Avant, en France, à l’époque de l’Etat Providence, quand on était pauvre, c’était vraiment pas de chance. Maintenant, c’est devenu assez banal. On a même importé d’Outre-Atlantique, par l’habituelle interface du Royaume Uni, le working poor, c’est à dire quelqu’un qui travaille mais qui est pauvre quand même alors qu’en théorie le travail, justement, c’est pour éviter d’être pauvre. Il a donc fallu que l’INSEE, pour son portait annuel de l’état social de la France qui vient de sortir, trouve un nouvel indicateur pour mesurer la pauvreté. Cet indicateur repère maintenant « les personnes privées de certaines éléments de bien-être dans des domaines de la vie quotidienne. »

L’absence de vacances, il y en aura toujours pour dire qu’on peut vivre sans mais quand on fait entrer aussi en ligne de compte les restrictions alimentaires et les dépenses pour se soigner, ça devient quand même très dur. Eh bien, cet indicateur estime que plus d’un Français sur cinq a connu une période de pauvreté entre 2004 et 2007, que celle ci ait été transitoire ou qu’elle ait duré sur plusieurs années.

Ah, oui, sinon, j’allais oublier : le groupe d’experts travaillant sur le Smic recommande vivement à Xavier Bertrand, ministre du Travail, de ne pas donner le coup de pouce traditionnel du 1er janvier au salaire minimum.

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Jérôme Leroy
Ecrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.Dernier roman publié: Un peu tard dans la saison (La Table Ronde, 2017). Prix Rive Gauche
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