François Fillon et son équipe sur le parvis du Trocadéro à Paris, mars 2017. SIPA. 00796298_000001

Depuis Guy Debord on sait que la société du spectacle est sœur jumelle de la société de consommation.

Rares sont alors ceux qui ne vont pas à la soupe, si petite soit leur cuillère.

François Fillon a sans doute eu le tort de ne pas prendre assez vite la mesure exacte du vent qui souffle dans les voiles d’une civilisation désarrimée de ses fondements, dont les élus se mirent devant la glace des médias-spectacles. Il en est victime, quoi que l’on puisse penser de ses profits personnels, considérés bien subitement comme des indélicatesses justiciables, alors qu’elles ne furent que les fruits, largement répandus parmi les élus, du système en place. Et  voilà le chrétien naïf, qui de reconnaître ses fautes, en devient le bouc émissaire désigné à la vindicte. Mais pourquoi donc, au nom de quelle peccabilité toute kierkegaardienne, n’a-t-il d’emblée refusé la pertinence des accusations et attaqué le Canard enchaîné en diffamation?

Un bien mauvais candidat à la « soumission »

Il ne reste plus à François Fillon que le courage dont il fait montre et qui le singularise d’une bien-pensance frileuse qui déborde son propre parti. Aussi sont-ils  nombreux  ceux qui désertent celui dont ils pensent qu’il les enfermerait dans un nouveau Massada au nom d’une « certaine idée de la France ».

C’est cette « idée de la France », symbole gaullien de la Résistance qu’il fera résonner au Trocadéro sous une pluie battante, et c’est au nom de cette même Résistance qu’il est le seul à dénoncer la montée de  « l’islamo-fascisme. »

Un bien mauvais candidat à la soumission que les tenants d’une mondialisation égalitariste et asservissante tiennent pour négligeable.