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Lance Armstrong : on achève bien les mythes

Lance Armstrong : on achève bien les mythes

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Pour Laborde, l’été, ce sont d’abord des héros hantant les départementales de notre « cher et vieux pays », s’envolant au plus dur des pentes de cols nommés Peyresourde, Aspin, Galibier ou encore  L’Alpe d’Huez. Le Tour de France a toujours passionné les écrivains – Jacques Perret, Roland Barthes, Curzio Malaparte,  Antoine Blondin, Louis Nucéra, entre autres − qui aiment les personnages de légende et les insoumis aux lois du temps. Les héros s’appellent aujourd’hui Wiggins, Contador, Valverde ou Evans.[access capability=”lire_inedits”]

Ils s’appelaient hier Anquetil, Coppi, Virenque, Delgado ou Marco Pantani, ce pirate flamboyant auquel Les Wampas ont dédié une chanson rock et mélancolique : Rimini.
Dans Tour de France Nostalgie, un album où les mots et les illustrations rivalisent, Laborde les célèbre tous comme il avait chanté Charly Gaul, « le Rimbaud du Tour », dans L’Ange qui aimait la pluie, Miguel Indurain dans Le Roi Miguel ou Lance Armstrong dans Champion.

Mais voilà : le coureur aux sept titres est aujourd’hui déchu. Lui qui a vaincu le cancer et gagné le Tour entre 1999 et 2005 lançait : « Je ne roule pas pour le plaisir, je roule pour la douleur. » Armstrong se serait dopé, Armstrong aurait triché, Armstrong aurait menti. Armstrong doit donc payer. Les instances officielles du cyclisme lui retirent ses victoires, les petits procureurs jaloux le conspuent dans L’Équipe et les assureurs lui demandent de rendre l’argent. La justice − américaine, hexagonale − ou − pourquoi pas ? − le TPI de La Haye auraient-ils condamné Lance Armstrong au terme d’un procès ? Que nenni. Une improbable commission d’enquête américaine a monnayé les témoignages d’une poignée de cyclistes, anciens coéquipiers et amis d’Armstrong. De balances, ils sont devenus − conscience blanchie par le fric − des repentis à l’avenir assuré. Toujours derrière Lance dans les contre-la-montre et les arrivées au sommet, ils ont été les  premiers (enfin !) à bavasser et faire mettre un genou à terre à un homme désormais usé par la calomnie et pourtant jamais pris en faute, jamais serré, jamais condamné.

Dans Tour de France Nostalgie, Laborde se souvient de son enfance, de son père qui lui parlait de Poulidor dans le Plat d’Adet, de l’accordéon d’Yvette Horner, du bandana de Pantani, d’un dandy appelé Bartali et de Lance Armstrong. Il se souvient d’hier, d’aujourd’hui et de demain et défend, au fleuret du style, la grâce d’Armstrong quand il « démarrait » dans Joux-Plane. Il refuse qu’on insulte les plus beaux moments de la légende.[/access]

Christian Laborde, Tour de France Nostalgie, éditions Hors-Collection, 2012, 126 pages, 24,90 €.

*Photo : Dave Lawrance Photography.

Novembre 2012 . N°53

Article extrait du Magazine Causeur


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Arnaud Le Guern est est né en 1976. Ecrivain, il vient de faire paraître Du soufre au coeur (Editions Alphée)

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