Il a eu raison de ne pas nous dire « ce qui s’était réellement passé » dans la chambre su Sofitel, mais il aurait pu nous épargner cette mauvaise mise en scène, notre séducteur désormais rangé des voitures. Défendre son honneur, soit, mais dans ce décor de confessionnal pour reality show ?

Tout cela sentait la fabrique, la grosse ficelle de communicant : on imaginait les besogneux chargés de son image continuant à lui souffler, depuis la coulisse, son monologue millimétré. DSK, hier plus que jamais, a démontré qu’il n’était, lui aussi, qu’un produit politique pour temps de disette, muselé par des professionnels malhabiles et des affidés.

L’ensemble de la séquence TF1 fut un curieux mélange de sueur et de paillettes, un pauvre scénario cosigné par des créatifs d’Hollywood-sur-Seine. Quelle forme de sincérité résisterait à ce traitement ? Que penser d’une confession « en direct live », dont chaque « période » est balisée par un titre et une photographie, transmis par un écran judicieusement placé derrière la journaliste : « La justice américaine », « Nafissatou Diallo », « Les primaires socialistes », « L’avenir » ?

En vertu de quoi DSK n’avait guère d’autre choix que de jouer, ou surjouer les acteurs studieux : il a donc repris les mimiques et les « grimasques » de Robert De Niro dans Les Affranchis de Scorsese. On pourra penser ce qu’on veut de sa prestation, une chose est certaine : ses scénaristes méritent plutôt un Gérard[1. Les Gérard du cinéma et de la télévision : joyeux et cruel mélange de cérémonie dérisoire et de revue satirique annuelle, qui vient « récompenser » les plus mauvais films, auteurs et acteurs du cinéma français, c’est dire s’ils ont du boulot…] qu’un Oscar.

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