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Ça c’est palace !

Dernière minute: l’Etat a donné hier sa nouvelle liste des 33 palaces les plus luxueux de France


Ça c’est palace !
Le Park Hyatt Paris-Vendôme. D.R.

Même dans le luxe, le niveau baisse. A la mi-mai, trois palaces parisiens ont ainsi été rétrogradés. Mais la sévère commission d’attribution du label « Palace » fait l’impasse sur un critère important, note Jonathan Siksou.


Causeur sera en cours de distribution dans les kiosques lorsque le ministre du Tourisme Serge Papin annoncera les noms des prestigieux hôtels faisant partie de la « Collection Palace 2026 ». Mais on sait déjà que trois d’entre eux ne seront plus cités, car ils ont été… rétrogradés. Du jamais-vu !

Le Park Hyatt Paris-Vendôme, rue de la Paix, le Mandarin Oriental, rue Saint-Honoré, et, à Biarritz, l’Hôtel du Palais (exploité par le groupe Hyatt) ont dû rendre leur plaque à la mi-mai. On reproche au premier de ne s’être pas assez « renouvelé » depuis son inauguration en 2002, au deuxième de s’essouffler malgré une ouverture en 2011 – mais il s’apprêtait à fermer pour des travaux d’envergure – et au troisième de ne pas avoir rénové toutes ses chambres lors d’un chantier somptuaire en 2020. Qui est « on » ? La commission Palace.

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Jusqu’en 2010, la France n’abritait pas de « palaces » homologués. Les meilleurs établissements pouvaient obtenir cinq étoiles en répondant à une série de critères matériels très précis (surface des chambres, services proposés, qualité du restaurant, etc.), mais l’administration n’avait pas inventé de cases supplémentaires pour distinguer le palace du grand hôtel. Une commission d’enquête hôtelière a donc vu le jour cette année-là pour juger, sur des critères subjectifs, ce qui fait la différence. Passés le Covid et l’hibernation du tourisme mondial, cette commission s’est réformée en 2024 pour rationaliser ses attributions – soit définir de nouvelles normes –, et nommer davantage de professionnels du secteur dans ses rangs. Sans faire offense à leurs compétences, il est un critère qu’ils n’oseront jamais noter : la clientèle. Or, celle-ci, qui était constitutive de l’identité d’un palace, est désormais constituée de familles en short, de vedettes éphémères en jogging, d’instagrameuses monogrammées de la tête aux pieds comme une malle Vuitton et de leurs compagnons ravis de jouer les hommes-sandwichs pour d’autres marques.

On pense à Sacha Guitry : « Le luxe est une affaire d’argent. L’élégance est une question d’éducation. »

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Juin 2026 - #146

Article extrait du Magazine Causeur




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Journaliste. Dernière publication "Vivre en ville" (Les éditions du Cerf, 2023)

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