Les résultats des élections législatives hongroises du 6 avril n’ont finalement rien de très surprenant en donnant une nette victoire au parti du Premier ministre Viktor Orbán, le Fidesz, qui remporte 44,4% des suffrages exprimés et les deux tiers des sièges au parlement (133 sur 199).

Face à cela, l’opposition de centre gauche (coalition sociale-libérale) dirigée par son rival Mesterházy, fait bien piètre figure, devant se contenter de 38 sièges, soit moins de 20%, pour 25,9% des voix.

Un écart entre nombre d’electeurs et de sièges attribués qui s’explique par un système combinant scrutin uninominal et proportionnel, favorisant la part de l’uninominal. (Chaque électeur devant glisser dans l’urne deux bulletins: un pour choisir un parti, le second un candidat local). Ecart renforcé par les dispositions de la nouvlle loi électorale.

À noter une forte percée du parti d’extrême droite quasiment néo-nazi, le Jobbik, qui remporte plus de 20% des suffrages exprimés, mais doit se contenter de 23 sièges.

Enfin, maintien de justesse des verts du LMP qui atteignent tout juste le seuil des 5% indispensables pour former un groupe et se voient attribuer 5 sièges.

Voilà qui est bien beau… Mais, si l’on sait que seuls 60,2% des électeurs se sont déplacés, il conviendra alors de relativiser ces résultats. Car, avec ses 44,4% de suffrages obtenus (moins qu’en 2010), Viktor Orbán, qui ne manque pas de se proclamer plébiscité par tout le pays, ne représente en réalité que 27% de l’ensemble de la population. Pas si mal, peut-être, mais pas les deux tiers et encore moins le pays entier. Un taux pas très surprenant qui correspond grosso modo depuis quatre ans au noyau dur et discipliné de ses partisans, entre le quart et le tiers du pays.

Pour le reste, les commentaires vont certainement aller bon train…

Même si la lutte fut inégale tout au long de la campagne, les médias publics faisant une impasse totale sur l’opposition[1. Gordon Bajnai, l’un des leaders de la gauche, a assez justement comparé la lutte à une course où le parti d”Orbán aurait eu à parcourir un 100 mètres contre un 400 mètres haies pour l’opposition…] et ne lésinant pas sur les insinuations et attaques personnelles plus ou moins calomnieuses contre ses dirigeants, nous venons d’asisister hier à une défaite lamentable – mais prévisible – d’une gauche finalement peu crédible, car longtemps désunie. Pas de quoi séduire des électeurs déjà bien assez méfiants comme ça vis-à-vis du monde politique.

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Pierre Waline
Diplômé des Langues'O (russe, hongrois, polonais). Il vit a spécialiste de l'Europe centrale et orientale.
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