Leonardo DiCaprio dans "Le Loup de Wall street" de Martin Scorsese (Sipa : 00664339_000005)

Alors qu’Obama cédait le pouvoir à l’improbable Trump, les médias dressaient le bilan économique et social du président sortant. Le point le plus positif, c’était l’accroissement de la richesse par tête : celle-ci est de moitié supérieure à son pic atteint en 2008 avant le séisme financier ! Mais c’est là une énigme. Car les prix immobiliers sont, eux, à peine supérieurs à leur précédent sommet.

Reste le prix des actions cotées en bourse. Le S & P 500 dépasse la cote de 2 200. Elle était à 1 400 à l’été 2008. Or le S & P (équivalent de notre CAC 40) est l’indice le plus représentatif de la bourse américaine. Il regroupe les 500 plus importantes sociétés, autant dire le plus gros de l’économie quand on sait que ces sociétés sont aussi des clientes et des fournisseurs d’autres sociétés. Nous ne devrions pas chercher plus loin la clef de l’énigme.

Mais autant la réponse est formellement juste, autant elle soulève d’autres interrogations. Car l’accroissement de quelque 60 % de la cotation boursière accompagne une hausse de 11,5 % du PIB et une hausse modeste de 4 % de la production par tête tandis que l’évolution des profits déçoit les attentes. De là à voir dans la montée de la bourse un phénomène d’anticipation ou un phénomène d’exubérance irrationnelle, il n’y a qu’un pas. Un pas qu’il ne faut surtout pas franchir. Le gonflement boursier est le résultat d’un dopage mécanique, sous la forme de rachats d’actions – buybacks – décidés par les directions d’entreprises sous la pression quotidienne de leurs grands actionnaires.

Une grande innovation financière

Si nous devions décerner le grand prix de l’innovation financière de ces quarante dernière années, nous aurions l’embarras du choix : la titrisation qui permet aux banquiers-prêteurs de revendre leurs risques douteux sur

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