La « réalité objective » est cette hallucination redoutable produite par l’absence d’alcool dans notre sang. Depuis Rabelais, notre bon pape François du roman, nous savons qu’il ne faut pas y aller de main morte pour conjurer semblable folie. Lorsque nos frères humains commencent à prétendre apercevoir autour d’eux des entités distinctes aux contours salement aiguisés, lorsque leurs sens glissent imperceptiblement dans un délire géométrique, lorsque la jungle musicale de notre monde ordinaire prend peu à peu pour eux la figure insensée d’un lancinant jardin à la française, alors l’heure est grave, mes amis. Il est temps de traverser Le Bocage à la nage pour rejoindre la compagnie débonnaire et salutaire des personnages d’Olivier Maulin.
Vous qui aviez perdu toute espérance, entrez dans la cuite féérique ! Laissez ces pochetrons chevaleresques et ces archéo-archi-idiots vous étreindre de leurs bras rugueux. Suivez notre bon roi Maulin ! Dans le sillage de ses Lumières du ciel, il vous conduit cette fois en Mayenne pour une chouannerie à sa façon. Chouette alors ! Vous qui étiez devenus abstèmes comme des théorèmes, pâles comme des sujets rationnels, répondez à l’appel de la hulotte ! Vous étiez devenus fous en égarant votre corps sensible. N’ayez plus peur. Le revoici.

Olivier Maulin, Le Bocage à la nage, Balland.

*Photo : Justortitri.

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