contexte de menaces quotidiennes que subissent de nos jours les professeurs rend ce type de messages particulièrement dangereux pour ces derniers, rappelle Didier Lemaire dans cette tribune.


Maître Carine Chaix, avocat partenaire de Défense des serviteurs de la République, a déposé plainte au nom de Mikaëlle Paty et de notre association, pour apologie de terrorisme et incitation à la haine envers les professeurs suite à des propos tenus le 3 décembre sur X (ex-Twitter) par Monsieur Pierre Jacquel.

Une argumentation inacceptable

Mardi 3 décembre, le doctorant Pierre Jacquel formulait l’accusation suivante : « Sans islamophobie, ce drame ne serait jamais arrivé. Patty (sic) était probablement un islamophobe laïc, mais si un musulman le dit on parlerait (sic) d’apologie du terrorisme. Le père de famille musulman fait le coupable idéal, et ce procès va encore alimenter l’islamophobie ».

Nous ne pouvons accepter que la mémoire et l’honneur de Samuel Paty soient salis par une personne prenant fait et cause pour l’un des prévenus, Brahim Chnina, qui a organisé la campagne de haine ciblant le professeur. Il reviendra à la Justice d’apprécier la justification de cet assassinat, formulée par ce Monsieur, et si celle-ci participe de plus à focaliser la haine sur les professeurs soucieux que soit respecté dans leur établissement le cadre laïque de l’instruction.

Inversion victimaire à la mode

Ce Monsieur, se présentant comme enseignant doctorant à l’université de la Sorbonne – alors qu’il ne maîtrise manifestement pas la concordance des temps –, prétend, en effet, que « l’islamophobie de la société et de nombreux profs laïcs sont la racine du terrorisme ». Il reprend ainsi le type d’« argument » qui innocente le violeur en prétendant que la mini-jupe, quand ce n’est pas la femme elle-même, serait la cause du viol. Il faut dire que l’inversion de la victime et du bourreau est devenue un « argument » très en vogue depuis quelques mois dans la sphère islamo-gauchiste, notamment chez les députés de LFI qui nazifient les juifs pour justifier les pogroms génocidaires du Hamas et inciter à l’antisémitisme dans notre pays. Ces députés ne font finalement que reprendre la phraséologie frériste.

Déjà, en mars 2012, Tarik Ramadan expliquait que les assassinats d’Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Jonathan Sandler (le rabbin et professeur juif) et de ses trois élèves de l’école Ozar Hatorah, Myriam, Arié et Gabriel (qui avaient huit, cinq et trois ans), devaient être imputés non à son auteur, Mohamed Merah, mais à la France qui traite une partie de sa population « comme des citoyens de seconde catégorie ». Aujourd’hui, il faut bien l’admettre, c’est une large partie de la classe politique et de la petite bourgeoisie intellectuelle déclassée qui propage ce genre de rhétorique, impulsée par les idéologues de tous les mouvements totalitaires pour préparer les meurtres de masse.

Vous pouvez soutenir notre démarche et contribuer par vos dons à poursuivre ce sinistre individu.

Lettre d'un hussard de la République

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Paris–Damas: deux visages de la défaite

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Abou Mohammed al-Joulani, Damas, Syrie, 8 décembre 2024 © Omar Albam/AP/SIPA

L’effondrement du régime de Bachar al-Assad, sous la pression d’islamistes se présentant comme nationalistes, serait une « opportunité » historique pour le peuple syrien et la région, tentent de nous convaincre nombre de politiques et d’éditocrates. Le réveil sera terrible, prévient notre chroniqueur.


Lénine ou Staline disait que la guerre est un accélérateur de l’histoire. Oui, sauf à Paris où les milieux culturels et médiatiques sont immobiles dans l’aveuglement et l’arrogance, guerre après guerre.

Damas est tombée et ils se sont réjouis. X a été leur salon ou plutôt leur Galerie des Glaces où ils ont exposé leur vertu comme certaines femmes vérifient la courbe de leurs fessiers devant une baie vitrée à la sortie de la salle de sport. Les mêmes qui vous mettent en garde contre le danger du RN sautent de joie à la nouvelle de l’entrée d’Al-Qaeda à Damas. Les mêmes qui se disent capables de prédire au dixième de degré près la température terrestre en 2050 ne sont même pas capables de reconnaître un djihadiste avec barbe et AK47. Pire, le président de la République à l’époque du Bataclan vous dit par communiqué interposé que les déclarations du principal dirigeant des rebelles sont encourageantes. C’est drôle, les socialistes croient au repentir du premier émir islamiste venu et refusent de toutes leurs forces de croire à l’adhésion de Marine Le Pen aux valeurs républicaines. Je comprends mieux pourquoi l’attentat du Bataclan a eu lieu : peut-être que les autorités de l’époque ont lu des signaux encourageants dans les rapports de la DGSE… Ou peut-être que celle-ci, elle-même contaminée par l’esprit parisien, a convaincu le président de la République que les islamistes de Syrie étaient sur le point de devenir inclusifs…

Quelle immense blague ! 

Ces milieux qui se disent « élites » croient qu’ils sont ouverts sur le monde. En réalité, ils sont isolés du monde, ils n’y comprennent rien. Autrement, ils comprendraient ce qui se passe au coin de la rue, à Marseille ou à Saint-Denis, notre Moyen-Orient de proximité.  Ils sont ouverts sur leur névrose, ça c’est sûr. Ils sont ouverts sur leur obsession qui consiste à avoir tort, tout le temps et ensemble.  

Pourtant, ce qui vient de se passer en Syrie est une calamité pour la France. 

A lire aussi, Gil Mihaely: Syrie: la chute d’Assad et l’émergence d’un nouveau désordre

Tout l’édifice politique légué par la présence franco-britannique au Moyen-Orient tombe à terre. L’Irak a été démantelé par les Américains, et maintenant la Syrie se disperse dans les sables du désert. Demain, elle se résumera à quatre ou cinq grandes régions politico-administratives retranchées derrière leurs milices et leurs identités (le réduit alaouite, le refuge kurde, le califat sunnite etc.). Il ne reste plus que le Liban pour que toute trace du passage de la France dans la région soit effacée. Ainsi, nous aurons perdu nos relais naturels au Moyen-Orient qui sont les Chrétiens, épurés ethniquement depuis vingt ans, et les bourgeoisies sunnites progressistes, obligées de s’exiler ou bien de faire une place aux sauvages en Toyota que nous appelons « rebelles modérés ». Ces derniers ont faim, ils vont s’emparer des entreprises qui les intéressent ou s’y imposer comme associés.

Pendant que la France recule en poussant des youyous de joie, la Turquie, elle, avance. C’est une puissance impérialiste. Elle peut se le permettre car elle n’a pas Clémentine Autain ni Marine Tondelier pour lui en tenir rigueur. Puissance néocoloniale, la Turquie occupe des portions du territoire syrien et parraine Joulani dans son aventure politique. Elle rêve d’envoyer aux oubliettes de l’histoire les traités imposés par la France et l’Angleterre il y a cent ans et qui ont abouti à son expulsion de l’Irak et de la Syrie actuelle (Traité de Sèvres, 1920 ; Traité de Lausanne, 1923). Elle se considère chez elle de Mossoul à Alep et a pour la première fois l’occasion de revendiquer ses « titres de propriété ».

De cela, les bien-pensants ne se doutent point. À leurs yeux, le monde a commencé en 1939 lorsqu’un certain Hitler a sifflé le début de l’histoire universelle en posant la culpabilité fondatrice de l’homme blanc hétérosexuel. Ne leur parlez pas de nationalisme turc, le patriarcat oriental ne les émeut pas, ils veulent transformer en eunuques nos hommes à nous seulement… Les femmes des autres ont le droit d’avoir des maris, nos femmes à nous en seront privées : il n’y a rien à comprendre, il s’agit d’une religion et une religion ça se respecte, à part le catholicisme bien sûr…

Autre calamité pour la France, l’immigration à venir. Des milliers de chances pour la France vont débarquer. Certains sont des chances véritables, d’autres d’authentiques mauvaises nouvelles à tout point de vue. C’est comme ça, il paraît : on ne peut rien contre l’immigration mais on peut tout contre le changement climatique… La foi ne se discute pas. Même Joulani vous le dira.

Cela dit et pour conclure sur une note « positive », il convient de tirer un autre enseignement essentiel de la chute du régime al-Assad : la force a toujours raison. L’homme qui porte un fusil a toujours le dernier mot. Et quand l’alternance est impossible — c’était le cas en Syrie — il ne reste plus aux hommes qui aspirent à gouverner leurs semblables que le chemin de la violence. Bien sûr, cette leçon ne vaut pas pour nous. Nous vivons en démocratie, cher Monsieur ! Le peuple s’exprime à chaque élection et il fait barrage comme un seul homme contre lui-même. Chez nous, le parti arrivé en premier aux élections n’a aucune chance de gouverner ni même de commander une commission à l’Assemblée. Mais nous sommes une démocratie et nous entendons bien donner rapidement des leçons de démocratie aux Syriens !

La droite des actes ou celle des magouilles?

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Laurent Wauquiez salue Bruno Retailleau à l'Assemblée nationale, 26 novembre 2024 © Jacques Witt/SIPA

Le chef des députés LR à l’Assemblée souffrirait-il de la soudaine notoriété du ministre de l’Intérieur ? Entre M. Retailleau qui monte dans les sondages et M. Wauquiez qui rame à l’Assemblée, la droite semble hésiter : qui sera le héros de 2027, et qui devra se contenter d’applaudir depuis les coulisses ? Analyse.


Le conflit entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, au sein des Républicains, est révélateur et a une longue tradition politique qui pourrait concerner beaucoup d’histoires partisanes. Si on accepte de ne pas tomber dans le byzantinisme pour faire croire à une noblesse des affrontements, ce qui oppose ces deux personnalités est, pour l’une, son appétence pour les coups fourrés, les magouilles et les exclusions et, pour l’autre, sa passion des actes et sa volonté de transformer une réalité insupportable pour les Français.

Rivalité entre le ministre de l’Intérieur et le président du groupe Droite républicaine

En effet, Bruno Retailleau désirerait rester au sein du prochain gouvernement – si celui-ci a de la cohérence et que gauche et extrême gauche demeurent à l’extérieur et sur ce point seulement, accord total entre Wauquiez et Retailleau (Le Figaro). Non par narcissisme personnel, de la part de celui-ci, ou ambition déplacée mais, tout simplement, comme pour tout bon artisan qui a commencé son travail, par l’envie de le terminer pour que la France aille mieux.

Qu’on ne me dise pas que je m’illusionne sur Bruno Retailleau, avec cet air de pessimisme trop heureux de me donner tort… Mais je peux facilement objecter que le ministre de l’Intérieur qui, je l’espère, le sera à nouveau, a démontré, avant la motion de censure, à quel point son verbe et ses actions étaient indissociables. La droite a mis en valeur, enfin, dans l’exercice du pouvoir, un homme d’une droite authentique qui n’avait pas peur de s’affirmer ainsi et de le démontrer. Jusqu’à lui, nous n’avions connu, peu ou prou, que l’inverse.

A lire aussi, Ivan Rioufol: Trump à Notre-Dame, ou comment conjurer le déclin français

Quant à Laurent Wauquiez, je n’aurai pas l’indécence de tenir pour rien son prestigieux parcours universitaire mais en politique, nous constatons que l’intelligence, aussi bien armée et dense qu’elle soit, ne garantit rien. Il y a, dans le pouvoir et sa périphérie, des obsessions, des tentations, des hostilités, des connivences, d’étranges et surprenantes solidarités, des antipathies subtiles qui n’ont rien à voir avec les capacités intellectuelles au sens classique mais tout avec la répudiation de valeurs humaines essentielles : courage, volonté, fidélité, obstination, lucidité et reconnaissance.

Laurent Wauquiez inquiet quant à la légitimité de sa candidature en 2027 ?

Après la catastrophique dissolution et le résultat dénaturé démocratiquement des élections législatives, nous avons été conduits à douter de la transparence politique et parlementaire de Laurent Wauquiez, aussi bien lors du choix du Premier ministre que de la composition du gouvernement. Il s’agissait déjà de tailler des croupières à Bruno Retailleau qui pâtissait sans doute à ses yeux d’avoir été préféré à lui par le Premier ministre, pour Beauvau.

On sait aussi que M. Wauquiez a tout fait pour écarter David Lisnard des postes ou fonctions qu’il aurait mérité d’occuper dans cette période troublée où on n’aurait pas dû se permettre des ostracismes scandaleux.

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Comme président du groupe parlementaire de la Droite Républicaine, Laurent Wauquiez ne s’est pas distingué par la clarté, la clairvoyance de ses choix et l’efficacité de ses tactiques. Sa complicité avec Gabriel Attal (qui a fortement écorné son image durant le mandat de Michel Barnier) a fait plus de mal que de bien à son camp. On a découvert un Laurent Wauquiez directif, autoritaire, avec une unique finalité : ne rien faire qui puisse léser ses ambitions présidentielles.

Comme s’il était assuré en 2027, ou avant si le président de la République préférait la dignité à l’impuissance, d’être le seul candidat de la droite. On en est loin. Il a eu beau tenter une table rase, ils sont plus que jamais là ceux qu’il trouvera sur sa route : David Lisnard, Bruno Retailleau (je l’espère, sa tâche accomplie), Xavier Bertrand, et d’autres qui sortiront du bois républicain…

En attendant, alors que le nom du successeur de Michel Barnier n’est pas encore connu, que Laurent Wauquiez, de grâce, cesse cette petite guerre médiocre seulement destinée à faire gagner la droite des magouilles contre celle des actes. À faire perdre cette dernière au bénéfice de l’autre.

Réfugiés, go home!

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Place de la République, Paris, 8 décembre 2024 © Aurelien Morissard/AP/SIPA

L’Europe ne veut plus accueillir de Syriens. De nombreux pays européens ont immédiatement suspendu l’examen des demandes d’asile d’exilés syriens. En Allemagne, la CDU veut renvoyer un million de réfugiés dans leur pays.


On a rarement vu gouvernements aussi réactifs. Le régime syrien n’est pas tombé depuis 48 heures que dix pays européens annoncent, en ordre dispersé, qu’ils suspendent toutes les demandes d’asile de Syriens. L’Allemagne, premier pays d’accueil (1 million) tire la première lundi matin. 50 000 demandes sont gelées. Norvège, Danemark, Suède, Belgique, Royaume-Uni et Italie suivent. En France, une décision similaire de l’OFPRA était attendue en fin de journée. Seuls les Autrichiens annoncent aussi un programme d’expulsions, mais la question enflamme la campagne électorale en Allemagne où la CDU veut renvoyer tous les Syriens.

Abandon de deux vaches sacrées

Je suis peu suspecte de laxisme migratoire mais un peu gênée par la précipitation. Certes, les ex-rebelles donnent des signes plutôt encourageants quant aux libertés. On aurait pu attendre quelques jours.

En attendant, on renonce à deux vaches sacrées :

  • Le droit d’asile, d’abord. Certes, il a été dévoyé pour devenir une filière migratoire classique. Mais faut-il le rayer ainsi d’un trait de plume ? Certains Syriens n’ont-ils pas encore besoin de protection ? Il n’est pas sûr que cette suspension soit parfaitement orthodoxe. Comme pour la reconstruction express de Notre-Dame, quand on veut prendre des libertés avec la règle de l’Etat de droit, on le fait, finalement…
  • La soi-disant politique européenne coordonnée. Sur les questions migratoires, on constate le retour du national et du chacun pour soi.

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Fini le baratin !

Que signifie cet emballement ? Que le lyrisme immigrationniste, les bras grands ouverts de la chancelière Merkel, et l’immigration-chance-pour-la-France et l’Europe, c’est fini. À part quelques extrême-gauchistes et des journalistes-prêcheurs, plus personne n’ose tenir ce discours. Toutes les gauches européennes sauf la nôtre comprennent qu’elles ne peuvent plus s’opposer aux peuples à coups de moraline. Partout, elles adoptent des politiques restrictives.

La vérité, c’est que les Européens n’en peuvent plus de l’immigration massive, particulièrement de l’immigration musulmane. Pas parce qu’ils sont racistes ou islamophobes, mais parce qu’une partie des populations arrivées ces dernières années posent un sérieux problème d’intégration quand ce n’est pas de délinquance ou d’insécurité. Les Européens veulent bien accueillir mais pas voir leurs sociétés changer pour les nouveaux arrivants. Et la question du djihadisme n’est évidemment pas à négliger.

Il y a quelques jours, invité par Eugénie Bastié, sur Le Figaro-TV, le philosophe Pierre Manent déclarait que « la part musulmane de l’Europe ne peut pas croître indéfiniment, comme c’est le cas aujourd’hui, sinon nous allons au-devant de drames qu’aucune version de la laïcité ne permettra de maîtriser ». Tollé des belles âmes, accusations de racisme, de xénophobie et de conspirationnisme. Pourtant, il a raison. Accueillir suppose d’intégrer à notre culture. On ne peut pas le faire avec de tels flux. L’humanité ne consiste pas à accueillir des gens qui n’aiment pas notre façon de vivre.


Renversant!

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© Alwin Poiana / ICK Dans Amsterdam

Inspirés par Le Radeau de La Méduse, les chorégraphe et compositeur de Nous, le Radeau créent un spectacle au climat halluciné.


« Voilà un naufrage qui ne fera pas celui de son auteur », lança Louis XVIII lors du Salon de 1819, devant Scène de naufrage, l’immense morceau de bravoure de Géricault, aujourd’hui rebaptisé Le Radeau de la Méduse.

Et voilà encore un ouvrage qui ne fera pas non plus le naufrage de ses auteurs, le chorégraphe Emio Greco et le compositeur Franck Krawczik, lesquels se sont inspirés du tableau et de la tragédie du navire La Méduse pour composer Nous, le Radeau.

Créé à la Cité de la Musique, à Paris, cet étonnant spectacle musical et chorégraphique a fait l’effet d’une heureuse surprise quand l’époque est à la morosité dans le domaine de la création. Il s’inscrit dans une série de productions mêlant musiciens, metteurs en scène et chorégraphes, qui a déjà vu œuvrer côte à côte Benjamin Lazar et Maxime Pascal, ou Romeo Castellucci et Esa-Pekka Salonen, et qui verra bientôt collaborer Robyn Orlin et Camille Dalmais, Benjamin Millepied et Olivier Latry, Shin-Young Lee et Idio Chichava, Laurent Pelly et Nathalie Dessay, Les Arts Florissants et Amala Dianor, ou encore, pêle-mêle, Peter Sellars, Rocio Molina, Tanguy de Williencourt…

La composition de Krawczik déploie un éventail parfaitement improbable où ses compositions propres alternent avec des arrangements puisés chez Bach, Purcell, Vivaldi, Beethoven, Mahler, Schoenberg… et où il s’est attaché les présences de Sonia Wieder-Atherton au violoncelle, du pianiste Wilhelm Latchoumia, du clarinettiste Carjez Gerretsen et d’un duo infernal, Benjamin Munier à la basse et Raphaël Aboulker à la batterie.

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Tous aventuriers au sein d’une masse sonore ébouriffante, tempétueuse, discordante, étrangement séduisante enfin, à laquelle participent encore des ensembles vocaux qui font merveille : l’Ensemble vocal du Conservatoire de Pantin, le Chœur A Piacere, le Chœur philharmonique et l’Ensemble vocal des grandes Écoles.

Porté par ces vagues sonores, Emio Greco, que seconde Pieter Schoelten, balaie le plateau en tempête avec une chorégraphie sauvage, désarticulée, véhémente et d’une extraordinaire vigueur, mettant en scène sept jeunes danseurs de la compagnie ICK Dans Amsterdam, parmi lesquels surgissent deux personnages d’une poésie noire : un échassier, et un danseur surtout, immense et fantomatique, dont la silhouette démesurée surplombe une Sonia Wieder-Atherton comme vampirisée par ce spectre qui ajoute son archet au sien. 

Et la mise-en-scène multiplie des images étonnantes, comme cette pyramide humaine qui s’agglutine autour du clarinettiste et finit par l’engloutir.

Quand le spectacle s’achève, on serait bien en peine d’en définir le contenu, et plus encore peut-être de le rattacher au manifeste inscrit dans le programme et dont on retiendra cependant cette phrase : « Notre but n’est pas de recréer le tableau, mais d’évoquer la volonté inflexible du corps à survivre quand tout le reste a disparu ; c’est la survie qui constitue la force viscérale et motrice de cette œuvre. »  

Il s’en dégage assurément une séduction, une énergie qui emportent l’adhésion. Comme si de ce maelström gestuel et sonore surgissait une force vitale d’une ombrageuse et tragique beauté.

Cette œuvre hors norme a été créée début décembre à la Cité de la Musique. Le public n’a pu l’admirer que deux soirs de suite, espérons qu’elle a séduit des producteurs qui nous offriront prochainement quelques reprises.

Armée d’Assad: la déroute de Damas

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Les rebelles à Hama, Syrie, 6 décembre 2024 © Ghaith Alsayed/AP/SIPA

Syrie. La corruption systémique, combinée au sectarisme et à la politisation de l’Armée arabe syrienne, a fragilisé l’institution au point de rendre inéluctable l’effondrement du régime de Bachar al-Assad en 2024. Damas, ton univers impitoyable…


La transformation de l’Armée arabe syrienne (AAS) incarne l’histoire d’une institution militaire passée de pilier du régime à catalyseur de sa chute. En décembre 2024, une offensive éclair menée par les forces rebelles, notamment le groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTC), a provoqué la chute rapide de villes stratégiques comme Alep, Hama et Homs. L’AAS, déjà affaiblie, n’a pas pu contenir cette avancée, entraînant la fuite du président Bachar al-Assad et laissant un vide de pouvoir après des décennies de domination autoritaire. Si cet effondrement a surpris par sa soudaineté, il était en réalité le résultat de décennies de mauvaise gestion, de corruption endémique et de priorités stratégiques centrées sur la survie à court terme au détriment de la viabilité institutionnelle. Cette érosion progressive, reflet des dysfonctionnements internes de l’AAS, a mené à une décomposition inéluctable.

Une armée sous contrôle de la minorité alaouite

Entre 2000 et 2011, sous la présidence de Bachar al-Assad, l’AAS a traversé une période de stagnation et de déclin marqué. Héritant d’une armée affaiblie par les pratiques autoritaires de son père, Hafez al-Assad, Bachar n’a pas entrepris les réformes nécessaires pour la moderniser ou renforcer sa cohésion. Au contraire, il a renforcé des pratiques de favoritisme, de corruption et de centralisation excessive, transformant l’AAS en un outil de répression intérieure au service exclusif de son régime. Sous son autorité, l’armée est devenue un appareil davantage politique que militaire, axé sur le maintien de l’ordre intérieur et la protection du pouvoir plutôt que sur la défense nationale.

Bachar al-Assad a consolidé le contrôle de l’armée par l’élite alaouite, sa propre communauté, ce qui a exacerbé les divisions sectaires au sein de l’AAS. Les postes stratégiques étaient attribués selon des critères de loyauté envers le régime plutôt qu’en fonction de la compétence. Cette politisation de l’armée a marginalisé une grande partie des soldats et officiers sunnites, pourtant majoritaires dans les rangs, affaiblissant considérablement sa cohésion et sa capacité opérationnelle. La corruption, déjà omniprésente sous Hafez al-Assad, a atteint de nouveaux sommets sous Bachar. Les officiers supérieurs détournaient des fonds militaires, vendaient des équipements sur le marché noir et utilisaient les conscrits comme main-d’œuvre bon marché pour leurs projets personnels. La pratique des « soldats fantômes », qui permettait aux commandants de détourner les salaires de personnel fictif, est devenue emblématique de cette corruption systémique. Ces abus, en plus de saper le moral des troupes, ont compromis la capacité de l’armée à répondre efficacement aux menaces extérieures.

Les Russes et les Iraniens perpétuellement à la rescousse

Malgré les défis géopolitiques croissants, comme la montée en puissance d’Israël et les tensions régionales, Bachar al-Assad n’a pas modernisé l’AAS. L’armée est restée dépendante de technologies obsolètes héritées de la Guerre froide et n’a pas investi dans la formation ou la préparation de ses troupes. Lors de la guerre du Golfe en 1991, la Syrie a déployé environ 14 500 soldats au sein de la coalition dirigée par les États-Unis contre l’Irak. Ces forces, intégrées au contingent arabe, étaient principalement stationnées en Arabie saoudite. Bien que cette participation ait renforcé l’image d’une solidarité arabe au sein de la coalition et affirmé l’opposition de la Syrie à Saddam Hussein, elle est restée avant tout symbolique, les troupes syriennes étant peu engagées dans les combats.

Malgré les enseignements tirés de ce conflit, la Syrie a rencontré de grandes difficultés à moderniser son armée et à adopter des stratégies militaires avancées. Des contraintes économiques et technologiques persistantes, associées à des choix politiques délibérés, ont maintenu sa dépendance à des alliés comme la Russie pour préserver son efficacité militaire et sa survie stratégique dans les conflits contemporains.

Il semble néanmoins que le régime syrien – d’abord sous Hafez al-Assad, puis sous Bachar al-Assad – ait conclu qu’une occidentalisation (dans la manière de se battre NDLR) de son armée était incompatible avec le contexte politique et géopolitique du pays. L’alliance stratégique avec la Russie et l’Iran, combinée à la priorité absolue donnée à la préservation du régime en place, s’opposait fondamentalement à toute réforme militaire susceptible de réduire cette dépendance ou de s’aligner sur les doctrines occidentales. Cette inaction, combinée à une focalisation excessive sur le contrôle intérieur, a laissé l’AAS mal préparée à affronter des défis militaires complexes. Lorsque la guerre civile a éclaté en 2011, les faiblesses structurelles de l’AAS ont été brutalement exposées. Confrontée à des défections massives, à des pertes territoriales et à la montée des forces d’opposition, l’armée s’est rapidement fragmentée. La corruption a exacerbé cette désintégration, les officiers détournant des ressources, abandonnant leurs unités ou priorisant leur enrichissement personnel plutôt que les objectifs militaires. Cette situation a paralysé l’armée et nécessité une reconstitution urgente dans des conditions désastreuses.

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La reconstruction de l’AAS s’est appuyée sur le soutien de l’Iran et de la Russie. L’Iran a joué un rôle crucial en formant des forces auxiliaires comme les Forces de défense nationale (FDN), tandis que la Russie a fourni un soutien aérien et des conseils stratégiques. Bien que ces interventions aient permis au régime de regagner du territoire, elles ont entraîné une perte d’autonomie significative pour l’armée. L’AAS s’est transformée en une force hybride combinant les vestiges de son organisation initiale avec des milices et des groupes paramilitaires. Cette évolution a érodé sa cohésion, concentrant le pouvoir dans des unités d’élite et des milices de confiance, au détriment d’une armée nationale unifiée.

Les chabihas, hommes de main redoutables du régime

Les chabihas, qui incarnent une logique évolutive unique, ont joué un rôle clé dans cette transformation. Originaires des zones côtières alaouites comme Lattaquié, ces groupes sont passés de contrebandiers locaux à forces paramilitaires soutenues par le régime Assad. Leur ascension a été favorisée par des liens communautaires et tribaux avec la famille Assad, ainsi que par leur proximité avec le Liban, qui leur a permis de tirer profit du trafic transfrontalier de marchandises et d’armes pendant la guerre civile libanaise. Bien que leur violence excessive ait parfois conduit à des confrontations avec le régime, ils ont été réactivés en 2011 pour réprimer l’opposition. Financés et armés par le régime, les chabihas sont devenus des unités paramilitaires redoutées, connues pour leurs massacres et leur rôle dans l’accentuation des divisions sectaires.

Avec le prolongement du conflit, les chabihas ont été intégrés aux FDN, mais sans abandonner leurs pratiques criminelles, telles que l’extorsion et le pillage. Entre 2020 et 2024, ils ont continué à jouer un rôle actif dans les offensives militaires et la gestion des territoires contrôlés par le régime, bien que leur efficacité ait été compromise par des problèmes de discipline et de loyauté. Lors de l’offensive finale des rebelles en décembre 2024, l’AAS et ses milices alliées, y compris les chabihas, n’ont pas pu empêcher l’effondrement du régime.

Bachar al-Assad a hérité d’une armée déjà fragilisée par la politisation, le sectarisme et la corruption du système assado-baasiste. Pourtant, au lieu de la réformer, il a renforcé ses dysfonctionnements, transformant l’AAS en une institution inefficace. Si ces choix ont permis au régime de survivre temporairement, ils ont laissé un héritage d’instabilité durable. Ainsi, la dynastie Assad, arrivée au pouvoir par l’armée, a vu son règne s’achever en grande partie à cause de la déliquescence de cette institution.

Les différentes facettes de Jaurès

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© Perrin

La biographie de Jean Jaurès signée par Jean-Numa Ducange ressuscite la vie et la pensée d’un homme complexe. Bien plus riche que ce que laissent entendre ceux qui se complaisent à le citer…


Jean Jaurès (1859-1914) est cité par tout le monde (ou presque). Les hommes politiques ne sont évidemment pas en reste… Et pourtant, qui connaît le fondateur de L’Humanité, journal toujours existant ? C’est le mérite de l’ouvrage paru récemment chez Perrin, Jean Jaurès, signé de l’historien Jean-Numa Ducange, que de restituer les différentes facettes de ce personnage : favorable aux alliances larges quand il le faut pour défendre la République, il adopte dans le même temps une lecture marxisante du monde qui lui fait comprendre l’importance de la question sociale. Philosophe, historien, journaliste, député, ardent militant aimant profondément sa région natale et son pays, tout en professant une certaine idée de l’internationalisme… Trop « socialiste » pour certains à gauche, trop pacifiste pour d’autres à droite, il a passé sa vie à tenter de définir la perspective d’une gauche républicaine qui n’oublie pas les ouvriers et les paysans, tout en estimant nécessaire de défendre les droits des individus et de lutter contre l’antisémitisme. On mesure, à la lecture de cette biographie fouillée, fondée sur de nombreuses archives inédites, combien un abîme sépare la gauche jaurésienne de ce qu’est devenue une large partie de la gauche aujourd’hui. À lire et à méditer…

Jean-Jaurès, Jean-Numa Ducange, Perrin, 2024. 464 pages.

Jean Jaurès

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