On peut voir aujourd’hui une curiosité dans les JT multi-rediffusés d’iTélé : la poignante histoire de Monsieur Salah, dont le Café en forme de part de gâteau d’anniversaire s’élève seul au milieu d’un gigantesque terrain vague, loin de toute âme qui vive et donc de tout client potentiel.

Monsieur Salah, nous dit iTélé est un résistant. Et plus précisément, il résiste au promoteur immobilier qui après avoir racheté et rasé tout « son quartier populaire de brique rouge », déploie depuis quinze ans tout son arsenal juridique pour essayer, en vain heureusement, de le faire expulser. Toujours d’après iTélé, Salah qui travaille ici depuis 45 ans veut mourir dans son estaminet, même si les rues qu’il bordait sont devenues des bourbiers, si le gaz a été coupé et si le facteur et les éboueurs ne passent plus…

Monsieur Salah (Photo : 20Minutes)

Mais au fait, cette affaire édifiante, ça se passe où ? Si Salah est le Pot de Terre, qui est le Pot de fer ? Contrairement à toutes les règles en vigueur depuis l’invention du poste à Galène, ni le présentateur du JT, ni le journaliste qui a fait l’enquête ne nous précisent ni où, ni à qui précisément résiste Monsieur Salah

Pourtant, il suffisait s’ouvrir le journal 20 Minutes pour s’avoir qui était le vilain promoteur : la Société Anonyme d’Economie Mixte « Ville renouvelée ». Société dont l’actionnaire majoritaire (un tiers du capital) est la Communauté Urbaine « Lille Métropole ». Communauté Urbaine dont la présidente est… Martine Aubry. En tout, cette recherche m’a pris 1 minute 30 chrono sur le net…

Du coup, on comprend mieux les absences d’iTélé et pourquoi on nous passe en boucle un reportage de terrain sans nous préciser s’il a été réalisé à Brest, à Vesoul ou à Roquebrune-Cap Martin (en fait, aux confins de Roubaix et Tourcoing). En pleine dernière ligne droite de la primaire, on a sans doute hésité à diffuser une information de nature à fausser le scrutin.

Moi, personnellement, j’y réfléchirais à deux fois avant de donner ma voix à une candidate qui s’indigne qu’on raccompagne les sans-papiers à la frontière, mais approuve qu’on expulse un immigré en situation régulière.

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