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GPA : Ni Putes ni Soumises à l’ordre marchand

L’UMP ne joue pas seule dans le concert d’indignation qui a suivi la publication de la circulaire Taubira, la semaine dernière, enjoignant les tribunaux d’accorder la nationalité française aux enfants issus d’une Gestation Pour Autrui et nés à l’étranger d’un parent français. Cette mesure concerne quarante bambins actuellement dans une zone grise juridique, apatrides et sans-droits – car jusqu’à preuve du contraire, la citoyenneté française passe par la nationalité.

Vent debout contre ce qu’ils dénoncent comme une reconnaissance de la GPA, Christian Jacob, Henri Guaino et Hervé Mariton bénéficient d’un renfort de poids. Bien que favorable au « mariage pour tous », l’association Ni Putes Ni Soumises vient en effet de se prononcer « catégoriquement contre » la GPA et demande même le retrait de la circulaire Taubira. D’après NPNS, celle-ci « laisse place à ce marché, honteux, des ventres à louer » en instituant un nouveau type de parentalité lié au troc mondial des ovocytes et des utérus.

Au moins sur ce point précis, Ni Putes ni Soumises rejoint l’intransigeance d’une Frigide Barjot, particulièrement sourcilleuse face aux risques d’une marchandisation du vivant, bannie – jusqu’à nouvel ordre ? – par les lois bioéthiques actuellement en vigueur. Reconnaissance ou pas de la GPA, la circulaire Taubira alimente en tout cas un débat bien plus ouvert qu’il n’y paraît, au grand dam des fabricants de godillots parlementaires.

Avec le report du projet de loi sur la Procréation Médicalement Assistée aux calendes grecques (vous savez, cette période de l’Histoire où l’Assemblée et le Sénat examineront le droit de vote des étrangers aux élections locales), voilà une pierre de plus dans le jardin sociétaliste du gouvernement.

En tout cas, Ayrault, Taubira et Bertinotti auront bien du mal à discerner la frilosité d’une France blanche, catholique et de droite dans la réaction de Ni Putes Ni Soumises, qui fête ses dix ans d’existence. Bon anniversaire les filles !


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Journaliste et syndicaliste, Manuel Moreau est engagé dans le mouvement social.

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