En son temps, aux éditions Seghers, le regretté Marcel Béalu avait publié une admirable anthologie de la poésie érotique française. Il avait montré notamment que peu de poètes, même dans ceux qui sont révérés dans les manuels scolaires, avaient échappé à la tentation de célébrer le sexe, parfois dans des termes extrêmement crus. Il avait aussi donné une place importante aux surréalistes dont on sait que l’amour fou fut la grande préoccupation. À l’époque, d’ailleurs, Béalu ne pouvait encore affirmer avec certitude que l’auteur du Con d’Irène, cette longue méditation en prose centrée autour d’un sexe de femme, était Louis Aragon. On le sait maintenant et on en retrouvera un extrait dans Eros émerveillé, anthologie de 350 poèmes choisis par Zéno Bianu pour la collection Poésie/Gallimard : « Touchez, mais touchez donc : vous ne sauriez faire un meilleur emploi de vos mains. »
 

Eros émerveillé, anthologie de la poésie érotique française (Poésie/Gallimard).

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Lire la suite