Voilà, le sommet européen de tous les dangers est terminé. Il devrait nous assurer des vacances sereines. Il n’empêche, au cas où, on nous annonce la tenue d’un possible huitième « sommet de la dernière chance » avant les fêtes pour que tout le monde digère correctement la dinde de Noël et la cuite du Nouvel an.

Loin d’avoir été triomphal, ce sommet n’en a pas moins été distrayant. Au moins confirme-t-il l’hypothèse « lordonnienne » du comique comme remède à la crise. Et puis, il a fait bouger les lignes, comme on dit.

Les chefs d’Etats et de gouvernements se sont en effet accordés sur l’idée d’une formule à « 17-plus ». Cette solution concerne les 17 membres de l’eurozone, auxquels il convient d’ajouter six pays non-membres, et une poignée d’Etats qui réservent leur réponse. Nous avons donc là un exemple typique de l’équation « 17 + 6 + X », dont on espère qu’elle fera date.

Dans le même temps, la Grande-Bretagne a décidé de faire cavalier seul, nous faisant basculer sans transition de l’ère de « l’ignominie germanophobe », vivement condamnée par les médias mainstream, à celle de « l’anglophobie nauséabonde », condamnée par personne. Pourtant, la « britannophobie » nous rappelle elle aussi quelques unes des « heures les plus sombres de notre histoire ». Mais en l’occurrence, il faut remonter au-delà de 1940 dans l’histoire du continent, ce qui semble provoquer une épidémie de KO techniques jusque chez les commentateurs les plus avertis.

Quoiqu’il en soit, cette fois-ci, la messe est dite : l’épopée des Vingt-sept, c’est fini. Et c’est une Europe à « 27-moins » qui vient de se mettre d’accord sur une solution à « 17-plus ».

N’imaginons surtout pas que l’histoire s’arrête là ! On vient d’apprendre que l’adhésion de la Croatie à l’Union avance à grands pas, et qu’elle devrait bientôt être effective ! Ainsi, l’Europe à « 27-moins » qui vient d’adopter une solution à « »17 + 6 + X » » n’est ni plus ni moins qu’une future Europe à « 26-plus » !

Vous n’avez rien compris ? Bravo : vous êtes normal. Surtout, pas d’inquiétude : de très nombreux « experts » modélisent d’ores et déjà les algorithmes appropriés.

C’est l’Europe à « géométrie variable » que nous voulions. Résultat : nous avons une Europe incurable à géométrie instable !

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