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En revenant du catéchisme

À Versailles, deux événements suffisent à mettre les jeunes en émoi: l’arrivée du Pape et la défense du couple traditionnel. Un couple est dit traditionnel lorsqu’un homme épouse une femme et lui fait six enfants ; c’est dire si le projet socialiste du mariage pour tous – autrement dit du mariage homosexuel – agace la petite communauté chrétienne à laquelle, que je le veuille ou non, j’appartiens.

L’autre jour, comme je me trouvais au catéchisme, je me suis permis une petite fantaisie. Alors que le père Brûlard nous entretenait des voeux d’amour qui unissent un homme et une femme sous le regard attendri du Très Haut, je lui ai rappelé que, chez les Baruyas de Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’hétérosexualité était considérée comme une erreur. “Comment ça ?” m’a-t-il demandé. “Eh bien oui, ai-je insisté avec un petit rire probablement diabolique, le fait qu’un homme fasse l’amour à une femme n’est pas du tout bien vu chez eux. C’est une perte de temps qui éloigne l’homme de son travail, et, par voie de conséquence, met en péril la société”. Ma voisine Marie-Ange s’est aussitôt enquise du rôle de la femme chez ces sauvages, alors je lui ai répondu ceci : “On considère que l’enfant a deux pères : le sperme, et le Soleil. Certes, la femme est utile à titre de réceptacle, mais ce n’est pas d’elle que l’on attend vigueur et santé. Et c’est d’ailleurs pourquoi le mari lui fait boire son sperme de la même manière que nous prenons de la vitamine C avant de partir au bureau”. “Lui fait quoi ?”, m’a-t-elle demandé. “Boire son sperme”, lui ai-je répondu. “C’est dégueulasse”, a-t-elle conclu sèchement.

Sans me démonter, j’ai ajouté que, dans cette société si prompte à voir dans les relations hétérosexuelles la cause de tous ses malheurs, rien n’était plus important que de sodomiser les jeunes garçons. “Ça suffit”, a rétorqué le père Brûlard en faisant claquer son missel. Puis il a repris le fil de son exégèse, ce qui fait que je n’ai pas pu entretenir Marie-Ange des principes intangibles de l’homosexualité chez les Baruyas.


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