À qui doit-on le titre, « Ephémère, vénale et légère » ? À l’auteur, aux éditeurs, à des experts en marketing ? Un rien racoleur, il révèle un aspect de la personnalité de Marie L. Barret, mais en dissimule un autre, qui semble pourtant dominant. Dans son activité professionnelle aussi bien que dans le récit qu’elle en fait, Marie L. Barret (s’agit-il de son vrai nom ?) se montre aussi scrupuleuse et appliquée qu’imperturbable. Non pas qu’elle soit indifférente ou dénuée d’humour. Au contraire. Quand elle dépose des fleurs sur la tombe d’un prénommé Falco, l’un de ses anciens clients, une note d’affection sincère perce derrière les mots. Un indice parmi d’autres de sa sensibilité savamment maîtrisée à l’égard des hommes qui recourent à ses services. Ainsi, quand elle évoque Toni, qui « fait bien du sept préservatifs à l’heure » tout en exigeant un fond sonore adapté à son tempérament – Carmen de Bizet ou les Carmina Burana de Carl Orff –, c’est plutôt sur le mode de l’humour grivois. Autant le dire d’emblée : Marie L. Barret, putain de son état, possède de nombreux talents dont ceux de savoir bien raconter, de faire rire, d’analyser intelligemment son environnement et de fignoler des portraits incomparables.

Marie L. Barret, Ephémère, vénale et légère, Plein Jour, 2015.

*Photo : © MEPL/Rue des Archives.

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Paulina Dalmayer
est journaliste et travaille dans l'édition.
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