La sénatrice PS de l’Oise, Laurence Rossignol, jusque-là connue pour son écologisme et son féminisme de combat, aurait-elle été frappée par la Grâce barjotiste sur le chemin qui la menait vendredi soir des bancs du Sénat au  plateau de Ce soir (ou jamais) ?
Invitée par Frédéric Taddeï pour intervenir sur le cas de la crèche Baby-Loup et sur l’abrogation du délit de racolage passif, voté récemment par le Sénat, cette progressiste jusque-là irréprochable, s’est faite, sans le vouloir, la porte-parole des anti-mariage pour tous.
En effet, la sénatrice a souligné que dans l’affaire du voile, il ne fallait pas négliger le droit de l’enfant à s’épanouir dans un espace neutre et émancipé de l’emprise d’une religion. Piétiné par le projet de loi de sa camarade Taubira, le droit de l’enfant a donc trouvé en Laurence Rossignol sa sainte protectrice. « Les enfants n’appartiennent pas aux parents » a-t-elle martelé, sous-entendant que l’enfant est un individu autonome, possesseur de droits à respecter et non un objet à instrumentaliser. Et là je dis deux fois bravo car ce que dit Laurence Rossignol, c’est vrai pour Baby Loup, et vrai aussi quant aux pseudo-parents de sexe non opposé.
Puis, continuant sur sa lancée barjotiste, elle s’est attaquée aux conséquences éthiques de l’abrogation du racolage passif. Abolitionniste convaincue, Laurence Rossignol s’est indignée devant cette réhabilitation de l’achat de service sexuel qui conduit, alerte-t-elle, à légitimer la marchandisation du corps humain.  « Dans nos sociétés évolués une partie de la population ne doit pas être destinée à servir d’exutoire à la sexualité d’une autre partie. » affirme-t-elle, non sans exaspérer un Eric Zemmour qui ne manque pas de la traiter de « bigote néo-féministe ».
On peut penser ce qu’on veut de l’urgence de légiférer au plus vite sur le plus vieux métier du monde. Reste que les arguments déployés par Laurence Rossignol pour appuyer ses propos prohibitionnistes sont une fois de plus marqués au sceau du barjotisme : cette conception éthique de la personne humaine, dont l’intégrité et la dignité ne sont donc pas à sacrifier sur l’autel de la commercialisation des corps, risque de déplaire fortement à ses petits copains socialistes défenseurs de la location des corps impliquée par la gestation pour autrui.
Si cette dame est logique avec elle même, c’est avec joie et sans arrières-pensées que je défilerai avec elle le 26 mai prochain !