A chaque élection présidentielle, il y a des candidats-parasites qui piratent sciemment des voix aux têtes d’affiche pour faire valoir leur singularité politique fon-da-men-tale[1. A moins qu’elle ne soit infinitésimale]. A chaque fois, il y a des candidats-bouffons qui usent et abusent de la caisse de résonance médiatique de l’élection pour faire leur publicité commerciale. On brûle par exemple de savoir quel comique briguera prochainement la magistrature suprême : Dieudonné, Christophe Alévêque, José Bové ?!

Dès que la présidence est remise en jeu, un troisième type de champions- les candidats-touristes envoyés au front par leurs partis- semble avoir autant envie de diriger la France que d’achever une étape de montagne du Tour de France.

Heureusement, au-delà de la cette pléthore de candidats fantoches, émerge enfin un candidat sérieux à l’élection présidentielle : le professeur Victor Izraël, cancérologue exerçant à l’hôpital parisien Tenon. Le visage de cet inconnu à lunettes de 74 ans, au sourire rassurant et au poil blanc solennel, est apparu ces derniers jours dans une série de spots promotionnels sur internet et à la télévision dans une campagne orchestrée par Euro RSCG.

Le but du professeur : faire pression sur le gouvernement et les soupirants de 2012 afin de relancer le Plan Cancer qui, selon lui, ne dispose pas de moyens suffisants. « J’ai consacré toute ma vie à combattre le cancer, cette candidature se situe dans la continuité de mon action, confie t-il au Parisien. J’ai un message à faire passer aux Français. J’ai utilisé d’autres moyens, je suis allé frapper à la porte des ministères, mais je n’ai jamais été entendu. La cancérologie française va très mal et si on ne fait rien on va droit dans le mur » explique-t-il.

Adjoint au maire de Paris sous Tibéri, le médecin dresse un tableau noir de la cancérologie sur le territoire français : « On dénombre aujourd’hui 365 000 nouveaux cas de cancer par an pour seulement 1 290 cancérologues sur tout le territoire, soit une densité de 0,7 pour 100 000 habitants. On est au niveau de l’Albanie ! »

Naturellement, le candidat Izraël a peu de chance d’être élu (pourra-t-il d’ailleurs réunir les 500 signatures de maires indispensables à la validation de sa candidature ?), mais garde toutes les chances de faire entendre sa cause dans le brouhaha de la campagne présidentielle.

Valérie Pécresse a déjà été obligée de « saluer » poliment cette candidature de « témoignage » et d’affirmer que le cancer était une « priorité » du gouvernement. S’il manœuvre bien sa barque, Victor Izraël pourrait conduire la plupart des candidats à se positionner sur cette question de santé publique qui touche un nombre considérable de Français, et dont on parle finalement assez peu sur la scène publique[2. Par comparaison avec d’autres problèmes de santé, touchant beaucoup moins de personnes, et omniprésents dans les médias].

Saluons donc en Victor Izraël le premier candidat sérieux s’étant officiellement déclaré pour la course à la présidentielle de 2012.

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