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François Kalfon : « Le redressement productif doit dépasser la lutte des classes »

François Kalfon : « Le redressement productif doit dépasser la lutte des classes »

francois kalfon ps

Gil Mihaely. « Les couches populaires et moyennes de ce pays sont réalistes et ne demandent pas que l’État puisse tout. Elles demandent simplement que l’État puisse quelque chose » : voilà ce que vous écriviez dans Libération, le 6 décembre 2012. Entre le réalisme de Michelin et le volontarisme de Florange, entre « inacceptable » et « inévitable », où placez-vous le curseur de l’intervention publique ?
François Kalfon. À gauche, on observe deux types d’attitudes tout aussi problématiques face au pouvoir. D’un côté, il y a ceux qui, comme Mélenchon et certains membres du Parti socialiste, refusent en réalité tout compromis. Cette opposition systématique issue d’une forme de surmoi marxiste est idéologiquement confortable mais fonctionnellement inefficace. De l’autre, il y a ceux qui, au nom du mot-valise « social-démocratie », acceptent tout. Entre les deux, il y a place pour la politique et c’est celle que nous entendons occuper. Ce réarmement du politique a déjà permis de faire beaucoup.
GM. Quoi, par exemple ?
Une Banque publique d’investissement a été créée, Hollande a tenté de sauver le budget européen et mis en place le crédit d’impôt compétitivité-emploi. Un accord historique sur le marché du travail réunit pour la première fois patronat et syndicats réformistes, là où l’ancien pouvoir brutalisait la démocratie sociale.
Élisabeth Lévy. Très bien, vous avez fait le boulot. Maintenant, Najat Vallaud-Belkacem, sors de ce corps…
Ce n’est pas seulement du service après-vente ! Pourquoi cet accord qui a provoqué la fureur de la gauche de la gauche était-il nécessaire ? L’an dernier, sur 25 millions de contrats de travail signés, 18 millions étaient des CDD, dont 15 millions de moins d’un mois ! Si on ne crée pas plus de souplesse, les embauches en CDI vont se réduire comme peau de chagrin.
GM. Un tsunami énorme est parti des États-Unis, les gens attendent de l’État de changer le cours de l’eau et on leur donne une serviette-éponge… Installer des salles de shoot ou légaliser le mariage gay ne va pas sortir le pays de la crise.
Je partage cette analyse, et je fais même partie des quinze élus socialistes qui ont signé, en décembre 2012, l’« Appel pour l’urgence sociale » exhortant François Hollande à rééquilibrer sa politique au profit des questions économiques et sociales, car les deux priorités absolues des Français sont l’emploi et le  pouvoir d’achat.[access capability=”lire_inedits”]
GM. Mais peut-il le faire ?
Absolument, et je vais donner des exemples concrets de ce que demande la Gauche populaire. Primo, l’État a la maîtrise totale d’un outil : la politique fiscale. Le Président doit tenir son engagement en faveur d’une réforme fiscale redistributive. Nous appelons à fusionner l’impôt sur le revenu, qui rapporte 45 milliards, et la CSG, un impôt non progressif, qui en rapporte le double, en un unique impôt progressif. Nous redistribuerons ainsi du pouvoir d’achat par un transfert interne qui pourrait rapporter entre 800 et 1 500 euros par an à chaque salarié français. Précisément ceux qui terminent le mois à l’euro près.
GM. Mais le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a déclaré que le gouvernement avait déjà accompli la réforme fiscale promise par le candidat Hollande puisque le capital est désormais taxé au même niveau que le travail…
Jérôme Cahuzac est un ami, mais je vous l’affirme haut et fort : la réforme fiscale n’a pas été faite ! Dans le projet de Loi de finances 2013, nous avons tout de même ajouté une tranche de l’impôt sur le revenu à 45 %, mais cela ne suffit pas… Et puis ce serait un bon moyen de sortir de l’impasse de la taxe à 75 % censurée.
GM. Y aurait-il un blocage politique ?
Le blocage n’est pas tant politique que technocratique, ce qui est bien pire ! Bercy ne veut pas le faire. La Direction des impôts et celle du Trésor n’ont jamais été favorables à cela. D’abord cela les obligerait à changer, sur le plan administratif, et ensuite, il ne faut pas oublier que ceux qui gagnent de gros salaires seraient bien sûr appelés à contribuer. Il y a un réflexe de classe de la part de hauts fonctionnaires qui défendent leurs intérêts.
ÉL. Et quid de la réindustrialisation ? Sur PSA, nous sommes passés de « inacceptable » à « inévitable », c’est cela que les gens retiennent ! Les gens qui ont voté Hollande sont aujourd’hui désespérés…
Qui prétendra qu’un gouvernement de gauche peut agir sur l’ensemble des entreprises qui ont un problème de marché ? Mais l’État doit actionner des amortisseurs. Il peut entrer dans le capital de façon temporaire. En pratique, c’est ce qui a été fait : il a renfloué la banque de financement de PSA en contrepartie de la suppression des licenciements secs dans le nouveau plan social et de la participation d’un administrateur qui porte ses intérêts au CA en la personne de Louis Gallois. Cela ne retire rien au fait que, quand une entreprise privée commet des erreurs stratégiques de gestion, la loi du marché produit ses conséquences.
Sur le plan industriel, le « Manifeste de la Gauche populaire », que nous avons publié le 20 février, prône une participation de l’État dans les secteurs stratégiques pour peser sur les décisions majeures. Et je peux vous dire que, sans la participation de l’État français au conseil d’administration de Renault, on aurait fermé des usines en France car les sites français sont en sous-charge notoire. L’État joue son rôle chez Renault. En plus, il exige une relocalisation de certaines productions. Y compris des véhicules Nissan !
ÉL. Et la loi du marché, elle doit s’arrêter à la porte de Renault ? N’est-ce pas l’exemple même d’un étatisme à courte vue ? Ne faut-il pas laisser tomber les « canards boiteux » ?
À ce compte-là, Barack Obama aurait laissé tomber les « Big Three » de Detroit… Il a fait le contraire et GM a rebondi. Non, l’industrie automobile n’est pas vouée au passé. Elle mérite d’être soutenue si elle sait se réinventer : nouer des alliances stratégiques s’il y a lieu, prendre le tournant de l’innovation en dépassant son positionnement généraliste, investir dans les technologies du futur, hybride, électrique, pile à combustible… Enfin, pour tordre le cou à cette idée d’un modèle condamné, savez-vous quelle est l’entreprise qui a déposé en 2012 le plus grand nombre de brevets ? Ce n’est pas telle ou telle start-up, c’est PSA !
ÉL. Que faire si les Français préfèrent Toyota ou Mercedes ?
Déjà, j’observe que, quand certains constructeurs français délocalisent, Toyota confirme son choix de Valenciennes pour fabriquer des voitures hybrides. Il n’y a donc pas de fatalité. Mais dans cette bataille, le levier de l’opinion publique est fondamental. Or je remarque que, ces dernières années, le regard sur le made in France a totalement changé. Quand j’étais gamin, la gauche bienpensante accusait les communistes de collusion avec le Front national à cause de leur slogan « Produisons français ! » Lors des dernières fêtes de Noël, 55 % des Français et 67 % des plus de 65 ans ont déclaré privilégier les jouets français.
ÉL. Vous semblez faire abstraction de l’Europe, qui s’oppose à tout soupçon de préférence nationale….  
Non. Il faut une politique bien plus vigoureuse de relocalisation des emplois qui applique enfin le principe de réciprocité, en rupture avec la naïveté coupable de la Commission européenne. On commence à s’apercevoir qu’il y a un voyou de la mondialisation : la Chine, championne du monde de la contrefaçon et du pillage des brevets…
ÉL. Vous voulez introduire du protectionnisme au niveau européen quand le gouvernement n’a même pas pu empêcher la baisse du budget de l’Union…
Il est vrai que ce budget est en régression – moins de 1 % du PIB de l’UE – et ne fait pas la part belle à la croissance, sauf sur l’emploi des jeunes. Mais fallait-il que Hollande aille à la crise sur le budget européen ? Je ne suis pas sûr. Ce qui est certain, c’est qu’il faut assez rapidement réorienter l’Europe. Le chemin désespérant que propose Merkel est une impasse pour les peuples européens.
ÉL. Sans chercher à être désagréable, après avoir vous avoir entendu déclarer « Nous ne signerons pas l’affreux traité Merkozy », on a quelques doutes. Hollande ne paraît pas plus capable que Sarkozy pour « réorienter » l’Europe…
Pour peser sur la réorientation politique de l’Allemagne, la France doit d’abord être crédible. Tant que l’Allemagne est le principal contributeur au budget de l’Union européenne, tant qu’elle paye en quelque sorte les déficits des autres, nous ne sommes pas en position d’imposer quoi que ce soit. Même si  j’observe que nous sommes davantage crédibles sur la question des déficits.
ÉL. S’il faut attendre qu’on rembourse nos dettes pour parler aux Allemands…
Notre déficit atteignait 5,2 % en 2011, on l’a ramené à 4,5 % aujourd’hui et 3,4 % en 2013. Ce n’est pas négligeable : on parle de dizaines de milliards d’euros qui sont autant de marges de manœuvre pour les politiques publiques que nous menons.
ÉL. Quand se produira donc la « réorientation » de l’Europe ?
Aujourd’hui, l’Allemagne elle-même commence à souffrir du traitement de cheval qu’elle impose aux autres, car sa propre croissance est en berne tant son marché est d’abord européen.
Espérons que cela influencera le résultat des élections de l’automne. Après, à quel moment précis François Hollande décidera-t-il de changer de cap, quelle est sa stratégie ? Je n’en sais rien. Aujourd’hui, 70 % des Français approuvent la règle d’or budgétaire, mais ils ne supporteront pas longtemps ces efforts s’ils n’ont pas le sentiment qu’il y a une sortie du tunnel. C’est la différence entre une politique rigoureuse, qui est acceptée, et l’austérité, qui est inacceptable.
ÉL. Les Français ne souhaitent-ils pas des choses absolument contradictoires, en particulier un État qui les dorlote mais qui ne leur demande rien ?
Bien sûr. Moi, je préfère qu’on fasse travailler les chômeurs plutôt que les indemniser. Il y a aujourd’hui des centaines de milliers d’emplois non pourvus. Avec 10 milliards d’euros pris sur la formation professionnelle, on finance des centaines de milliers de contrats de reconversion, car il faut sortir de la préférence française pour le chômage. Et ils ne seront pas difficiles à trouver. Nous consacrons aujourd’hui 31 milliards d’euros à la formation professionnelle : or, seulement 13% vont à la formation des demandeurs d’emploi. Encore un domaine où – contrairement aux idées reçues – des marges de manoeuvre existent dès lors qu’on a le courage de mettre les pieds dans le plat.
GM. Pourquoi n’est-ce pas déjà fait ?
Parce qu’il y a un silence confortable là-dessus ! Les partenaires sociaux, qui gèrent l’argent de la formation professionnelle, n’en consacrent qu’une partie à la reconversion des demandeurs d’emploi et des salariés. Vous savez, on reste dans une société corporatiste, d’essence monarchique, qui fait que ceux qui sont installés gèrent comme des « héritiers », pour reprendre le terme de Pierre Bourdieu, des rentes de situation qui créent à la fois du lien social – organisations patronales, syndicats, partis politiques – et des cloisons sclérosant la société. Cela engendre des inégalités structurelles, par exemple entre les titulaires d’un CDI et les précaires ou les jeunes qui éprouvent les pires difficultés à rentrer sur le marché du travail.
GM. Autrement dit, les acteurs majeurs de l’économie française n’ont pas le sentiment de l’intérêt général ?
Les acteurs sociaux agissent d’abord pour les grandes entreprises et pour le salarié « sous statut ». Or, quand la grande entreprise représente un tiers de l’emploi salarié, cette gestion s’écarte de fait de l’intérêt général puisque les deux tiers ne sont pas concernés. Il est vrai que nous tous, comme consommateurs, nous nous soucions trop peu de l’intérêt général.
Pour parler d’actualité, quand on achète des lasagnes surgelées à 2 euros, comment croire qu’à ce prix-là, il y aura la qualité ? Si les consommateurs ne se sentent pas un peu concernés par l’intérêt de la collectivité, on n’y arrivera pas. Même si – bien sûr – on sait que leur pouvoir d’achat limité les pousse vers le premier prix
GM. Les Français, qui adorent brandir l’égalité, seraient-ils trop individualistes pour réussir ?
J’observe la désinvolture de nos élites, pour qui l’identité française est passée depuis longtemps par pertes et profits. Une certaine bourgeoisie mondialisée a épousé une vision issue de Mai-68 faisant de la nation occidentale un concept forcément négatif. Cela dit, on revient de loin. Il y a vingt ans, j’étais jeune militant chevènementiste, et toute la gauche différentialiste nous traitait de « doriotistes » parce que nous arborions le drapeau français. Aujourd’hui, les mêmes – et je ne citerai personne – n’ont que les mots « République » et « patriotisme » à la bouche !
GM. François Hollande établit-il, lui aussi, un lien entre patriotisme, intérêt général, déficit et chômage ? Ou pense-t-il que l’on peut repousser les échéances avec le savoir-faire d’un technocrate ?
La dérive gestionnaire guette tous les bons techniciens et le Parti socialiste n’en manque pas. Je crois que la seule manière de comprendre une situation, c’est de réintroduire quelques analyses sociologiques qui permettent de penser juste. Nous ne sommes pas élus par tout le monde pour faire tout et n’importe quoi. Aussi la Gauche populaire propose d’abord de concentrer nos efforts sur le salariat, les classes moyennes fragilisées par la crise et la classe ouvrière qui existe encore. Pour autant, cela n’interdit nullement de tisser une alliance plus large, au nom de l’intérêt national, entre tous ceux qui vivent ou aspirent à vivre de leur travail. Le redressement productif doit dépasser le clivage « employés/employeurs », « patrons/salariés ». N’oublions pas que 97% des entreprises sont dirigées par des patrons qui possèdent leur capital et dont la rémunération ne dépasse pas les 5 000 euros par mois.
GM. Mais le Président lui-même croit-il encore à la nation ?
Je vais vous raconter une anecdote. J’en avais parlé à François Hollande quand il était encore candidat, et il a fait cette remarque, à la fois profonde et étonnante : « Mais ce qui crée la cohésion nationale, c’est la menace : il faut que je trouve des ennemis. Qui est mon ennemi, ne pensez-vous pas que ça puisse être la Chine ? » Chacun est libre d’interpréter cette phrase…
ÉL. Il me semble qu’il s’est choisi une tête de Turc bien moins impressionnante avec les « riches ». Et ça, à gauche, ça marche toujours. Quoi qu’on pense des mesures fiscales adoptées par le gouvernement, le discours ne témoigne-t-il pas d’un retour du refoulé jacobin – et pas dans le « bon » sens du terme ?
Je suis incapable de me livrer à la psychanalyse du Président. Je crois plus simplement que François Hollande a voulu pointer la nécessité de mieux répartir les efforts dans une période difficile, ce qui est autant une évidence qu’une nécessité. Maintenant, de mon point de vue, il n’y a pas plus de « salauds de pauvre », comme une certaine bourgeoisie voudrait le laisser croire, que de pertinence à laisser penser que les riches seraient des salauds. Ce qu’il faut, au contraire, c’est rassembler nos concitoyens qui croient encore en la France au moment précis où beaucoup ont baissé les bras ou préfèrent le chemin honteux de l’exil.
GM. Quoi qu’il en soit, la bataille idéologique entre la gauche Terra Nova et la Gauche populaire, qui se joue à l’intérieur du PS, est loin d’être tranchée…
Olivier Ferrand, fondateur de Terra Nova, aujourd’hui décédé, a eu le mérite de théoriser quelque chose qui existait depuis longtemps. Depuis vingt ans, les socialistes faisaient du Terra Nova comme Monsieur Jourdain de la prose : sans le savoir. Ferrand avait observé la vie politique américaine et la redistribution opérée par la mondialisation entre territoires gagnants – les métropoles connectées aux grands réseaux de communication – et territoires perdants. Depuis vingt ans, le vote PS s’est affaissé dans les seconds, qui étaient sa base historique, et s’est renforcé dans les grandes métropoles urbaines. Nous proposons de reconquérir les territoires oubliés et invisibles de la République.
GM. D’accord, mais vous avez raison, la « boboïsation » du PS ne date pas d’hier…
Certes, et de toute façon, elle n’explique pas tout. Les populations très mélangées de la première couronne ont basculé à gauche, tandis que les habitants des secteurs périurbains ancrés depuis bien plus longtemps dans ces territoires perdent leurs repères face à une mondialisation qu’ils comprennent mal. Ils sont tentés par une droite « buissonisée » et le
FN. Or, à refuser de répondre à leurs angoisses et attentes, nous avons perdu une partie de notre base historique et sociale.
ÉL. Hollande a parfaitement compris l’équation. Marcel Gauchet observe (dans Le Point) que le Président est remarquablement lucide quant aux difficultés qui s’amoncèlent, mais qu’il semble incapable de les prendre de front. En tout cas, pendant sa campagne, il a dit ce qu’il fallait pour parler à cette vieille gauche et ça n’a pas si mal marché.
Le jour où nous avons rencontré Hollande pour la première fois en tant que candidat, il nous a reçus dans son petit bureau à l’Assemblée nationale. Ce jour-là, à six mois des élections, un sondage BVA le donnait gagnant avec 62 % des intentions de votes. Je lui ai dit : « François, tu sais aussi bien que moi que ton score ne sera pas celui-là : intéressons-nous plutôt au premier tour. Tu es à 32 %, soit, c’est le  score de Mitterrand en 1988, un très bon cru ! Sauf que Marine Le Pen te devance chez les ouvriers et Nicolas Sarkozy, plus largement encore, chez les seniors. » C’est en s’intéressant à ces populations qu’est née toute la thématique du Bourget qui a permis la victoire.
ÉL. Quelle poésie ! Nous voilà rassurés : les accents révolutionnaires enflammés de la campagne n’étaient pas ceux d’un Hollande nouveau, mais le fruit de savants calculs sondagiers. Seulement, aussi étrange que cela semble, beaucoup de gens y ont vaguement cru. Aujourd’hui, ils sont plutôt d’humeur à aller brûler des pneus sous les fenêtres du Premier ministre – et peut-être à voter Marine Le Pen. Vous lui dites quoi, au vote ouvrier et senior : de manger bio ?
Personnellement, je n’ai pas vu ces pneus brûlés dont vous parlez. Quant à la politique qu’il faut mener ? Moi je n’ai pas changé. Il faut la réduction des déficits et les réformes de structures : marché du travail, retraite… Mais il faut dans le même temps – pas demain ou après-demain – la réforme fiscale redistributive pour rendre du pouvoir d’achat aux salariéset le redressement productif pour dynamiser la croissance et donc l’emploi. Si notre programme de gouvernement, c’est la « rigueur juste », à la fin ce sera juste la rigueur. Celle qui conduit tout droit à l’austérité, puis à la récession… Et enfin au populisme. En Grèce, c’est l’Aube dorée. En Italie, c’est Berlusconi et Beppe Grillo. En France, ce sera Marine Le Pen… Et cette fois-ci, il sera inutile de brandir les digues morales et autre « Front républicain ». Ils ne seront plus de saison ![/access]

Mars 2013 . N°57

Article extrait du Magazine Causeur


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Elisabeth Lévy est journaliste et écrivain. Gil Mihaely est historien.

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