En 1991, l’Union soviétique disparaît de la carte en laissant pour seule héritière une Russie en proie au chaos. L’islam remplace alors peu à peu le socialisme comme idéologie révolutionnaire dans les pays du Moyen-Orient, ce qui est une aubaine pour les Etats-Unis à la recherche désespérée d’un nouvel ennemi pour justifier leur centralité financière. Les événements du 11-Septembre concrétisent ce passage de témoin en faisant émerger une nouvelle incarnation du Mal, sous la forme du barbu islamiste qui déteste l’Amérique, sa liberté et sa prospérité au nom d’idées moyenâgeuses. L’Empire va donc pouvoir repartir en croisade pour faire étalage de sa puissance, du moins le croit-il.

La théorie du « choc des civilisations » s’est depuis diffusée dans tout le monde occidental. L’islam n’est plus la religion des peuples d’Orient, mais le totalitarisme du XXIe siècle, conquérant et belliqueux comme à l’époque de Mahomet. L’islamophobie n’est plus une forme de la xénophobie nauséabonde du bas peuple aux bas instincts, mais une idée à la mode, particulièrement chez les élites éclairées qui profitent de l’occasion pour revêtir leur costume de résistant remisé depuis belle lurette. Même la gauche dite républicaine s’y met, sous couvert de laïcité, de défense du droit des femmes, quand ce n’est pas de la République elle-même.

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