J’ai déjà expliqué en quoi l’élection des députés représentants des Français de l’Etranger était une incongruité républicaine en ces temps de pré-austérité UMPS.
Le seul enseignement notable de ces élections – une première sous la Ve République, qui choisit ses sénateurs expatriés à partir d’un collège électoral n’ayant pas grand chose à envier à la nomination des sénateurs à vie par le Président de la République italienne- est la poussée à gauche des Français de l’étranger.

A titre d’exemple, contrairement aux prévisions des prétendus experts, Frédéric Lefebvre n’est pas parti pour devenir député d’Amérique du Nord, distancé 18 points derrière son adversaire socialiste Corinne Narassiguin, laquelle frôle les 40% dans ce qu’on croyait une sinécure électorale pour l’UMP.

A l’autre bout du monde, dans la 8e circonscription, qui s’étend de l’Italie à Israël, le PS totalise 30% des suffrages à la faveur d’une division de la droite. La zone, déchirée par une franche hostilité entre la Turquie et Israël, affiche des résultats très disparates. Ainsi, dans l’Etat hébreu, le dissident de droite Philippe Karsenty (30%) – connu pour sa croisade contre France 2 dans l’affaire Mohamed Al Doura – et le « centriste humaniste » Gil Taïeb (26%), soutiens indéfectible du gouvernement israélien, se taillent la part du lion, reléguant loin derrière Daphna Poznanski (PS) et Valérie Hoffenberg (UMP), lesquelles avoisinent les 20%. C’est à se demander ce qu’ont de commun les nombreux binationaux israéliens avec les Français vivant sous l’Etat profond AKP turc, le seul régime non démocratique de la circonscription étant d’ailleurs… l’Italie extrême centriste de Mario Monti qui a décidé de se passer d’élections le temps d’assainir ses finances publiques en coupant dans les dépenses sociales et en triturant le droit du travail.

Devant l’indifférence des médias français, on se demande si la campagne expatriée fut aussi soporifique que les spots officiels des partis diffusés quotidiennement sur nos antennes. Frédéric Michaud de l’Ifop explique que, mondialisation oblige, « l’écart entre le vote des Français de France et ceux de l’étranger ne cesse de se réduire ». Cet état de fait rend caduque la bonne vieille rengaine associant systématiquement les Français de l’Etranger à la droite parlementaire, cliché éculé que le P.S s’est si longtemps plu à répandre.

Finalement, la probable majorité de gauche à l’Assemblée Nationale (la seule véritable incertitude repose sur l’ampleur de la victoire, relative ou absolue, du PS) pourra sans doute s’appuyer sur une petite dizaine de députés des Français de l’étranger cornaqués par la ministre Yamina Benguigui. Il faut dire que ce genre de suffrage déterritorialisé, faute de réelle implantation locale, favorise d’emblée les grands partis au détriment des « divers », Israël étant l’exception qui confirme la règle.

Merci qui ? Merci Sarkozy pour cette trouvaille constitutionnelle, devrait répondre un PS reconnaissant pour ses victoires à répétition depuis 2010…

Lire la suite