Du Front de gauche aux groupuscules nationaux-républicains, la plupart des militants de gauche n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer l’idéologie « libérale-libertaire » des « sociaux-traîtres » vendus au marché. « Gauche américaine », profèrent-ils en guise d’anathème, oubliant ou ignorant que les États-Unis sont aussi la patrie d’un socialisme populiste que l’on retrouve chez certains dissidents de la « New Left » comme Paul Piccone et Christopher Lasch.

À intervalles réguliers, ils justifient néanmoins leur alliance avec la lie sociale-démocrate qu’ils pourfendent au nom de la lutte contre une droite « antirépublicaine », « antisociale » , voire, « néo-libérale ». Certains esprits indépendants, croyant défoncer les portes de l’anticonformisme, vont jusqu’à prôner une alliance transversale avec les gaullistes sociaux pour conjurer la collusion des forces du marché et du « capitalisme de la séduction » qu’incarne la gauche sociétale. Vaste programme, dirait l’autre !

Hélas, un socialiste intégral[1. Pour parler comme Benoît Malon (et non Maurras).] et conséquent ne réduit pas sa révolte au volet sociétal des analyses anticapitalistes radicales de Michel Clouscard.

Pour acheter ce numéro cliquez ici
Pour s’abonner à Causeur cliquez ici

Lire la suite