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Zemmour : halte à la chasse aux sorcières!

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eric zemmour censure

Eric Zemmour vient d’être victime d’un lynchage politico-médiatique pour des paroles qu’il n’a pas prononcées! Le journaliste italien a démenti le soir même. Eric Zemmour a mis les choses au point sur RTL. Malgré cela, les associations habituelles ont demandé sa mort professionnelle en appelant à son boycott dans les médias, et menacent de porter plainte. Elles savent qu’elles perdront, elles veulent donc faire exécuter la sentence qu’elles désirent avant même le procès et le verdict!

Il se trouve que tout ça a commencé le jour où je l’interrogeais à l’Espace Ecully sur « ces 40 années qui ont défait la Famille » – 600 personnes étaient là pour l’applaudir et se faire dédicacer son livre! Tous ceux qui l’ont écouté ont trouvé cette conférence très intéressante. Auparavant, c’est 520 étudiants de l’EM Lyon qui l’avaient applaudi. Et je peux vous dire pour l’avoir vécu en direct, étant aux côtés de l’auteur, que tout cela n’est qu’une machination!

Mais au-delà du « cas Zemmour » (certains diront « il l’a bien cherché » et « il n’est pas à plaindre »…),  c’est la liberté d’expression de tous qui est menacée en France, la liberté d’expression de tous ceux qui ne pensent pas « conforme » (ceux qui se sont engagés dans la manif pour tous ont pu s’en rendre compte ; ils ont touché du doigt à quel niveau se situait la propagande médiatico-politique) !

Eric Zemmour a notamment été un relais fidèle et courageux de lutte contre l’idéologie libérale -libertaire que les puissances de l’argent, le lobby LGBT, les féministes misandres veulent imposer! Il l’a fait notamment sur iTélé!

Aujourd’hui le lobby du baby-business jubile, Pierre Bergé, Vallaud-Belkacem,etc. Eric Zemmour défend les racines chrétiennes de la France, sa culture, son héritage, son Histoire, c’est là son crime principal! Il a engagé un combat contre l’idéologie issue de 68 qui domine partout et veut maintenant s’imposer par la loi et le contrôle total des médias! Il est une menace pour ceux qui dominent depuis quarante ans, ils veulent l’éliminer par tous les moyens!

Allons-nous rester inertes?

Attention, si l’élimination de Zemmour passe comme une lettre à la poste, ses ennemis n’auront plus de limites…Quoi que vous pensiez de lui, il est du devoir de chaque citoyen attaché à la liberté d’expression (et particulièrement à la liberté de la Presse ) et à la démocratie de réagir!

Voulez-vous vivre dans une nouvelle URSS, avec une presse Officielle qui défend la ligne autorisée et où les dissidents sont éliminés sans procès?

Voulez-vous vivre dans une nouvelle Amérique maccarthyste où ceux qui ne pensent pas « conforme » n’ont plus le droit de travailler?

C’est bien pourtant vers cela que se dirige la France!

Alors, que faire? D’abord dénoncer cette atteinte insupportable à la liberté d’expression, qui plus est  par des journalistes (qui n’en ont que le nom et qui sont plutôt les porte-parole de l’idéologie libérale-libertaire et du politiquement correct) qui se sont fait les relais d’une injonction politicienne! Manifester le cas échéant à la rentrée…

Mais ce que vous pouvez faire tout de suite, c’est marquer votre indignation en achetant le livre d’Eric Zemmour, car le résultat sera visible immédiatement!

Lisez-le si vous ne l’avez pas encore fait, et sinon offrez-le ! 22,90€ pour marquer votre résistance, c’est abordable! (cela va sans dire, je ne touche pas le moindre centime sur les ventes). Vous verrez que Le suicide français va beaucoup plus loin que ce qu’en ont dit les médias hostiles.

Joyeux noël et bonne année !


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*Photo : Hannah.

Nos idées cadeaux

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Objets

Si vous consommez des boissons gazeuses, précipitez-vous sur la plus grande invention du XXIème siècle , la machine à bulles Sodastream. C’est pratique, économique, écologique, et quasiment magique. En supplément gratuit, vous aurez le bonheur d’énerver les antisionisses qui honnissent ce produit 100% israélien . BDS, tu l’as dans les…

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Marc Cohen

– Les fameuses peluches « Road kill« . Tout est dans le titre. Et la photo !

L’urinoir féminin, parce que l’indifférenciation sexuelle n’a plus de limites de nos jours !

Rachel Binhas

Un « griffoir pour chat » à l’effigie de Kim Jong-Un.

François-Xavier Ajavon

Le CD pour enquiquiner ses voisins : marre des pleurs du bébé d’à côté ? des gloussements du voisin du dessus ? des cris orgasmiques venus de l’étage en dessous ? Ce disque antisocial est fait pour vous ! Plus efficace qu’un coup de fil à la police, qui a d’autres chats de nuit à fouetter, ce CD accompagné de boules Quiès (on n’est quand même pas kamikaze !) contribuera à l’amélioration du le vivre-ensemble dans votre immeuble de cœur de ville, comme disent nos politiques… 20 titres plus insupportables les uns que les autres, du marteau-piqueur au bébé qui chiale, en passant par les classiques couinements post-coïtaux, votre voisin m’en dira des nouvelles !

Daoud Boughezala

Livres

Outre les livres dont j’ai parlé cette année dans Causeur, et que je rerecommande  rechaudement, comme le Dico rock de Michka Assayas.

Comme dans les cas de ses collègues Simon Leys, Stephen Jay Gould, ou Nick Tosches, on peut acheter les yeux fermés un essai de Boorstin même si on ne connaît rien au sujet abordé, ou si on est en désaccord partiel ou total avec sa vision du monde, parce que c’est toujours un enchantement. Un grand bravo donc à Bouquins-Laffont d’avoir publié cette année, après les extraordinaires  Les Découvreurs et L’Histoire des Américains, Les Créateurs, qui raconte exquisément l’histoire des arts de Cro-Magnon à Picasso en passant par Bach et Dickens. En France, le totalitarisme déconstructiviste a banni l’encyclopédisme. Aux USA, c’est toujours légal, profitez-en !

PS : un bon livre, c’est mieux de l’acheter chez un bon libraire !

Marc Cohen

Le Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques 16mm et 35 mm, par les éditions Serious Publishing. « Ce dictionnaire répertorie 1813 longs métrages français érotiques et pornographiques, tournés en 16 et 35 mm, des origines à nos jours. Chaque film fait l’objet d’une notice détaillée : fiche technique, distribution, résumé, critique, notes, interdictions, date de sortie et salles d’exclusivité, titres alternatifs, mais aussi avis de la Commission de censure justifiant les interdictions et demandes de coupes. Ce travail a été complété par de longues recherches dans les archives du CNC, par des témoignages de producteurs, cinéastes, techniciens et comédiens et propose pour la première fois un recensement exhaustif des œuvres françaises dites pornographiques, tournées entre 1974 et 1996. » Attention, un peu cher, si j’ose dire, pas pour toutes les bourses.

Rachel Binhas

Les noirs et les rouges, d’Alberto Garlini (Gallimard, 2014) : Ma moumoutte dans la main m’a empêché de recenser ce roman, pourtant l’un de mes derniers coups de cœur. En pleines années de plomb, étudiants fascistes et anarchistes s’affrontent dans tout le pays. 1969, année de naissance de l’auteur, voit Milan exploser Pizza Fontana, sans qu’on sache vraiment à qui imputer l’origine de la violence. Dans ce roman épique traversé par l’amour, on suit un jeune fasciste orphelin de père qui trace sa voie au sein du MSI. Il tue accidentellement un jeune gauchiste, puis rencontre la sœur de sa victime, dont il tombe éperdument amoureux. Vous voyez le tableau… Au fil des pages, dans un style qui donnerait des complexes à n’importe lequel de nos jeunes auteurs, Garlini nous emmène dans les méandres de l’Etat profond italien, là où fascistes, démocrates chrétiens et gauchistes s’imbriquent tant et si bien qu’on ne sait plus in fine qui manipule qui. Vertigineux jusqu’à la dernière ligne.

Daoud Boughezala

Disques 

Renaud, c’est le meilleur chanteur français du monde, et cette compil nous offre pour un tarif chomiste en fin de droits le best of the best. Tout y est, sauf hélas « Ma chanson leur a pas plu », mais comme dirait l’autre, n’en parlons plus !  Le meilleur rapport qualité-prix des « nouveautés » 2014 , croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer !

Marc Cohen

DVD

Le coffret DVD de Justice à Vegas des réalisateurs Denis Poncet et Jean-Xavier de Lestrade (qui ont remporté en 2002 l’oscar du meilleur film documentaire, ce n’est pas rien). Une série documentaire réunie en 5 dvd te permettant de découvrir le système judiciaire américain. A chaque épisode (52mn chacun), le spectateur est invité à découvrir une histoire criminelle. « Les caméras filment au plus près victimes, accusés et avocats. On peut ainsi découvrir les tractations entre partie civile et défense, et les stratégies employées par les uns et les autres. » De très grande qualité.

Rachel Binhas

The Big Lebowski, assorti du beau livre des éditions Séguier Je suis un Leboswki, tu es un Leboswki : pour toutes les raisons que j’ai expliquées ici avec mon compère Olivier Maulin. Que dire de plus, sinon que ce chef d’œuvre contient l’une des scènes les plus violentes de l’histoire du cinéma, sans qu’on y voie une seule goutte de sang ? Je ne veux pas parler de la baston finale à la sortie du bowling au cours de laquelle Sobchak arrache l’oreille d’un nihiliste, mais de la scène de la baignoire. Pépère dans sa baignoire Jeff Bridges y croise la route d’un furet surexcité. Pour une âme sensible comme la mienne, allergique aux films gore d’un Cronenberg, voir le Dude se débattre avec cette bestiole est bien le summum de la cruauté filmée.

Daoud Boughezala

 

*Photo : christmasstockimages.

Noël : où crèche la laïcité?

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femen laicite creches

« Le temps critique, pour une religion, est celui où elle subit l’action de la société civile plutôt qu’elle ne l’inspire », écrivait le sociologue Gabriel Lebras en 1956[1. Gabriel Lebras. « Sociologie religieuse et science des religions». Archives de la Sociologie des Religions. n°1. Janvier-Juin 1956. p. 16]. Les temps semblent à nouveau devenus critiques pour les catholiques. Le Pape François se fait enguirlander dans l’esprit de Noël par Jean-Luc Mélenchon, on se dépoitraille plus facilement dans les églises qu’au Cap d’Agde et quand les Femen s’amusent à sonner les vénérables cloches de Notre-Dame de Paris à coups de bâton, on les récompense en collant leur bobine sur les timbres afin que les catholiques indignés soient obligés de mettre un coup de léchouille à Inna Shevchenko à chaque fois qu’ils envoient une lettre de protestation. De manière générale, depuis que les catholiques se sont permis de descendre dans la rue pour manifester au lieu de rester tranquillement dire le bénédicité devant le poulet du dimanche, le « A bas la calotte » semble être revenu en force chez tous les défenseurs de la liberté de la fermer pour tous, surtout pour ceux qui ne pensent pas comme il faut.

Et comme si cela ne suffisait pas, après avoir applaudi le sapin de Noël en forme de sextoy  installé place de la Concorde, on juge en revanche scandaleux l’installation de crèches de Noël dans les espaces d’accueil au public des collectivités. Après la polémique suscitée par l’installation d’une crèche de Noël au conseil général de Vendée, celle de Robert Ménard à Béziers dont l’installation vient d’être validée par le tribunal de Montpellier, à laquelle s’ajoute désormais le scandale du chandelier de Hanoucca, partout, les crèches de la discorde se multiplient et si Che Guevara était encore là, il s’écrierait certainement : « un, dos, tres, muchos bélenes[2. Qui veut dire « crèche » en espagnol, tout le monde l’aura compris.] ! » La polémique a en effet rebondi avec la décision prise par Nicolas Sarkozy d’installer une crèche géante dans le hall d’entrée de l’UMP. On ne sait pas encore si elle représentera le petit Jésus de la droite accueilli au bercail par l’âne Jouyet et le bœuf Fillon en train de lui souffler dans la nuque mais on apprend en tout cas que « cette crèche exposée par Sarkozy est un cadeau de Ciotti qui soutient, dans l’arrière-pays niçois, le traditionnel circuit des crèches. » Mazette, la filière des crèches niçoises…Ce n’est pas rien tout de même, le Pape François bataille peut-être courageusement avec la N’Drangheta en Italie mais nous, en France, nous sommes confrontés aux agissements de la Crèche Connection. Partout, circulent sous le manteau santons et papier crépon, agneaux blancs et petits ânes aux yeux doux passant de main en main, symboles de la lutte contre la tyrannie. Il y a même sur twitter un hashtag #TouchePasAmaCrèche pour manifester « un soutien inconditionnel à toutes celles et ceux qui veulent exposer leur crèche ! » Face à ce déferlement de créchisme haineux et insupportable, les pouvoirs publics se mobilisent pour défendre la laïcité menacée. Le tribunal administratif a ainsi jugé que ce symbole religieux met à mal « la neutralité du service public à l’égard des cultes » et le sacrosaint principe de laïcité.

La laïcité se porte pourtant très bien cet hiver et la nouvelle collection du prêt-à-penser 2014 recycle avec goût les vieux habits laïcards. Il y a peu de chance que ces habits-là prennent la poussière, on aime les ressortir en France assez régulièrement. « Nos origines nous ramènent vers le passé, la République nous tire en avant. Elle nous conduit vers l’idéal selon l’expression de Jean Jaurès », proclame sur son site la Fédération de la Libre Pensée, à l’origine de la plainte déposée contre le Conseil Général de Vendée. Justement, du temps de Jaurès et du petit père Combes, l’anticléricalisme passionnait les socialistes français au point que leurs camarades allemands s’arrachaient les cheveux en constatant que la lutte anticléricale prenait le pas sur la lutte des classes. Maudits Français qui ne savent pas terminer une révolution ! De l’autre côté du Rhin, on tentait vainement de leur rappeler que l’anticléricalisme n’est pas un internationalisme et le socialiste allemand Karl Kautsky croyait même bon de rappeler que « la tendance à supprimer les antagonismes de classes se concilie fort bien avec la doctrine chrétienne des Évangiles. »[3. Karl Kautsky. Cité dans « Socialisme et anticléricalisme. Une enquête socialiste internationale (1902-1903). » Archives des sciences sociales des religions. n° 10, Juillet-Décembre 1960. p. 114.]

S’ils ne partagent peut-être pas les vues de Karl Kautsky sur la lutte des classes, 71% des Français trouvent néanmoins que les crèches se concilient très bien avec les halls d’entrée des Conseils Généraux et les sympathisants PS, UMP et FN se retrouvent pour une fois en majorité d’accord sur la question. Mais les libres penseurs ne décolèrent pas : « L’Eglise catholique, et ses affidés, (…) utilisent les notions frelatées de ceux qui, bafouant la notion de séparation de la sphère publique et de la sphère privée, entendent obtenir une législation liberticide d’exception contre les citoyens d’origine arabo-musulmane, population suspecte d’être, génétiquement, consubstantiellement et potentiellement, ‘terroriste’. » Voilà donc récité à nouveau avec ferveur le credo anti-discrimination, cette fois contre les crèches et l’Eglise catholique qui, comme chacun le sait, fourbit toujours ses armes afin de préparer la chute de la République et l’installation d’une théocratie. Mais puisqu’il s’agit d’effacer toute référence culturelle, historique ou religieuse qui puisse être perçue comme offensante par nos concitoyens musulmans, rappelons cette amusante trouvaille faite il y a quelques années dans un épisode de Noël du dessin animé South Park. A l’occasion du spectacle annuel de l’école, les parents non-catholiques expriment leur indignation face à la présence outrageante de symboles chrétiens dans le spectacle de Noël. A force de compromis et après avoir supprimé successivement le sapin, l’étoile, les animaux et les angelots et toutes les chansons au contenu jugé inapproprié, la direction de l’école finit par présenter un spectacle dans lequel les enfants vêtus de justaucorps gris esquissent quelques entrechats sur du Philip Glass avec un décor nu en arrière-plan.

Faudra-t-il se pencher aussi sur le cas problématique des fêtes de Noël dans les écoles pour en extirper tous les symboles problématiques ? Ou, comme le suggère un site satirique, interdire partout les sapins de Noël dans les lieux publics, un peu comme la cigarette ? Pour briser en tout cas la résistance des forces de la réaction, si jamais le Conseil Général de Vendée obtient gain de cause, il suffira d’organiser des lâchers de chats dans les halls d’accueil abritant les  crèches de la honte. Car le chat, nos ancêtres au Moyen Age ne l’ignoraient pas, est un animal satanique ennemi de Jésus-Christ, attiré irrémédiablement par les décorations de Noël. Quiconque a déjà essayé d’assembler une crèche avec un chat dans la même pièce le sait : avec cette satanée bête à proximité qui fait voler les petits agneaux blancs et les santons dans tous les coins, qui se vautre de manière obscène dans le papier crépon et dégomme les boules de Noël, il est impossible de dresser correctement la moindre scène de Nativité. Le chat est l’arme fatale des anti-crèches. Il faut donc prévenir Jan Fabre[4. Mais les associations de défense des animaux resteront-elles sans réagir ou risque-t-on de voir les halls des Conseils Généraux et des mairies rebelles devenir le théâtre d’affrontement sanguinaires entre pro-chats et anti-crèches ?] . Il est l’ultime recours face à l’obscurantisme.

Mais le combat outrepasse les limites de la crèche ainsi que celles du hall du Conseil Général de Vendée. La grande croisade contre tout ce qui dépasse n’en est qu’à ses débuts. Inspirée par l’intervention d’un commando anti-sexisme (avec de vrais morceaux de Femen dedans), dans un magasin de jouets, la délégation sénatoriale aux droits des femmes a décidé de plancher sur le sujet problématique des jouets sexistes. Sa présidente, la sénatrice (UDI) Chantal Jouanno, a dévoilé les recommandations du rapport de la commission : création d’un site internet permettant aux parents de dénoncer les fabricants de jouets les plus sexistes (G.I Joe est sérieusement dans le collimateur ainsi que ce beauf phallocrate de Ken) et mise en place d’une charte de l’égalité des sexes dans les jouets, parce qu’il faut toujours une bonne charte de l’égalité quelque part. Les prochaines générations pourront nous remercier : non contents d’être au chômage et mal-logés, nous leur aurons concocté avec les meilleures intentions du monde une enfance aussi terne que leur avenir. Au moins ils auront appris très tôt que le Père Noël n’existe pas.

 *Photo : Michel Euler/AP/SIPA. AP21621644_000001.

Un ex-de la sécurité du FN pour remplacer Engelmann condamné?

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fabien engelmann fn hayange

Ils étaient onze maires FN, nouvellement élus, aux municipales de mars. Dans quelques semaines, ils ne seront sans doute plus que dix, voire neuf. Ce vendredi, le Tribunal administratif de Strasbourg a condamné Fabien Engelmann, le maire d’Hayange, en Lorraine, pour « un manquement d’une particulière gravité aux règles relatives au financement des campagnes électorales ». La cour a suivi l’avis rendu en octobre par la Commission nationale de vérifications des comptes de campagne, qui avait invalidé les comptes de l’édile, âgé de 35 ans. Elle l’a déclaré « inéligible pour une durée d’un an et démissionnaire d’office de son mandat de conseiller municipal de la commune de Hayange à compter de la date à laquelle son jugement revêtira un caractère définitif ». L’intéressé avait annoncé les jours précédant l’arrêt de la cour qu’il ferait appel au Conseil d’Etat de sa sanction.

La condamnation de Fabien Engelmann – précédée, en octobre, de l’invalidation par la justice, pour d’autres motifs, de l’élection du maire FN du Pontet, dans le Vaucluse – est un coup dur pour le Front national et ses Marine’s boys élus maires. Le parti entendait donner de lui-même une image « respectable » et « républicaine », à une fonction incarnant plus qu’aucune autre la proximité avec les citoyens. La chute prévisible du maire d’Hayange et peut-être celle de Joris Hébrard au Pontet, marquent sinon un retour, du moins rappellent les années 1990, lorsque l’élection du maire frontiste de Toulon Jean-Marie Le Chevallier avait été invalidée pour diverses irrégularités. À la même époque, à Orange, le maire FN Jacques Bompard, aujourd’hui membre de la Ligue du Sud, défrayait la chronique pour ses initiatives culturelles, d’un genre qu’on ne qualifiait pas encore d’identitaire, mais qui en avait le fond et la forme. De même, Fabien Engelmann (ce n’est pas la raison de sa condamnation) n’a pu s’empêcher, avec sa « Fête du cochon », en septembre à Hayange, de s’inscrire dans ces pas-là, le porc étant fêté comme un marqueur d’affirmation et de différenciation d’avec les « musulmans ».

Quel scénario pour Hayange, si le Conseil d’Etat confirme la décision strasbourgeoise ? Nous avons tenté, sans succès, de joindre la direction de la communication de la mairie d’Hayange pour obtenir un commentaire de la sanction frappant Fabien Engelmann. Marie Da Silva, l’ex-colistière du maire, qui a déchiré en novembre sa carte de membre du Front national, et qui, en septembre, avait alerté la Commission nationale de vérification des comptes de campagnes sur de possibles irrégularités dont elle aurait au passage pâti financièrement, a son idée sur la suite des événements. « Ce qu’il faudrait, pour le bien de la commune, c’est que le Conseil municipal démissionne et provoque ainsi de nouvelles élections, préconise l’ex-première adjointe, aujourd’hui simple conseillère municipale sans étiquette. Mais le jugement de Strasbourg n’oblige à rien en ce sens. Ce qui peut donc se passer, c’est une élection au sein de l’exécutif municipal pour désigner le successeur de Fabien Engelmann. Dans ce cas, le nouveau maire d’Hayange pourrait être l’actuel premier adjoint, Damien Bourgois. » Cet homme, une armoire à glace, est un ancien du DPS, le service d’ordre du Front national. « Un dur », dit de lui Marie Da Silva. Selon cette dernière, Fabien Engelmann, chassé par la porte, pourrait alors revenir par la fenêtre en devenant le directeur de cabinet du futur premier magistrat d’Hayange, « ainsi il pourrait continuer à tirer les ficelles ».

La majorité frontiste du conseil municipal hayangeois en serait déjà à se disputer la succession de Fabien Engelmann, dont l’ardeur à obtenir justice de l’injustice selon lui subie, pourrait agacer Marine Le Pen. Laquelle avait déclaré début octobre sur France Inter qu’Engelmann devrait démissionner et rendre sa carte du parti s’il était condamné pour « fraude » en cas d’invalidation de ses comptes de campagne. Le « coupable » en sursis se défend et s’accroche à cette branche : le Tribunal administratif de Strasbourg n’a pas retenu contre lui le chef d’accusation de fraude.

*Photo : DUCLOUX/SIPA. 00679069_000021. 

Affaire Zemmour : SOS Racisme favorable à la remigration?

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C’est reparti comme en 40 ! L’histoire se répète, et pas comme on l’aimerait : voilà Eric Zemmour aujourd’hui accusé d’avoir prôné la déportation des musulmans français. La faute à une reformulation de Stefan Montefiori, correspondant du Corriere della Serra à Paris : de son propre aveu, le verbe « déporter » ne figurait initialement pas dans la question posée à Eric Zemmour. Je cite notre confrère italien, pas zemmourien pour un sou : « Au terme d’une conversation sur Le Suicide français, les échecs de l’assimilation et du modèle multiculturel, je lui ai posé la question suivante: «Mais vous ne pensez pas que ce soit irréaliste de penser qu’on prend des millions de personnes, on les met dans des avions…»; il ajoute: «ou dans des bateaux», et je reprends: «pour les chasser?» Ce que j’ai résumé dans la formule qui fait scandale (…) Après avoir évoqué les exemples pied-noirs et allemands, Eric Zemmour décrit un chaos tragique. La guerre civile que Zemmour décrit n’est évidemment pas ce qu’il souhaite, mais ce qu’il voit venir. »

Cette petite fantaisie a eu comme premiers effets collatéraux la publication d’un article mensonger de Jean-Luc Mélenchon sobrement intitulé « Eric Zemmour veut déporter les musulmans ». Dans le langage contemporain, hanté par le fantôme de l’hitlérisme, qui dit déportation sous-entend extermination. Traduction : Zemmour = Eichmann.

Peu importe la falsification de ses propos, au nom du Bien, tout est permis. Au sommet de l’Etat, le ban et l’arrière-ban du gouvernement déconseillent à nos compatriotes de lire et d’écouter ce bougre de polémiste. Dans la foulée,  SOS racisme a dégainé en lançant une pétition sommant les employeurs d’Eric Zemmour de licencier ce malappris suintant la « haine ». Sur Twitter, l’association chasse le signataire par ces mots : « Toi aussi tu en as marre de Zemmour sur toutes les chaines et de voir Le Pen à 25% ? »  Appose ton paraphe au bas de cette lettre de cachet et tu éradiqueras d’un seul coup le vote frontiste et l’omniprésence médiatique du pamphlétaire le plus populaire de France. Dans sa fièvre épuratrice, SOS Racisme projette donc d’expulser du pays les 4.7 millions d’électeurs FN pour régler une bonne fois pour toutes la question du racisme. Eh oui, contrairement à votre serviteur,  l’association antiraciste soutient la remigration…  des « fachos »!


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Affaire Nabilla : le juge et la bimbo

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nabilla thomas juges

Il est évident que la détention provisoire de Nabilla est totalement disproportionnée, comme l’est son inculpation de tentative de meurtre – sans précédent pour de tels faits – et manifestement uniquement destinée à justifier la détention provisoire. En effet, pour des faits de violences volontaires, avec un couteau de table, sans plainte de la victime – qui est majeure et en mesure de s’exprimer – avec des secours appelés par la personne mise en cause (Nabilla en l’occurrence), et avec manifestement une incapacité de travail de la victime n’excédant pas une semaine (Thomas a participé à une émission de télé et a été jugé apte à subir sept heures d’audition par le juge d’instruction une semaine à peine après les faits), jamais le procureur ne se serait simplement impliqué personnellement s’il s’était agit d’une personne inconnue. Cette affaire aurait été traitée par un de ses substituts. Dans un grand nombre de cas, ce substitut n’aurait pas même poursuivi, mais classé sans suite, particulièrement dans une juridiction qui traite parmi les plus grands nombres de plaintes (là c’est le procureur lui-même qui se saisit de cette affaire et donc qui porte plainte – au nom du peuple français –) et ceci dans une juridiction qui non seulement croule sous les affaires mais est en sous effectifs de magistrats. Normalement, les faits reprochés à Nabilla auraient été qualifiés de coups et blessures volontaires et auraient fait l’objet d’une comparution libre au tribunal de grandes instances. La personne mise en cause n’aurait pas été incarcérée après sa garde à vue, qui aurait durée moins de 24 heures, et elle n’aurait éventuellement été condamnée qu’à une peine de quelques mois de prison avec sursis et peut-être à une obligation de soins (pour lui apprendre à gérer son impulsivité). Plus probablement, dans le cas d’une personne qui n’a jamais été condamnée et qui n’était de toutes façons pas en situation de récidive, il n’y aurait eu qu’un simple rappel à la loi. Il est évident que le traitement judiciaire que subit Nabilla est discriminatoire. Les avocats comme les journalistes qui prétendent comme le procureur que pour de tels faits, il est normal de mettre la personne inculpée en détention provisoire ne se trompent pas, ils mentent. La politique pénale aujourd’hui est d’éviter la prison le plus possible d’après la ministre de la Justice.

Beaucoup de « citoyens » se plaignent d’ailleurs d’une trop grande clémence de la justice qu’ils qualifient de « laxiste » particulièrement pour des faits de violences volontaires envers des personnes qui, pourtant elles, portent plainte. Des faits dont les auteurs, même récidivistes, sont souvent laissés en liberté par les magistrats d’après les policiers eux-mêmes, qui s’en plaignent. La détention préventive doit être exceptionnelle d’après la loi. L’usage de plus est de n’emprisonner des femmes que très exceptionnellement. Les femmes emprisonnées en France que ce soit en provisoire ou après condamnation ne représentent que moins de 4% de la population pénale (plus de 9 personnes emprisonnées sur 10 sont des hommes). Elles sont aujourd’hui à peu près 700 (0,00001% de la population française – 1 femme sur 50 000) à être en détention provisoire. On imagine facilement qu’elle le sont pour des faits autrement plus graves que ceux que l’on reproche à Nabilla. Qualifier ces faits de tentative de meurtre, sur son conjoint et avec arme qui sont des circonstances aggravantes, et qui est puni de la même façon que le meurtre lui-même (jusqu’à 30 ans) est une insulte pour les victimes de tels actes. Ces victimes portent plainte dans tous les cas où elles sont en capacité de le faire ou quand elles ne sont plus sous l’emprise de leur agresseur. Ce qui se dit sur cette histoire est que Nabilla aurait frappé son fiancé d’un coup de couteau de table dans une chambre d’hôtel alors qu’il voulait lui imposer sa présence après une dispute où il lui avait confisqué son téléphone portable (ce qu’il qualifierait de motif futile). Une jeune femme de mes connaissances qui ressemble un peu à Nabilla m’a raconté une histoire comparable : son ami lui avait confisqué son téléphone portable aussi après une dispute. En fait il voulait l’empêcher de sortir de l’appartement. Il avait fermé à clef et l’empêchait de sortir. Il l’empêchait aussi de fumer (du tabac), cela a duré plusieurs heures. Elle m’a dit avoir vécue cela comme une véritable agression, une séquestration en fait et à l’évidence s’en était une. Elle l’a insulté. Il l’a frappé, d’un coup de poing dans la figure. Bien que cette jeune femme soit impulsive et capable de riposter violemment à des agressions, là elle s’est suffisamment contrôlée pour seulement ne pas reculer. Elle m’a dit s’être tenu devant lui en lui disant quelque chose comme «Tu peux continuer à me frapper mais de toutes façon c’est fini entre nous. ». Heureusement, il n’a pas continué à la frapper, mais cela aurait pu se terminer plus mal et cela a pu tenir à presque rien, peut-être à la présence d’un couteau à porté de la main. En tous cas qualifier cette sorte de situation – un coup de couteau de table, lors d’une dispute entre deux protagonistes, par le plus faible d’entre eux – de tentative de meurtre est à l’évidence totalement disproportionné. Dans cette situation si la victime ne porte pas plainte, s’il ne s’agit pas d’un enfant, elle sait pourquoi elle ne porte pas plainte : sa responsabilité dans la situation est entière.

Tout le monde sait finalement pourquoi Nabilla est en détention provisoire après une garde à vue ayant atteint la durée maximum légale : parce que le Procureur pense qu’elle lui ment et que c’est elle qui à porté le coup de couteau. Et on ne lui résiste pas à lui – Procureur – surtout pas une « bimbo ». Elle doit avouer ! C’est-à-dire lui dire ce qu’il veut entendre. Quitte à faire un mésusage flagrant de la détention provisoire : Puisqu’elle résiste il va la « mater ». Elle n’a pas compris à qui elle avait à faire ! Elle n’avait pas (assez) peur. Alors il va la détruire. Socialement au moins, si ce n’est physiquement. Le temps de prison qu’elle effectue en provisoire sera nécessairement couvert par sa condamnation. Il le faut ! Sinon les indemnités (à la charge des contribuables) seraient énormes en ce cas d’espèce. À la hauteur du préjudice financier occasionné. Il s’agit d’une condamnation avant le jugement où le procureur et les juges, d’instruction comme des libertés qui lui sont subordonnés (officieusement et de fait) forcent la main des juges qui auront à rendre justice. Oui tout le monde sait de quoi il s’agit avec cette détention provisoire de Nabilla. Un acte d’autoritarisme d’un haut fonctionnaire narcissique. Cet acte consiste en effet à briser la vie d’une jeune femme de 22 ans pour se faire un petit plaisir clandestin et honteux (le procureur se cache). Mais personne n’est dupe et surtout pas ses collègues. Honteux ça l’est. Tout le monde le sait et cela pousse ce magistrat dans une course en avant. Il faut qu’il ait raison : que Nabilla soit une criminelle, reconnue et condamnée comme telle. Pour préserver son amour propre à lui. Pour qu’il puisse se dire qu’il ne s’agissait pas d’un abus de pouvoir. Alors sans complexe on peut construire une histoire où Nabilla est une récidiviste. Thomas avait été blessé par un couteau quelques temps auparavant ; il avait déclaré alors qu’il était tombé dessus : Le magistrat rétrospectivement déclare qu’il s’agit d’une agression de Nabilla.

Curieusement, pour cette première suspicion de coup de couteau, il ne s’agirait pas d’une tentative de meurtre, d’après le même procureur, mais de coups et blessures. Espérons pour Nabilla qu’il n’y ait pas eu trop d’accidents de râteaux dans les bacs à sable où elle a pu jouer autrefois. Alors, sans complexe les magistrats peuvent faire pression sur la victime, Thomas, 27 ans, une semaine à peine après la « tentative de meurtre » à son encontre, il est entendu pendant plus de 7 heures, comme un « mis en examen » ! Pour lui faire « avouer » que le coup de couteau avait été porté par sa fiancée. Au moins il a tenu bon pour ne pas porter plainte contre elle. Le juge a dû le menacer de prison pour dénonciation de délit imaginaire s’il n’accusait pas Nabilla. Reconnaissons que ce cas de figure est plutôt inhabituel où les magistrats font pressions pour obtenir des aveux de la victime (qui ne demande rien) afin de justifier leur comportement ; il faut que la victime avoue que le coupable est bien la personne qu’ils ont choisi de poursuivre. Oui, tout cela pour se faire un petit plaisir ! Si de tels faits avaient été reprochés à Mimi Mathy par exemple elle n’aurait pas fait plus de 3 heures de garde à vue. Mais Nabilla, malheureusement pour elle, on peut avoir envie de se la « payer ». On peut vouloir faire intrusion brutalement dans sa vie. Devenir inoubliable pour elle. On peut avoir envie, et même saisir l’opportunité de le faire pour peut que l’on soit dénué de scrupules, imbu de sa personne et que l’on soit en situation de le faire. Il y a un malaise dans la justice : la sélection des magistrats et leur pouvoir pose manifestement problème. On ne peut pas s’empêcher de penser que le motif principal de cette détention provisoire, clairement arbitraire, est le « sadisme ordinaire » à l’origine d’ailleurs de la plupart des violences faites aux femmes et particulièrement aux femmes désirables. En d’autres temps, les inquisiteurs, prédécesseurs de ces magistrats auraient soumis Nabilla à la « question » c’est-à-dire à la torture, dont la garde à vue est une survivance, et l’auraient promise au bûcher au lieu des 30 ans d’enfermement dont ils la menacent aujourd’hui. Comme chacun sait, à l’époque, les accusations de sorcellerie étaient prises d’autant plus au sérieux que les femmes qu’elles visaient étaient belles. Il faut changer la loi sur la détention provisoire et celle sur la garde à vue pour éviter de telles dérives. Il faut en finir avec la torture, même « light ».

C’est autour de 20 ans (le plus bel âge) que les souvenirs se gravent le plus durablement en mémoire. Nabilla même si elle sortait aujourd’hui restera marquée à vie par cette incarcération qui a tout d’une prise d’otage. Les abus de la justice ne sont pas nouveau, certes. Mais là ce qui est nouveau c’est que l’on considère que nous l’acceptons. On nous en fait non seulement les témoins, mais aussi les acteurs complices. Il ne s’agit pas d’une plainte qu’un magistrat monte en épingle pour la satisfaction au moins apparente de telle ou telle victime. Ici la plainte vient officiellement de nous. C’est en notre nom que le procureur la porte. Le garde des sceaux s’en lave les mains. C’est son choix, mais ce choix nous engage tous collectivement. L’indifférence générale face à ce scandale nous rappelle ces faits divers où une femme se fait agresser en public et où personne n’intervient… On pouvait s’interroger sur les causes d’une telle lâcheté. Nous pourrions nous questionner devant notre réaction face à l’incarcération de Nabilla. Nous devrions interroger nos propres réactions face à cette violence totalement disproportionnée à son encontre, face à cette « correction » que l’on fait subir à une jeune femme de 22 ans. On est tenté d’expliquer la lâcheté des témoins par la peur ; peur des agresseurs peur de la procédure judiciaire, peur d’être entendu longuement par les policiers et les magistrats.

Maintenant on perçoit aussi avec Nabilla le fait que les témoins ne s’identifient pas à la victime. Ils pensent qu’une telle chose ne risque pas de leur arriver à eux. Cette réaction est moins de l’indifférence que de la complicité. Et de façon remarquable ce sentiment ne concerne pas seulement les hommes (comme pourrait le laisser croire les spots de cinéma de lutte contre les violences faites aux femmes) mais aussi les femmes. Comme les hommes, les femmes taxent Nabilla de « bimbo », ou de « starlette » laissant entendre que son apparence justifie une particulière violence à son égard.

*Photo : wikimedia.

Le libéralisme intégral veut-il la fin de toute communauté humaine?

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gpa koenig liberalisme

On aurait tort de regrouper sous l’étiquette  « libérale » tous ceux qui défendent la liberté d’entreprendre contre l’omniprésence de l’État dans la vie économique et la multiplication des règles en tout genre. Beaucoup de ceux qui souhaitent libérer l’économie française de sa tutelle étatique ne sont pas, loin s’en faut, les adeptes d’un libéralisme politique absolu où l’État est réduit à une instance de promotion des désirs individuels de chacun. Ils assignent, au contraire, à l’État la mission de perpétuer la France et de garantir le bien commun de la nation.

Seule une minorité de « libéraux » prétend limiter le rôle de l’État à la satisfaction des désirs individuels. Parmi eux, le jeune philosophe Gaspard Koenig, président du think thank Génération libre, qui, dans sa chronique du 16 décembre publiée pour L’Opinion, défend une vision du droit qui se rattache directement à l’individualisme libéral, dans le droit fil des théories du contrat social de Hobbes, Locke et Rousseau.

Il affirme en effet que « c’est en se mettant au service de l’individu et de sa liberté de choix, et non en fantasmant un projet de société holiste, que l’État se trouve dans son rôle légitime », le holisme consistant justement à appréhender la société dans son ensemble, indépendamment de la simple addition de chaque individu.

De même que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers, il est dangereux de mettre la société au seul service de « l’individu et de sa liberté de choix », sans référence à un projet de société qui dépasse les contingences de chacun. Affirmer que la société n’existe que pour satisfaire les désirs individuels de chacun revient en effet à tuer tout esprit public, limiter tout sens du bien commun et affaiblir tout projet national.

D’abord, une telle idéologie part du principe que la finalité des hommes n’existe qu’au niveau individuel, la société n’étant qu’un moyen de permettre un épanouissement relevant avant tout de la sphère privée, dans la droite ligne de Benjamin Constant pour qui « notre liberté à nous doit se composer de la jouissance paisible de l’indépendance privée ». Or, l’homme n’a-t-il qu’une finalité individuelle ? N’est-il pas aussi et avant tout un être social ? Notre liberté ne consiste-t-elle donc pas à désirer communier avec nos semblables autour d’un esprit public ? En réduisant le rôle de l’Etat à un gendarme, gardien des intérêts privés de chacun, Gaspard Koenig montre qu’il n’assigne à l’homme qu’une finalité individuelle, la sociabilité n’étant chez lui qu’une fonction accidentelle de l’homme et non sa nature ontologique.

Par ailleurs, soumettre toute règle sociale au désir individuel et passager de chacun, c’est oublier l’inscription de l’homme dans le temps et son enracinement dans une histoire qui l’a façonné et dont il est pétri, même quand il souhaite s’en affranchir. Ce long travail du temps a forgé des institutions et des mentalités qu’un caprice individuel ne peut balayer au moindre prétexte. De même qu’une nation n’est pas composée uniquement des vivants mais qu’elle s’étend aussi à tous les morts (« La terre et les morts » selon Maurice Barrès), il est illusoire de vouloir gouverner en se fondant sur les seuls désirs fugitifs d’une majorité de circonstance, sans tenir compte du poids de l’histoire dans la constitution de notre propre identité. Cela n’exclut nullement une évolution du droit ; cela signifie simplement que l’Etat ne doit pas se situer uniquement sur le registre de l’instantanéité d’une décision et de l’immédiateté du temps présent, sans se soucier des bouleversements que cela peut impliquer. L’Etat est aussi le gardien d’une mémoire collective, il ne gère pas que des intérêts particuliers.

Enfin, si l’Etat n’est qu’une institution destinée à arbitrer les désirs individuels de chacun, rien n’interdit que soient légalisées des pratiques que la morale commune ou que le simple bon sens réprouvent. C’est ainsi que Gaspard Koenig plaide en faveur de l’assouvissement des désirs les plus fous, pourvu qu’ils soient libres et ne lèsent personne, par exemple la gestation pour autrui, « une pratique qui ne nuit à personne, repose sur le libre consentement d’individus majeurs, et reste dissociée des questions de filiation » (sic).

Sans entrer dans la contestation de ses allégations (la GPA ne nuit-elle vraiment à personne ? Est-elle réellement dissociée des questions de filiation ?), il est fondamental de comprendre les dangers d’une telle vision du droit qui se rattache directement à l’article 4 de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen selon lequel « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », sans autre forme de régulation que ce soit. Si les frontières de la liberté sont aussi vastes, alors, le droit peut tout autoriser tant qu’on ne porte pas préjudice à autrui.

Mais ce seul critère est-il suffisant ? Le droit ne peut-il être défini que négativement, ses seules limites se situant dans les dommages potentiels de son application à autrui ? Le restreindre ainsi, c’est construire une société a minima, fondée non plus sur un héritage commun et un idéal partagé mais sur une ligne de front séparant deux ennemis potentiels. Cela revient à considérer que les hommes n’ayant d’aspirations qu’individuelles, le droit n’existe que pour trouver un modus vivendi entre des individus aux intérêts potentiellement antagonistes, animés chacun par un ubris démesuré que vient encadrer une législation qui ne fait que fixer des balises extérieures à l’action des hommes. La définition de l’Etat-gendarme en somme.

Prôner une telle vision du droit, c’est partir implicitement d’un constat d’échec, c’est avoir renoncé à toute forme de communion supérieure entre les hommes, c’est organiser juridiquement la société en partant du principe que chacun ne cherche que son seul intérêt, sans aucun idéal transcendant. Certes, le droit n’est pas la morale mais il est plus vaste qu’un simple fil barbelé entre les hommes. Pour Celse (IIème siècle après Jésus-Christ), le droit est ce qui est bon et équitable (« jus est ars boni et aequi »), pour saint Thomas d’Aquin (XIIIème siècle), il est ce qui est juste (« jus est id quod justum est »). Il est toujours la recherche d’une certaine perfection. Ce n’est que lorsque la société est complètement délitée qu’il se limite au tracé des frontières.

En fin de compte, adopter une telle définition du droit, c’est rêver d’une société où chacun se contente d’habiter chez soi, sans communion réelle avec ses semblables, sans racines et sans histoire. Une société qui procède du contrat librement conclu par les citoyens, librement révocable à chaque instant, où chacun est interchangeable. La société de l’individu-roi, où tout désir peut trouver une forme de consécration juridique. Le contraire d’une société enracinée.

Bibliothèques

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livres bibliotheques bradbury

Coup sur coup, je viens d’hériter de deux grandes bibliothèques, splendides, en bois plein, fort pratiques, mieux adaptées à des livres que les rayonnages préfabriqués proposés par telle grande marque suédoise…

« Hériter » n’est pas exactement le mot : deux vieillards sont morts — c’est leur rôle —, et leurs héritiers, ne sachant que faire de leurs livres et de ce qui les contenait (ah, les gueux !), m’ont proposé de récupérer bouquins et rayonnages.
Pour être honnête, je n’étais pas leur premier choix : ils ont commencé par contacter Emmaüs — qui n’en a pas voulu. Les livres, ils croulent dessous, ils n’en ont que faire, et les bibliothèques, voyez-vous, c’est lourd à porter (ô combien !), ça prend de la place — et surtout, personne n’en veut.
J’ai donc eu le privilège d’embarquer  les livres et les meubles. Parce que « bibliothèque » est, comme « bureau », un remarquable exemple de transfert contenant / contenu. C’est à la fois le meuble, l’immeuble, et les livres qu’ils contiennent. Gratuitement : un livre, voyez-vous, ça ne vaut rien. Ou ça n’a pas de prix.
J’en ai fait mes choux gras.

Ai-je tort de voir dans cette désaffection des livres jetés à la rue un signe calamiteux des temps présents et à venir ? On nous propose des « liseuses » qui dématérialisent les livres. Nous sommes assaillis d’écrans, Internet nous offre des millions de livres sur un plateau, mais surtout, plus personne ne lit.
Si, bien sûr : un petit carré résiste encore et toujours aux envahisseurs barbares, gens de télévision, ministres de l’Inculture, contemporains perpétuellement pressés qui croient que s’habiller en Zadig & Voltaire leur donnera de la culture, hommes politiques dont le discours personnel, quand leurs nègres ne les leur soufflent pas, se réduit à trois invectives. Mais les temps sont menaçants : la dystopie bradburyenne n’est plus une fiction, mais ça ne se passe pas comme l’avait imaginé l’auteur de Fahrenheit 451. On ne brûle pas les livres : on s’en passe. On ne détruit plus les bibliothèques (lire à ce sujet le remarquable ouvrage de Lucien X. Polastron, Livres en feu, opportunément réédité par Folio : l’auteur y répertorie toutes les bibliothèques incendiées par bêtise — parfois — ou par conviction religieuse — souvent. On en sort effaré). On les jette.
Déjà on a supprimé du lectorat potentiel tous ces gosses auxquels on n’a pas appris à lire — ou à qui, quand bien même on leur aurait enseigné le déchiffrage, on n’a pas donné le goût des livres, l’amour de l’odeur du papier, le grain sous le doigt, le geste mécanique et sensuel pour porter son doigt à ses lèvres avant de tourner la page. Puis on a imposé cette culture des écrans devant lesquels nous sommes résolument passifs, alors qu’un livre impose une participation active. J’ai expliqué il y a deux ans, dans la Société pornographique, tout l’écart qui sépare un livre érotique (« L’orgueil qu’elle mit à résister et à se taire ne dura pas longtemps… ») d’un quelconque film pornographique où tout nous est imposé. Un livre offre au lecteur intelligent un choix perpétuel.
Un vrai livre, bien sûr — pas le gloubi-boulga imprimé dont on nous gave. Les libraires — une profession en grand péril, et qu’il faut soutenir de son mieux, au lieu de commander ses bouquins sur tel site marchand qui vous offre indistinctement des sex-toys, de l’électronique ou des poupées Barbie, et des « liseuses », qui ne sont malheureusement pas des lectrices — ont d’ailleurs exprimé avec humour l’obligation qui leur est faite de vendre des merdes afin d’attirer le chaland vers des ouvrages plus précieux.

J’ai donc récupéré en six mois deux fois trois mètres linéaires de bibliothèque sur deux mètres de haut — de quoi ranger 20% de mes livres. Cela me tient chaud, moi, les bouquins. J’ai rangé à nouveau tous ces bouquins lus et souvent relus. Caressés. Cornés. Surlignés. Portant des traces de mes passions et de mes coups de cœur. En creux, ils racontent mon histoire. Ils disent qui je fus. Qui je suis.

Mais déjà — un effet de l’âge, sans doute — je m’interroge. Que deviendront ces livres si merveilleusement aimés quand je disparaîtrai ? Mes héritiers n’en ont que faire, je le sais bien. Il serait sage de les distribuer aux amis avant ma mort. Qu’ils les lisent en pensant à moi — puis, si le livre est bon, qu’ils les lisent sans plus penser à moi. Là où je serai, ça me sera bien égal, au fond — mais je me réjouis par avance des perles et pépites qu’ils dénicheront dans le millier d’ouvrages de tous ordres que je mettrai à disposition de leur avidité intellectuelle. Alors, à l’annonce de ma disparition, précipitez-vous, et emportez ce qu’il vous plaira.
Les livres, et ce qu’il restera dans ma cave, que lesdits héritiers seraient bien capables de vendre aux enchères, au lieu de le boire à ma santé. Un bon livre et un bon vin — et, pas trop loin, une présence dont on caresse la cuisse en lisant. Le bonheur, au fond, c’est simple comme un livre feuilleté — effeuillé. Ouvrir un livre est au fond d’une indécence voluptueuse.
Oui, je vous invite à la plus fabuleuse orgie qui soit — et dont on sort ragaillardi, au lieu d’en être épuisé. « Grow your penis », promettent les annonces mensongères de l’industrie pornographique. Eh bien, la lecture vous accroît démesurément. Et je plains ceux qui m’ont donné ces bibliothèques, et qui n’ont même pas pensé qu’ils se privaient ainsi de la plus suave des jouissances — toujours recommencée.

 *Photo : wikicommons.

La réforme pour tous!

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reforme alain minc

Aaaaah !!!! « Réforme ». Le mot de la peur ! Depuis quarante ans, nous l’agiter sous le nez c’est comme vendre Causeur dans un congrès de mollahs iraniens. Parce que trop souvent « réformes », « réformer », « remettre à plat », sonnent comme l’inquiétante promesse de se faire assassiner du portefeuille. Gratter les os du compte en banque. Au nom de la « compétitivité », toujours ! Ou de « l’égalité ».

Hein ? Vous avez remarqué comme moi ? Oui ! La « réforme », c’est comme le fleuve des enfers. Va toujours dans le même sens. Vers le pire et le douloureux. Vers la prodigieuse usine à gaz. Vers le détroussage élégant du bleu de chauffe par la cravate club.

Pourtant, je suis un contribuable responsable. Et un bon assujetti social ! J’accepte ! Oui aux réformes ! Réformons à pleins tuyaux !

Mais désormais, pour être bien sûr qu’on ne nous présente pas… à nous les pauvres…. la facture de la lumineuse initiative, je propose ci-devant sur le plateau de BFM TV qu’à partir d’aujourd’hui, chaque personne prononçant le mot réforme…. sur l’ensemble du territoire français…. voit automatiquement son salaire ramené à 1500 euros mensuel ! Recta ! Saignant ! La réforme pour tous ! Tu dis « réforme », même en parlant de cuisine, zag : 1500 euros/mois. Pas un dinar de plus. Pendant 20 ans ! Et mise en application surveillée par une commission d’anciens khmers rouges. Les plus féroces !

Alain Minc ? « Réforme, réforme ! » Zag ! 1 500 euros ! Tous les comptes ramenés sur un « courant » du Crédit Agricole. Et le reste aux petites soeurs des pauvres ! Attali, pareil ! Ah bah… on va voir si ça fuse les idées gigantesques maintenant ! Les « mesures-courageuses-pour-la-compétitivité » ! « les projets pour l’avenir ». Les apôtres de la mégamachine, je les attend à la caisse de Ed l’épicier. Moi aussi j’ai un plein caddy de réformes pour sauver notre système de retraite ! Et faire revenir les investisseurs ! Et rassurer les marchés ! Et désesespérer la Seine Saint-Denis ! Mais je n’ai pas les moyens d’en faire supporter les conséquences par les autres.

Parce qu’avec 1500 euros dans le burlingue chaque mois, on y réfléchit à 1500 fois avant de se lancer dans les hasards. Et on a le bon sens beaucoup plus affuté. On la sent d’instinct la fabrique à chômage. La réforme qui ne sert à rien. On a le budget bien équilibré de nature. Crois moi Aymeric Caron…. Tu vas le voir différemment le brushing Dessange avec 1500 euros sur la master gold. Les réformes, ça fait 40 ans qu’on en fait des programmes, au moment du bilan, c’est toujours les plus prolos qui on sorti le carnet de chèques.

C’est nigaud hein ? Mais les ploucs, les plombiers et les boniches, à force de toujours payer seuls les factures des « réformes », eh bien quand ils entendent le mot maintenant…ils ne sortent pas le révolver… mais le bulletin de vote… Et toujours pour la même.

Insécurité : les faits contre les chiffres

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 « Je suis de plus en plus préoccupé par l’insécurité qui se développe à Paris. (…) La montée de l’insécurité est due à l’afflux incontrôlé depuis trois ans d’une immigration clandestine de la plus mauvaise qualité. » L’auteur de ces propos est Jacques Chirac cuvée 1984. Mais peu importent au fond les palinodies du RPR ou du PS sur le sujet depuis trente ans : la bizarrerie tient en ceci que le « sentiment d’insécurité » n’ayant fait que croître tout au long de cette période, les gouvernements et les oppositions successifs se relayant pour l’exploiter ou le minorer selon leurs intérêts et positions du moment, on ne sait toujours pas réellement si l’insécurité au sens large est la même depuis les années 1970, si elle a augmenté ou si elle a diminué. Les chiffres bruts de l’homicide en France illustrent à merveille ce désaccord profond entre le sentiment de la population et les faits déclarés. Ainsi, entre 2000 et 2012, le nombre des homicides a chuté de près de 40 %, passant de 1 051 à 665. En revanche, les agressions violentes non crapuleuses augmentent régulièrement, 3 % de plus encore cette année. Est-ce dû au plus grand nombre de signalements ? À une présence accrue de la police ? À l’obsession médiatique ? À des chiffres trafiqués ?[access capability= »lire_inedits »]

En attendant, quand bien même l’insécurité serait seulement un « sentiment » sans lien avec la réalité, ce sentiment lui-même est un fait. Un autre fait est que « l’insécurité » est nettement associée à la présence d’étrangers ou perçus comme tels. Phénomène qui n’a rien de nouveau mais qui a tendance à se généraliser aujourd’hui. On accuse généralement le Front national d’avoir exploité et, partant, encouragé cette peur. En réalité, c’est la droite d’il y a trente ans qui a, la première, mis le sujet sur le tapis, au début des années 1980, au moment où la montée vertigineuse du chômage laissait craindre la formation de « classes dangereuses ». Non sans raison. Aujourd’hui, les dégâts de la mondialisation nourrissent encore un peu plus le sentiment d’« invasion ».

Reste à expliquer cette discordance persistante entre l’insécurité « réelle » et l’insécurité « sentie », discordance qui permet de disqualifier la seconde, sous le nom de « fantasme sécuritaire ».  Le criminologue Alain Bauer fustige le terme même : « Il n’y a pas plus de “sentiment d’insécurité” que de beurre en branche. Cette très mauvaise traduction de l’anglais “fear of crime” (“la peur du crime”) visait essentiellement à sous-estimer, voire à mépriser, les remontées des victimes. Il y a un climat d’insécurité porté par l’augmentation massive des atteintes et violences aux personnes. »

De bons esprits imputent l’importance, excessive selon eux, prise par la « question sécuritaire » dans la tête de nos concitoyens à la multiplication des moyens de police et de contrôle, qui ne ferait que braquer les projecteurs sur une réalité autrefois ignorée, avec la complicité de médias avides de sensations. En somme, ce n’est pas l’insécurité réelle qui augmenterait, mais l’insécurité mesurée.

Mais qu’ils soient cachés ou exhibés, que l’on souhaite apeurer la population ou la rassurer, tous les chiffres de la police sont trafiqués, c’est même la seule science sûre en la matière depuis deux siècles. Le dernier exemple en date de l’influence politique fâcheuse sur le travail de la maréchaussée serait, selon Bauer, la préemption des chiffres du nouveau service statistique ministériel de sécurité intérieure (SSMSI) par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur : le 19 novembre, les deux hommes ont brûlé la politesse à leurs experts et vanté devant la presse les excellents résultats de leur politique. C’est-à-dire qu’ils ont choisi de mettre en avant les bons chiffres. Le criminologue, plus apprécié à droite il est vrai, y voit « une sorte de brutale régression dans le traitement de l’information, a contrario de la volonté affirmée des derniers ministres de l’Intérieur ». Au nouvel outil ministériel, Bauer préfère l’ONDRP (Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale), toujours en activité : « Indépendant et efficace, il ne se base pas uniquement sur les plaintes enregistrées par les services mais aussi sur l’enquête nationale de victimation, qui a réussi à donner plus d’informations en cinq vagues de remontées que la statistique policière en cinquante ans. » Sans doute. On rappellera cependant que la « politique du chiffre » de Nicolas Sarkozy dans la police n’a pas eu de résultats très heureux. Et que les statistiques de l’insécurité n’étaient pas plus transparentes pendant son quinquennat.

De toute façon, dans la jungle des chiffres, il est difficile de démêler le faux du vrai. On peut au moins faire preuve de bon sens et observer que, dans de nombreuses communes urbaines, voire « sensibles », comme Montfermeil, la vidéosurveillance a permis de faire diminuer fortement la délinquance, alors que dans des communes jusque-là trop tranquilles, ou trop pauvres pour s’équiper, l’insécurité augmente.

Les statistiques font aussi apparaître de nouvelles tendances. Les derniers chiffres de l’ONDRP révèlent un déplacement de la délinquance vers la campagne ou le « périurbain ». Sur l’ensemble des agressions contre les forces de l’ordre, c’est de plus en plus souvent la gendarmerie qui est visée : dans ses rangs, 5 109 personnes ont été « victimes d’atteintes », soit près de 30 % de plus que l’année précédente. La baisse notable de la délinquance et de la criminalité en Seine-Saint-Denis et à Marseille (hors règlements de comptes du grand banditisme) semble corroborer ce diagnostic. L’ennui, c’est que, dans ces deux cas, le « sentiment » d’insécurité, lui, ne semble pas avoir bougé d’un iota. Ça ne leur suffit pas, à ces ploucs, qu’on ne tire pas à la kalach en bas de chez eux, ils voudraient encore qu’on évacue les dealers des cages d’escalier…

Y aurait-il deux France, une qui échapperait peu à peu à l’insécurité quand l’autre s’y enfoncerait ? Dans les zones de sécurité prioritaires (ZSP), mises en place sous le ministère de Manuel Valls, des progrès notables ont été accomplis dans la lutte contre le trafic de drogue, selon le dernier rapport parlementaire sur le sujet. Et les violences urbaines sont en baisse. Le gouvernement se félicite aussi de la baisse des cambriolages de 4,3 % et des vols à main armée de 14 % sur les dix premiers mois de l’année. Mais il y a la seconde France. Selon la Fédération française des assurances, les cambriolages avaient déjà bondi de 50 % de 2008 à 2013 et, d’après l’ONDRP, le pays subit un cambriolage toutes les quatre-vingt-dix secondes, les maisons de campagne étant particulièrement visées. Des campagnes longtemps épargnées, qui ont l’impression d’être livrées au pillage : toutes sortes de choses y sont volées, des animaux aux fruits et légumes, des outils aux tracteurs en passant par le carburant. Alain Bauer réfute cette interprétation : « C’est surtout la modernisation de l’outil statistique de la gendarmerie qui produit cet effet en obligeant à intégrer tous les faits. » Encore une fois, ce serait seulement le thermomètre qui s’affole.

Mais surtout, et c’est ce qui explique la persistance déplorable de ce fichu « sentiment d’insécurité », la violence au sens large, et particulièrement la violence gratuite, est en hausse dans 76 des 96 départements métropolitains, selon l’ONDRP. Parmi ces violences, celles dont le but est le vol diminuent de 2 % tandis que les violences « sans raison » (sauf à considérer qu’un regard est une bonne raison) augmentent, elles, de 8 %. À la fin du premier semestre 2014, la barre des 500 000 cas connus de violences aux personnes a été franchie pour la première fois. Les « coups et blessures volontaires suivis de mort » ont augmenté de 50 % en un an. Ce qui, il est vrai, représente « seulement » une cinquantaine de décès supplémentaires.[/access]

*Photo : Pixabay.

Zemmour : halte à la chasse aux sorcières!

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eric zemmour censure

eric zemmour censure

Eric Zemmour vient d’être victime d’un lynchage politico-médiatique pour des paroles qu’il n’a pas prononcées! Le journaliste italien a démenti le soir même. Eric Zemmour a mis les choses au point sur RTL. Malgré cela, les associations habituelles ont demandé sa mort professionnelle en appelant à son boycott dans les médias, et menacent de porter plainte. Elles savent qu’elles perdront, elles veulent donc faire exécuter la sentence qu’elles désirent avant même le procès et le verdict!

Il se trouve que tout ça a commencé le jour où je l’interrogeais à l’Espace Ecully sur « ces 40 années qui ont défait la Famille » – 600 personnes étaient là pour l’applaudir et se faire dédicacer son livre! Tous ceux qui l’ont écouté ont trouvé cette conférence très intéressante. Auparavant, c’est 520 étudiants de l’EM Lyon qui l’avaient applaudi. Et je peux vous dire pour l’avoir vécu en direct, étant aux côtés de l’auteur, que tout cela n’est qu’une machination!

Mais au-delà du « cas Zemmour » (certains diront « il l’a bien cherché » et « il n’est pas à plaindre »…),  c’est la liberté d’expression de tous qui est menacée en France, la liberté d’expression de tous ceux qui ne pensent pas « conforme » (ceux qui se sont engagés dans la manif pour tous ont pu s’en rendre compte ; ils ont touché du doigt à quel niveau se situait la propagande médiatico-politique) !

Eric Zemmour a notamment été un relais fidèle et courageux de lutte contre l’idéologie libérale -libertaire que les puissances de l’argent, le lobby LGBT, les féministes misandres veulent imposer! Il l’a fait notamment sur iTélé!

Aujourd’hui le lobby du baby-business jubile, Pierre Bergé, Vallaud-Belkacem,etc. Eric Zemmour défend les racines chrétiennes de la France, sa culture, son héritage, son Histoire, c’est là son crime principal! Il a engagé un combat contre l’idéologie issue de 68 qui domine partout et veut maintenant s’imposer par la loi et le contrôle total des médias! Il est une menace pour ceux qui dominent depuis quarante ans, ils veulent l’éliminer par tous les moyens!

Allons-nous rester inertes?

Attention, si l’élimination de Zemmour passe comme une lettre à la poste, ses ennemis n’auront plus de limites…Quoi que vous pensiez de lui, il est du devoir de chaque citoyen attaché à la liberté d’expression (et particulièrement à la liberté de la Presse ) et à la démocratie de réagir!

Voulez-vous vivre dans une nouvelle URSS, avec une presse Officielle qui défend la ligne autorisée et où les dissidents sont éliminés sans procès?

Voulez-vous vivre dans une nouvelle Amérique maccarthyste où ceux qui ne pensent pas « conforme » n’ont plus le droit de travailler?

C’est bien pourtant vers cela que se dirige la France!

Alors, que faire? D’abord dénoncer cette atteinte insupportable à la liberté d’expression, qui plus est  par des journalistes (qui n’en ont que le nom et qui sont plutôt les porte-parole de l’idéologie libérale-libertaire et du politiquement correct) qui se sont fait les relais d’une injonction politicienne! Manifester le cas échéant à la rentrée…

Mais ce que vous pouvez faire tout de suite, c’est marquer votre indignation en achetant le livre d’Eric Zemmour, car le résultat sera visible immédiatement!

Lisez-le si vous ne l’avez pas encore fait, et sinon offrez-le ! 22,90€ pour marquer votre résistance, c’est abordable! (cela va sans dire, je ne touche pas le moindre centime sur les ventes). Vous verrez que Le suicide français va beaucoup plus loin que ce qu’en ont dit les médias hostiles.

Joyeux noël et bonne année !


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*Photo : Hannah.

Nos idées cadeaux

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noel cadeaux causeur

noel cadeaux causeur

Objets

Si vous consommez des boissons gazeuses, précipitez-vous sur la plus grande invention du XXIème siècle , la machine à bulles Sodastream. C’est pratique, économique, écologique, et quasiment magique. En supplément gratuit, vous aurez le bonheur d’énerver les antisionisses qui honnissent ce produit 100% israélien . BDS, tu l’as dans les…

sostream

Marc Cohen

– Les fameuses peluches « Road kill« . Tout est dans le titre. Et la photo !

L’urinoir féminin, parce que l’indifférenciation sexuelle n’a plus de limites de nos jours !

Rachel Binhas

Un « griffoir pour chat » à l’effigie de Kim Jong-Un.

François-Xavier Ajavon

Le CD pour enquiquiner ses voisins : marre des pleurs du bébé d’à côté ? des gloussements du voisin du dessus ? des cris orgasmiques venus de l’étage en dessous ? Ce disque antisocial est fait pour vous ! Plus efficace qu’un coup de fil à la police, qui a d’autres chats de nuit à fouetter, ce CD accompagné de boules Quiès (on n’est quand même pas kamikaze !) contribuera à l’amélioration du le vivre-ensemble dans votre immeuble de cœur de ville, comme disent nos politiques… 20 titres plus insupportables les uns que les autres, du marteau-piqueur au bébé qui chiale, en passant par les classiques couinements post-coïtaux, votre voisin m’en dira des nouvelles !

Daoud Boughezala

Livres

Outre les livres dont j’ai parlé cette année dans Causeur, et que je rerecommande  rechaudement, comme le Dico rock de Michka Assayas.

Comme dans les cas de ses collègues Simon Leys, Stephen Jay Gould, ou Nick Tosches, on peut acheter les yeux fermés un essai de Boorstin même si on ne connaît rien au sujet abordé, ou si on est en désaccord partiel ou total avec sa vision du monde, parce que c’est toujours un enchantement. Un grand bravo donc à Bouquins-Laffont d’avoir publié cette année, après les extraordinaires  Les Découvreurs et L’Histoire des Américains, Les Créateurs, qui raconte exquisément l’histoire des arts de Cro-Magnon à Picasso en passant par Bach et Dickens. En France, le totalitarisme déconstructiviste a banni l’encyclopédisme. Aux USA, c’est toujours légal, profitez-en !

PS : un bon livre, c’est mieux de l’acheter chez un bon libraire !

Marc Cohen

Le Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques 16mm et 35 mm, par les éditions Serious Publishing. « Ce dictionnaire répertorie 1813 longs métrages français érotiques et pornographiques, tournés en 16 et 35 mm, des origines à nos jours. Chaque film fait l’objet d’une notice détaillée : fiche technique, distribution, résumé, critique, notes, interdictions, date de sortie et salles d’exclusivité, titres alternatifs, mais aussi avis de la Commission de censure justifiant les interdictions et demandes de coupes. Ce travail a été complété par de longues recherches dans les archives du CNC, par des témoignages de producteurs, cinéastes, techniciens et comédiens et propose pour la première fois un recensement exhaustif des œuvres françaises dites pornographiques, tournées entre 1974 et 1996. » Attention, un peu cher, si j’ose dire, pas pour toutes les bourses.

Rachel Binhas

Les noirs et les rouges, d’Alberto Garlini (Gallimard, 2014) : Ma moumoutte dans la main m’a empêché de recenser ce roman, pourtant l’un de mes derniers coups de cœur. En pleines années de plomb, étudiants fascistes et anarchistes s’affrontent dans tout le pays. 1969, année de naissance de l’auteur, voit Milan exploser Pizza Fontana, sans qu’on sache vraiment à qui imputer l’origine de la violence. Dans ce roman épique traversé par l’amour, on suit un jeune fasciste orphelin de père qui trace sa voie au sein du MSI. Il tue accidentellement un jeune gauchiste, puis rencontre la sœur de sa victime, dont il tombe éperdument amoureux. Vous voyez le tableau… Au fil des pages, dans un style qui donnerait des complexes à n’importe lequel de nos jeunes auteurs, Garlini nous emmène dans les méandres de l’Etat profond italien, là où fascistes, démocrates chrétiens et gauchistes s’imbriquent tant et si bien qu’on ne sait plus in fine qui manipule qui. Vertigineux jusqu’à la dernière ligne.

Daoud Boughezala

Disques 

Renaud, c’est le meilleur chanteur français du monde, et cette compil nous offre pour un tarif chomiste en fin de droits le best of the best. Tout y est, sauf hélas « Ma chanson leur a pas plu », mais comme dirait l’autre, n’en parlons plus !  Le meilleur rapport qualité-prix des « nouveautés » 2014 , croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer !

Marc Cohen

DVD

Le coffret DVD de Justice à Vegas des réalisateurs Denis Poncet et Jean-Xavier de Lestrade (qui ont remporté en 2002 l’oscar du meilleur film documentaire, ce n’est pas rien). Une série documentaire réunie en 5 dvd te permettant de découvrir le système judiciaire américain. A chaque épisode (52mn chacun), le spectateur est invité à découvrir une histoire criminelle. « Les caméras filment au plus près victimes, accusés et avocats. On peut ainsi découvrir les tractations entre partie civile et défense, et les stratégies employées par les uns et les autres. » De très grande qualité.

Rachel Binhas

The Big Lebowski, assorti du beau livre des éditions Séguier Je suis un Leboswki, tu es un Leboswki : pour toutes les raisons que j’ai expliquées ici avec mon compère Olivier Maulin. Que dire de plus, sinon que ce chef d’œuvre contient l’une des scènes les plus violentes de l’histoire du cinéma, sans qu’on y voie une seule goutte de sang ? Je ne veux pas parler de la baston finale à la sortie du bowling au cours de laquelle Sobchak arrache l’oreille d’un nihiliste, mais de la scène de la baignoire. Pépère dans sa baignoire Jeff Bridges y croise la route d’un furet surexcité. Pour une âme sensible comme la mienne, allergique aux films gore d’un Cronenberg, voir le Dude se débattre avec cette bestiole est bien le summum de la cruauté filmée.

Daoud Boughezala

 

*Photo : christmasstockimages.

Noël : où crèche la laïcité?

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femen laicite creches

femen laicite creches

« Le temps critique, pour une religion, est celui où elle subit l’action de la société civile plutôt qu’elle ne l’inspire », écrivait le sociologue Gabriel Lebras en 1956[1. Gabriel Lebras. « Sociologie religieuse et science des religions». Archives de la Sociologie des Religions. n°1. Janvier-Juin 1956. p. 16]. Les temps semblent à nouveau devenus critiques pour les catholiques. Le Pape François se fait enguirlander dans l’esprit de Noël par Jean-Luc Mélenchon, on se dépoitraille plus facilement dans les églises qu’au Cap d’Agde et quand les Femen s’amusent à sonner les vénérables cloches de Notre-Dame de Paris à coups de bâton, on les récompense en collant leur bobine sur les timbres afin que les catholiques indignés soient obligés de mettre un coup de léchouille à Inna Shevchenko à chaque fois qu’ils envoient une lettre de protestation. De manière générale, depuis que les catholiques se sont permis de descendre dans la rue pour manifester au lieu de rester tranquillement dire le bénédicité devant le poulet du dimanche, le « A bas la calotte » semble être revenu en force chez tous les défenseurs de la liberté de la fermer pour tous, surtout pour ceux qui ne pensent pas comme il faut.

Et comme si cela ne suffisait pas, après avoir applaudi le sapin de Noël en forme de sextoy  installé place de la Concorde, on juge en revanche scandaleux l’installation de crèches de Noël dans les espaces d’accueil au public des collectivités. Après la polémique suscitée par l’installation d’une crèche de Noël au conseil général de Vendée, celle de Robert Ménard à Béziers dont l’installation vient d’être validée par le tribunal de Montpellier, à laquelle s’ajoute désormais le scandale du chandelier de Hanoucca, partout, les crèches de la discorde se multiplient et si Che Guevara était encore là, il s’écrierait certainement : « un, dos, tres, muchos bélenes[2. Qui veut dire « crèche » en espagnol, tout le monde l’aura compris.] ! » La polémique a en effet rebondi avec la décision prise par Nicolas Sarkozy d’installer une crèche géante dans le hall d’entrée de l’UMP. On ne sait pas encore si elle représentera le petit Jésus de la droite accueilli au bercail par l’âne Jouyet et le bœuf Fillon en train de lui souffler dans la nuque mais on apprend en tout cas que « cette crèche exposée par Sarkozy est un cadeau de Ciotti qui soutient, dans l’arrière-pays niçois, le traditionnel circuit des crèches. » Mazette, la filière des crèches niçoises…Ce n’est pas rien tout de même, le Pape François bataille peut-être courageusement avec la N’Drangheta en Italie mais nous, en France, nous sommes confrontés aux agissements de la Crèche Connection. Partout, circulent sous le manteau santons et papier crépon, agneaux blancs et petits ânes aux yeux doux passant de main en main, symboles de la lutte contre la tyrannie. Il y a même sur twitter un hashtag #TouchePasAmaCrèche pour manifester « un soutien inconditionnel à toutes celles et ceux qui veulent exposer leur crèche ! » Face à ce déferlement de créchisme haineux et insupportable, les pouvoirs publics se mobilisent pour défendre la laïcité menacée. Le tribunal administratif a ainsi jugé que ce symbole religieux met à mal « la neutralité du service public à l’égard des cultes » et le sacrosaint principe de laïcité.

La laïcité se porte pourtant très bien cet hiver et la nouvelle collection du prêt-à-penser 2014 recycle avec goût les vieux habits laïcards. Il y a peu de chance que ces habits-là prennent la poussière, on aime les ressortir en France assez régulièrement. « Nos origines nous ramènent vers le passé, la République nous tire en avant. Elle nous conduit vers l’idéal selon l’expression de Jean Jaurès », proclame sur son site la Fédération de la Libre Pensée, à l’origine de la plainte déposée contre le Conseil Général de Vendée. Justement, du temps de Jaurès et du petit père Combes, l’anticléricalisme passionnait les socialistes français au point que leurs camarades allemands s’arrachaient les cheveux en constatant que la lutte anticléricale prenait le pas sur la lutte des classes. Maudits Français qui ne savent pas terminer une révolution ! De l’autre côté du Rhin, on tentait vainement de leur rappeler que l’anticléricalisme n’est pas un internationalisme et le socialiste allemand Karl Kautsky croyait même bon de rappeler que « la tendance à supprimer les antagonismes de classes se concilie fort bien avec la doctrine chrétienne des Évangiles. »[3. Karl Kautsky. Cité dans « Socialisme et anticléricalisme. Une enquête socialiste internationale (1902-1903). » Archives des sciences sociales des religions. n° 10, Juillet-Décembre 1960. p. 114.]

S’ils ne partagent peut-être pas les vues de Karl Kautsky sur la lutte des classes, 71% des Français trouvent néanmoins que les crèches se concilient très bien avec les halls d’entrée des Conseils Généraux et les sympathisants PS, UMP et FN se retrouvent pour une fois en majorité d’accord sur la question. Mais les libres penseurs ne décolèrent pas : « L’Eglise catholique, et ses affidés, (…) utilisent les notions frelatées de ceux qui, bafouant la notion de séparation de la sphère publique et de la sphère privée, entendent obtenir une législation liberticide d’exception contre les citoyens d’origine arabo-musulmane, population suspecte d’être, génétiquement, consubstantiellement et potentiellement, ‘terroriste’. » Voilà donc récité à nouveau avec ferveur le credo anti-discrimination, cette fois contre les crèches et l’Eglise catholique qui, comme chacun le sait, fourbit toujours ses armes afin de préparer la chute de la République et l’installation d’une théocratie. Mais puisqu’il s’agit d’effacer toute référence culturelle, historique ou religieuse qui puisse être perçue comme offensante par nos concitoyens musulmans, rappelons cette amusante trouvaille faite il y a quelques années dans un épisode de Noël du dessin animé South Park. A l’occasion du spectacle annuel de l’école, les parents non-catholiques expriment leur indignation face à la présence outrageante de symboles chrétiens dans le spectacle de Noël. A force de compromis et après avoir supprimé successivement le sapin, l’étoile, les animaux et les angelots et toutes les chansons au contenu jugé inapproprié, la direction de l’école finit par présenter un spectacle dans lequel les enfants vêtus de justaucorps gris esquissent quelques entrechats sur du Philip Glass avec un décor nu en arrière-plan.

Faudra-t-il se pencher aussi sur le cas problématique des fêtes de Noël dans les écoles pour en extirper tous les symboles problématiques ? Ou, comme le suggère un site satirique, interdire partout les sapins de Noël dans les lieux publics, un peu comme la cigarette ? Pour briser en tout cas la résistance des forces de la réaction, si jamais le Conseil Général de Vendée obtient gain de cause, il suffira d’organiser des lâchers de chats dans les halls d’accueil abritant les  crèches de la honte. Car le chat, nos ancêtres au Moyen Age ne l’ignoraient pas, est un animal satanique ennemi de Jésus-Christ, attiré irrémédiablement par les décorations de Noël. Quiconque a déjà essayé d’assembler une crèche avec un chat dans la même pièce le sait : avec cette satanée bête à proximité qui fait voler les petits agneaux blancs et les santons dans tous les coins, qui se vautre de manière obscène dans le papier crépon et dégomme les boules de Noël, il est impossible de dresser correctement la moindre scène de Nativité. Le chat est l’arme fatale des anti-crèches. Il faut donc prévenir Jan Fabre[4. Mais les associations de défense des animaux resteront-elles sans réagir ou risque-t-on de voir les halls des Conseils Généraux et des mairies rebelles devenir le théâtre d’affrontement sanguinaires entre pro-chats et anti-crèches ?] . Il est l’ultime recours face à l’obscurantisme.

Mais le combat outrepasse les limites de la crèche ainsi que celles du hall du Conseil Général de Vendée. La grande croisade contre tout ce qui dépasse n’en est qu’à ses débuts. Inspirée par l’intervention d’un commando anti-sexisme (avec de vrais morceaux de Femen dedans), dans un magasin de jouets, la délégation sénatoriale aux droits des femmes a décidé de plancher sur le sujet problématique des jouets sexistes. Sa présidente, la sénatrice (UDI) Chantal Jouanno, a dévoilé les recommandations du rapport de la commission : création d’un site internet permettant aux parents de dénoncer les fabricants de jouets les plus sexistes (G.I Joe est sérieusement dans le collimateur ainsi que ce beauf phallocrate de Ken) et mise en place d’une charte de l’égalité des sexes dans les jouets, parce qu’il faut toujours une bonne charte de l’égalité quelque part. Les prochaines générations pourront nous remercier : non contents d’être au chômage et mal-logés, nous leur aurons concocté avec les meilleures intentions du monde une enfance aussi terne que leur avenir. Au moins ils auront appris très tôt que le Père Noël n’existe pas.

 *Photo : Michel Euler/AP/SIPA. AP21621644_000001.

Un ex-de la sécurité du FN pour remplacer Engelmann condamné?

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fabien engelmann fn hayange

fabien engelmann fn hayange

Ils étaient onze maires FN, nouvellement élus, aux municipales de mars. Dans quelques semaines, ils ne seront sans doute plus que dix, voire neuf. Ce vendredi, le Tribunal administratif de Strasbourg a condamné Fabien Engelmann, le maire d’Hayange, en Lorraine, pour « un manquement d’une particulière gravité aux règles relatives au financement des campagnes électorales ». La cour a suivi l’avis rendu en octobre par la Commission nationale de vérifications des comptes de campagne, qui avait invalidé les comptes de l’édile, âgé de 35 ans. Elle l’a déclaré « inéligible pour une durée d’un an et démissionnaire d’office de son mandat de conseiller municipal de la commune de Hayange à compter de la date à laquelle son jugement revêtira un caractère définitif ». L’intéressé avait annoncé les jours précédant l’arrêt de la cour qu’il ferait appel au Conseil d’Etat de sa sanction.

La condamnation de Fabien Engelmann – précédée, en octobre, de l’invalidation par la justice, pour d’autres motifs, de l’élection du maire FN du Pontet, dans le Vaucluse – est un coup dur pour le Front national et ses Marine’s boys élus maires. Le parti entendait donner de lui-même une image « respectable » et « républicaine », à une fonction incarnant plus qu’aucune autre la proximité avec les citoyens. La chute prévisible du maire d’Hayange et peut-être celle de Joris Hébrard au Pontet, marquent sinon un retour, du moins rappellent les années 1990, lorsque l’élection du maire frontiste de Toulon Jean-Marie Le Chevallier avait été invalidée pour diverses irrégularités. À la même époque, à Orange, le maire FN Jacques Bompard, aujourd’hui membre de la Ligue du Sud, défrayait la chronique pour ses initiatives culturelles, d’un genre qu’on ne qualifiait pas encore d’identitaire, mais qui en avait le fond et la forme. De même, Fabien Engelmann (ce n’est pas la raison de sa condamnation) n’a pu s’empêcher, avec sa « Fête du cochon », en septembre à Hayange, de s’inscrire dans ces pas-là, le porc étant fêté comme un marqueur d’affirmation et de différenciation d’avec les « musulmans ».

Quel scénario pour Hayange, si le Conseil d’Etat confirme la décision strasbourgeoise ? Nous avons tenté, sans succès, de joindre la direction de la communication de la mairie d’Hayange pour obtenir un commentaire de la sanction frappant Fabien Engelmann. Marie Da Silva, l’ex-colistière du maire, qui a déchiré en novembre sa carte de membre du Front national, et qui, en septembre, avait alerté la Commission nationale de vérification des comptes de campagnes sur de possibles irrégularités dont elle aurait au passage pâti financièrement, a son idée sur la suite des événements. « Ce qu’il faudrait, pour le bien de la commune, c’est que le Conseil municipal démissionne et provoque ainsi de nouvelles élections, préconise l’ex-première adjointe, aujourd’hui simple conseillère municipale sans étiquette. Mais le jugement de Strasbourg n’oblige à rien en ce sens. Ce qui peut donc se passer, c’est une élection au sein de l’exécutif municipal pour désigner le successeur de Fabien Engelmann. Dans ce cas, le nouveau maire d’Hayange pourrait être l’actuel premier adjoint, Damien Bourgois. » Cet homme, une armoire à glace, est un ancien du DPS, le service d’ordre du Front national. « Un dur », dit de lui Marie Da Silva. Selon cette dernière, Fabien Engelmann, chassé par la porte, pourrait alors revenir par la fenêtre en devenant le directeur de cabinet du futur premier magistrat d’Hayange, « ainsi il pourrait continuer à tirer les ficelles ».

La majorité frontiste du conseil municipal hayangeois en serait déjà à se disputer la succession de Fabien Engelmann, dont l’ardeur à obtenir justice de l’injustice selon lui subie, pourrait agacer Marine Le Pen. Laquelle avait déclaré début octobre sur France Inter qu’Engelmann devrait démissionner et rendre sa carte du parti s’il était condamné pour « fraude » en cas d’invalidation de ses comptes de campagne. Le « coupable » en sursis se défend et s’accroche à cette branche : le Tribunal administratif de Strasbourg n’a pas retenu contre lui le chef d’accusation de fraude.

*Photo : DUCLOUX/SIPA. 00679069_000021. 

Affaire Zemmour : SOS Racisme favorable à la remigration?

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C’est reparti comme en 40 ! L’histoire se répète, et pas comme on l’aimerait : voilà Eric Zemmour aujourd’hui accusé d’avoir prôné la déportation des musulmans français. La faute à une reformulation de Stefan Montefiori, correspondant du Corriere della Serra à Paris : de son propre aveu, le verbe « déporter » ne figurait initialement pas dans la question posée à Eric Zemmour. Je cite notre confrère italien, pas zemmourien pour un sou : « Au terme d’une conversation sur Le Suicide français, les échecs de l’assimilation et du modèle multiculturel, je lui ai posé la question suivante: «Mais vous ne pensez pas que ce soit irréaliste de penser qu’on prend des millions de personnes, on les met dans des avions…»; il ajoute: «ou dans des bateaux», et je reprends: «pour les chasser?» Ce que j’ai résumé dans la formule qui fait scandale (…) Après avoir évoqué les exemples pied-noirs et allemands, Eric Zemmour décrit un chaos tragique. La guerre civile que Zemmour décrit n’est évidemment pas ce qu’il souhaite, mais ce qu’il voit venir. »

Cette petite fantaisie a eu comme premiers effets collatéraux la publication d’un article mensonger de Jean-Luc Mélenchon sobrement intitulé « Eric Zemmour veut déporter les musulmans ». Dans le langage contemporain, hanté par le fantôme de l’hitlérisme, qui dit déportation sous-entend extermination. Traduction : Zemmour = Eichmann.

Peu importe la falsification de ses propos, au nom du Bien, tout est permis. Au sommet de l’Etat, le ban et l’arrière-ban du gouvernement déconseillent à nos compatriotes de lire et d’écouter ce bougre de polémiste. Dans la foulée,  SOS racisme a dégainé en lançant une pétition sommant les employeurs d’Eric Zemmour de licencier ce malappris suintant la « haine ». Sur Twitter, l’association chasse le signataire par ces mots : « Toi aussi tu en as marre de Zemmour sur toutes les chaines et de voir Le Pen à 25% ? »  Appose ton paraphe au bas de cette lettre de cachet et tu éradiqueras d’un seul coup le vote frontiste et l’omniprésence médiatique du pamphlétaire le plus populaire de France. Dans sa fièvre épuratrice, SOS Racisme projette donc d’expulser du pays les 4.7 millions d’électeurs FN pour régler une bonne fois pour toutes la question du racisme. Eh oui, contrairement à votre serviteur,  l’association antiraciste soutient la remigration…  des « fachos »!


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Affaire Nabilla : le juge et la bimbo

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nabilla thomas juges

nabilla thomas juges

Il est évident que la détention provisoire de Nabilla est totalement disproportionnée, comme l’est son inculpation de tentative de meurtre – sans précédent pour de tels faits – et manifestement uniquement destinée à justifier la détention provisoire. En effet, pour des faits de violences volontaires, avec un couteau de table, sans plainte de la victime – qui est majeure et en mesure de s’exprimer – avec des secours appelés par la personne mise en cause (Nabilla en l’occurrence), et avec manifestement une incapacité de travail de la victime n’excédant pas une semaine (Thomas a participé à une émission de télé et a été jugé apte à subir sept heures d’audition par le juge d’instruction une semaine à peine après les faits), jamais le procureur ne se serait simplement impliqué personnellement s’il s’était agit d’une personne inconnue. Cette affaire aurait été traitée par un de ses substituts. Dans un grand nombre de cas, ce substitut n’aurait pas même poursuivi, mais classé sans suite, particulièrement dans une juridiction qui traite parmi les plus grands nombres de plaintes (là c’est le procureur lui-même qui se saisit de cette affaire et donc qui porte plainte – au nom du peuple français –) et ceci dans une juridiction qui non seulement croule sous les affaires mais est en sous effectifs de magistrats. Normalement, les faits reprochés à Nabilla auraient été qualifiés de coups et blessures volontaires et auraient fait l’objet d’une comparution libre au tribunal de grandes instances. La personne mise en cause n’aurait pas été incarcérée après sa garde à vue, qui aurait durée moins de 24 heures, et elle n’aurait éventuellement été condamnée qu’à une peine de quelques mois de prison avec sursis et peut-être à une obligation de soins (pour lui apprendre à gérer son impulsivité). Plus probablement, dans le cas d’une personne qui n’a jamais été condamnée et qui n’était de toutes façons pas en situation de récidive, il n’y aurait eu qu’un simple rappel à la loi. Il est évident que le traitement judiciaire que subit Nabilla est discriminatoire. Les avocats comme les journalistes qui prétendent comme le procureur que pour de tels faits, il est normal de mettre la personne inculpée en détention provisoire ne se trompent pas, ils mentent. La politique pénale aujourd’hui est d’éviter la prison le plus possible d’après la ministre de la Justice.

Beaucoup de « citoyens » se plaignent d’ailleurs d’une trop grande clémence de la justice qu’ils qualifient de « laxiste » particulièrement pour des faits de violences volontaires envers des personnes qui, pourtant elles, portent plainte. Des faits dont les auteurs, même récidivistes, sont souvent laissés en liberté par les magistrats d’après les policiers eux-mêmes, qui s’en plaignent. La détention préventive doit être exceptionnelle d’après la loi. L’usage de plus est de n’emprisonner des femmes que très exceptionnellement. Les femmes emprisonnées en France que ce soit en provisoire ou après condamnation ne représentent que moins de 4% de la population pénale (plus de 9 personnes emprisonnées sur 10 sont des hommes). Elles sont aujourd’hui à peu près 700 (0,00001% de la population française – 1 femme sur 50 000) à être en détention provisoire. On imagine facilement qu’elle le sont pour des faits autrement plus graves que ceux que l’on reproche à Nabilla. Qualifier ces faits de tentative de meurtre, sur son conjoint et avec arme qui sont des circonstances aggravantes, et qui est puni de la même façon que le meurtre lui-même (jusqu’à 30 ans) est une insulte pour les victimes de tels actes. Ces victimes portent plainte dans tous les cas où elles sont en capacité de le faire ou quand elles ne sont plus sous l’emprise de leur agresseur. Ce qui se dit sur cette histoire est que Nabilla aurait frappé son fiancé d’un coup de couteau de table dans une chambre d’hôtel alors qu’il voulait lui imposer sa présence après une dispute où il lui avait confisqué son téléphone portable (ce qu’il qualifierait de motif futile). Une jeune femme de mes connaissances qui ressemble un peu à Nabilla m’a raconté une histoire comparable : son ami lui avait confisqué son téléphone portable aussi après une dispute. En fait il voulait l’empêcher de sortir de l’appartement. Il avait fermé à clef et l’empêchait de sortir. Il l’empêchait aussi de fumer (du tabac), cela a duré plusieurs heures. Elle m’a dit avoir vécue cela comme une véritable agression, une séquestration en fait et à l’évidence s’en était une. Elle l’a insulté. Il l’a frappé, d’un coup de poing dans la figure. Bien que cette jeune femme soit impulsive et capable de riposter violemment à des agressions, là elle s’est suffisamment contrôlée pour seulement ne pas reculer. Elle m’a dit s’être tenu devant lui en lui disant quelque chose comme «Tu peux continuer à me frapper mais de toutes façon c’est fini entre nous. ». Heureusement, il n’a pas continué à la frapper, mais cela aurait pu se terminer plus mal et cela a pu tenir à presque rien, peut-être à la présence d’un couteau à porté de la main. En tous cas qualifier cette sorte de situation – un coup de couteau de table, lors d’une dispute entre deux protagonistes, par le plus faible d’entre eux – de tentative de meurtre est à l’évidence totalement disproportionné. Dans cette situation si la victime ne porte pas plainte, s’il ne s’agit pas d’un enfant, elle sait pourquoi elle ne porte pas plainte : sa responsabilité dans la situation est entière.

Tout le monde sait finalement pourquoi Nabilla est en détention provisoire après une garde à vue ayant atteint la durée maximum légale : parce que le Procureur pense qu’elle lui ment et que c’est elle qui à porté le coup de couteau. Et on ne lui résiste pas à lui – Procureur – surtout pas une « bimbo ». Elle doit avouer ! C’est-à-dire lui dire ce qu’il veut entendre. Quitte à faire un mésusage flagrant de la détention provisoire : Puisqu’elle résiste il va la « mater ». Elle n’a pas compris à qui elle avait à faire ! Elle n’avait pas (assez) peur. Alors il va la détruire. Socialement au moins, si ce n’est physiquement. Le temps de prison qu’elle effectue en provisoire sera nécessairement couvert par sa condamnation. Il le faut ! Sinon les indemnités (à la charge des contribuables) seraient énormes en ce cas d’espèce. À la hauteur du préjudice financier occasionné. Il s’agit d’une condamnation avant le jugement où le procureur et les juges, d’instruction comme des libertés qui lui sont subordonnés (officieusement et de fait) forcent la main des juges qui auront à rendre justice. Oui tout le monde sait de quoi il s’agit avec cette détention provisoire de Nabilla. Un acte d’autoritarisme d’un haut fonctionnaire narcissique. Cet acte consiste en effet à briser la vie d’une jeune femme de 22 ans pour se faire un petit plaisir clandestin et honteux (le procureur se cache). Mais personne n’est dupe et surtout pas ses collègues. Honteux ça l’est. Tout le monde le sait et cela pousse ce magistrat dans une course en avant. Il faut qu’il ait raison : que Nabilla soit une criminelle, reconnue et condamnée comme telle. Pour préserver son amour propre à lui. Pour qu’il puisse se dire qu’il ne s’agissait pas d’un abus de pouvoir. Alors sans complexe on peut construire une histoire où Nabilla est une récidiviste. Thomas avait été blessé par un couteau quelques temps auparavant ; il avait déclaré alors qu’il était tombé dessus : Le magistrat rétrospectivement déclare qu’il s’agit d’une agression de Nabilla.

Curieusement, pour cette première suspicion de coup de couteau, il ne s’agirait pas d’une tentative de meurtre, d’après le même procureur, mais de coups et blessures. Espérons pour Nabilla qu’il n’y ait pas eu trop d’accidents de râteaux dans les bacs à sable où elle a pu jouer autrefois. Alors, sans complexe les magistrats peuvent faire pression sur la victime, Thomas, 27 ans, une semaine à peine après la « tentative de meurtre » à son encontre, il est entendu pendant plus de 7 heures, comme un « mis en examen » ! Pour lui faire « avouer » que le coup de couteau avait été porté par sa fiancée. Au moins il a tenu bon pour ne pas porter plainte contre elle. Le juge a dû le menacer de prison pour dénonciation de délit imaginaire s’il n’accusait pas Nabilla. Reconnaissons que ce cas de figure est plutôt inhabituel où les magistrats font pressions pour obtenir des aveux de la victime (qui ne demande rien) afin de justifier leur comportement ; il faut que la victime avoue que le coupable est bien la personne qu’ils ont choisi de poursuivre. Oui, tout cela pour se faire un petit plaisir ! Si de tels faits avaient été reprochés à Mimi Mathy par exemple elle n’aurait pas fait plus de 3 heures de garde à vue. Mais Nabilla, malheureusement pour elle, on peut avoir envie de se la « payer ». On peut vouloir faire intrusion brutalement dans sa vie. Devenir inoubliable pour elle. On peut avoir envie, et même saisir l’opportunité de le faire pour peut que l’on soit dénué de scrupules, imbu de sa personne et que l’on soit en situation de le faire. Il y a un malaise dans la justice : la sélection des magistrats et leur pouvoir pose manifestement problème. On ne peut pas s’empêcher de penser que le motif principal de cette détention provisoire, clairement arbitraire, est le « sadisme ordinaire » à l’origine d’ailleurs de la plupart des violences faites aux femmes et particulièrement aux femmes désirables. En d’autres temps, les inquisiteurs, prédécesseurs de ces magistrats auraient soumis Nabilla à la « question » c’est-à-dire à la torture, dont la garde à vue est une survivance, et l’auraient promise au bûcher au lieu des 30 ans d’enfermement dont ils la menacent aujourd’hui. Comme chacun sait, à l’époque, les accusations de sorcellerie étaient prises d’autant plus au sérieux que les femmes qu’elles visaient étaient belles. Il faut changer la loi sur la détention provisoire et celle sur la garde à vue pour éviter de telles dérives. Il faut en finir avec la torture, même « light ».

C’est autour de 20 ans (le plus bel âge) que les souvenirs se gravent le plus durablement en mémoire. Nabilla même si elle sortait aujourd’hui restera marquée à vie par cette incarcération qui a tout d’une prise d’otage. Les abus de la justice ne sont pas nouveau, certes. Mais là ce qui est nouveau c’est que l’on considère que nous l’acceptons. On nous en fait non seulement les témoins, mais aussi les acteurs complices. Il ne s’agit pas d’une plainte qu’un magistrat monte en épingle pour la satisfaction au moins apparente de telle ou telle victime. Ici la plainte vient officiellement de nous. C’est en notre nom que le procureur la porte. Le garde des sceaux s’en lave les mains. C’est son choix, mais ce choix nous engage tous collectivement. L’indifférence générale face à ce scandale nous rappelle ces faits divers où une femme se fait agresser en public et où personne n’intervient… On pouvait s’interroger sur les causes d’une telle lâcheté. Nous pourrions nous questionner devant notre réaction face à l’incarcération de Nabilla. Nous devrions interroger nos propres réactions face à cette violence totalement disproportionnée à son encontre, face à cette « correction » que l’on fait subir à une jeune femme de 22 ans. On est tenté d’expliquer la lâcheté des témoins par la peur ; peur des agresseurs peur de la procédure judiciaire, peur d’être entendu longuement par les policiers et les magistrats.

Maintenant on perçoit aussi avec Nabilla le fait que les témoins ne s’identifient pas à la victime. Ils pensent qu’une telle chose ne risque pas de leur arriver à eux. Cette réaction est moins de l’indifférence que de la complicité. Et de façon remarquable ce sentiment ne concerne pas seulement les hommes (comme pourrait le laisser croire les spots de cinéma de lutte contre les violences faites aux femmes) mais aussi les femmes. Comme les hommes, les femmes taxent Nabilla de « bimbo », ou de « starlette » laissant entendre que son apparence justifie une particulière violence à son égard.

*Photo : wikimedia.

Le libéralisme intégral veut-il la fin de toute communauté humaine?

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gpa koenig liberalisme

gpa koenig liberalisme

On aurait tort de regrouper sous l’étiquette  « libérale » tous ceux qui défendent la liberté d’entreprendre contre l’omniprésence de l’État dans la vie économique et la multiplication des règles en tout genre. Beaucoup de ceux qui souhaitent libérer l’économie française de sa tutelle étatique ne sont pas, loin s’en faut, les adeptes d’un libéralisme politique absolu où l’État est réduit à une instance de promotion des désirs individuels de chacun. Ils assignent, au contraire, à l’État la mission de perpétuer la France et de garantir le bien commun de la nation.

Seule une minorité de « libéraux » prétend limiter le rôle de l’État à la satisfaction des désirs individuels. Parmi eux, le jeune philosophe Gaspard Koenig, président du think thank Génération libre, qui, dans sa chronique du 16 décembre publiée pour L’Opinion, défend une vision du droit qui se rattache directement à l’individualisme libéral, dans le droit fil des théories du contrat social de Hobbes, Locke et Rousseau.

Il affirme en effet que « c’est en se mettant au service de l’individu et de sa liberté de choix, et non en fantasmant un projet de société holiste, que l’État se trouve dans son rôle légitime », le holisme consistant justement à appréhender la société dans son ensemble, indépendamment de la simple addition de chaque individu.

De même que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers, il est dangereux de mettre la société au seul service de « l’individu et de sa liberté de choix », sans référence à un projet de société qui dépasse les contingences de chacun. Affirmer que la société n’existe que pour satisfaire les désirs individuels de chacun revient en effet à tuer tout esprit public, limiter tout sens du bien commun et affaiblir tout projet national.

D’abord, une telle idéologie part du principe que la finalité des hommes n’existe qu’au niveau individuel, la société n’étant qu’un moyen de permettre un épanouissement relevant avant tout de la sphère privée, dans la droite ligne de Benjamin Constant pour qui « notre liberté à nous doit se composer de la jouissance paisible de l’indépendance privée ». Or, l’homme n’a-t-il qu’une finalité individuelle ? N’est-il pas aussi et avant tout un être social ? Notre liberté ne consiste-t-elle donc pas à désirer communier avec nos semblables autour d’un esprit public ? En réduisant le rôle de l’Etat à un gendarme, gardien des intérêts privés de chacun, Gaspard Koenig montre qu’il n’assigne à l’homme qu’une finalité individuelle, la sociabilité n’étant chez lui qu’une fonction accidentelle de l’homme et non sa nature ontologique.

Par ailleurs, soumettre toute règle sociale au désir individuel et passager de chacun, c’est oublier l’inscription de l’homme dans le temps et son enracinement dans une histoire qui l’a façonné et dont il est pétri, même quand il souhaite s’en affranchir. Ce long travail du temps a forgé des institutions et des mentalités qu’un caprice individuel ne peut balayer au moindre prétexte. De même qu’une nation n’est pas composée uniquement des vivants mais qu’elle s’étend aussi à tous les morts (« La terre et les morts » selon Maurice Barrès), il est illusoire de vouloir gouverner en se fondant sur les seuls désirs fugitifs d’une majorité de circonstance, sans tenir compte du poids de l’histoire dans la constitution de notre propre identité. Cela n’exclut nullement une évolution du droit ; cela signifie simplement que l’Etat ne doit pas se situer uniquement sur le registre de l’instantanéité d’une décision et de l’immédiateté du temps présent, sans se soucier des bouleversements que cela peut impliquer. L’Etat est aussi le gardien d’une mémoire collective, il ne gère pas que des intérêts particuliers.

Enfin, si l’Etat n’est qu’une institution destinée à arbitrer les désirs individuels de chacun, rien n’interdit que soient légalisées des pratiques que la morale commune ou que le simple bon sens réprouvent. C’est ainsi que Gaspard Koenig plaide en faveur de l’assouvissement des désirs les plus fous, pourvu qu’ils soient libres et ne lèsent personne, par exemple la gestation pour autrui, « une pratique qui ne nuit à personne, repose sur le libre consentement d’individus majeurs, et reste dissociée des questions de filiation » (sic).

Sans entrer dans la contestation de ses allégations (la GPA ne nuit-elle vraiment à personne ? Est-elle réellement dissociée des questions de filiation ?), il est fondamental de comprendre les dangers d’une telle vision du droit qui se rattache directement à l’article 4 de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen selon lequel « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », sans autre forme de régulation que ce soit. Si les frontières de la liberté sont aussi vastes, alors, le droit peut tout autoriser tant qu’on ne porte pas préjudice à autrui.

Mais ce seul critère est-il suffisant ? Le droit ne peut-il être défini que négativement, ses seules limites se situant dans les dommages potentiels de son application à autrui ? Le restreindre ainsi, c’est construire une société a minima, fondée non plus sur un héritage commun et un idéal partagé mais sur une ligne de front séparant deux ennemis potentiels. Cela revient à considérer que les hommes n’ayant d’aspirations qu’individuelles, le droit n’existe que pour trouver un modus vivendi entre des individus aux intérêts potentiellement antagonistes, animés chacun par un ubris démesuré que vient encadrer une législation qui ne fait que fixer des balises extérieures à l’action des hommes. La définition de l’Etat-gendarme en somme.

Prôner une telle vision du droit, c’est partir implicitement d’un constat d’échec, c’est avoir renoncé à toute forme de communion supérieure entre les hommes, c’est organiser juridiquement la société en partant du principe que chacun ne cherche que son seul intérêt, sans aucun idéal transcendant. Certes, le droit n’est pas la morale mais il est plus vaste qu’un simple fil barbelé entre les hommes. Pour Celse (IIème siècle après Jésus-Christ), le droit est ce qui est bon et équitable (« jus est ars boni et aequi »), pour saint Thomas d’Aquin (XIIIème siècle), il est ce qui est juste (« jus est id quod justum est »). Il est toujours la recherche d’une certaine perfection. Ce n’est que lorsque la société est complètement délitée qu’il se limite au tracé des frontières.

En fin de compte, adopter une telle définition du droit, c’est rêver d’une société où chacun se contente d’habiter chez soi, sans communion réelle avec ses semblables, sans racines et sans histoire. Une société qui procède du contrat librement conclu par les citoyens, librement révocable à chaque instant, où chacun est interchangeable. La société de l’individu-roi, où tout désir peut trouver une forme de consécration juridique. Le contraire d’une société enracinée.

Bibliothèques

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livres bibliotheques bradbury

livres bibliotheques bradbury

Coup sur coup, je viens d’hériter de deux grandes bibliothèques, splendides, en bois plein, fort pratiques, mieux adaptées à des livres que les rayonnages préfabriqués proposés par telle grande marque suédoise…

« Hériter » n’est pas exactement le mot : deux vieillards sont morts — c’est leur rôle —, et leurs héritiers, ne sachant que faire de leurs livres et de ce qui les contenait (ah, les gueux !), m’ont proposé de récupérer bouquins et rayonnages.
Pour être honnête, je n’étais pas leur premier choix : ils ont commencé par contacter Emmaüs — qui n’en a pas voulu. Les livres, ils croulent dessous, ils n’en ont que faire, et les bibliothèques, voyez-vous, c’est lourd à porter (ô combien !), ça prend de la place — et surtout, personne n’en veut.
J’ai donc eu le privilège d’embarquer  les livres et les meubles. Parce que « bibliothèque » est, comme « bureau », un remarquable exemple de transfert contenant / contenu. C’est à la fois le meuble, l’immeuble, et les livres qu’ils contiennent. Gratuitement : un livre, voyez-vous, ça ne vaut rien. Ou ça n’a pas de prix.
J’en ai fait mes choux gras.

Ai-je tort de voir dans cette désaffection des livres jetés à la rue un signe calamiteux des temps présents et à venir ? On nous propose des « liseuses » qui dématérialisent les livres. Nous sommes assaillis d’écrans, Internet nous offre des millions de livres sur un plateau, mais surtout, plus personne ne lit.
Si, bien sûr : un petit carré résiste encore et toujours aux envahisseurs barbares, gens de télévision, ministres de l’Inculture, contemporains perpétuellement pressés qui croient que s’habiller en Zadig & Voltaire leur donnera de la culture, hommes politiques dont le discours personnel, quand leurs nègres ne les leur soufflent pas, se réduit à trois invectives. Mais les temps sont menaçants : la dystopie bradburyenne n’est plus une fiction, mais ça ne se passe pas comme l’avait imaginé l’auteur de Fahrenheit 451. On ne brûle pas les livres : on s’en passe. On ne détruit plus les bibliothèques (lire à ce sujet le remarquable ouvrage de Lucien X. Polastron, Livres en feu, opportunément réédité par Folio : l’auteur y répertorie toutes les bibliothèques incendiées par bêtise — parfois — ou par conviction religieuse — souvent. On en sort effaré). On les jette.
Déjà on a supprimé du lectorat potentiel tous ces gosses auxquels on n’a pas appris à lire — ou à qui, quand bien même on leur aurait enseigné le déchiffrage, on n’a pas donné le goût des livres, l’amour de l’odeur du papier, le grain sous le doigt, le geste mécanique et sensuel pour porter son doigt à ses lèvres avant de tourner la page. Puis on a imposé cette culture des écrans devant lesquels nous sommes résolument passifs, alors qu’un livre impose une participation active. J’ai expliqué il y a deux ans, dans la Société pornographique, tout l’écart qui sépare un livre érotique (« L’orgueil qu’elle mit à résister et à se taire ne dura pas longtemps… ») d’un quelconque film pornographique où tout nous est imposé. Un livre offre au lecteur intelligent un choix perpétuel.
Un vrai livre, bien sûr — pas le gloubi-boulga imprimé dont on nous gave. Les libraires — une profession en grand péril, et qu’il faut soutenir de son mieux, au lieu de commander ses bouquins sur tel site marchand qui vous offre indistinctement des sex-toys, de l’électronique ou des poupées Barbie, et des « liseuses », qui ne sont malheureusement pas des lectrices — ont d’ailleurs exprimé avec humour l’obligation qui leur est faite de vendre des merdes afin d’attirer le chaland vers des ouvrages plus précieux.

J’ai donc récupéré en six mois deux fois trois mètres linéaires de bibliothèque sur deux mètres de haut — de quoi ranger 20% de mes livres. Cela me tient chaud, moi, les bouquins. J’ai rangé à nouveau tous ces bouquins lus et souvent relus. Caressés. Cornés. Surlignés. Portant des traces de mes passions et de mes coups de cœur. En creux, ils racontent mon histoire. Ils disent qui je fus. Qui je suis.

Mais déjà — un effet de l’âge, sans doute — je m’interroge. Que deviendront ces livres si merveilleusement aimés quand je disparaîtrai ? Mes héritiers n’en ont que faire, je le sais bien. Il serait sage de les distribuer aux amis avant ma mort. Qu’ils les lisent en pensant à moi — puis, si le livre est bon, qu’ils les lisent sans plus penser à moi. Là où je serai, ça me sera bien égal, au fond — mais je me réjouis par avance des perles et pépites qu’ils dénicheront dans le millier d’ouvrages de tous ordres que je mettrai à disposition de leur avidité intellectuelle. Alors, à l’annonce de ma disparition, précipitez-vous, et emportez ce qu’il vous plaira.
Les livres, et ce qu’il restera dans ma cave, que lesdits héritiers seraient bien capables de vendre aux enchères, au lieu de le boire à ma santé. Un bon livre et un bon vin — et, pas trop loin, une présence dont on caresse la cuisse en lisant. Le bonheur, au fond, c’est simple comme un livre feuilleté — effeuillé. Ouvrir un livre est au fond d’une indécence voluptueuse.
Oui, je vous invite à la plus fabuleuse orgie qui soit — et dont on sort ragaillardi, au lieu d’en être épuisé. « Grow your penis », promettent les annonces mensongères de l’industrie pornographique. Eh bien, la lecture vous accroît démesurément. Et je plains ceux qui m’ont donné ces bibliothèques, et qui n’ont même pas pensé qu’ils se privaient ainsi de la plus suave des jouissances — toujours recommencée.

 *Photo : wikicommons.

La réforme pour tous!

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reforme alain minc

reforme alain minc

Aaaaah !!!! « Réforme ». Le mot de la peur ! Depuis quarante ans, nous l’agiter sous le nez c’est comme vendre Causeur dans un congrès de mollahs iraniens. Parce que trop souvent « réformes », « réformer », « remettre à plat », sonnent comme l’inquiétante promesse de se faire assassiner du portefeuille. Gratter les os du compte en banque. Au nom de la « compétitivité », toujours ! Ou de « l’égalité ».

Hein ? Vous avez remarqué comme moi ? Oui ! La « réforme », c’est comme le fleuve des enfers. Va toujours dans le même sens. Vers le pire et le douloureux. Vers la prodigieuse usine à gaz. Vers le détroussage élégant du bleu de chauffe par la cravate club.

Pourtant, je suis un contribuable responsable. Et un bon assujetti social ! J’accepte ! Oui aux réformes ! Réformons à pleins tuyaux !

Mais désormais, pour être bien sûr qu’on ne nous présente pas… à nous les pauvres…. la facture de la lumineuse initiative, je propose ci-devant sur le plateau de BFM TV qu’à partir d’aujourd’hui, chaque personne prononçant le mot réforme…. sur l’ensemble du territoire français…. voit automatiquement son salaire ramené à 1500 euros mensuel ! Recta ! Saignant ! La réforme pour tous ! Tu dis « réforme », même en parlant de cuisine, zag : 1500 euros/mois. Pas un dinar de plus. Pendant 20 ans ! Et mise en application surveillée par une commission d’anciens khmers rouges. Les plus féroces !

Alain Minc ? « Réforme, réforme ! » Zag ! 1 500 euros ! Tous les comptes ramenés sur un « courant » du Crédit Agricole. Et le reste aux petites soeurs des pauvres ! Attali, pareil ! Ah bah… on va voir si ça fuse les idées gigantesques maintenant ! Les « mesures-courageuses-pour-la-compétitivité » ! « les projets pour l’avenir ». Les apôtres de la mégamachine, je les attend à la caisse de Ed l’épicier. Moi aussi j’ai un plein caddy de réformes pour sauver notre système de retraite ! Et faire revenir les investisseurs ! Et rassurer les marchés ! Et désesespérer la Seine Saint-Denis ! Mais je n’ai pas les moyens d’en faire supporter les conséquences par les autres.

Parce qu’avec 1500 euros dans le burlingue chaque mois, on y réfléchit à 1500 fois avant de se lancer dans les hasards. Et on a le bon sens beaucoup plus affuté. On la sent d’instinct la fabrique à chômage. La réforme qui ne sert à rien. On a le budget bien équilibré de nature. Crois moi Aymeric Caron…. Tu vas le voir différemment le brushing Dessange avec 1500 euros sur la master gold. Les réformes, ça fait 40 ans qu’on en fait des programmes, au moment du bilan, c’est toujours les plus prolos qui on sorti le carnet de chèques.

C’est nigaud hein ? Mais les ploucs, les plombiers et les boniches, à force de toujours payer seuls les factures des « réformes », eh bien quand ils entendent le mot maintenant…ils ne sortent pas le révolver… mais le bulletin de vote… Et toujours pour la même.

Insécurité : les faits contre les chiffres

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insecurite chiffres delinquance

insecurite chiffres delinquance

 « Je suis de plus en plus préoccupé par l’insécurité qui se développe à Paris. (…) La montée de l’insécurité est due à l’afflux incontrôlé depuis trois ans d’une immigration clandestine de la plus mauvaise qualité. » L’auteur de ces propos est Jacques Chirac cuvée 1984. Mais peu importent au fond les palinodies du RPR ou du PS sur le sujet depuis trente ans : la bizarrerie tient en ceci que le « sentiment d’insécurité » n’ayant fait que croître tout au long de cette période, les gouvernements et les oppositions successifs se relayant pour l’exploiter ou le minorer selon leurs intérêts et positions du moment, on ne sait toujours pas réellement si l’insécurité au sens large est la même depuis les années 1970, si elle a augmenté ou si elle a diminué. Les chiffres bruts de l’homicide en France illustrent à merveille ce désaccord profond entre le sentiment de la population et les faits déclarés. Ainsi, entre 2000 et 2012, le nombre des homicides a chuté de près de 40 %, passant de 1 051 à 665. En revanche, les agressions violentes non crapuleuses augmentent régulièrement, 3 % de plus encore cette année. Est-ce dû au plus grand nombre de signalements ? À une présence accrue de la police ? À l’obsession médiatique ? À des chiffres trafiqués ?[access capability= »lire_inedits »]

En attendant, quand bien même l’insécurité serait seulement un « sentiment » sans lien avec la réalité, ce sentiment lui-même est un fait. Un autre fait est que « l’insécurité » est nettement associée à la présence d’étrangers ou perçus comme tels. Phénomène qui n’a rien de nouveau mais qui a tendance à se généraliser aujourd’hui. On accuse généralement le Front national d’avoir exploité et, partant, encouragé cette peur. En réalité, c’est la droite d’il y a trente ans qui a, la première, mis le sujet sur le tapis, au début des années 1980, au moment où la montée vertigineuse du chômage laissait craindre la formation de « classes dangereuses ». Non sans raison. Aujourd’hui, les dégâts de la mondialisation nourrissent encore un peu plus le sentiment d’« invasion ».

Reste à expliquer cette discordance persistante entre l’insécurité « réelle » et l’insécurité « sentie », discordance qui permet de disqualifier la seconde, sous le nom de « fantasme sécuritaire ».  Le criminologue Alain Bauer fustige le terme même : « Il n’y a pas plus de “sentiment d’insécurité” que de beurre en branche. Cette très mauvaise traduction de l’anglais “fear of crime” (“la peur du crime”) visait essentiellement à sous-estimer, voire à mépriser, les remontées des victimes. Il y a un climat d’insécurité porté par l’augmentation massive des atteintes et violences aux personnes. »

De bons esprits imputent l’importance, excessive selon eux, prise par la « question sécuritaire » dans la tête de nos concitoyens à la multiplication des moyens de police et de contrôle, qui ne ferait que braquer les projecteurs sur une réalité autrefois ignorée, avec la complicité de médias avides de sensations. En somme, ce n’est pas l’insécurité réelle qui augmenterait, mais l’insécurité mesurée.

Mais qu’ils soient cachés ou exhibés, que l’on souhaite apeurer la population ou la rassurer, tous les chiffres de la police sont trafiqués, c’est même la seule science sûre en la matière depuis deux siècles. Le dernier exemple en date de l’influence politique fâcheuse sur le travail de la maréchaussée serait, selon Bauer, la préemption des chiffres du nouveau service statistique ministériel de sécurité intérieure (SSMSI) par le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur : le 19 novembre, les deux hommes ont brûlé la politesse à leurs experts et vanté devant la presse les excellents résultats de leur politique. C’est-à-dire qu’ils ont choisi de mettre en avant les bons chiffres. Le criminologue, plus apprécié à droite il est vrai, y voit « une sorte de brutale régression dans le traitement de l’information, a contrario de la volonté affirmée des derniers ministres de l’Intérieur ». Au nouvel outil ministériel, Bauer préfère l’ONDRP (Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale), toujours en activité : « Indépendant et efficace, il ne se base pas uniquement sur les plaintes enregistrées par les services mais aussi sur l’enquête nationale de victimation, qui a réussi à donner plus d’informations en cinq vagues de remontées que la statistique policière en cinquante ans. » Sans doute. On rappellera cependant que la « politique du chiffre » de Nicolas Sarkozy dans la police n’a pas eu de résultats très heureux. Et que les statistiques de l’insécurité n’étaient pas plus transparentes pendant son quinquennat.

De toute façon, dans la jungle des chiffres, il est difficile de démêler le faux du vrai. On peut au moins faire preuve de bon sens et observer que, dans de nombreuses communes urbaines, voire « sensibles », comme Montfermeil, la vidéosurveillance a permis de faire diminuer fortement la délinquance, alors que dans des communes jusque-là trop tranquilles, ou trop pauvres pour s’équiper, l’insécurité augmente.

Les statistiques font aussi apparaître de nouvelles tendances. Les derniers chiffres de l’ONDRP révèlent un déplacement de la délinquance vers la campagne ou le « périurbain ». Sur l’ensemble des agressions contre les forces de l’ordre, c’est de plus en plus souvent la gendarmerie qui est visée : dans ses rangs, 5 109 personnes ont été « victimes d’atteintes », soit près de 30 % de plus que l’année précédente. La baisse notable de la délinquance et de la criminalité en Seine-Saint-Denis et à Marseille (hors règlements de comptes du grand banditisme) semble corroborer ce diagnostic. L’ennui, c’est que, dans ces deux cas, le « sentiment » d’insécurité, lui, ne semble pas avoir bougé d’un iota. Ça ne leur suffit pas, à ces ploucs, qu’on ne tire pas à la kalach en bas de chez eux, ils voudraient encore qu’on évacue les dealers des cages d’escalier…

Y aurait-il deux France, une qui échapperait peu à peu à l’insécurité quand l’autre s’y enfoncerait ? Dans les zones de sécurité prioritaires (ZSP), mises en place sous le ministère de Manuel Valls, des progrès notables ont été accomplis dans la lutte contre le trafic de drogue, selon le dernier rapport parlementaire sur le sujet. Et les violences urbaines sont en baisse. Le gouvernement se félicite aussi de la baisse des cambriolages de 4,3 % et des vols à main armée de 14 % sur les dix premiers mois de l’année. Mais il y a la seconde France. Selon la Fédération française des assurances, les cambriolages avaient déjà bondi de 50 % de 2008 à 2013 et, d’après l’ONDRP, le pays subit un cambriolage toutes les quatre-vingt-dix secondes, les maisons de campagne étant particulièrement visées. Des campagnes longtemps épargnées, qui ont l’impression d’être livrées au pillage : toutes sortes de choses y sont volées, des animaux aux fruits et légumes, des outils aux tracteurs en passant par le carburant. Alain Bauer réfute cette interprétation : « C’est surtout la modernisation de l’outil statistique de la gendarmerie qui produit cet effet en obligeant à intégrer tous les faits. » Encore une fois, ce serait seulement le thermomètre qui s’affole.

Mais surtout, et c’est ce qui explique la persistance déplorable de ce fichu « sentiment d’insécurité », la violence au sens large, et particulièrement la violence gratuite, est en hausse dans 76 des 96 départements métropolitains, selon l’ONDRP. Parmi ces violences, celles dont le but est le vol diminuent de 2 % tandis que les violences « sans raison » (sauf à considérer qu’un regard est une bonne raison) augmentent, elles, de 8 %. À la fin du premier semestre 2014, la barre des 500 000 cas connus de violences aux personnes a été franchie pour la première fois. Les « coups et blessures volontaires suivis de mort » ont augmenté de 50 % en un an. Ce qui, il est vrai, représente « seulement » une cinquantaine de décès supplémentaires.[/access]

*Photo : Pixabay.