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Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause

Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause
Sandrine Rousseau, mars 2021 © ISA HARSIN/SIPA

Le Vert est dans le fruit, le verbe aussi


Sans surprise, la Nupes, chimère électorale, association de bienfaiteurs sans programme ni agenda politique clairs, implose. Les Verts et « Insoumis » font le spectacle à l’Assemblée nationale et sur les rezzous sociaux. La petite musique des Bronzés progressistes, ce n’est plus Darla Dirladada mais… Tarattatata !!!!

Don Jean-Luc Corleone passe la main

Don Jean-Luc Corleone, parrain des « Insoumis », salue la dignité et le courage, dit sa confiance et son affection à son héritier Al Pacino Quatennens, lequel a giflé et harcelé sa femme. La Grande Vizible Sandrine Iznogoud, marraine d’un jour-toujours- voit rouge. Après la guerre du barbecue en août, Bodas de Sangre, nouvelle Saint-Barthélemy et Vêpres siciliennes chez les wokes. La bataille déraille : fini les Dominici, bienvenue chez les Pogba ! Les cadres Nupes s’entretuent comme des dealers marseillais, tombent plus vite que les généraux de l’armée rouge en 1937, les oligarques opposés à Vladimir Poutine.

Sandrine Rousseau ne boit pas, ne fume pas, ne drague pas, mais elle cause. Elle fait des ordonnances, des sévères, elle correctionne plus, elle dynamite, disperse, ventile… On va retrouver Adrien Quatennens et Julien Bayou aux quatre coins de Paris, éparpillés par petits bouts façon puzzle. Comme Robespierre le 8 thermidor, Sandrine Terminator a des noms, balance les scélérats phallos aux tricoteuses. L’heure est à l’autocritique, à l’aveu, qui fleurent bon la Révolution culturelle et les procès de Moscou. Adrien Quatennens a trahi le parti : « Je me mets en retrait de ma fonction de coordinateur de La France insoumise pour protéger le mouvement, ses militants et toutes celles et ceux qui comptent beaucoup sur moi ». « Love means never having to say you are sorry » (Love story).

Le Vert est dans le fruit

Mains baladeuses, mains courantes, Mani pulite… Après Baupin, Piketty, Cochard, Hulot, Coquerel, Bouhafs, Elyes (comité Adama) et les autres, Adrien et Julien ont des pépins. Le Vert est dans le fruit de la passion progressiste. L’empoignade participative tient toutes ses promesses. Un tiers Commedia dell’arte, un tiers procès Johnny Depp-Amber Heard, un tiers La liberté ou la mort, Robert Hossein au Palais des Congrès, sans oublier un quatrième tiers Au théâtre ce soir, Madame Sans-Gêne, Croque-monsieur. Ruffin d’ignorer que Chikirou est tombé dans le Panot. Garrido donne le la. On n’est à l’Aubry de rien… Vogel ! Clémentine Autain, comme le canoniste Gratien, cherche la concorde des canons discordants… ? Pas encore de déclarations de PPDA ou Tariq Ramadan. « C’est plein de disputes un bonheur » (Anouilh).

Le collectif #ReleveFeministe, avant-garde d’activistes transpartisannes, signe une tribune déchiennée dans Libé« Aux masculinistes et à leurs allié·e·s, aux complices et ceux qui se taisent, nous disons que l’heure de l’impunité et de la toute-puissance est révolue. Puisque vous êtes incapables de faire mieux, il est temps de passer la main. Alors, sur tous les fronts, la relève sera féministe ». La louve romaine, réac, allaitait Romulus et Remus. Le grand carnivore moderne, féministe, organisé en société comme les primates cercopithèques, c’est l’hyène tachetée femelle, Crocuta crocuta : elle a un clitoris plus imposant que le pénis du mâle.

Habeas Porcus. Haro sur le male blanc cis genre, la chape de plomb du patriarcat viriliste qui invisibilise les marges racisées, prides, LGBTQA+ ! Attention, l’inclusivité inter sectionnelle a des limites. Rien dans la tribune enflammée sur la condition féminine et la misogynie au Sud. Pas la moindre allusion, mot de sympathie pour la jeune Mahsa Amini, décédée après son arrestation par la police des mœurs de Téhéran pour un ‘bad hidjab’, une mèche de cheveux. Les Viragos misandres se voilent la face. Molo sur les Mollahs. Plus on s’angoisse moins ça va mieux. C’est quand qu’on va où?…

La boite noire du pot au rose

La lutte continue. L’heure de la relève féministe, des femmes puissantes qui brisent le plafond de Vert a-t-elle enfin sonné ? En Angleterre Miss Maggie Truss succède à Bojo. En Italie Giorgia Meloni pourrait fêter le centenaire de la Marche sur Rome au Palais Chigi. Aux législatives, Marine Le Pen a sabré le champagne avec 89 députés. Marion Maréchal, cultive son image de Jeanne d’Arc forte et tranquille, attend son heure. L’infâme est l’avenir de l’homme et de la testostérone.

Dans les affaires Bayou et Quatennens, les limiers de la cellule d’enquête et sanction sur le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes d’EELV ont retrouvé des enregistrements troublants :

– Elle : « Comment tu peux savoir ce que je pense… Justement, ça m’est complétement égal. Tout ce que je sais c’est que j’taime plus.

– Lui : C’est chez Jérémie Prokosch quand tu m’as vu donner une tape sur le derrière de Francesca Vanini ?

– Elle : Oui admettons que c’est ça. Bon maintenant, c’est fini on en parle plus

– Lui : Depuis ce matin il s’est passé quelque chose qui a changé l’idée que tu avais de moi, donc ton amour pour moi (…)

– Elle : J’te méprise ! voilà le sentiment que j’ai pour toi. C’est pour ça que je t’aime plus. J’te méprise ».

Il y a cinquante ans, Lauzier, Wolinski, Reiser, Siné, Bretécher, faisaient bouger les ligues avec talent et humour. Adieu l’ironie, la leggiadria, Marcello, La città delle donne. Le beauvoirisme et les Mandarines sont amers. Les militantes néo-féministes, basses de plafond, chargent comme des rhinocéros. Pro-gouine = Antigone. Pas facile de s’y retrouver entre les conformistes, différentialistes, essentialistes.

Concours de lamentos pavlovien pré-enregistrés, course à l’échalote, beaucoup de tintamarre et de brouillamini : la lutte du buzz et du biz est rude. Caroline de Haas vend des formations antisexistes au Conseil d’État. Alice Coffin, championne du génie lesbien ne lit plus de livres écrits par les hommes. Virginie Despentes a d’autres ambitions. Cher Connard cartonne. Depuis Baise moi elle laboure son sillon – le vice dans la vallée -, sert une médiocre soupe naturaliste, argotico-porno. « Des tics noirs, quelques traits semblaient prouver d’âcres hypocrisies… ». Le syndrome d’Eros.strate. Comment trouves-tu mes fesses ? Très facilement ! Chiasme ou zeugma ? Les auteuses en sauteur, Philaminte du fulminisme ont de fausses dents et se trompent de cibles. Il ne s’agit pas de penser meuf, mais de penser juste.

Ni boniches, ni prudes, ni soumises, Virginia Woolf, Colette, Anne Dacier, Madame de Sévigné, Marie de Gournay, Christine de Pizan ne parlaient pas le Bourdieu, n’écoutaient pas France Inter, n’étaient ni autrices, ni universitaires, mais femmes de Lettres. Elles n’avaient pas besoin de pérorer en public sur leur point G ou l’addiction à la cocaïne pour écrire une œuvre, traduire L’Iliade et L’Odyssée, éditer Montaigne, faire avancer la cause des femmes, de la pensée et de la littérature. Le renouveau, c’est un retour aux sources.

Les femmes s’inventent, mais Dieu reconnaîtra les seins.


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