En Belgique, la gauche ne s’est pas contentée, comme le think tank Terra Nova en France, de conceptualiser la figure de l’immigré, nouveau prolétaire appelé à remplacer une classe ouvrière déclinante. Depuis vingt ans, Bruxelles est devenue le laboratoire du communautarisme ethnique et religieux. Dopée au cocktail détonnant du multiculturalisme et du déni des réalités, la capitale belge est également devenue celle de l’islamisme radical en Europe et une base arrière du terrorisme djihadiste. Le problème est loin de se résumer à Molenbeek, aujourd’hui symbole de toutes les dérives.

Comment en est-on arrivé là ? Immigration incontrôlée et communautarisme ont causé un dérapage. Pas un de ces petits « dérapages » que les médias belges autant que français aiment traquer avec jouissance. Plutôt une sortie de route fracassante et une collision de valeurs avec des conséquences funestes. Rapportée à la taille de sa population, la Belgique est le pays qui fournit le plus de djihadistes à la Syrie et à… l’Europe. Pourquoi ? Le monde politique belge préfère éviter de se poser la question.

Tentons une explication. L’immigration massive et incontrôlée est une première réponse. Depuis les années 2000, la Belgique, et Bruxelles en particulier, a connu un choc migratoire, pudiquement qualifié de « démographique ».

*Photo: Sipa. Numéro de reportage : AP21824206_000012.

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est sénateur belge et ex-secrétaire général de Médecins sans est sénateur belge et ex-secrétaire général de Médecins sans frontières.