« Attention, Guignol ! Le gendarme, derrière toi ! » Souvenez-vous quand, gamins, on piaillait à tout rompre devant un spectacle de marionnettes, à la kermesse de l’école. À l’époque, Guignol, le célèbre gone farceur, était harcelé par un agent qui le corrigeait à coups de bâton. Puis Guignol est devenu pluriel, avec la création des Guignols de l’info, en 1988 sur Canal+. Et le rapport de force s’est inversé entre « le gendarme » – les patrons, les flics, les curés – et les rigolos. Dès les années 1990, ce sont les Guignols qui cognent à coups de batte de base-ball dans la poire des marionnettes de Jean-Paul II, Jean-Marie Messier ou Jean-Marie Le Pen, selon les soirs. Mieux, ou pire : ils auraient fortement contribué à la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle de 1995, grâce à sa caricature beaucoup plus sympathique que celle de son rival, Édouard Balladur. Désormais, tous les grands médias s’arrachent les bouffons à la mode, et les Guignols n’en finissent plus de faire des petits. Et pour cause : depuis que Michel Rocard a capitulé, il y a quinze ans, en répondant à la question de Thierry Ardisson : « Sucer, c’est tromper ? », non seulement le fou du roi n’est plus puni pour ses crimes de lèse-majesté mais il est plus respecté que le roi.

guignols couverture causeur

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*Photo : Sipa. Numéro de reportage : 00639948_000016.

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Pascal Bories
est journaliste.est journaliste.
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