Home Brèves Chez Ikea, le mari est un meuble comme les autres.


Chez Ikea, le mari est un meuble comme les autres.

Ikea est une marque suédoise, et la Suède, c’est le progrès. C’est en tout cas ce que nous assènent régulièrement nos amis sociaux-démocrates, excipant plus volontiers du modèle nord-européen que de l’œuvre de John Rawls lorsqu’il s’agit de nous rappeler ce que signifie « l’égalité ».

Dans une de leurs succursales australiennes, les magasins Ikea viennent de pousser à son comble la mise en œuvre de la néo-égalité femme-homme. Si l’on accepte bien sûr de considérer qu’« égalité » et « universalisme » sont totalement étranger l’un à l’autre, et que le bonheur parfait ne nécessite qu’un simple renversement des mécanismes de domination. Le collectif Osez le féminisme aurait tôt fait de beugler « on a gagné ! » s’il venait à découvrir la création d’un Luna-Park matriarco-expérimental au sein même de l’Ikea de Sydney.

Les spécialistes de meubles en kit viennent en effet de créer la première garderie…pour hommes. Désormais, Madame peut aller acheter tranquillement le sèche-linge que, bien évidemment, elle utilisera seule, après avoir rangé Monsieur dans une salle « aménagée avec des baby-foot, des flippers, des écrans de télévision et de confortables canapés pour les regarder ».

Les usagers mâles de ce concept révolutionnaire doivent être ravis, notamment les passionnés de baby-foot, qui représentent 99,9% de la population masculine mondiale, comme chacun sait. Il ne manque finalement à ces crèches pour mecs que quelques jeunes suédoises aux jambes interminables et juchées sur patins à roulettes pour venir leur enfourner dans le bec quelques biberons de Kanterbräu.

Par ailleurs, que Madame se rassure. Si le sèche-linge qu’elle convoite semble présenter quelque malfaçon d’ordre mécanique, elle pourra aisément siffler Monsieur pour qu’il vole à son secours. En effet, dans ce Mänland, « chaque femme est équipée d’un bipeur » lui permettant de sonner son Jules si nécessaire.

D’après nos sources, les boutiquiers suédois ne savent pas encore s’ils vont généraliser leur délicieuse invention. Pour notre part, nous ne saurions trop leur conseiller de travailler sur le concept de « kit romance », au cas où quelque client-e rétrograde viendrait à se languir du temps fort lointain où l’amour, c’était poétique.

Et pourquoi pas, bientôt, l’avènement de l’homme lyophilisé, à ne déstocker qu’en cas d’urgence reproductrice ? Après tout, le mâle est un meuble comme les autres.


Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Previous article Autodafé à Paris : c’est la faute à Voltaire !
Next article Nil novi sub sole
est blogueuse (L'arène nue)

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Le système de commentaires sur Causeur.fr évolue : nous vous invitons à créer ci-dessous un nouveau compte Disqus si vous n'en avez pas encore.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération