Manifestation des salariés de l’usine Alstom de Belfort, menacée de fermeture, devant le siège du groupe à Saint-Ouen, 13 septembre 2016. © SEBASTIEN BOZON

Retrouvez la première partie de l’entretien ici

Quand les politiques parlent de « mixité sociale », ils entendent en fait « mixité ethnique ». Quel est la réalité de l’une et de l’autre ?

En réalité, elles vont rarement ensemble. En région parisienne, on peut avoir un peu de mixité sociale sans mixité ethnique. La famille maghrébine en phase d’ascension sociale achète un pavillon à proximité des cités. Par ailleurs, les logiques séparatistes se poursuivent et aujourd’hui les ouvriers, les cadres de la fonction publique et les membres de la petite bourgeoisie maghrébine en ascension sociale évitent les quartiers où se concentre l’immigration africaine. Ça me fait penser à la phrase de Valls sur l’apartheid. Il devait penser à Évry, où le quartier des Pyramides s’est complètement ethnicisé : là où vivaient hier des Blancs et des Maghrébins, ne restent plus aujourd’hui que des gens issus de l’immigration subsaharienne.

En réalité, tout le monde – le petit Blanc, le bobo comme le Maghrébin en phase d’ascension sociale – souhaite éviter le collège pourri du coin et contourne la carte scolaire. On est tous pareils, seul le discours change…