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Mélenchon se convertit au zemmourisme

La créolisation, vous en vouliez encore ? «Oui, M. Zemmour, il y a un grand remplacement. Oui, M. Bayrou, il y a un grand remplacement !» a déclaré le chef de file des islamo-gauchistes à Toulouse pendant le weekend. Selon lui, «des familles de quartiers populaires arrivent dans la ruralité, je dis à ces gens: cette partie du pays est à nous, la nouvelle France c’est la nôtre, c’est là que naîtront vos enfants et petits-enfants !»


Jean-Luc Mélenchon déteste la France française. Pour lui, la nation millénaire est en fin de vie. Elle doit laisser place à la « nouvelle France » islamisée. C’est une ode à la submersion musulmane qui a été clairement développée, vendredi et samedi à Toulouse, par le fossoyeur de la patrie (littéralement, « le pays des pères »). Lors d’une « rencontre nationale des quartiers populaires », destinée à mobiliser les abstentionnistes, le leader LFI a rappelé son but, devant un auditoire présumé être « né comme moi au Maghreb1 »« La France, c’est celle de la République ou ce n’est rien (…) Nous sommes à l’heure de la nouvelle civilisation à créer. Nous sommes la nouvelle France. Ce pays est à nous, à vous de vous l’approprier ». Tout en louant la « décolonisation algérienne » et en appelant à « libérer la société des chaînes du colonialisme et du racisme », Mélenchon a invité implicitement à la contre-colonisation. Pour lui, la bascule démographique, due à l’immigration extra-européenne, est irréversible. En appui au « grand remplacement » qu’il revendique, il a expliqué en substance : « La ruralité paysanne n’existe plus. La nouvelle ruralité n’est plus composée de Français de souche mais de ceux qui, poussés par la crise du logement, arrivent des quartiers populaires (…) Nous sommes le nombre ! Nous sommes le plus grand nombre ! Vous êtes les maîtres ! ». Pour lui encore, le droit du sol doit être automatique, sans attendre 16 ans. Dans son emballement à promouvoir la cause musulmane, il s’est même offusqué d’avoir entendu « critiquer le prénom du Prophète ». Mélenchon est prêt, pour assurer son destin politique auprès d’une France déracinée, à accélérer la table rase.

http://twitter.com/JLMelenchon/status/1885735993237495855

Les mots de Mélenchon ont un sens : ils sont une déclaration de guerre aux Français et à leur héritage occidental. Au regard de la définition de Malraux, « J’appelle Français ceux qui ne veulent pas que la France meure », le Ganelon se place en ennemi du peuple indigène, qu’il voue à une invasion de peuplement. Les ferments d’un possible affrontement civil sont dans ses encouragements à poursuivre la conquête territoriale entamée depuis cinquante ans, afin d’y ancrer une civilisation construite sur la soumission à la charia. Le chef « insoumis » est l’obligé d’une idéologie théocratique et totalitaire incompatible avec les libertés. Dans ce nouveau monde, le non-musulman est relégué à l’infériorité du dhimmi. « Un Français sur quatre à des ancêtres étrangers » se félicite le théoricien de la « créolisation », qui observe que « 40% des Français parlent aujourd’hui une langue étrangère ». Bref, Mélenchon veut euthanasier ce vieux pays trop enraciné. Au moins pose-t-il l’immigration dans sa dimension existentielle. Or, trois Français sur quatre sont encore d’origine française. 65% des sondés approuvent François Bayrou lorsqu’il parle de « sentiment de submersion ». Le peuple autochtone reste majoritaire. Le scénario d’un effacement n’est plausible que si les Français devaient persister à laisser leurs dirigeants baisser les bras devant les minorités agressives et ceux qui trahissent la nation. Hier, à Villeneuve-Saint-Georges, commune la plus pauvre du Val-de-Marne, Louis Boyard (LFI) a échoué (38,75%) devant la candidate LR, Kristell Niasme (49%), pour prendre la mairie. La résistance existe. Elle seule pourra reconduire s’il le faut les colonisateurs d’où ils viennent, afin de sauver « notre douce France emportée » (Aragon).

  1. Mélenchon est né au Maroc, en 1951 ↩︎

Villeneuve-Saint-Georges: pas si fort, Boyard!

Le jeune député LFI Louis Boyard a perdu l’élection municipale anticipée de Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne. Il réalise 38.75% des voix au second tour, dans une commune qui avait pourtant voté à 46% pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2022, et à 61% pour lui à la députation en 2024. Un vrai fiasco ! Mais la gauche ne semble pas décidée à remettre en cause sa stratégie électorale communautariste pour autant. Analyse.


Pari perdu pour Jean-Luc Mélenchon et ses acolytes. Villeneuve-Saint-Georges leur échappe. La claque est d’autant plus significative qu’avec presque 40% de participation (39,67%) au second tour contre 33,5% au premier tour, LFI a pu constater que la perspective que la ville passe sous son contrôle a réveillé les électeurs. Ils se sont mobilisés en effet, mais contre Louis Boyard. Villeneuve-Saint-Georges ne quitte pas le giron des LR, souhaitons-lui néanmoins un meilleur avenir.

Ville-test

L’ambition de montrer « ce que pouvait être une ville insoumise » a échoué. 61,25% des électeurs l’ont refusé : 12,25% s’étant portés sur l’ancien maire, Philippe Gaudin, divers droite, les 49 % autres ayant donné le fauteuil de maire à Kristell Niasme (LR). Il faut dire qu’avec la composition de sa liste, un peu de dealers, de refus d’obtempérer, le tout saupoudré de barbus, Louis Boyard avait mis la barre haut. Il faut dire aussi que Boyard n’est pas l’Insoumis le plus crédible en tant qu’édile. Quoique, leur en reste-t-il en stock, depuis que la vocifération est le marchepied de la notoriété à LFI ? La claque est d’autant plus difficile que sur le papier, entre sa réserve de voix à gauche et la division à droite, le calcul n’était pas absurde.

D’ailleurs la ville n’avait pas été choisie au hasard. Ancienne municipalité communiste, historiquement à gauche, abritant beaucoup de familles de cheminots, la ville n’avait basculé à droite qu’en 2020. C’est une ville très pauvre, ravagée par les nuisances sonores du fait de la proximité d’Orly, où se logent beaucoup de familles immigrées. Cumulant quartiers ghettos, culture de gauche, difficultés économiques et frustrations sociales, la ville a été d’autant plus ciblée que les divisions à droite laissaient envisager qu’elle serait facile à conquérir. Y envoyer Louis Boyard faisait de surcroit de cette ville, une ville test. Autrement dit une ville structurellement destinée à tomber dans l’escarcelle de LFI du fait de sa composition en termes de population et d’une forte implantation musulmane (le Val-de-Marne est dans le viseur des islamistes, qui estiment qu’il est le deuxième département contenant la plus importante communauté musulmane après la Seine-Saint-Denis). Le rêve insoumis s’appuyait également sur les résultats faits par Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles de 2017 et 2022 (autour de 46% des voix) et sur l’idée de miser sur les quartiers. Pas en allant chercher les habitants les plus méritants, mais en investissant dans les relais d’opinion sans être regardant sur leur mode d’action ou de prédation dans leur quartier ou au-delà. L’idée étant de mesurer l’existence d’une dynamique politique forte, autrement dit d’essayer de voir si avec la bonne étiquette (soit celle de LFI), même une chèvre sous stéroïde se ferait élire, pour peu que la composition de l’électorat coche certaines cases.

En tête au premier tour

D’ailleurs Louis Boyard était bien arrivé en tête au premier tour avec 24,89% des voix, au coude à coude avec Kristell Niasme, la candidate LR, arrivée en seconde position. Certes, seuls 92 voix les séparaient. Ce score était d’autant plus méritoire pour l’ancienne première adjointe qu’elle a dû gérer les comportements erratiques de l’ancien maire, revanchard et agressif et surtout incapable de prendre la mesure du rejet que son comportement avait suscité. Or si des élections partielles ont été convoquées, c’est parce que c’était le seul moyen qu’avaient trouvé ses colistiers pour mettre fin aux agissements de leur leader. L’un des derniers incidents ayant conduit à ces démissions en masse étant un salut nazi effectué lors d’une séance houleuse du Conseil municipal.

Très en colère, l’ancien maire, Philippe Gaudin, pourtant désavoué au premier tour dans les urnes, a choisi de se représenter. Il s’avérait ainsi un allié inespéré pour LFI, qui bénéficiait d’une triangulaire surtout néfaste pour son adversaire.

A lire aussi, Elisabeth Lévy: La gauche Hamas

Mais les divisions à droite n’auront pas suffi à assurer la victoire des Insoumis. Pas plus que les compromissions à gauche. En effet, la liste menée par le communiste Daniel Henry qui réunissait les écologistes et le PS (arrivée troisième au premier tour avec un score de 20,7%) a montré qu’elle avait l’estomac politique d’un doberman. Rien ne la dérange. Il n’y a pas eu d’accord de gouvernance, donc pas de fusion de listes, mais qu’à cela ne tienne, la liste PS/PC/Ecologistes a quand même apporté son soutien à l’Insoumis. Et peu importe que la liste de LFI abrite repris de justice et islamistes antisémites. Depuis le NFP, la gauche qui se croit encore républicaine n’a plus aucune ligne rouge morale, et est prête à défendre n’importe quoi. L’instrumentalisation de la haine des Juifs comme levier de mobilisation électorale ? La gauche le valide en acceptant l’alliance avec LFI ; La violence politique comme outil de déstabilisation sociale ? Validé aussi ; Permettre à des voyous violents et à des islamistes d’arriver au pouvoir ? Également validé. À ce stade, on se demande bien ce qui pourrait les rebuter…

Politique-fiction

D’autant que le résultat de tant de soumissions ne déclenche que l’ingratitude de celui qui les reçoit. À peine battu, Louis Boyard gratifiait les électeurs de Villeneuve-Saint-Georges d’un discours de victoire assez stupéfiant. Comme d’habitude à LFI, la fiction prend le pas sur la réalité. Dans cette nouvelle production, Louis Boyard, abandonné par la gauche traitresse (tout ce qui n’est pas LFI), s’est battu seul contre tous, tel Bayard à Roncevaux. Mais il n’a pas échoué sans gloire et son score dans l’adversité ouvre la voie à de nouvelles victoires. La réalité, c’est surtout que les reports n’ont pas été très bons (Boyard faisant moins de voix que l’addition des voix de sa liste et de la liste PC /PS /EELV au premier tour), et que la mobilisation s’est faite contre lui. En attendant, ses soutiens ont été symboliquement lapidés en place publique sans guère d’atermoiement.

Cela pourrait leur donner matière à penser… D’autant qu’avec la hausse de participation de 6 points qui a eu lieu entre le premier et le second tour, le message des électeurs est clair : la stratégie de la brutalisation et de la victimisation ne prend pas. On aimerait pouvoir croire que cette claque va servir de leçon et terminer cet article en espérant que la gauche comprenne que, si elle veut un jour retrouver le chemin des urnes, elle a intérêt à rompre avec le parti de Jean-Luc Mélenchon ; mais rien n’y pousse. Malgré tous les excès de LFI, la composition pour le moins provocatrice de la liste de Louis Boyard, celui-ci rassemble quand même 38,75% des voix. Quant à la gauche, elle a choisi une fois de plus la lâcheté et se retrouve perdante des deux côtés. La majorité des électeurs, elle, a choisi l’abstention. Cela peut laisser dubitatif sur l’état de santé général de notre système politique.

Ces biens essentiels

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Faites payer les riches !

En France, être de gauche, c’est soit critiquer Israël, soit taper sur les riches – et quand il s’agit de Bernard Arnault, c’est « open bar ».


Une partie de la gauche se déchaîne contre Bernard Arnault. Et le reste se tait. C’est parce qu’en France, il y a deux façons de prouver qu’on est de gauche : soit taper sur Israël, ou plus si affinités, soit taper sur les riches. L’un n’étant pas toujours sans rapport avec l’autre, d’ailleurs…

Les riches sont renommés « super-riches », un terme qui évoque les aristos qu’il fallait pendre à la lanterne. Pensez : ils exploitent le peuple, ils polluent la planète… Tout ira mieux quand on en enverra quelques-uns se rééduquer à l’usine ou aux champs ! Ou quand ils partiront, comme l’a dit ce week-end Jean-Luc Mélenchon devant un parterre de bobos extatiques.

Rhétorique populiste gauchiste éprouvée

La polémique est partie du coup de gueule du patron de LVMH contre la surtaxation exceptionnelle des profits des grandes entreprises prévue dans le prochain budget. Ce dernier dénonçait une attaque contre le « made in France » et une « incitation à délocaliser », fort justement me semble-t-il. Cela n’a provoqué que ricanements et hurlements à gauche. Et en plus, il est pro-Trump ! Alors c’est l’ennemi idéal du genre humain.

A lire aussi: Dégraisser le mammouth? Non, le dépecer!

Le député de la Somme François Ruffin a une nouvelle fois confondu fiscalité personnelle et taxation des profits, en pointant la fortune de Bernard Arnault pendant que d’autres malheureux trimeraient pour un Smic. De son côté, Sophie Binet a estimé que les grands patrons coulaient le pays, et que leur seul moteur était l’appât du gain. Original ! Les rats quittent le navire, a-t-elle osé. La vérité, c’est que si la chef de la CGT et ses amis étaient au pouvoir, on serait effectivement beaucoup à songer au départ.

Est-il normal que les riches contribuent à l’effort national ?

1% des foyers payent 33% de l’impôt sur le revenu. On est le dernier paradis soviétique. « Le dernier pays où le communisme a réussi », disait Gorbatchev. Il faut certes lutter contre l’évasion fiscale, et peut-être taxer les dividendes. Je n’ai pas de religion là-dessus. Mais là, Monsieur Arnault ne parlait pas de ses riches qui pourraient être éventuellement taxés, mais bien des entreprises qu’ils dirigent. Dans ce budget, il n’y a pas une économie sur le social ou la bureaucratie, pas un emploi public supprimé. La seule recette que l’on a trouvée : surtaxer les entreprises qui gagnent de l’argent en France. Michel-Edouard Leclerc fait le gentil-patron-de-gauche qui tance Bernard Arnault mais il a lui-même installé sa centrale d’achat en Belgique à en croire la journaliste Emmanuelle Ducros.

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D’accord, la lutte des classes, ce n’est pas nouveau. Mais autrefois, dans cette lutte des classes, la gauche défendait tout de même l’outil de travail. Aujourd’hui, le mot «production» est absent du programme du NFP. Et Jean-Luc Mélenchon a eu un jour cette phrase merveilleuse : la dépense publique crée du bonheur. La France doit vraiment être un paradis.

Avec des relents robespierristes, tous ces gens flattent les passions tristes, l’envie, la jalousie. Leur seul programme consiste à d’avantage nous endetter, et à faire payer ces riches cupides et égoïstes (la preuve, Bernard Arnault a financé la reconstruction de Notre-Dame). Derrière cela, on observe une haine de l’excellence et du succès. Nous avons un fleuron français, qui fait rêver partout dans le monde, forme des milliers de jeunes, maintient des savoir-faire et réalise des profits : les Américains le draguent, ici on l’insulte.  Certains par crétinisme (je ne les citerai pas, par charité, mais ils croient véritablement à leurs âneries), d’autres par cynisme pur. Le silence-radio des socialistes qui n’ont pas tous cette excuse de la bêtise est assez misérable. Ils sont prêts à accélérer le déclin du pays pour grappiller quelques postes ou plaire aux médias convenables. Décidément, « gauche de gouvernement » est un oxymore en France.

Histoire comparée des religions selon France Télévisions

Concernant l’oppression des femmes par les grands monothéismes, les scénaristes de fiction française osent l’amalgame…


Nous ne féliciterons et ne remercierons jamais assez nos lecteurs pour la vigilance avec laquelle ils suivent les programmes de télévision et lisent les articles de presse écrite. Une gratitude toute particulière pour ce lecteur qui a bien voulu nous alerter sur un élément de dialogue tiré d’une fiction policière diffusée sur la deuxième chaîne de la télévision publique française.

N’écoutant que mon courage (Il en faut parfois pour se farcir les fictions policières proposées par ladite télévision publique) je me suis précipité sur le programme en question. Un épisode de la série César Wagner, au demeurant ni pire ni plus enthousiasmante que bien d’autres. César Wagner, le héros, est un hypocondriaque de haute intensité, flanqué d’une femme médecin légiste agréablement fofolle et libérée. Comme il se doit.

Voici le point mis en exergue par notre lecteur. Un meurtre a été commis dans la communauté juive de Strasbourg. Il est donc nécessaire que la police se rende au Consistoire aux fins d’interrogatoire.

Un des policiers se tourne vers sa jeune collègue et lui demande si franchir le seuil de ce lieu lui pose problème.

A lire aussi: La vidéo de HelloQuitteX: un casting de choix pour encourager les internautes à quitter X

Réponse de l’intéressée : « Ouah, tu t’es dit Samia Belkacem (ainsi se nomme-t-elle), arabe donc antisémite ! Toutes les religions pour moi sans exception servent à opprimer les femmes et donc je m’en méfie, de toutes ! »

Bien sûr, ce docte moment d’histoire comparée des religions se trouve assorti d’autres insinuations ou affirmations wokistes compatibles, du genre : « C’est un vrai problème, l’identité sexuelle dans la police. » Ou encore de quelques considérations bien senties sur l’inutilité de la vidéo surveillance dans la lutte contre la criminalité. Rien que de très convenu sur cette chaîne, donc.

Revenons cependant sur le commentaire de la policière renvoyant dos à dos toutes les religions, cela, on l’aura compris, dans un relativisme lui aussi parfaitement wokiste compatible.

Évidemment, n’officiant pas au sein des instances de la télévision française de service public, je me garderai bien de prétendre atteindre un niveau de pénétration intellectuel le moins du monde comparable avec celui qui caractérise ses intervenants et auteurs. Je me contenterai donc du constat très basique que me permettent mes indigentes capacités d’observation et de réflexion.

Il me semble que, parmi les religions, du moins celles dont j’ai connaissance, il en existe une qui canonise des femmes et une qui en lapide. Voyez-vous, cette seule différence suffit à m’interdire de les renvoyer dos à dos, de les situer au même niveau. Mais peut-être que si je me mettais à regarder en boucle les programmes de notre service public de télévision j’y parviendrais un jour. Sait-on jamais ?

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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La pensée unique sur la défensive

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Les penseurs de travers, à l’épreuve du nez dans le réel…


Bonne nouvelle : la crise d’encéphalite, dont souffre le monde intellectuel français depuis des décennies, a trouvé son vaccin. Les penseurs embrumés, qui voient de la niaiserie à appeler un chat un chat, se montrent réceptifs à l’épreuve du nez dans le réel. Cette approche rudimentaire, expérimentée aux États-Unis, a déjà éteint quelques feux dans les cerveaux. Le remède contre la contagion utopiste s’annonce prometteur. Donald Trump en est le promoteur avec sa « révolution du réel ». Le nouveau président des États-Unis, qui a prêté serment le 20 janvier, n’est certes pas du sérail des clercs : les beaux esprits persistent majoritairement à ne voir en lui qu’un lourdaud. Néanmoins, sa force d’attraction révèle une excellence dans le passage à l’acte. Cette dextérité est moins sophistiquée que celle des vendeurs de nuages, mais elle est plus convaincante. Ce savoir-faire tient à un pragmatisme et à une indifférence aux morsures de la meute. L’affolement de cette intelligentsia, rétive à la piqure du terrain, laisse voir la fragilité de sa gonflette cérébrale.

Le politiquement correct se desserre

Le ralliement à Trump d’Elon Musk, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos, pionniers géniaux de la Silicon Valley, illustre le chamboulement qui s’opère dans les hautes sphères des visionnaires. Il est vrai qu’il est devenu impossible de suivre la bêtise vaniteuse des anciennes « élites », tant leurs accusations rituelles en « fascisme » ou en « complotisme » ont obscurci les clairvoyances. Quand la ministre Aurore Bergé, qui sait prendre le vent, déclare (5 janvier, Europe 1–CNews) : « Ce n’est pas être d’extrême droite que de dire les faits », elle exprime une évidence qui, si elle n’a pas encore atteint son camp « progressiste », met déjà en péril la tyrannie des penseurs de travers, des marcheurs sur la tête, des déconstructeurs de ce qui fonctionne bien. L’offensive de la macronie contre les empêcheurs de ratiociner entre soi achève de caricaturer le pouvoir actuel en club vétilleux et intolérant. L’oligarchie politique découvre, avec la reconnaissance post-mortem des alertes visionnaires de Jean-Marie Le Pen, disparu le 7 janvier, son impuissance à maintenir la chape de plomb du politiquement correct et de ses charabias.

A lire ensuite, Elisabeth Lévy: Le « free speech » est devenu une arme des conservateurs, selon « Le Monde »

Entendre Emmanuel Macron, devant la conférence des ambassadeurs, accuser Musk d’être le fer de lance d’une « nouvelle internationale réactionnaire » dit son enfermement manichéen. Le Premier ministre, François Bayrou, revêt les mêmes « habits neufs du terrorisme intellectuel » (Jean Sévillia) lorsqu’il voit dans le patron de X (ex-Twitter) la figure du « nouveau désordre mondial ». De quoi ces camelots en pensées éclairantes ont-ils peur ? D’entendre les peuples gronder. La libéralisation des réseaux sociaux, qui subissaient les contrôles des Etats et le militantisme des vérificateurs de faits (« fact-checkeurs »), a été vue comme « une menace pour la démocratie » par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. La ministre du numérique, Clara Chappaz, a mis en garde contre les « fausses opinions ». Ces apparatchiks ont été rejoints par tout ce que la gauche compte de mal embouchés et de cagots. Les censeurs réclament, après CNews, le boycott ou l’interdiction de X. La presse de cour dresse ses listes de parias. Cette France-là a tourné le dos à Mirabeau. Il écrivit, dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ».

Musk lanceur d’alerte !

La crise de l’intelligence, liée à la peur des faits, a fait des ravages chez les décideurs. Leur univers paranoïaque les a amenés à assimiler la contradiction à un « propos haineux » méritant la sanction. Dans cette dystopie, le confort intellectuel ne tolère que la pensée unique. Pour ne pas désigner des musulmans, les viols de fillettes anglaises commis par des gangs pakistanais en Grande-Bretagne durant des années ont été occultés par la police, la justice et la presse avant que Musk ne s’en émeuve. Zuckerberg a avoué avoir cédé aux pressions du FBI et de la Maison-Blanche en imposant l’omerta de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) sur les magouilles du fils Biden en Ukraine, ou sur les effets secondaires du vaccin Covid. Le gouvernement français, incarnation du centrisme immobile, se montre incapable d’aborder les sujets existentiels pour leur préférer des marchandages entre partis afin d’assurer sa survie. Le petit monde pense petitement. Le lapsus de la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, proposant le 3 janvier à l’issue du premier conseil des ministres de rendre compte du « conseil municipal », a avoué l’étiage de la caste.

Comment s’étonner, dans ce contexte qui fait de l’impertinent esprit français une anomalie, de voir la santé mentale érigée en grande cause nationale ? (La suite sera à lire dans le magazine Causeur de février, mardi prochain pour les abonnés, mercredi chez le marchand de journaux)

Éloge de la vieillesse

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À quelques jours de l’ouverture du 49ème Rétromobile, le salon des automobiles anciennes de la Porte de Versailles, Monsieur Nostalgie perçoit comme un changement d’air dans les médias conventionnels. L’Histoire des voitures n’est plus cachée ou ostracisée. Serait-ce un retour de l’auto dans le cercle de la raison ?


J’ai cru avoir la berlue, un dimanche de janvier, dans les rues de Paris. Elles étaient des centaines, en liberté, allant de la Place Vendôme à la Butte de Montmartre, une faune métalleuse, sans restriction, sans zone d’exclusion, sans péage, sans déchéance d’identité, à la vue des passants et des touristes, accueillant banlieusards en utilitaires anciens et gentlemen drivers des banlieues huppés en italiennes dévergondées. La Concorde recevait en son sein, ce jour-là, toutes les nationalités et toutes les carrosseries, toutes les opinions, dans la communion d’une « mobilité » heureuse. Dans ce parking improvisé et soi-disant « viriliste », abject aux yeux de nos nouveaux inquisiteurs, on parlait très peu de boulons et de ferraille, plutôt de cette onde nostalgique qui drape les Hommes de bonne volonté. La mémoire était vive, aucunement rabougrie, aucunement passéiste, elle était pacifique et partageuse. On parlait, entre les pare-chocs, de cinéma, d’architecture, de sculpture, de sports mécaniques, des mots interdits comme « miracle économique italien », « trente glorieuses », « île Seguin », « carrossiers », « Monte-Carlo 1965 », « Connolly » ou « l’épicier ambulant de mon village » venaient fouetter les idées reçues.

À lire aussi: Roger Scruton ne plaît pas qu’à Viktor Orban…

L’hibernation de notre patrimoine a assez duré ; les génuflexions victimaires aussi. La peur va bientôt changer de camp. L’auto est plus qu’un art de vivre, c’est un art de penser la société industrielle avec l’œil d’un esthète et le souvenir d’un enfant. Comme dirait l’humaniste Patrick Sébastien, c’est que de l’amour. Est-ce l’effet Trump ? La libération de la parole du pick-up et des « muscles cars » dans une société oublieuse de son passé. Un retour de flamme du moteur à explosion, après vingt ans de purgatoire où il fut accusé de tous les maux et de toutes les vilénies. Selon la formule célèbre, « un barbu, c’est un barbu, trois barbus, c’est des barbouzes », « Une DS, c’est une DS, trois DS auxquels j’ajoute une Jaguar MK II, une Pagode, une R18 break et, entre autres, une Estafette, c’est une révolution ». Les mentalités ne sont plus figées dans la vieille « agit-prop » qui faisait jusqu’à très récemment de l’auto, la mascotte de notre culpabilité. Car nous étions forcément coupables d’avoir aimé les autos, leur imaginaire et leur style, de nous être complus dans un consumérisme effréné qui apportait jadis de l’emploi, du progrès, du confort, de la sécurité, des échanges et des voyages. Nous étions des salauds attachés à leur petite auto individuelle qui n’avaient pas le droit de s’émouvoir des départs en vacances sur la Nationale 7 et de pépé au volant de son Renault Galion, je ne serai pas cet homme-là, celui du renoncement. Je croyais être seul, je me rends compte que nous sommes des milliers à ne pas rejeter la voiture car elle était l’expression de notre humanité triomphante. Nous pourrons constater, dans quelques jours, du 5 au 9 février sur le salon Rétromobile, que les amoureux de toutes les locomotions anciennes ne sont pas des tortionnaires, mais des passeurs, des entremetteurs, des éclaireurs de nos richesses mécaniques d’antan. Le programme de cet événement qui annonce le top départ de la saison car, dès le printemps, ce sera une déferlante dans tout l’hexagone, de manifestations, sorties de clubs, rallyes et concours d’élégance.

Le pilote automobile monégasque Charles Leclerc lors de l’édition 2024 du Salon « Rétromobile » à Paris (c) Photo André Ferreira / DPPI

À la Porte de Versailles, il y a aura cette année des blindés en provenance de Saumur, des « avant-guerre », des Formule 1 « Made in France », l’anniversaire des 70 ans de la Citroën DS, des ventes aux enchères et des petits papiers, livres, documentations d’époque et autres affiches. L’auto, la belle auto, populaire et élitiste, est le canevas de nos émotions. Ne la trahissons pas ! Quand je vous parlais de changement de paradigme, il suffit de voir la programmation d’Arte. En ce moment, sur la plateforme de la chaîne culturelle franco-allemande, sont diffusées les trois parties du documentaire « Une brève histoire de l’automobile »[1] et si cela ne suffisait pas, les programmateurs ont ressorti en ligne le reportage « Bugatti, l’ivresse de la vitesse »[2] datant de 2016. Comme quoi au royaume de la bien-pensance, il y a du flottement dans le volant. Après avoir vu une Bugatti 35 sur les routes de Molsheim en action, en mouvement, je connais peu d’hommes qui peuvent résister à cet appel « Bleu de France » !

Informations pratiques : https://www.retromobile.com/fr-FR/infos-pratiques/dates-horaires-plan

Éloge de la voiture

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Tendre est la province

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[1] https://www.arte.tv/fr/videos/RC-026050/une-breve-histoire-de-l-automobile/

[2] https://www.arte.tv/fr/videos/069103-000-A/bugatti-l-ivresse-de-la-vitesse/

Le cri d’Olivia Maurel contre la marchandisation des corps

À travers un récit autobiographique poignant, Olivia Maurel livre son expérience d’enfant né par gestation pour autrui (GPA) et pose un regard critique sur cette pratique, appelant même à son abolition universelle. Cependant, une question persiste pour le lecteur une fois le livre refermé : peut-on réellement attribuer toutes ses difficultés personnelles aux conditions de sa naissance?


Une voix pour les enfants nés de la GPA

Olivia Maurel, née en 1993 par GPA aux États-Unis, entend être le porte-voix des enfants issus de cette pratique. Dans son ouvrage, elle critique fermement ses implications éthiques et sociales. Active sur les réseaux sociaux, notamment TikTok où elle sensibilise sur ces questions de bioéthique, Olivia Maurel s’est fait connaître des conservateurs en avril 2024 après avoir fait la Une du Journal du Dimanche. Ses détracteurs, toutefois, cherchent parfois à minimiser son discours, arguant qu’elle est en réalité issue d’une procréation pour autrui (où l’ovule et la gestation proviennent de la mère porteuse) et non d’une gestation pour autrui (où seule la gestation est assurée par la mère porteuse). Une distinction qui ne change rien à l’enjeu fondamental de l’exploitation des corps.

Dans Où es-tu maman ?, Olivia retrace son parcours : de la découverte tardive de ses origines, grâce à un test ADN offert par sa belle-mère en 2022, jusqu’à son combat militant actuel. Ce test, reçu quelques mois après la naissance de son troisième enfant, a bouleversé sa vie en révélant des vérités longtemps dissimulées.

Aurait-elle préféré ne pas naître ?

La GPA, sujet très débattu et pratique qui reste interdite en France, est légale dans de nombreux pays comme les États-Unis, la Russie, l’Ukraine ou l’Inde. Elle permet à des couples infertiles, des femmes seules ou des couples homosexuels de devenir parents en ayant recours à une femme qui porte l’enfant pour eux.

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Olivia Maurel met en lumière le modèle économique qui sous-tend cette industrie. Dans de nombreux cas, les mères porteuses proviennent de milieux précaires et leurs corps sont utilisés comme des outils pour répondre à la demande de couples désireux d’avoir un enfant. Olivia dénonce cette marchandisation de la maternité, qu’elle qualifie de déshumanisante. Elle décrit un univers où « derrière la vitrine rose et bleue des cliniques spécialisées, se cache une réalité mercantile, sans frontières ni lois, exploitant le désespoir des couples en quête d’enfant ».

Le témoignage sans fard d’une descente aux enfers

Dans son livre, Olivia Maurel partage les impacts psychologiques qu’elle associe à la GPA. Elle raconte son enfance marquée par une atmosphère de silence et de secrets. Sa mère biologique, une Américaine, l’a portée et mise au monde « pour de l’argent ». Olivia évoque des moments troublants, comme lorsque, enfant, elle interroge sa mère sur son âge et obtient pour réponse : « – J’ai tuitan, – Ça veut dire quoi maman ? – Je n’ai pas d’âge »… Elle se souvient également de l’absence totale de photos d’elle bébé, de sa mère enceinte, ou de moments partagés à la clinique : « J’adore les albums photos. Et là encore, rien ne va. Il n’y a pas de clichés de ma mère enceinte, d’elle et moi à la clinique – bizarre. »

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Ce silence a contribué à un mal-être profond, exacerbé par un cadre familial dysfonctionnel. Olivia confie avoir traversé des épisodes autodestructeurs : alcoolisme, peur de l’abandon, et même une tentative de suicide après avoir été victime d’un viol. Grâce à une thérapie avec une psy et au soutien de son nouveau compagnon et de sa famille, elle entame une quête identitaire salutaire. Mais elle s’interroge : ce lourd secret familial pèsera-t-il aussi sur la relation qu’elle entretient avec ses propres enfants ?

Un appel à l’abolition universelle de la GPA

Le témoignage d’Olivia Maurel interpelle sur les conséquences psychologiques de la GPA pour les premiers concernés : les enfants nés de cette pratique. Elle fait partie des premières générations à témoigner et invite la société à écouter ces voix pour en tirer des leçons. Est-elle un cas isolé, ou ce modèle conduit-il systématiquement à des quêtes identitaires douloureuses ?

Pour Olivia, la réponse est claire. Elle milite pour une abolition universelle de la GPA. Elle republie enfin à la fin de son ouvrage la déclaration de Casablanca de 2023 appelant les États à s’engager pour une convention internationale interdisant cette pratique. Elle propose des alternatives comme l’adoption ou une révision des lois sur la parentalité, pour permettre à tous ceux qui souhaitent fonder une famille de le faire sans marchandiser la vie humaine. « Il existe aujourd’hui 36 millions d’esclaves dans le monde. Devrions-nous pour autant rétablir des lois encadrant l’esclavage ? Non. Jamais. Même chose pour la GPA », conclut-elle.

Guerilla Song

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Sylvain Charat retrace l’histoire du « Chant des Partisans », notre seconde Marseillaise…


Genèse d’un hymne de résistance

Guerilla Song, tel fut le titre d’une chanson composée sous les bombes à Londres vers 1943 et qui, traduite et largement adaptée par deux écrivains français, futurs académiciens, allait devenir Le Chant des Partisans – la seconde Marseillaise – appelée à un succès phénoménal.

Qui ne connaît au moins l’entraînante première strophe : « Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme !
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes » ?

Sylvain Charat, un jeune docteur en histoire de Paris-IV, a eu la bonne idée de retracer l’histoire de ce chant mythique. Son essai paraît dans la nouvelle collection de poche de La Renaissance française, vénérable institution fondée en 1915 par le président Poincaré, et dont le premier objectif était d’apporter la culture française aux régions alors en voie de reconquête, l’Alsace et la Lorraine. Après la Grande Guerre, l’autre objectif fut aussi d’édifier la paix en prônant le dialogue culturel et de défendre la culture française urbi et orbi.

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Bref et dense, l’essai retrace avec clarté la genèse du Chant des Partisans, composé à l’origine par une Russe blanche, Anna Marly, qui s’inspira d’une mélodie russe à l’origine dédiée aux combattants de l’Armée rouge. Dans un second temps, Guerilla Song, qui plut d’emblée aux soldats alliés, fut modifié et pour finir interprété, pour la BBC, par Germaine Sablon, célèbre chanteuse des années 30. Le texte est dû à la plume de deux Français d’origine juive, le torrentiel Joseph Kessel, l’ami de Mermoz, écrivain à succès depuis les années 20, et son jeune neveu, Maurice Druon, le futur auteur des Rois maudits, aidés des conseils d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie, chef d’un des plus importants réseaux de résistance, proche du Parti communiste (et même lié de près à l’URSS) et éphémère ministre du Général de Gaulle à la Libération. La petite histoire nous apprend que Kessel et d’Astier avaient en commun un goût prononcé… pour l’opium.

« On ne gagne les guerres qu’avec des chansons »

Ces trois hommes se retrouvent à Londres peu après l’occupation de la zone libre en novembre 1942. À leur grand désespoir, Kessel et Druon ne sont pas envoyés au combat comme ils le demandaient, mais priés de mettre leur talent littéraire au service de la France libre. Sage décision du Général, qui nous donne L’Armée des ombres, magnifique épopée de la résistance, que le génial Jean-Pierre Melville, un autre résistant (lui aussi d’origine juive) transposera avec un réel génie à l’écran avec les prodigieux Lino Ventura et Paul Meurice, sans doute l’un des plus beaux films sur la Résistance. Druon, le cadet, se contente d’éditer en le préfaçant un texte clandestin parvenu à Londres, Le Silence de la mer, que Melville traduira également en images inoubliables.

Sylvain Charat met bien en évidence le lien entre ce chant et l’unification progressive des mouvements de résistance, qui allait donner naissance au Conseil National de la Résistance, faisant, après la mort providentielle de l’Amiral Darlan, du Général de Gaulle le chef incontesté de la France combattante et l’unique interlocuteur des Anglo-Saxons comme des Russes.

Au moment où tout concorde, quand les Anglo-Américains débarquent en Afrique du Nord et que la Résistance s’unifie formellement sous l’égide de Jean Moulin, naît ce chant, composé en une après-midi de mai 1943 par Kessel, Druon et d’Astier, qui en est le concepteur, lui qui avait compris que « l’on ne gagne les guerres qu’avec des chansons ». Le mythe est né, et dès les premières radiodiffusions, qui traversent le brouillage allemand grâce au fait qu’une partie de l’air, par un coup de génie, en est sifflée, le Chant des Partisans cesse d’appartenir à ses créateurs pour devenir l’hymne d’un peuple en armes.

Sylvain Charat, Le Chant des Partisans, Éditions de la renaissance française, 156 pages

Coco perdu dans sa vieille solitude

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Folio réédite en poche Coco perdu, l’un des derniers livres de Louis Guilloux. Un texte étrange, surprenant et pas facile au premier abord, mais un opus bouleversant sur la vieillesse et l’absurdité de l’existence.


Les éditions Folio ont la bonne idée de rééditer Coco perdu, de Louis Guilloux, avec une préface inédite d’Annie Ernaux. Non pas qu’il s’agisse du meilleur ouvrage du Breton de Saint-Brieuc (difficile de dépasser la densité et la puissance de Sang noir) ; mais il s’agit très certainement du plus étonnant, du plus singulier, en particulier dans la forme. Cette forme, justement, au début déroute, voire rebute ou, en tout cas, agace : un style parlé ou les formes négatives sont rognées, amputées, de l’argot à tire-larigot, des néologismes ; on se croirait chez Céline à part que Guilloux ne nous a point habitués à ça. C’est certainement pour cela qu’il a sous-titré de la formule « Essai de voix ». Et puis on s’habitue ; on se laisse faire ; on se laisse prendre, presque envoûter. Comme le rappelle Annie Ernaux dans son impeccable et efficace préface, « Sitôt paru, Coco perdu est unanimement salué par la critique comme un récit d’une étonnante modernité. On évoque Beckett, Joyce (…) Au vrai, on ne peut concevoir trame à la fois plus dépouillée et plus savante que celle de Coco perdu. »

Imbibé de désespoir

En fin de matinée, un retraité, Coco, accompagne Fafa, son épouse, à la gare. Avant de monter dans le train pour Paris, elle poste une lettre ; elle a préalablement refusé qu’il la dépose dans la boîte. Cela le tourmente, d’autant que le facteur, Charlot, ne passera pas avant lundi. Il est persuadé que la missive lui est destinée et qu’elle va lui annoncer un départ définitif. Il angoisse ; deux jours à tuer. C’est affreux cette impression de vide existentiel. Il ne sait pas quoi faire ; alors, il traîne dans la ville, tente de parler à ceux qu’il rencontre, ceux qu’il connaît parfois, ou qu’il ne connaît pas. Il y a là un ancien moine, vendeur de billets de loterie ; ici, M. Pradel, gros patron de bistrot débonnaire ; un peu plus loin, les sidis, les Algériens. Des gens du peuple, du vrai peuple passent, discutent, s’engueulent, fraternisent. L’action se déroule en 1977, l’année de l’arrivée de la musique punk en France ; le moment où le monde d’avant commence à ficher le camp. La télévision fait mal au cinéma ; au théâtre, Brecht nuit aux tournées Baret. Coco se sent vieillir ; il se sent vide. Ce livre est fort tant il est imbibé de désespoir. Lecteur au bord de la déprime, abstiens toi.

Coco perdu, Louis Guilloux ; folio ; 123 p.

Coco perdu: Essai de voix-Nouvelle édition

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Pourritures de publicités ou la colère d’un vieux con !

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Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…


Cela fait près de cinquante ans que j’écoute France Inter ; j’aime cette radio publique. J’aime même passionnément certaines de ses émissions dont Very Good Trip, de Michka Assayas, moment musical de qualité intense. Mais depuis quelque temps, j’avoue, je n’en peux plus.

Marre de ces publicités incessantes, indécentes, odieuses, puantes, jaunâtres comme la rate d’une des plus grosses fortunes de France. Je hais ces incitations bruyantes, vulgaires, ordurières, à la basse consommation. C’est carrément répugnant de la part d’une radio dite publique. On tente de nous vendre du « Grand frais », de l’assurance, de la mutuelle, et même de grosses voitures allemandes. Oui, ces espèces de tanks de nos bons amis d’outre-Rhin, tanks qu’on a du mal à doubler sur les routes départementales ; tanks blindés qui donnent l’impression qu’ils foncent vers la Pologne pour l’envahir ; tanks teutons aux incroyables cylindrées, plus polluantes que les fûts de Seveso. C’est Mathieu Vidard et sa Terre au carré qui doivent être contents !

On se fiche de qui ? Résultat : je coupe et vais me balader du côté de France Culture, de France Musique ou de France Info généralement moins infectées par ces pourritures de publicités. Je traîne aussi l’oreille du côté d’Europe 1. Là, des pubs, il y en a à la pelle ; on le sait. C’est bien sûr aussi insupportable, sauf qu’au moins, Vivendi et Vincent Bolloré, eux, annoncent la couleur. Ils ne se disent pas de gauche ; ils ne gueulent pas à tout bout de champ contre le capitalisme et contre la société ultralibérale.

Je hais les publicités de France Inter. Je ne supporte plus non plus le fait d’être harcelé sur mon téléphone portable par des commerciaux qui tentent de me vendre des panneaux solaires, ou des baisses d’énergie, ou des soi-disant programmes d’isolations de maisons. Parfois ce sont des voix humaines qui proviennent de vrais humains. J’ai tout essayé : les menacer de porter plainte, leur expliquant qu’ils appelaient sur un téléphone professionnel et que c’était interdit, que j’allais les balancer au procureur de la République ; je les ai déjà traités de tous les noms ; je leur ai fait croire que M. Lacoche était mort depuis plusieurs mois ; j’ai tenté de les faire rire en leur parlant dans une langue inventée, imprégnée de « Barek ! Barek », « Crapougnette ! », « Istoule ! Istoule ! » Certains rigolent ; d’autres me raccrochent au nez. Au final, rien n’y fait ; ils continuent. Nouveauté : la voix artificielle qui réagit à vos intonations, à vos silences ; à vos refus. Comme un crétin, je me suis fait avoir au début ; j’essayais de discutailler, jusqu’au moment où un proche m’a éclairé sur la supercherie. J’ai gueulé : « Pauvre France ! » et me suis niché dans des rêves de bakélite et de cadrans en relief et tout en trous dans lesquels mes gros doigts s’enfonçaient avec sensualité. C’était au temps du monde d’avant, mon préféré. Pauvre France, oui.

Mélenchon se convertit au zemmourisme

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© ISA HARSIN/SIPA

La créolisation, vous en vouliez encore ? «Oui, M. Zemmour, il y a un grand remplacement. Oui, M. Bayrou, il y a un grand remplacement !» a déclaré le chef de file des islamo-gauchistes à Toulouse pendant le weekend. Selon lui, «des familles de quartiers populaires arrivent dans la ruralité, je dis à ces gens: cette partie du pays est à nous, la nouvelle France c’est la nôtre, c’est là que naîtront vos enfants et petits-enfants !»


Jean-Luc Mélenchon déteste la France française. Pour lui, la nation millénaire est en fin de vie. Elle doit laisser place à la « nouvelle France » islamisée. C’est une ode à la submersion musulmane qui a été clairement développée, vendredi et samedi à Toulouse, par le fossoyeur de la patrie (littéralement, « le pays des pères »). Lors d’une « rencontre nationale des quartiers populaires », destinée à mobiliser les abstentionnistes, le leader LFI a rappelé son but, devant un auditoire présumé être « né comme moi au Maghreb1 »« La France, c’est celle de la République ou ce n’est rien (…) Nous sommes à l’heure de la nouvelle civilisation à créer. Nous sommes la nouvelle France. Ce pays est à nous, à vous de vous l’approprier ». Tout en louant la « décolonisation algérienne » et en appelant à « libérer la société des chaînes du colonialisme et du racisme », Mélenchon a invité implicitement à la contre-colonisation. Pour lui, la bascule démographique, due à l’immigration extra-européenne, est irréversible. En appui au « grand remplacement » qu’il revendique, il a expliqué en substance : « La ruralité paysanne n’existe plus. La nouvelle ruralité n’est plus composée de Français de souche mais de ceux qui, poussés par la crise du logement, arrivent des quartiers populaires (…) Nous sommes le nombre ! Nous sommes le plus grand nombre ! Vous êtes les maîtres ! ». Pour lui encore, le droit du sol doit être automatique, sans attendre 16 ans. Dans son emballement à promouvoir la cause musulmane, il s’est même offusqué d’avoir entendu « critiquer le prénom du Prophète ». Mélenchon est prêt, pour assurer son destin politique auprès d’une France déracinée, à accélérer la table rase.

http://twitter.com/JLMelenchon/status/1885735993237495855

Les mots de Mélenchon ont un sens : ils sont une déclaration de guerre aux Français et à leur héritage occidental. Au regard de la définition de Malraux, « J’appelle Français ceux qui ne veulent pas que la France meure », le Ganelon se place en ennemi du peuple indigène, qu’il voue à une invasion de peuplement. Les ferments d’un possible affrontement civil sont dans ses encouragements à poursuivre la conquête territoriale entamée depuis cinquante ans, afin d’y ancrer une civilisation construite sur la soumission à la charia. Le chef « insoumis » est l’obligé d’une idéologie théocratique et totalitaire incompatible avec les libertés. Dans ce nouveau monde, le non-musulman est relégué à l’infériorité du dhimmi. « Un Français sur quatre à des ancêtres étrangers » se félicite le théoricien de la « créolisation », qui observe que « 40% des Français parlent aujourd’hui une langue étrangère ». Bref, Mélenchon veut euthanasier ce vieux pays trop enraciné. Au moins pose-t-il l’immigration dans sa dimension existentielle. Or, trois Français sur quatre sont encore d’origine française. 65% des sondés approuvent François Bayrou lorsqu’il parle de « sentiment de submersion ». Le peuple autochtone reste majoritaire. Le scénario d’un effacement n’est plausible que si les Français devaient persister à laisser leurs dirigeants baisser les bras devant les minorités agressives et ceux qui trahissent la nation. Hier, à Villeneuve-Saint-Georges, commune la plus pauvre du Val-de-Marne, Louis Boyard (LFI) a échoué (38,75%) devant la candidate LR, Kristell Niasme (49%), pour prendre la mairie. La résistance existe. Elle seule pourra reconduire s’il le faut les colonisateurs d’où ils viennent, afin de sauver « notre douce France emportée » (Aragon).

  1. Mélenchon est né au Maroc, en 1951 ↩︎

Villeneuve-Saint-Georges: pas si fort, Boyard!

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Louis Boyard, Villeneuve-Saint-Georges, 30 janvier 2025 © Idir Hakim/SIPA

Le jeune député LFI Louis Boyard a perdu l’élection municipale anticipée de Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne. Il réalise 38.75% des voix au second tour, dans une commune qui avait pourtant voté à 46% pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2022, et à 61% pour lui à la députation en 2024. Un vrai fiasco ! Mais la gauche ne semble pas décidée à remettre en cause sa stratégie électorale communautariste pour autant. Analyse.


Pari perdu pour Jean-Luc Mélenchon et ses acolytes. Villeneuve-Saint-Georges leur échappe. La claque est d’autant plus significative qu’avec presque 40% de participation (39,67%) au second tour contre 33,5% au premier tour, LFI a pu constater que la perspective que la ville passe sous son contrôle a réveillé les électeurs. Ils se sont mobilisés en effet, mais contre Louis Boyard. Villeneuve-Saint-Georges ne quitte pas le giron des LR, souhaitons-lui néanmoins un meilleur avenir.

Ville-test

L’ambition de montrer « ce que pouvait être une ville insoumise » a échoué. 61,25% des électeurs l’ont refusé : 12,25% s’étant portés sur l’ancien maire, Philippe Gaudin, divers droite, les 49 % autres ayant donné le fauteuil de maire à Kristell Niasme (LR). Il faut dire qu’avec la composition de sa liste, un peu de dealers, de refus d’obtempérer, le tout saupoudré de barbus, Louis Boyard avait mis la barre haut. Il faut dire aussi que Boyard n’est pas l’Insoumis le plus crédible en tant qu’édile. Quoique, leur en reste-t-il en stock, depuis que la vocifération est le marchepied de la notoriété à LFI ? La claque est d’autant plus difficile que sur le papier, entre sa réserve de voix à gauche et la division à droite, le calcul n’était pas absurde.

D’ailleurs la ville n’avait pas été choisie au hasard. Ancienne municipalité communiste, historiquement à gauche, abritant beaucoup de familles de cheminots, la ville n’avait basculé à droite qu’en 2020. C’est une ville très pauvre, ravagée par les nuisances sonores du fait de la proximité d’Orly, où se logent beaucoup de familles immigrées. Cumulant quartiers ghettos, culture de gauche, difficultés économiques et frustrations sociales, la ville a été d’autant plus ciblée que les divisions à droite laissaient envisager qu’elle serait facile à conquérir. Y envoyer Louis Boyard faisait de surcroit de cette ville, une ville test. Autrement dit une ville structurellement destinée à tomber dans l’escarcelle de LFI du fait de sa composition en termes de population et d’une forte implantation musulmane (le Val-de-Marne est dans le viseur des islamistes, qui estiment qu’il est le deuxième département contenant la plus importante communauté musulmane après la Seine-Saint-Denis). Le rêve insoumis s’appuyait également sur les résultats faits par Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles de 2017 et 2022 (autour de 46% des voix) et sur l’idée de miser sur les quartiers. Pas en allant chercher les habitants les plus méritants, mais en investissant dans les relais d’opinion sans être regardant sur leur mode d’action ou de prédation dans leur quartier ou au-delà. L’idée étant de mesurer l’existence d’une dynamique politique forte, autrement dit d’essayer de voir si avec la bonne étiquette (soit celle de LFI), même une chèvre sous stéroïde se ferait élire, pour peu que la composition de l’électorat coche certaines cases.

En tête au premier tour

D’ailleurs Louis Boyard était bien arrivé en tête au premier tour avec 24,89% des voix, au coude à coude avec Kristell Niasme, la candidate LR, arrivée en seconde position. Certes, seuls 92 voix les séparaient. Ce score était d’autant plus méritoire pour l’ancienne première adjointe qu’elle a dû gérer les comportements erratiques de l’ancien maire, revanchard et agressif et surtout incapable de prendre la mesure du rejet que son comportement avait suscité. Or si des élections partielles ont été convoquées, c’est parce que c’était le seul moyen qu’avaient trouvé ses colistiers pour mettre fin aux agissements de leur leader. L’un des derniers incidents ayant conduit à ces démissions en masse étant un salut nazi effectué lors d’une séance houleuse du Conseil municipal.

Très en colère, l’ancien maire, Philippe Gaudin, pourtant désavoué au premier tour dans les urnes, a choisi de se représenter. Il s’avérait ainsi un allié inespéré pour LFI, qui bénéficiait d’une triangulaire surtout néfaste pour son adversaire.

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Mais les divisions à droite n’auront pas suffi à assurer la victoire des Insoumis. Pas plus que les compromissions à gauche. En effet, la liste menée par le communiste Daniel Henry qui réunissait les écologistes et le PS (arrivée troisième au premier tour avec un score de 20,7%) a montré qu’elle avait l’estomac politique d’un doberman. Rien ne la dérange. Il n’y a pas eu d’accord de gouvernance, donc pas de fusion de listes, mais qu’à cela ne tienne, la liste PS/PC/Ecologistes a quand même apporté son soutien à l’Insoumis. Et peu importe que la liste de LFI abrite repris de justice et islamistes antisémites. Depuis le NFP, la gauche qui se croit encore républicaine n’a plus aucune ligne rouge morale, et est prête à défendre n’importe quoi. L’instrumentalisation de la haine des Juifs comme levier de mobilisation électorale ? La gauche le valide en acceptant l’alliance avec LFI ; La violence politique comme outil de déstabilisation sociale ? Validé aussi ; Permettre à des voyous violents et à des islamistes d’arriver au pouvoir ? Également validé. À ce stade, on se demande bien ce qui pourrait les rebuter…

Politique-fiction

D’autant que le résultat de tant de soumissions ne déclenche que l’ingratitude de celui qui les reçoit. À peine battu, Louis Boyard gratifiait les électeurs de Villeneuve-Saint-Georges d’un discours de victoire assez stupéfiant. Comme d’habitude à LFI, la fiction prend le pas sur la réalité. Dans cette nouvelle production, Louis Boyard, abandonné par la gauche traitresse (tout ce qui n’est pas LFI), s’est battu seul contre tous, tel Bayard à Roncevaux. Mais il n’a pas échoué sans gloire et son score dans l’adversité ouvre la voie à de nouvelles victoires. La réalité, c’est surtout que les reports n’ont pas été très bons (Boyard faisant moins de voix que l’addition des voix de sa liste et de la liste PC /PS /EELV au premier tour), et que la mobilisation s’est faite contre lui. En attendant, ses soutiens ont été symboliquement lapidés en place publique sans guère d’atermoiement.

Cela pourrait leur donner matière à penser… D’autant qu’avec la hausse de participation de 6 points qui a eu lieu entre le premier et le second tour, le message des électeurs est clair : la stratégie de la brutalisation et de la victimisation ne prend pas. On aimerait pouvoir croire que cette claque va servir de leçon et terminer cet article en espérant que la gauche comprenne que, si elle veut un jour retrouver le chemin des urnes, elle a intérêt à rompre avec le parti de Jean-Luc Mélenchon ; mais rien n’y pousse. Malgré tous les excès de LFI, la composition pour le moins provocatrice de la liste de Louis Boyard, celui-ci rassemble quand même 38,75% des voix. Quant à la gauche, elle a choisi une fois de plus la lâcheté et se retrouve perdante des deux côtés. La majorité des électeurs, elle, a choisi l’abstention. Cela peut laisser dubitatif sur l’état de santé général de notre système politique.

Ces biens essentiels

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Faites payer les riches !

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Image d'archive. Messieurs Alexandre et Bernard Arnault saluent Donald Trump, New-York, 9 janvier 2017 © Albin Lohr-Jones/SIPA

En France, être de gauche, c’est soit critiquer Israël, soit taper sur les riches – et quand il s’agit de Bernard Arnault, c’est « open bar ».


Une partie de la gauche se déchaîne contre Bernard Arnault. Et le reste se tait. C’est parce qu’en France, il y a deux façons de prouver qu’on est de gauche : soit taper sur Israël, ou plus si affinités, soit taper sur les riches. L’un n’étant pas toujours sans rapport avec l’autre, d’ailleurs…

Les riches sont renommés « super-riches », un terme qui évoque les aristos qu’il fallait pendre à la lanterne. Pensez : ils exploitent le peuple, ils polluent la planète… Tout ira mieux quand on en enverra quelques-uns se rééduquer à l’usine ou aux champs ! Ou quand ils partiront, comme l’a dit ce week-end Jean-Luc Mélenchon devant un parterre de bobos extatiques.

Rhétorique populiste gauchiste éprouvée

La polémique est partie du coup de gueule du patron de LVMH contre la surtaxation exceptionnelle des profits des grandes entreprises prévue dans le prochain budget. Ce dernier dénonçait une attaque contre le « made in France » et une « incitation à délocaliser », fort justement me semble-t-il. Cela n’a provoqué que ricanements et hurlements à gauche. Et en plus, il est pro-Trump ! Alors c’est l’ennemi idéal du genre humain.

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Le député de la Somme François Ruffin a une nouvelle fois confondu fiscalité personnelle et taxation des profits, en pointant la fortune de Bernard Arnault pendant que d’autres malheureux trimeraient pour un Smic. De son côté, Sophie Binet a estimé que les grands patrons coulaient le pays, et que leur seul moteur était l’appât du gain. Original ! Les rats quittent le navire, a-t-elle osé. La vérité, c’est que si la chef de la CGT et ses amis étaient au pouvoir, on serait effectivement beaucoup à songer au départ.

Est-il normal que les riches contribuent à l’effort national ?

1% des foyers payent 33% de l’impôt sur le revenu. On est le dernier paradis soviétique. « Le dernier pays où le communisme a réussi », disait Gorbatchev. Il faut certes lutter contre l’évasion fiscale, et peut-être taxer les dividendes. Je n’ai pas de religion là-dessus. Mais là, Monsieur Arnault ne parlait pas de ses riches qui pourraient être éventuellement taxés, mais bien des entreprises qu’ils dirigent. Dans ce budget, il n’y a pas une économie sur le social ou la bureaucratie, pas un emploi public supprimé. La seule recette que l’on a trouvée : surtaxer les entreprises qui gagnent de l’argent en France. Michel-Edouard Leclerc fait le gentil-patron-de-gauche qui tance Bernard Arnault mais il a lui-même installé sa centrale d’achat en Belgique à en croire la journaliste Emmanuelle Ducros.

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D’accord, la lutte des classes, ce n’est pas nouveau. Mais autrefois, dans cette lutte des classes, la gauche défendait tout de même l’outil de travail. Aujourd’hui, le mot «production» est absent du programme du NFP. Et Jean-Luc Mélenchon a eu un jour cette phrase merveilleuse : la dépense publique crée du bonheur. La France doit vraiment être un paradis.

Avec des relents robespierristes, tous ces gens flattent les passions tristes, l’envie, la jalousie. Leur seul programme consiste à d’avantage nous endetter, et à faire payer ces riches cupides et égoïstes (la preuve, Bernard Arnault a financé la reconstruction de Notre-Dame). Derrière cela, on observe une haine de l’excellence et du succès. Nous avons un fleuron français, qui fait rêver partout dans le monde, forme des milliers de jeunes, maintient des savoir-faire et réalise des profits : les Américains le draguent, ici on l’insulte.  Certains par crétinisme (je ne les citerai pas, par charité, mais ils croient véritablement à leurs âneries), d’autres par cynisme pur. Le silence-radio des socialistes qui n’ont pas tous cette excuse de la bêtise est assez misérable. Ils sont prêts à accélérer le déclin du pays pour grappiller quelques postes ou plaire aux médias convenables. Décidément, « gauche de gouvernement » est un oxymore en France.

Histoire comparée des religions selon France Télévisions

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Capture site France TV

Concernant l’oppression des femmes par les grands monothéismes, les scénaristes de fiction française osent l’amalgame…


Nous ne féliciterons et ne remercierons jamais assez nos lecteurs pour la vigilance avec laquelle ils suivent les programmes de télévision et lisent les articles de presse écrite. Une gratitude toute particulière pour ce lecteur qui a bien voulu nous alerter sur un élément de dialogue tiré d’une fiction policière diffusée sur la deuxième chaîne de la télévision publique française.

N’écoutant que mon courage (Il en faut parfois pour se farcir les fictions policières proposées par ladite télévision publique) je me suis précipité sur le programme en question. Un épisode de la série César Wagner, au demeurant ni pire ni plus enthousiasmante que bien d’autres. César Wagner, le héros, est un hypocondriaque de haute intensité, flanqué d’une femme médecin légiste agréablement fofolle et libérée. Comme il se doit.

Voici le point mis en exergue par notre lecteur. Un meurtre a été commis dans la communauté juive de Strasbourg. Il est donc nécessaire que la police se rende au Consistoire aux fins d’interrogatoire.

Un des policiers se tourne vers sa jeune collègue et lui demande si franchir le seuil de ce lieu lui pose problème.

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Réponse de l’intéressée : « Ouah, tu t’es dit Samia Belkacem (ainsi se nomme-t-elle), arabe donc antisémite ! Toutes les religions pour moi sans exception servent à opprimer les femmes et donc je m’en méfie, de toutes ! »

Bien sûr, ce docte moment d’histoire comparée des religions se trouve assorti d’autres insinuations ou affirmations wokistes compatibles, du genre : « C’est un vrai problème, l’identité sexuelle dans la police. » Ou encore de quelques considérations bien senties sur l’inutilité de la vidéo surveillance dans la lutte contre la criminalité. Rien que de très convenu sur cette chaîne, donc.

Revenons cependant sur le commentaire de la policière renvoyant dos à dos toutes les religions, cela, on l’aura compris, dans un relativisme lui aussi parfaitement wokiste compatible.

Évidemment, n’officiant pas au sein des instances de la télévision française de service public, je me garderai bien de prétendre atteindre un niveau de pénétration intellectuel le moins du monde comparable avec celui qui caractérise ses intervenants et auteurs. Je me contenterai donc du constat très basique que me permettent mes indigentes capacités d’observation et de réflexion.

Il me semble que, parmi les religions, du moins celles dont j’ai connaissance, il en existe une qui canonise des femmes et une qui en lapide. Voyez-vous, cette seule différence suffit à m’interdire de les renvoyer dos à dos, de les situer au même niveau. Mais peut-être que si je me mettais à regarder en boucle les programmes de notre service public de télévision j’y parviendrais un jour. Sait-on jamais ?

LES TÊTES MOLLES - HONTE ET RUINE DE LA FRANCE

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La pensée unique sur la défensive

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Sophie Primas, François Bayrou et Elisabeth Borne, Paris, 3 janvier 2025 © Jacques Witt/SIPA

Les penseurs de travers, à l’épreuve du nez dans le réel…


Bonne nouvelle : la crise d’encéphalite, dont souffre le monde intellectuel français depuis des décennies, a trouvé son vaccin. Les penseurs embrumés, qui voient de la niaiserie à appeler un chat un chat, se montrent réceptifs à l’épreuve du nez dans le réel. Cette approche rudimentaire, expérimentée aux États-Unis, a déjà éteint quelques feux dans les cerveaux. Le remède contre la contagion utopiste s’annonce prometteur. Donald Trump en est le promoteur avec sa « révolution du réel ». Le nouveau président des États-Unis, qui a prêté serment le 20 janvier, n’est certes pas du sérail des clercs : les beaux esprits persistent majoritairement à ne voir en lui qu’un lourdaud. Néanmoins, sa force d’attraction révèle une excellence dans le passage à l’acte. Cette dextérité est moins sophistiquée que celle des vendeurs de nuages, mais elle est plus convaincante. Ce savoir-faire tient à un pragmatisme et à une indifférence aux morsures de la meute. L’affolement de cette intelligentsia, rétive à la piqure du terrain, laisse voir la fragilité de sa gonflette cérébrale.

Le politiquement correct se desserre

Le ralliement à Trump d’Elon Musk, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos, pionniers géniaux de la Silicon Valley, illustre le chamboulement qui s’opère dans les hautes sphères des visionnaires. Il est vrai qu’il est devenu impossible de suivre la bêtise vaniteuse des anciennes « élites », tant leurs accusations rituelles en « fascisme » ou en « complotisme » ont obscurci les clairvoyances. Quand la ministre Aurore Bergé, qui sait prendre le vent, déclare (5 janvier, Europe 1–CNews) : « Ce n’est pas être d’extrême droite que de dire les faits », elle exprime une évidence qui, si elle n’a pas encore atteint son camp « progressiste », met déjà en péril la tyrannie des penseurs de travers, des marcheurs sur la tête, des déconstructeurs de ce qui fonctionne bien. L’offensive de la macronie contre les empêcheurs de ratiociner entre soi achève de caricaturer le pouvoir actuel en club vétilleux et intolérant. L’oligarchie politique découvre, avec la reconnaissance post-mortem des alertes visionnaires de Jean-Marie Le Pen, disparu le 7 janvier, son impuissance à maintenir la chape de plomb du politiquement correct et de ses charabias.

A lire ensuite, Elisabeth Lévy: Le « free speech » est devenu une arme des conservateurs, selon « Le Monde »

Entendre Emmanuel Macron, devant la conférence des ambassadeurs, accuser Musk d’être le fer de lance d’une « nouvelle internationale réactionnaire » dit son enfermement manichéen. Le Premier ministre, François Bayrou, revêt les mêmes « habits neufs du terrorisme intellectuel » (Jean Sévillia) lorsqu’il voit dans le patron de X (ex-Twitter) la figure du « nouveau désordre mondial ». De quoi ces camelots en pensées éclairantes ont-ils peur ? D’entendre les peuples gronder. La libéralisation des réseaux sociaux, qui subissaient les contrôles des Etats et le militantisme des vérificateurs de faits (« fact-checkeurs »), a été vue comme « une menace pour la démocratie » par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. La ministre du numérique, Clara Chappaz, a mis en garde contre les « fausses opinions ». Ces apparatchiks ont été rejoints par tout ce que la gauche compte de mal embouchés et de cagots. Les censeurs réclament, après CNews, le boycott ou l’interdiction de X. La presse de cour dresse ses listes de parias. Cette France-là a tourné le dos à Mirabeau. Il écrivit, dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ».

Musk lanceur d’alerte !

La crise de l’intelligence, liée à la peur des faits, a fait des ravages chez les décideurs. Leur univers paranoïaque les a amenés à assimiler la contradiction à un « propos haineux » méritant la sanction. Dans cette dystopie, le confort intellectuel ne tolère que la pensée unique. Pour ne pas désigner des musulmans, les viols de fillettes anglaises commis par des gangs pakistanais en Grande-Bretagne durant des années ont été occultés par la police, la justice et la presse avant que Musk ne s’en émeuve. Zuckerberg a avoué avoir cédé aux pressions du FBI et de la Maison-Blanche en imposant l’omerta de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) sur les magouilles du fils Biden en Ukraine, ou sur les effets secondaires du vaccin Covid. Le gouvernement français, incarnation du centrisme immobile, se montre incapable d’aborder les sujets existentiels pour leur préférer des marchandages entre partis afin d’assurer sa survie. Le petit monde pense petitement. Le lapsus de la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, proposant le 3 janvier à l’issue du premier conseil des ministres de rendre compte du « conseil municipal », a avoué l’étiage de la caste.

Comment s’étonner, dans ce contexte qui fait de l’impertinent esprit français une anomalie, de voir la santé mentale érigée en grande cause nationale ? (La suite sera à lire dans le magazine Causeur de février, mardi prochain pour les abonnés, mercredi chez le marchand de journaux)

Éloge de la vieillesse

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Salon Rétromobile 2024 © André Ferreira / DPPI

À quelques jours de l’ouverture du 49ème Rétromobile, le salon des automobiles anciennes de la Porte de Versailles, Monsieur Nostalgie perçoit comme un changement d’air dans les médias conventionnels. L’Histoire des voitures n’est plus cachée ou ostracisée. Serait-ce un retour de l’auto dans le cercle de la raison ?


J’ai cru avoir la berlue, un dimanche de janvier, dans les rues de Paris. Elles étaient des centaines, en liberté, allant de la Place Vendôme à la Butte de Montmartre, une faune métalleuse, sans restriction, sans zone d’exclusion, sans péage, sans déchéance d’identité, à la vue des passants et des touristes, accueillant banlieusards en utilitaires anciens et gentlemen drivers des banlieues huppés en italiennes dévergondées. La Concorde recevait en son sein, ce jour-là, toutes les nationalités et toutes les carrosseries, toutes les opinions, dans la communion d’une « mobilité » heureuse. Dans ce parking improvisé et soi-disant « viriliste », abject aux yeux de nos nouveaux inquisiteurs, on parlait très peu de boulons et de ferraille, plutôt de cette onde nostalgique qui drape les Hommes de bonne volonté. La mémoire était vive, aucunement rabougrie, aucunement passéiste, elle était pacifique et partageuse. On parlait, entre les pare-chocs, de cinéma, d’architecture, de sculpture, de sports mécaniques, des mots interdits comme « miracle économique italien », « trente glorieuses », « île Seguin », « carrossiers », « Monte-Carlo 1965 », « Connolly » ou « l’épicier ambulant de mon village » venaient fouetter les idées reçues.

À lire aussi: Roger Scruton ne plaît pas qu’à Viktor Orban…

L’hibernation de notre patrimoine a assez duré ; les génuflexions victimaires aussi. La peur va bientôt changer de camp. L’auto est plus qu’un art de vivre, c’est un art de penser la société industrielle avec l’œil d’un esthète et le souvenir d’un enfant. Comme dirait l’humaniste Patrick Sébastien, c’est que de l’amour. Est-ce l’effet Trump ? La libération de la parole du pick-up et des « muscles cars » dans une société oublieuse de son passé. Un retour de flamme du moteur à explosion, après vingt ans de purgatoire où il fut accusé de tous les maux et de toutes les vilénies. Selon la formule célèbre, « un barbu, c’est un barbu, trois barbus, c’est des barbouzes », « Une DS, c’est une DS, trois DS auxquels j’ajoute une Jaguar MK II, une Pagode, une R18 break et, entre autres, une Estafette, c’est une révolution ». Les mentalités ne sont plus figées dans la vieille « agit-prop » qui faisait jusqu’à très récemment de l’auto, la mascotte de notre culpabilité. Car nous étions forcément coupables d’avoir aimé les autos, leur imaginaire et leur style, de nous être complus dans un consumérisme effréné qui apportait jadis de l’emploi, du progrès, du confort, de la sécurité, des échanges et des voyages. Nous étions des salauds attachés à leur petite auto individuelle qui n’avaient pas le droit de s’émouvoir des départs en vacances sur la Nationale 7 et de pépé au volant de son Renault Galion, je ne serai pas cet homme-là, celui du renoncement. Je croyais être seul, je me rends compte que nous sommes des milliers à ne pas rejeter la voiture car elle était l’expression de notre humanité triomphante. Nous pourrons constater, dans quelques jours, du 5 au 9 février sur le salon Rétromobile, que les amoureux de toutes les locomotions anciennes ne sont pas des tortionnaires, mais des passeurs, des entremetteurs, des éclaireurs de nos richesses mécaniques d’antan. Le programme de cet événement qui annonce le top départ de la saison car, dès le printemps, ce sera une déferlante dans tout l’hexagone, de manifestations, sorties de clubs, rallyes et concours d’élégance.

Le pilote automobile monégasque Charles Leclerc lors de l’édition 2024 du Salon « Rétromobile » à Paris (c) Photo André Ferreira / DPPI

À la Porte de Versailles, il y a aura cette année des blindés en provenance de Saumur, des « avant-guerre », des Formule 1 « Made in France », l’anniversaire des 70 ans de la Citroën DS, des ventes aux enchères et des petits papiers, livres, documentations d’époque et autres affiches. L’auto, la belle auto, populaire et élitiste, est le canevas de nos émotions. Ne la trahissons pas ! Quand je vous parlais de changement de paradigme, il suffit de voir la programmation d’Arte. En ce moment, sur la plateforme de la chaîne culturelle franco-allemande, sont diffusées les trois parties du documentaire « Une brève histoire de l’automobile »[1] et si cela ne suffisait pas, les programmateurs ont ressorti en ligne le reportage « Bugatti, l’ivresse de la vitesse »[2] datant de 2016. Comme quoi au royaume de la bien-pensance, il y a du flottement dans le volant. Après avoir vu une Bugatti 35 sur les routes de Molsheim en action, en mouvement, je connais peu d’hommes qui peuvent résister à cet appel « Bleu de France » !

Informations pratiques : https://www.retromobile.com/fr-FR/infos-pratiques/dates-horaires-plan

Éloge de la voiture

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Tendre est la province

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[1] https://www.arte.tv/fr/videos/RC-026050/une-breve-histoire-de-l-automobile/

[2] https://www.arte.tv/fr/videos/069103-000-A/bugatti-l-ivresse-de-la-vitesse/

Le cri d’Olivia Maurel contre la marchandisation des corps

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Olivia Maurel © jennys photographies

À travers un récit autobiographique poignant, Olivia Maurel livre son expérience d’enfant né par gestation pour autrui (GPA) et pose un regard critique sur cette pratique, appelant même à son abolition universelle. Cependant, une question persiste pour le lecteur une fois le livre refermé : peut-on réellement attribuer toutes ses difficultés personnelles aux conditions de sa naissance?


Une voix pour les enfants nés de la GPA

Olivia Maurel, née en 1993 par GPA aux États-Unis, entend être le porte-voix des enfants issus de cette pratique. Dans son ouvrage, elle critique fermement ses implications éthiques et sociales. Active sur les réseaux sociaux, notamment TikTok où elle sensibilise sur ces questions de bioéthique, Olivia Maurel s’est fait connaître des conservateurs en avril 2024 après avoir fait la Une du Journal du Dimanche. Ses détracteurs, toutefois, cherchent parfois à minimiser son discours, arguant qu’elle est en réalité issue d’une procréation pour autrui (où l’ovule et la gestation proviennent de la mère porteuse) et non d’une gestation pour autrui (où seule la gestation est assurée par la mère porteuse). Une distinction qui ne change rien à l’enjeu fondamental de l’exploitation des corps.

Dans Où es-tu maman ?, Olivia retrace son parcours : de la découverte tardive de ses origines, grâce à un test ADN offert par sa belle-mère en 2022, jusqu’à son combat militant actuel. Ce test, reçu quelques mois après la naissance de son troisième enfant, a bouleversé sa vie en révélant des vérités longtemps dissimulées.

Aurait-elle préféré ne pas naître ?

La GPA, sujet très débattu et pratique qui reste interdite en France, est légale dans de nombreux pays comme les États-Unis, la Russie, l’Ukraine ou l’Inde. Elle permet à des couples infertiles, des femmes seules ou des couples homosexuels de devenir parents en ayant recours à une femme qui porte l’enfant pour eux.

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Olivia Maurel met en lumière le modèle économique qui sous-tend cette industrie. Dans de nombreux cas, les mères porteuses proviennent de milieux précaires et leurs corps sont utilisés comme des outils pour répondre à la demande de couples désireux d’avoir un enfant. Olivia dénonce cette marchandisation de la maternité, qu’elle qualifie de déshumanisante. Elle décrit un univers où « derrière la vitrine rose et bleue des cliniques spécialisées, se cache une réalité mercantile, sans frontières ni lois, exploitant le désespoir des couples en quête d’enfant ».

Le témoignage sans fard d’une descente aux enfers

Dans son livre, Olivia Maurel partage les impacts psychologiques qu’elle associe à la GPA. Elle raconte son enfance marquée par une atmosphère de silence et de secrets. Sa mère biologique, une Américaine, l’a portée et mise au monde « pour de l’argent ». Olivia évoque des moments troublants, comme lorsque, enfant, elle interroge sa mère sur son âge et obtient pour réponse : « – J’ai tuitan, – Ça veut dire quoi maman ? – Je n’ai pas d’âge »… Elle se souvient également de l’absence totale de photos d’elle bébé, de sa mère enceinte, ou de moments partagés à la clinique : « J’adore les albums photos. Et là encore, rien ne va. Il n’y a pas de clichés de ma mère enceinte, d’elle et moi à la clinique – bizarre. »

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Ce silence a contribué à un mal-être profond, exacerbé par un cadre familial dysfonctionnel. Olivia confie avoir traversé des épisodes autodestructeurs : alcoolisme, peur de l’abandon, et même une tentative de suicide après avoir été victime d’un viol. Grâce à une thérapie avec une psy et au soutien de son nouveau compagnon et de sa famille, elle entame une quête identitaire salutaire. Mais elle s’interroge : ce lourd secret familial pèsera-t-il aussi sur la relation qu’elle entretient avec ses propres enfants ?

Un appel à l’abolition universelle de la GPA

Le témoignage d’Olivia Maurel interpelle sur les conséquences psychologiques de la GPA pour les premiers concernés : les enfants nés de cette pratique. Elle fait partie des premières générations à témoigner et invite la société à écouter ces voix pour en tirer des leçons. Est-elle un cas isolé, ou ce modèle conduit-il systématiquement à des quêtes identitaires douloureuses ?

Pour Olivia, la réponse est claire. Elle milite pour une abolition universelle de la GPA. Elle republie enfin à la fin de son ouvrage la déclaration de Casablanca de 2023 appelant les États à s’engager pour une convention internationale interdisant cette pratique. Elle propose des alternatives comme l’adoption ou une révision des lois sur la parentalité, pour permettre à tous ceux qui souhaitent fonder une famille de le faire sans marchandiser la vie humaine. « Il existe aujourd’hui 36 millions d’esclaves dans le monde. Devrions-nous pour autant rétablir des lois encadrant l’esclavage ? Non. Jamais. Même chose pour la GPA », conclut-elle.

Guerilla Song

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Maurice Druon (à gauche) et Joseph Kessel (à droite) © MEIGNEUX/SIPA - D.R.

Sylvain Charat retrace l’histoire du « Chant des Partisans », notre seconde Marseillaise…


Genèse d’un hymne de résistance

Guerilla Song, tel fut le titre d’une chanson composée sous les bombes à Londres vers 1943 et qui, traduite et largement adaptée par deux écrivains français, futurs académiciens, allait devenir Le Chant des Partisans – la seconde Marseillaise – appelée à un succès phénoménal.

Qui ne connaît au moins l’entraînante première strophe : « Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme !
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes » ?

Sylvain Charat, un jeune docteur en histoire de Paris-IV, a eu la bonne idée de retracer l’histoire de ce chant mythique. Son essai paraît dans la nouvelle collection de poche de La Renaissance française, vénérable institution fondée en 1915 par le président Poincaré, et dont le premier objectif était d’apporter la culture française aux régions alors en voie de reconquête, l’Alsace et la Lorraine. Après la Grande Guerre, l’autre objectif fut aussi d’édifier la paix en prônant le dialogue culturel et de défendre la culture française urbi et orbi.

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Bref et dense, l’essai retrace avec clarté la genèse du Chant des Partisans, composé à l’origine par une Russe blanche, Anna Marly, qui s’inspira d’une mélodie russe à l’origine dédiée aux combattants de l’Armée rouge. Dans un second temps, Guerilla Song, qui plut d’emblée aux soldats alliés, fut modifié et pour finir interprété, pour la BBC, par Germaine Sablon, célèbre chanteuse des années 30. Le texte est dû à la plume de deux Français d’origine juive, le torrentiel Joseph Kessel, l’ami de Mermoz, écrivain à succès depuis les années 20, et son jeune neveu, Maurice Druon, le futur auteur des Rois maudits, aidés des conseils d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie, chef d’un des plus importants réseaux de résistance, proche du Parti communiste (et même lié de près à l’URSS) et éphémère ministre du Général de Gaulle à la Libération. La petite histoire nous apprend que Kessel et d’Astier avaient en commun un goût prononcé… pour l’opium.

« On ne gagne les guerres qu’avec des chansons »

Ces trois hommes se retrouvent à Londres peu après l’occupation de la zone libre en novembre 1942. À leur grand désespoir, Kessel et Druon ne sont pas envoyés au combat comme ils le demandaient, mais priés de mettre leur talent littéraire au service de la France libre. Sage décision du Général, qui nous donne L’Armée des ombres, magnifique épopée de la résistance, que le génial Jean-Pierre Melville, un autre résistant (lui aussi d’origine juive) transposera avec un réel génie à l’écran avec les prodigieux Lino Ventura et Paul Meurice, sans doute l’un des plus beaux films sur la Résistance. Druon, le cadet, se contente d’éditer en le préfaçant un texte clandestin parvenu à Londres, Le Silence de la mer, que Melville traduira également en images inoubliables.

Sylvain Charat met bien en évidence le lien entre ce chant et l’unification progressive des mouvements de résistance, qui allait donner naissance au Conseil National de la Résistance, faisant, après la mort providentielle de l’Amiral Darlan, du Général de Gaulle le chef incontesté de la France combattante et l’unique interlocuteur des Anglo-Saxons comme des Russes.

Au moment où tout concorde, quand les Anglo-Américains débarquent en Afrique du Nord et que la Résistance s’unifie formellement sous l’égide de Jean Moulin, naît ce chant, composé en une après-midi de mai 1943 par Kessel, Druon et d’Astier, qui en est le concepteur, lui qui avait compris que « l’on ne gagne les guerres qu’avec des chansons ». Le mythe est né, et dès les premières radiodiffusions, qui traversent le brouillage allemand grâce au fait qu’une partie de l’air, par un coup de génie, en est sifflée, le Chant des Partisans cesse d’appartenir à ses créateurs pour devenir l’hymne d’un peuple en armes.

Sylvain Charat, Le Chant des Partisans, Éditions de la renaissance française, 156 pages

Coco perdu dans sa vieille solitude

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Lécrivain français Louis GUILLOUX (1899-1980) © Famille Guilloux-2025

Folio réédite en poche Coco perdu, l’un des derniers livres de Louis Guilloux. Un texte étrange, surprenant et pas facile au premier abord, mais un opus bouleversant sur la vieillesse et l’absurdité de l’existence.


Les éditions Folio ont la bonne idée de rééditer Coco perdu, de Louis Guilloux, avec une préface inédite d’Annie Ernaux. Non pas qu’il s’agisse du meilleur ouvrage du Breton de Saint-Brieuc (difficile de dépasser la densité et la puissance de Sang noir) ; mais il s’agit très certainement du plus étonnant, du plus singulier, en particulier dans la forme. Cette forme, justement, au début déroute, voire rebute ou, en tout cas, agace : un style parlé ou les formes négatives sont rognées, amputées, de l’argot à tire-larigot, des néologismes ; on se croirait chez Céline à part que Guilloux ne nous a point habitués à ça. C’est certainement pour cela qu’il a sous-titré de la formule « Essai de voix ». Et puis on s’habitue ; on se laisse faire ; on se laisse prendre, presque envoûter. Comme le rappelle Annie Ernaux dans son impeccable et efficace préface, « Sitôt paru, Coco perdu est unanimement salué par la critique comme un récit d’une étonnante modernité. On évoque Beckett, Joyce (…) Au vrai, on ne peut concevoir trame à la fois plus dépouillée et plus savante que celle de Coco perdu. »

Imbibé de désespoir

En fin de matinée, un retraité, Coco, accompagne Fafa, son épouse, à la gare. Avant de monter dans le train pour Paris, elle poste une lettre ; elle a préalablement refusé qu’il la dépose dans la boîte. Cela le tourmente, d’autant que le facteur, Charlot, ne passera pas avant lundi. Il est persuadé que la missive lui est destinée et qu’elle va lui annoncer un départ définitif. Il angoisse ; deux jours à tuer. C’est affreux cette impression de vide existentiel. Il ne sait pas quoi faire ; alors, il traîne dans la ville, tente de parler à ceux qu’il rencontre, ceux qu’il connaît parfois, ou qu’il ne connaît pas. Il y a là un ancien moine, vendeur de billets de loterie ; ici, M. Pradel, gros patron de bistrot débonnaire ; un peu plus loin, les sidis, les Algériens. Des gens du peuple, du vrai peuple passent, discutent, s’engueulent, fraternisent. L’action se déroule en 1977, l’année de l’arrivée de la musique punk en France ; le moment où le monde d’avant commence à ficher le camp. La télévision fait mal au cinéma ; au théâtre, Brecht nuit aux tournées Baret. Coco se sent vieillir ; il se sent vide. Ce livre est fort tant il est imbibé de désespoir. Lecteur au bord de la déprime, abstiens toi.

Coco perdu, Louis Guilloux ; folio ; 123 p.

Coco perdu: Essai de voix-Nouvelle édition

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Pourritures de publicités ou la colère d’un vieux con !

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DR.

Chaque semaine, Philippe Lacoche nous donne des nouvelles de Picardie…


Cela fait près de cinquante ans que j’écoute France Inter ; j’aime cette radio publique. J’aime même passionnément certaines de ses émissions dont Very Good Trip, de Michka Assayas, moment musical de qualité intense. Mais depuis quelque temps, j’avoue, je n’en peux plus.

Marre de ces publicités incessantes, indécentes, odieuses, puantes, jaunâtres comme la rate d’une des plus grosses fortunes de France. Je hais ces incitations bruyantes, vulgaires, ordurières, à la basse consommation. C’est carrément répugnant de la part d’une radio dite publique. On tente de nous vendre du « Grand frais », de l’assurance, de la mutuelle, et même de grosses voitures allemandes. Oui, ces espèces de tanks de nos bons amis d’outre-Rhin, tanks qu’on a du mal à doubler sur les routes départementales ; tanks blindés qui donnent l’impression qu’ils foncent vers la Pologne pour l’envahir ; tanks teutons aux incroyables cylindrées, plus polluantes que les fûts de Seveso. C’est Mathieu Vidard et sa Terre au carré qui doivent être contents !

On se fiche de qui ? Résultat : je coupe et vais me balader du côté de France Culture, de France Musique ou de France Info généralement moins infectées par ces pourritures de publicités. Je traîne aussi l’oreille du côté d’Europe 1. Là, des pubs, il y en a à la pelle ; on le sait. C’est bien sûr aussi insupportable, sauf qu’au moins, Vivendi et Vincent Bolloré, eux, annoncent la couleur. Ils ne se disent pas de gauche ; ils ne gueulent pas à tout bout de champ contre le capitalisme et contre la société ultralibérale.

Je hais les publicités de France Inter. Je ne supporte plus non plus le fait d’être harcelé sur mon téléphone portable par des commerciaux qui tentent de me vendre des panneaux solaires, ou des baisses d’énergie, ou des soi-disant programmes d’isolations de maisons. Parfois ce sont des voix humaines qui proviennent de vrais humains. J’ai tout essayé : les menacer de porter plainte, leur expliquant qu’ils appelaient sur un téléphone professionnel et que c’était interdit, que j’allais les balancer au procureur de la République ; je les ai déjà traités de tous les noms ; je leur ai fait croire que M. Lacoche était mort depuis plusieurs mois ; j’ai tenté de les faire rire en leur parlant dans une langue inventée, imprégnée de « Barek ! Barek », « Crapougnette ! », « Istoule ! Istoule ! » Certains rigolent ; d’autres me raccrochent au nez. Au final, rien n’y fait ; ils continuent. Nouveauté : la voix artificielle qui réagit à vos intonations, à vos silences ; à vos refus. Comme un crétin, je me suis fait avoir au début ; j’essayais de discutailler, jusqu’au moment où un proche m’a éclairé sur la supercherie. J’ai gueulé : « Pauvre France ! » et me suis niché dans des rêves de bakélite et de cadrans en relief et tout en trous dans lesquels mes gros doigts s’enfonçaient avec sensualité. C’était au temps du monde d’avant, mon préféré. Pauvre France, oui.