Il se meurt tous les jours des milliers de personnes en Syrie et il serait bien impossible d’écrire une nécrologie de chacun. Mais, aujourd’hui, nous avons le devoir d’annoncer la mort à 21 ans d’un jeune djihadiste britannique : Junaid Hussain. Malgré son choix de carrière peu compatible avec nos idées, ce jeune homme avait eu l’honneur de figurer en « une » de notre numéro de septembre 2014.

 

Junaid Hussain avait quitté sa ville natale de Birmingham en 2013 pour se rendre en Syrie. Là-bas, il a connu une ascension des plus rapides, le plaçant en troisième position sur « liste des cibles » du Pentagone, rapporte l’International Business Times.

Des sources américaines et européennes ont en effet expliqué à Reuters que Junaid était suspecté de diriger le « CyberCalifat », un groupe de pirates informatiques qui a notamment attaqué le compte Twitter du Pentagone en janvier.

Hussain était d’ailleurs connu pour ses activités de desperado virtuel, avant même de rejoindre l’Etat Islamique. Il avait fait ses armes au sein d’un groupe de hackers, la « Team Poison », notamment remarquée pour avoir accédé au carnet d’adresse de Tony Blair en 2012. Pour ce forfait, Hussain avait purgé six mois de prison dans son pays d’origine. Une belle ligne sur le CV d’un apprenti djihadiste.

Mais la carrière prometteuse de ce jeune surdoué du djihad vient d’être stoppée net par une attaque de drone. Les pilotes ont volé mardi au-dessus de la ville de Raqqa et ont visé le véhicule du cyberdjihadiste.

Si les autorités américaines n’ont pas encore confirmé la mort de Hussain, un officiel de l’armée étasunienne a confié mardi à CNN que l’opération avait été un grand « succès de l’intelligence militaire ».

S’il est permis de se réjouir de voir les Américains se retrousser les manches pour affronter l’Etat Islamique, nous ne ricanerons pas trop fort. Il ne faudrait tout de même pas que Causeur porte la poisse, même à ses pires ennemis.

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Daniel Saoud
est journaliste.est journaliste.