Naguère, ce vieux filou de Charles Pasqua avait élaboré une tactique permettant aux politiciens emberlificotés dans des « affaires » montées en épingle  par des médias malveillants de sortir de la nasse: créer une affaire dans l’affaire, et si cela ne suffit pas, créer une affaire dans l’affaire de l’affaire. À la fin, personne n’y comprend plus rien et, dans le temps médiatique, la première affaire fait « pschitt ! ». Cette méthode a permis à ce vieux roublard de  survivre politiquement jusqu’à un âge avancé, avant que la justice ne le rattrape in extremis, le condamne en première instance pour une crapulerie ordinaire, sans que la cour d’appel ne puisse confirmer ou infirmer ce jugement, vu que Charles Pasqua était passé dans l’autre monde…

À Marseille, où Pasqua, justement, prit son envol politique, la leçon n’a pas été oubliée. La période n’est pas favorable, c’est le moins que l’on puisse dire, aux tenants de l’empathie envers la diffusion de plus en plus large, sur le territoire français, de modes de vie et de comportement défiant ouvertement les lois de la République, en se référant à une loi supérieure, celle de la Charia islamique, dans sa version la plus rigoriste. Alors que les idéologues de la société «  inclusive », entendez ouverte à toutes les concessions et abandons aux pratiques les plus obscurantistes, sexistes, et racistes des islamistes radicaux de toutes obédiences, sont K.O debout après l’année sanglante, les islamistes politiques, les vrais, changent de terrain de lutte.

Ils prennent acte que la violence aveugle et meurtrière des émules de Daesh sème le trouble jusque dans les milieux les mieux disposés, jusque-là, à écouter leur discours, celui consistant à constituer les musulmans de France en victimes absolues d’un récit historique et éthique conçu par « les juifs et les croisés », dont le dessein demeure, dans les siècles des siècles, l’humiliation et la domination des « vrais croyants ».

Il était donc urgent de faire diversion, et de monter une « affaire » qui vienne opportunément rappeler aux masses musulmanes déboussolées à quel point elles sont l’objet de discrimination, de racisme et d’intolérance. Dans cette perspective, la polémique qui s’est déclenchée à propos du projet de « burkini party », prévue pour le 10 septembre prochain dans un centre aquatique privé de Pennes-Mirabeau, près de Marseille, tombe à pic. Une association de femmes musulmanes située dans les quartiers nord de la métropole phocéenne, Smile 13, a le projet de privatiser pendant une journée le Speedwaterpark  pour ses adhérentes et sympathisantes accompagnées de leurs enfants, sauf les garçons âgés de plus de dix ans. Dans l’affiche promouvant cette initiative, le dress code est précisé dans les moindres détails : les dames et demoiselles devront  porter le burkini (combinaison en textile spécial couvrant le corps et la tête, qui même mouillée ne révèle aucune des rondeurs de la personne), ou le jilbeb de bain (version balnéaire du voile ample couvrant la femme de la tête aux chevilles) ou, à la rigueur, le maillot de bain une pièce augmenté d’un short ou d’une jupe couvrant les genoux.

Smile 13 fait partie de ces associations qui fleurissent comme les jonquilles au printemps dans les quartiers dit « populaires », en fait ghettoïsés et  quadrillés par les islamistes radicaux, bénéficiant de la bienveillance et souvent des subventions d’élus locaux avides de se constituer une clientèle électorale dans ce secteur de la population. Ce ne sont pas des pépinières à terroristes (encore que…), mais des adeptes du djihad culturel tel qu’il est pratiqué par les adeptes français des Frères musulmans, dont l’idole francophone est Tariq Ramadan. Leur objectif est de mettre en oeuvre leur projet de grignotage progressif du consensus français sur la laïcité de l’espace public, en démontrant que ce consensus n’est qu’une machine de guerre anti-musulmane. L’affaire de Marseille est le piège parfait dans lequel se sont engouffrés quelques dirigeants politiques locaux de la droite et du FN, dénonçant le « communautarisme » de cette burkini-party, et incitant le sénateur-maire divers gauche de Pennes-Mirabeau à menacer d’un arrêté municipal d’interdiction de la manifestation pour «  menace d’atteinte à l’ordre public » si celle-ci était maintenue.

Ce tollé est pain bénit, si l’on ose dire, pour les islamistes conquérants qui ne vont pas manquer de brandir le « deux poids, deux mesures » de cette République laïcarde qui s’offusque des baignades habillées des femmes musulmanes dans un espace privé, alors qu’elle accepte depuis longtemps les espaces privés délimités où les familles peuvent batifoler à leur guise en tenue d’Adam ou d’Eve.

L’étape suivante va être la mobilisation des masses musulmanes, et de leurs alliés habituels dans les milieux politiques et intellectuels pour mettre fin à cet intolérable bannissement de la mode balnéaire islamique des piscines publiques au nom des libertés fondamentales garanties par la Constitution. Une petite assoce noyautée par les Frérots aura ainsi apporté sa contribution à cette fracture française qu’ils s’emploient à approfondir, avec de la dynamite à mèche lente.

Burkini, par magazinecauseur

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