L’ennui avec les faux prophètes de la diversité, ce n’est pas seulement qu’ils confondent égalité réelle et saupoudrage ethnique, ni qu’ils agacent par leur moralisme compassé digne des pires dames-patronnesses. Le plus exaspérant chez eux, pour ne pas dire terrifiant, c’est leur manie d’établir des listes.

Nous ne rappellerons pas les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire, ce couplet breveté par les fétichistes de la persécution convaincus du fait que l’histoire se répète. Mais dans l’éternel retour du biologisme ethnique, nos amis diversitaires ne sont pas en reste. Les célébrations bébêtes de la « France black-blanc-beur » révèlent ainsi la grille de lecture très particulière de la diversité made in France. Parmi les nouveaux députés « issus de la diversité », Razzy Hammadi est dit « d’origine tunisienne et algérienne », alors qu’il est né à Toulon.

Inversement, personne ne songerait à comptabiliser le député UMP et ancien ministre Pierre Lellouche dans les rangs de la diversité bien qu’il soit né à Tunis de parents « tunes » pure souche. Il semblerait que les lois non écrites de la diversité préconisent une ségrégation de mauvais aloi, proche de celle qui sévissait dans les dernières décennies de la présence française en Afrique du Nord et favorisa la résurgence de l’antisémitisme à l’époque des indépendances…

Suivant cette mystérieuse logique, Malek Boutih fut préféré à Julien Dray pour l’investiture socialiste au printemps, au nom de ladite diversité. Il faudrait nous expliquer en quoi Dray né à Oran serait moins divers que le natif de Neuilly-sur-Seine, par ailleurs exemplaire dans sa critique de la discrimination positive.

Le tout sans recourir à un seul argument ethno-religieux. Messieurs les antiracistes, vous avez quatre heures !

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